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samedi 30 mai 2020

Un noble Ottoman a défendu Constantinople


Le noble ottoman qui défendit Constantinople

Un destin étonnant au cœur de la chute de Byzance

Lorsque Constantinople fut assiégée par le sultan Mehmed II en 1453, ses défenseurs ne furent pas uniquement des Byzantins ou des soldats venus des pays chrétiens d'Occident.

Parmi eux se trouvait un personnage au destin particulièrement étonnant : le prince ottoman Orhan.

Issu de la dynastie ottomane et apparenté à Mehmed II, Orhan vivait depuis longtemps à Constantinople. Pourtant, lorsque la ville fut menacée, il choisit de prendre les armes pour la défendre.

Un prince ottoman vivant à Constantinople

Orhan était un descendant de la dynastie ottomane et pouvait lui-même représenter une menace pour le pouvoir de Mehmed II.

Les Byzantins l'avaient accueilli et maintenu à Constantinople, notamment parce que sa présence constituait une forme de garantie politique face aux Ottomans.

Cette situation était particulièrement délicate : le prince se trouvait dans la ville que Mehmed II allait bientôt assiéger.

Lorsque le sultan décida de conquérir Constantinople, Orhan savait parfaitement ce qui risquait de lui arriver en cas de victoire ottomane.

Orhan choisit de défendre la ville

Au début du siège, plutôt que de rester à l'écart, Orhan proposa ses services à l'empereur Constantin XI Paléologue.

Avec les hommes de son entourage, il participa à la défense de la cité.

Il fut chargé de défendre une partie des murailles maritimes, notamment le secteur du port d'Éleuthère, sur la rive de la mer de Marmara.

Son choix est remarquable. Il savait qu'il combattait contre le souverain de sa propre dynastie et que, si Constantinople tombait, sa vie serait probablement en danger.

Pourtant, il resta avec les défenseurs jusqu'au dernier jour.

Un Ottoman parmi les défenseurs chrétiens

La présence d'Orhan rappelle que la défense de Constantinople ne fut pas uniquement une opposition simple entre « Grecs » et « Turcs ».

Des hommes venus d'horizons très différents participèrent au combat : Byzantins, Génois, Vénitiens, Crétois, Catalans, soldats étrangers et même des membres de la famille ottomane.

Orhan représente ainsi l'un des destins les plus singuliers du siège.

Il était issu de la même dynastie que le conquérant qui se trouvait devant les murailles, mais il avait choisi de rester fidèle à la ville qui l'avait accueilli.

Le dernier jour

Le 29 mai 1453, Constantinople tombe.

Les défenseurs sont submergés et les troupes ottomanes pénètrent dans la ville. Orhan continue alors de combattre.

Les récits divergent sur les circonstances exactes de ses dernières heures. Certaines sources rapportent qu'il tenta de s'échapper en se déguisant, tandis que d'autres récits donnent des détails différents sur sa mort.

Ce qui semble certain, en revanche, est qu'il fut tué lors de la chute de la ville. Son appartenance à la dynastie ottomane ne lui permit pas d'échapper au sort réservé aux vaincus.

Un destin qui mérite d'être rappelé

L'histoire du prince Orhan est peu connue, mais elle apporte un éclairage humain sur la chute de Constantinople.

À quelques pas des murailles se trouvait Mehmed II, le sultan qui voulait conquérir la ville. À l'intérieur de celle-ci combattait Orhan, un membre de sa propre dynastie.

Deux hommes issus du même monde politique se retrouvaient ainsi face à face, mais de deux côtés opposés de l'histoire.

Orhan savait probablement qu'en cas de victoire de Mehmed, il n'aurait aucune chance de conserver sa vie.

Il choisit pourtant de rester.

Une fidélité jusqu'au bout

Dans la mémoire de Constantinople, Orhan peut ainsi être considéré comme l'un des défenseurs les plus inattendus de la cité impériale.

Son histoire rappelle que, dans les périodes de bouleversement, les choix individuels peuvent dépasser les appartenances politiques ou dynastiques.

Il ne combattit pas pour conquérir Constantinople. Il combattit pour la défendre.

Et le 29 mai 1453, il mourut avec ceux qui avaient choisi de résister jusqu'au bout.

À lire également sur Mystique Orthodoxe

Pour approfondir l'histoire de Constantinople et les derniers jours de l'Empire byzantin :

  1. 28 mai 1453 : L'oraison funèbre de l'Empire Romain — excellent complément, puisqu'il raconte les dernières heures avant l'assaut final et le dernier discours de Constantin XI.
    Lire l'article sur Mystique Orthodoxe
  2. Une mosaïque de la Basilique Sainte Sophie découverte après des siècles ! — très bon prolongement sur la mémoire chrétienne de Constantinople et de Sainte-Sophie après 1453.
    Lire l'article sur Mystique Orthodoxe
  3. La Crimée chrétienne, pourquoi cette terre est-elle si importante pour la Russie ? — plus large, mais intéressant pour montrer la continuité historique entre Byzance, Constantinople, Chersonèse et le monde orthodoxe.
    Lire l'article sur Mystique Orthodoxe

Sources et travail de réécriture

Article d'origine : « Un noble ottoman défendit Constantinople », publié sur Mystique Orthodoxe en mai 2020.

Source historique principale évoquée dans l'article : Pemptousia, « An Ottoman Volunteer Defends Besieged Constantinople (1453) », consacré au prince Orhan et à son rôle dans la défense de Constantinople.

D'autres sources historiques confirment la présence d'Orhan parmi les défenseurs de Constantinople et son rôle dans la défense du port d'Éleuthère.

Travail de réécriture en 2026 : le texte original de Mystique Orthodoxe a été repris, restructuré et développé en français en 2026. Les sous-titres, les transitions et la présentation ont été retravaillés afin de rendre le récit plus clair et plus agréable à lire, tout en conservant son thème central : le destin exceptionnel du prince ottoman Orhan, qui choisit de combattre aux côtés des défenseurs de Constantinople.

jeudi 12 octobre 2017

Les Français mal informés sur la Syrie

Image :  © REUTERS/ SANA

Alors qu'ils représentaient 10 % de la population au début de la guerre, les Chrétiens Syriens sont aujourd'hui menacés de disparition, ce qu'ils imputent au soutien occidental aux groupes armés « rebelles ».

Alors que l'armée syrienne soutenue par la Russie et l'Iran a repris le contrôle de plus de 80 % de la partie d'Alep occupée par l'opposition armée, l'association française des Chrétiens de Syrie pour la Paix a tenu à rendre hommage le vendredi 9 décembre 2016 aux soldats russes tombés sur le front syrien.
« Ils ne nous ont pas laissés seuls face aux terroristes, nous leur en sommes reconnaissants » explique Roueida Khoury, la présidente de l'association. Les quelques personnes ayant bravé le froid ont été reçues par l'Ambassadeur après avoir répondu aux questions des journalistes.

Bien que l'association se dise chrétienne, elle se défend de tout communautarisme, convaincue que « Toute la Syrie est concernée. Les sunnites aussi sont assassinés par les terroristes de Daech ». Elle précise toutefois que les chrétiens sont particulièrement visés par le slogan de sinistre mémoire: « la valise ou le cercueil »
Bien consciente d'être à contre-courant de l'opinion médiatique courante, Roueida Khoury estime que « Très peu de Français ont compris ce qui se passe en Syrie en raison du totalitarisme intellectuel ambiant ». Elle a néanmoins espoir que les choses évoluent sous l'impulsion d'hommes politiques moins soumis aux intérêts de l'Amérique et plus sensible à la vision multipolaire prônée par la Russie.

Pour les représentants des chrétiens de Syrie en France, la sortie de crise dans leur pays passera par des négociations entre toutes les composantes de la société syrienne, y compris l'opposition, « mais pas cette opposition armée, criminelle et inconnue en Syrie que l'Occident et l'Arabie Saoudite veulent nous imposer, la vraie opposition, reconnue comme telle, qui existe en Syrie et n'appelle pas aux interventions étrangères sur notre sol. »
En savoir plus:

Extrait de Sputnik France,

jeudi 11 mai 2017

L'expulsion des Chrétiens du Moyen Orient, une catastrophe pour la civilisation

Une fille dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou
© Sputnik. Sergey Pyatakov

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201611211028790819-eglise-orthodoxe-russe-cyrill-expulsion-chretiens/

Le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Cyrille a vivement dénoncé l’expulsion des chrétiens des pays du Moyen-Orient, la qualifiant de catastrophe pour la civilisation.

Dans une interview à RT, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies Cyrille a abordé le sujet des chrétiens au Moyen-Orient. « L'élimination des chrétiens, leur expulsion de la région représente non seulement un crime contre la foi, contre les droits de l'homme et les libertés, mais aussi une catastrophe pour la civilisation, parce qu'avec la disparition de la population chrétienne tout changera dans ces pays », a déclaré le Patriarche. 

Cyrille a rappelé que le Moyen-Orient était « le berceau du christianisme, le berceau de la culture chrétienne ». C'est pourquoi la protection des chrétiens dans la région est devenue un thème central de la rencontre entre le Patriarche de Moscou et le pape François, qui s'est passée à l'aéroport de La Havane en février. « De toutes les minorités, les chrétiens ont été et sont actuellement les plus touchés. Les chiffres sont terrifiants: il y avait près d'un million et demi de chrétiens en Irak et maintenant il en reste moins de 150 000, un demi-million de chrétiens en Syrie sont portés disparus — qu'ils aient été tués ou qu'ils aient émigré », a souligné le Patriarche. Il est nécessaire de sauver non seulement les chrétiens, mais tous les peuples de la région, a-t-il ajouté, appelant à arrêter l'effusion de sang. « Ce qu'il nous reste à faire, c'est prier, bien sûr, et travailler pour que tous les pays comprennent la nécessité d'une action concertée », a conclu le Patriarche.


http://sptnkne.ws/cKyb

dimanche 9 avril 2017

Un endroit ancestral du Christianisme transformé en un véritable champ de bataille

Dans une zone du désert de Qasr Al Yahoudi, près de Jéricho en Cisjordanie, la terre ressemble à la sécheresse de l'argile. En approchant de cette zone sacrée, les seuls bruits que l'on entend sont ceux des oiseaux. Les sept églises chrétiennes, derrière les hautes barrières, restent des déserts de carcasses, ce depuis plus d'un demi-siècle. Les signes en trois langues, l'arabe, l'hébreu et l'anglais, rappellent que c'est un champ de mines. Un chemin mène à la rivière du Jourdain, une frontière naturelle entre la Jordanie et Israël, et le point où l'on peut atteindre la profondeur de l'eau à seulement 1,5 mètres. C'est précisément ici que le Christ a été baptisé par Jean le Baptiste il y a 2000 ans. 
« ALORS JÉSUS VINT DE GALILÉE AU JOURDAIN TROUVER JEAN POUR ÊTRE BAPTISÉ PAR LUI. MAIS JEAN L’EN EMPÊCHAIT EN DISANT : C’EST MOI QUI AI BESOIN D’ÊTRE BAPTISE PAR VOUS, ET VOUS VENEZ A MOI. » (CHAP. III, 13-14, JUSQU’AU CHAP. IV) 
A ce moment là, le baptême de Jésus fait des milliers de croyants à vouloir approcher la zone sacrée. Même les bus bondés arrivent aujourd'hui et prennent la route de la rivière. Passant entre les églises piégées avec des explosifs, les chrétiens plongent dans l'eau pour se baptiser, en emportant avec eux des petites bouteilles d'eau bénite. Dans ce champ de bataille, il y a un "coin" pour faire revivre l'histoire du Christianisme. 
Le sol est plein de mines restantes de la guerre de six jours, à savoir la guerre entre Israël et l'Egypte, la Syrie et la Jordanie, qui a pris fin avec le triomphe des Israéliens en 1967. Depuis lors, la sainte région reste emprisonnée à l'intérieur de milliers de mines, qui peuvent causer à tout moment encore plus de dégâts au églises chrétiennes. Elles ont été construites à l'époque byzantine. Plus de 300 000 fidèles font le voyage dangereux chaque année pour être baptisés dans le Jourdain. 
Mais il semble que les prières des fidèles ont été entendues. Des décennies après la guerre, et dans une véritable zone de catastrophe, une lumière s'entrevoit, avec le but d'en faire un monument historique chrétien qui puisse être visité en toute sécurité par les croyants. En effet, un accord a été conclu entre les Israéliens, les Palestiniens et les sept représentants des confessions orthodoxes (dont chacun a un temple dans la région), avec l'aide de l'ONG Halo Trust, pour non seulement nettoyer la zone des mines, mais aussi recréer les liens fragiles des sociétés de la région. Le patriarche de Jérusalem, Theofilos III, a décrit l'accord comme "un signe important de la réconciliation", et une "façon d'éclairer l'histoire sacrée associée à la région". Une zone sacrée qui depuis des années divise au lieu d'unifier. Bien sûr, les projets des dragueurs de mines sont difficiles, car la région est estimée à environ 1km carré répartis sur 3800 mines, et un nombre inconnu de munitions à l'intérieur des églises. Les Palestiniens participeront également à l'effort ressenti par le représentant du Centre palestinien pour les mines, car il y a 1,5 millions de mines dans les territoires palestiniens. 
Le processus de validation est susceptible de durer de 18 à 20 mois, parce que le sol est très instable et la région est sujette aux inondations, ce qui déplacera les mines et compliquera davantage la situation. Le projet coûtera environ 4 millions d'euros pour un endroit paisible et touristique. 
Andrew White, vicaire de Bagdad, de l'église Saint Georges à Bagdad, la seul église anglicane en Irak, a visité la région et a parlé à la BBC, déclarant que le projet apportera la renaissance de la région, et a parlé à la BBC, déclarant que le projet apportera la renaissance de la région à plusieurs niveaux : "Je serais ravi de voir que cet endroit, longtemps promu à la mort et à la destruction, se transforme en un lieu où ceux qui vivent ici puissent enfin se réconcilier". 
Alors que la paix au Moyen-Orient est encore un rêve lointain, nous espérons que dans le paysage de la guerre, la zone de Qasr Al Yahoudi, sera en mesure de fournir une petite oasis.