Lorsqu’un proche disparaît, le chrétien ne cesse pas de l’aimer.
Dans la foi orthodoxe, la mort ne détruit pas le lien d’amour qui unit les membres de l’Église. C’est pourquoi les orthodoxes continuent de prier pour ceux qui se sont endormis dans le Seigneur.
Mais pourquoi prier pour les défunts ? Que demande-t-on réellement à Dieu pour eux ?
La mort n’est pas la fin
Pour l’Église orthodoxe, la mort n’est pas une disparition définitive.
Le Christ est mort et ressuscité, et sa Résurrection est au cœur de l’espérance chrétienne. Le défunt est donc confié à la miséricorde de Dieu dans l’attente de la Résurrection.
L’Église prie ainsi pour que Dieu accorde au défunt le repos, la paix et sa miséricorde.
Dans les prières orthodoxes, on demande notamment au Seigneur de pardonner les fautes commises volontairement ou involontairement et d'accorder au défunt un lieu de lumière, de paix et de repos.
Parce que l’amour continue après la mort
La prière pour les défunts est avant tout un acte d’amour.
Nous prions pour les vivants parce que nous les aimons et que nous souhaitons qu’ils soient entourés de la grâce de Dieu.
De la même manière, nous continuons à prier pour nos parents, nos amis et tous ceux qui nous ont précédés dans la foi.
La mort ne peut pas supprimer l’amour.
Elle sépare physiquement, mais elle ne détruit pas la communion dans le Christ.
Une seule Église, les vivants et les défunts
L’Église orthodoxe se comprend comme une communion qui dépasse les frontières de la mort.
Les chrétiens qui vivent encore sur la terre et ceux qui se sont endormis dans le Seigneur appartiennent au même Corps du Christ.
C’est pourquoi l’Église fait mémoire des défunts dans sa prière liturgique.
À chaque Divine Liturgie, les défunts peuvent être commémorés, notamment lors de la préparation eucharistique du pain, lorsque le prêtre fait mémoire des personnes dont les noms lui ont été confiés.
Que demandons-nous exactement à Dieu ?
La prière orthodoxe ne consiste pas à essayer de parler directement avec les morts.
Elle s’adresse à Dieu.
Nous demandons au Seigneur :
« Aie pitié de ton serviteur. »
Nous demandons son pardon, son repos, sa lumière et sa miséricorde.
Une prière traditionnelle demande ainsi à Dieu d'accorder aux défunts un lieu de lumière, un lieu de repos et de consolation, là où ont disparu la souffrance et la tristesse.
La prière pour les morts est donc très différente d’une pratique destinée à invoquer ou à consulter les esprits.
Le célèbre « Mémoire éternelle »
À la fin des offices funèbres et des commémorations, les orthodoxes chantent souvent :
« Mémoire éternelle ! »
Cette expression ne signifie pas simplement : « Nous ne t’oublierons jamais. »
Elle peut être comprise comme une prière adressée à Dieu :
Que le Seigneur garde éternellement le défunt dans Sa mémoire et dans Sa lumière.
Car être dans la mémoire de Dieu, c’est entrer dans une mémoire qui ne disparaît jamais.
La Panikhida : prier pour ceux qui sont partis
L’un des offices consacrés aux défunts est la Panikhida, ou office des défunts.
Elle peut être célébrée après le décès, lors des commémorations et à différentes dates de l’année.
Dans de nombreuses traditions orthodoxes, des commémorations particulières ont lieu notamment au troisième, au neuvième et au quarantième jour, ainsi qu’à l’anniversaire du décès. Des samedis sont également consacrés à la mémoire de tous les fidèles défunts.
Ces offices ne sont pas seulement des moments de tristesse.
Ils sont aussi des moments d’espérance.
Le kollyva : le symbole du grain
Lors des offices pour les défunts, les orthodoxes préparent souvent le kollyva, un plat traditionnel à base de grains cuits, généralement du blé.
Ce grain possède une signification profondément chrétienne.
Le Christ compare en effet la mort et la Résurrection au grain qui tombe en terre avant de porter du fruit.
Le kollyva devient ainsi un symbole de la Résurrection et de la vie nouvelle.
Le grain semble disparaître dans la terre…
Mais la vie renaît.
C’est une belle image de l’espérance chrétienne.
Prier ne signifie pas que nous connaissons le mystère de l’au-delà
L’Église orthodoxe ne prétend pas connaître tous les détails de ce qui se passe après la mort.
L’état de l’âme après la mort demeure en partie un mystère.
L’orthodoxe ne cherche donc pas à tout expliquer.
Il fait confiance à Dieu.
Il sait que Dieu est juste, mais aussi infiniment miséricordieux.
La prière devient alors une manière de remettre le défunt entre les mains de Celui qui connaît parfaitement son cœur.
La prière ne remplace pas la repentance de notre vivant
Il est également important de comprendre que la tradition orthodoxe ne considère pas la prière pour les morts comme une façon de rendre inutile la vie chrétienne.
Notre conversion, notre repentance, notre foi et notre manière d’aimer Dieu et notre prochain se vivent maintenant.
Saint Basile le Grand et d’autres Pères de l’Église rappellent que le temps de la repentance appartient à la vie présente, tandis que l’au-delà demeure soumis au jugement de Dieu.
C’est justement pourquoi la prière pour les défunts est aussi une invitation adressée aux vivants :
N’attendons pas demain pour nous tourner vers Dieu.
Prier pour les morts… et apprendre à vivre
Lorsque nous prions pour un défunt, nous pensons à celui qui est parti.
Mais nous pensons également à notre propre vie.
La mémoire des morts nous rappelle que notre existence terrestre est fragile et qu’un jour, nous aussi, nous quitterons ce monde.
La prière nous invite alors à regarder notre vie autrement :
Avons-nous pardonné ?
Avons-nous aimé ?
Avons-nous fait le bien ?
Avons-nous pris le temps de nous tourner vers Dieu ?
Une prière pleine d’espérance
Prier pour les défunts n’est donc pas simplement entretenir le souvenir d’une personne disparue.
C’est confier cette personne à l’amour et à la miséricorde de Dieu.
C’est dire :
« Seigneur, Tu connais son cœur mieux que nous.
Souviens-Toi de lui.
Pardonne-lui ses fautes.
Accorde-lui le repos.
Fais-le entrer dans Ta lumière. »
Et lorsque nous prononçons le nom d’un être cher dans une église, devant une icône ou devant une bougie allumée, nous pouvons nous rappeler une vérité essentielle de la foi chrétienne :
L’amour ne s’arrête pas devant la mort.
La mort est réelle, mais elle n’a pas le dernier mot.
Le dernier mot appartient au Christ ressuscité.
« Mémoire éternelle ! »
Que le Seigneur accorde à tous nos défunts le repos, la lumière et la paix.
Et que nous, les vivants, sachions profiter du temps qui nous est donné pour aimer davantage, pardonner davantage et nous rapprocher toujours plus de Dieu.
Christ est ressuscité !
Et en Lui, la mort n’est pas la fin.
Mémoire éternelle à tous ceux qui se sont endormis dans l’espérance de la Résurrection.







.png)

