vendredi 30 décembre 2016

L'Holocauste d'aujourd'hui



L'Holocauste d'aujourd'hui : une icône orthodoxe face au drame de l'avortement

Il existe une représentation orthodoxe particulièrement saisissante consacrée au drame de l'avortement. Cette œuvre, attribuée à l'iconographe Kostas Vrousgos de Thessalonique, aurait été réalisée à Adélaïde, en Australie, avec la bénédiction de l'évêque Joseph d'Arianzos. Elle a été diffusée en plusieurs milliers d'exemplaires.

Au dos de cette image figurait un texte consacré à la vie humaine et au sens chrétien de cette représentation.

Dieu, source de toute vie

Pour la foi chrétienne, la vie est un don qui vient de Dieu.

L'homme est créé « à l'image et à la ressemblance » de son Créateur. La vie humaine possède ainsi une dignité qui ne dépend ni de l'âge, ni de la santé, ni de la force, ni de la capacité à se défendre.

L'Évangile nous rappelle les paroles du Christ :

« Je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu'elles l'aient en abondance. »
(Jean 10,10)

Cette affirmation donne une profondeur particulière à la réflexion chrétienne sur l'enfant à naître. Celui qui n'est pas encore capable de parler, de se défendre ou de faire entendre sa voix n'en est pas moins une personne confiée à notre responsabilité.

Dans la tradition orthodoxe, la vie humaine est donc accueillie comme un mystère et comme un don.

Une image qui veut provoquer la réflexion

La représentation réalisée par Kostas Vrousgos ne cherche pas simplement à montrer une réalité douloureuse. Elle veut transmettre un enseignement spirituel.

On y retrouve les conséquences du péché, la souffrance, la tristesse du Christ, mais également la possibilité du repentir et la beauté de la vie familiale.

L'image oppose ainsi deux chemins : celui qui conduit à la destruction de la vie et celui qui conduit à l'accueil de l'enfant, à l'amour familial et au sacrifice quotidien qui accompagne toute vie chrétienne.

C'est précisément ce contraste qui donne à cette œuvre sa force.

La croix et le courage d'accueillir la vie

Une partie de la représentation évoque également la mère qui, malgré les difficultés et parfois la honte ou la pression sociale, choisit de garder son enfant.

La croix rappelle alors que l'accueil d'une vie peut demander du courage et du renoncement.

Dans l'Évangile, le Christ ne présente jamais le chemin de l'amour comme un chemin facile. Il dit :

« Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive. »
(Matthieu 16,24)

Accueillir un enfant dans une situation difficile peut représenter une véritable épreuve. C'est pourquoi une société chrétienne devrait également chercher à soutenir concrètement les femmes et les familles confrontées à des situations douloureuses.

Défendre la vie ne devrait jamais signifier abandonner ceux qui souffrent.

La repentance reste au cœur du message chrétien

L'un des éléments importants de cette représentation est la place accordée au repentir.

L'Église condamne le péché, mais elle ne désespère jamais du pécheur.

Une femme qui a subi ou choisi un avortement peut porter pendant des années une souffrance profonde, parfois silencieuse. Elle peut avoir des regrets, de la culpabilité ou le sentiment d'avoir commis une faute irréparable.

Pourtant, le christianisme annonce précisément que rien n'est irréparable lorsqu'un être humain revient sincèrement vers Dieu.

La confession, la prière, les larmes du repentir et la miséricorde divine peuvent devenir le commencement d'une vie nouvelle.

Il ne faut donc jamais parler de la gravité de l'avortement sans parler également du pardon.

La famille comme lieu d'accueil de la vie

L'image présente enfin la famille chrétienne comme un lieu où la vie est accueillie et protégée.

La Mère de Dieu y apparaît comme le modèle suprême de la maternité chrétienne : celle qui a accueilli avec foi le mystère qui lui était confié et qui est devenue la Mère du Seigneur.

La maternité chrétienne n'est pas présentée comme une réalité sans épreuve. Elle demande amour, patience, sacrifice et confiance en Dieu.

Mais elle rappelle également une vérité essentielle : l'enfant n'est jamais simplement un problème à résoudre. Il est une vie à accueillir et une personne à aimer.

Ne jamais séparer la vérité de la miséricorde

Le message de cette œuvre demeure particulièrement fort.

Pour le chrétien, la vie humaine est sacrée parce qu'elle vient de Dieu. L'enfant à naître doit donc être regardé avec respect et compassion.

Mais cette vérité doit toujours être accompagnée de miséricorde.

Il faut prier pour les enfants à naître, soutenir les femmes enceintes en difficulté, aider les familles qui connaissent la précarité et accueillir avec amour celles et ceux qui portent le poids d'un avortement passé.

La vérité chrétienne n'est pas destinée à écraser celui qui est tombé. Elle doit conduire au repentir, puis à la guérison intérieure.

L'Église annonce à la fois la valeur incomparable de la vie et l'infinie miséricorde de Dieu.

« Seigneur, aie pitié »

Face au drame de l'avortement, le chrétien ne peut pas seulement condamner. Il est appelé à prier.

Prier pour l'enfant qui n'a pas vu le jour. Prier pour la mère qui souffre.

Prier pour les pères qui portent eux aussi parfois une blessure silencieuse. Prier pour les familles.

Et demander à Dieu de donner à notre société davantage de compassion, de solidarité et de courage pour accueillir la vie.

Car le Christ est venu dans le monde pour donner la vie.

« En Lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. »
(Jean 1,4)

Que cette lumière éclaire nos consciences et nous apprenne à accueillir chaque vie avec respect, amour et miséricorde.

Sources

Article original : Mystique Orthodoxe, « L'Holocauste d'aujourd'hui », publié le 30 décembre 2016.

Source indiquée par l'article original : Orthodox Heritage, texte consacré à l'« Abortion Icon », œuvre attribuée à l'iconographe Kostas Vrousgos.

Une version anglaise du texte accompagnant l'œuvre est également publiée sous le titre « Abortion the indescribable calamity! », et l'article attribue le texte au métropolite Joseph de Proikonnèsos.

La présente version est une réécriture et un développement spirituel réalisé en 2026 pour Mystique Orthodoxe. Les formulations les plus polémiques du texte original ont été reformulées afin de mettre l'accent sur la dignité de la vie, la repentance, la prière et la miséricorde chrétienne.

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