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mardi 30 mai 2017
Chacun de nous est potentiellement un Judas..
Hieromonk Seraphim (Rose)lundi 29 mai 2017
La trahison de Judas
La trahison de Judas : quand l’amour de l’argent éloigne de Dieu
Article retravaillé en 2026 — Réflexion sur la Passion du Christ
« Réjouis-toi, Rabbi ! » Et il Lui donna un baiser.
— Matthieu 26, 49
Une trahison devenue symbole
L’histoire humaine est marquée par de nombreuses trahisons. Mais parmi toutes celles dont la mémoire a traversé les siècles, celle de Judas Iscariote occupe une place singulière.
Son nom est devenu synonyme de perfidie : il désigne celui qui livre une personne dont il partage la confiance.
Judas n’était pourtant pas un étranger au Christ. Il faisait partie des Douze, ceux que Jésus avait appelés à Le suivre, qui avaient entendu Ses enseignements et partagé Sa vie quotidienne.
Comment un homme qui avait marché auprès du Seigneur a-t-il pu en arriver à Le livrer à Ses ennemis ?
Judas, l’un des Douze
Les Évangiles présentent Judas comme celui qui tenait la bourse commune des disciples. Jean rapporte qu’il détournait une partie de l’argent qui lui était confié (Jean 12, 4-6).
L’Écriture met ainsi en évidence l’importance de l’attachement aux richesses et du manque de droiture dans le cheminement de Judas.
Certains commentateurs ont également envisagé qu’il ait espéré voir Jésus devenir un Messie politique, capable de libérer Israël de la domination romaine. Face aux annonces répétées de la Passion, il aurait été confronté à un Messie bien différent de celui qu’il imaginait.
Les Évangiles ne nous permettent cependant pas de connaître avec certitude toutes les pensées qui ont conduit Judas à sa décision.
Le parfum de Béthanie : un signe révélateur
Peu avant la Passion, Marie, sœur de Lazare, répandit un parfum précieux sur les pieds de Jésus.
Judas protesta, affirmant que ce parfum aurait pu être vendu et l’argent donné aux pauvres. Mais l’Évangile selon saint Jean précise que ses paroles ne venaient pas d’un véritable souci des nécessiteux : il s’intéressait à l’argent dont il avait la garde.
Cet épisode révèle un contraste profond. Marie offre avec amour ce qu’elle possède de précieux, tandis que Judas semble mesurer les choses à leur valeur matérielle.
Le problème n’est donc pas simplement l’argent lui-même, mais la place qu’il occupe dans le cœur humain. Ce qui devrait rester un moyen peut devenir une passion qui obscurcit le discernement et éloigne de Dieu.
Les trente pièces d’argent
Après cet épisode, Judas se rendit auprès des grands prêtres et leur demanda ce qu’ils lui donneraient s’il leur livrait Jésus.
Ils lui promirent trente pièces d’argent.
À partir de ce moment, Judas chercha l’occasion de remettre son Maître entre leurs mains (Matthieu 26, 14-16).
Au jardin de Gethsémani, il arriva avec ceux qui venaient arrêter Jésus. Le signe qu’il leur avait donné était un baiser.
Ce geste, normalement associé à l’affection et à la proximité, devint le signe de la trahison.
La scène est d’autant plus bouleversante que Judas ne livrait pas un adversaire qu’il n’avait jamais rencontré : il livrait Celui auprès duquel il avait vécu.
Le dernier avertissement du Christ
Pendant le dernier repas, Jésus savait ce qui allait arriver. Pourtant, Il continua à s’adresser à Ses disciples et à leur donner des signes de Son amour.
L’Évangile selon saint Jean raconte que Jésus donna à Judas un morceau de pain après avoir annoncé que l’un des disciples Le trahirait (Jean 13, 21-30).
Ce passage nous confronte au mystère de la liberté humaine. Être proche du Christ ne signifie pas que l’on est incapable de s’en détourner. L’homme peut entendre la vérité, recevoir des signes d’amour et néanmoins choisir une autre voie.
Mais le récit ne nous invite pas seulement à condamner Judas. Il nous pousse aussi à examiner notre propre cœur : sommes-nous fidèles au Christ dans nos actes, ou seulement dans nos paroles ?
Le remords de Judas
Après l’arrestation et la condamnation de Jésus, Judas fut saisi de remords. Selon Matthieu, il rapporta l’argent aux grands prêtres en reconnaissant avoir livré un innocent.
Ceux-ci refusèrent de prendre la responsabilité de son acte. Judas jeta alors les pièces d’argent dans le Temple et partit (Matthieu 27, 3-5).
Son remords est tragique. Il reconnut la gravité de ce qu’il avait fait, mais l’Évangile ne rapporte pas qu’il se soit tourné vers le Christ pour Lui demander pardon.
Il faut distinguer le remords, qui nous enferme dans la culpabilité, du repentir chrétien, qui nous pousse à revenir vers Dieu et à implorer Sa miséricorde.
Nous ne pouvons pas prétendre connaître entièrement le jugement de Dieu sur une âme. Le destin de Judas demeure un avertissement solennel, mais le jugement ultime appartient au Seigneur.
Ne pas se croire à l’abri de la chute
L’histoire de Judas nous rappelle que la chute spirituelle ne commence pas toujours par un acte spectaculaire. Elle peut s’enraciner dans de petites compromissions, dans l’avidité, dans l’orgueil ou dans le refus d’écouter les appels de notre conscience.
Personne ne devrait se croire définitivement à l’abri de l’erreur. C’est pourquoi la tradition chrétienne insiste sur la vigilance, l’humilité et le repentir.
Lorsque nous nous éloignons de Dieu, nous pouvons encore revenir vers Lui. Le Christ accueille celui qui reconnaît sincèrement ses fautes et demande Sa miséricorde.
Ne laissons donc ni l’argent, ni l’orgueil, ni la rancune prendre la première place dans notre cœur.
Conclusion : choisir la fidélité au Christ
Judas a partagé la vie du Christ, mais il L’a livré à Ses ennemis. Son histoire demeure une mise en garde contre tout ce qui peut prendre la place de Dieu dans notre existence.
Elle nous invite à une question personnelle : que vaut notre foi si elle ne transforme ni nos actes, ni nos relations, ni notre manière de traiter notre prochain ?
Demandons au Seigneur de nous donner un cœur humble, fidèle et capable de se repentir. Et lorsque nous tombons, ne désespérons pas de Sa miséricorde.
Seigneur Jésus-Christ, garde-nous de la trahison, de l’avidité et de l’orgueil. Donne-nous la grâce de demeurer fidèles à Ton amour et de revenir vers Toi chaque fois que nous nous égarons. Amen.
Sources et références
Texte retravaillé et reformulé en 2026 à partir de l’article original signé du Dr Panagiotis S. Martini. Les références bibliques permettent de replacer le récit dans son contexte évangélique.
