Que devient l'être humain au moment de la mort ?
Le corps physique cesse progressivement de vivre et, dans l'immense majorité des cas, se décompose. Pourtant, certaines traditions religieuses et ésotériques évoquent des phénomènes considérés comme exceptionnels : incorruptibilité de certains corps, survivance d'une forme subtile de l'être, apparition de phénomènes spirituels ou encore influence possible du monde invisible.
Il convient ici de distinguer les enseignements religieux, les traditions ésotériques et les hypothèses avancées par différents auteurs. Les idées présentées dans cet article appartiennent pour une large part à cette dernière catégorie et ne constituent pas des vérités scientifiques établies.
Le mystère de l'incorruptibilité
Dans la tradition chrétienne, et notamment dans l'histoire de nombreux saints, on trouve des récits faisant état de corps demeurés exceptionnellement préservés après la mort.
L'Église considère cependant avec prudence ces phénomènes. L'incorruptibilité ne constitue pas à elle seule une preuve de sainteté et peut avoir des causes naturelles dans certains cas.
Mais pour les traditions spirituelles qui s'intéressent à la survivance de l'âme et aux réalités invisibles, la mort ne serait pas nécessairement un phénomène aussi instantané qu'il y paraît.
Selon certaines conceptions ésotériques, une partie subtile de l'être pourrait subsister après la disparition du corps physique.
L'ombre du défunt
L'écrivain Jean-Louis Bernard évoquait notamment l'existence d'une sorte d'« ombre » pouvant subsister après une mort violente.
Selon cette conception, une mort provoquée par un crime pourrait laisser derrière elle une empreinte particulièrement forte. Cette « ombre » demeurerait alors liée au criminel, comme par un mystérieux cordon invisible.
La force de ce lien dépendrait, toujours selon cette interprétation, de la gravité du crime et de la manière dont celui-ci aurait transgressé les lois de la justice.
Dans cette perspective, certains phénomènes de hantise pourraient être interprétés non comme la présence consciente de l'âme du défunt, mais comme la manifestation d'une empreinte psychique ou spirituelle demeurée attachée au monde terrestre.
Il s'agit évidemment d'une conception ésotérique qui ne repose pas sur une démonstration scientifique.
Le mystérieux « choc en retour »
Certaines traditions occultes parlent également d'un phénomène appelé « choc en retour » : le mal commis par un individu finirait par se retourner contre celui qui l'a provoqué.
L'histoire de la Révolution française est parfois citée comme illustration symbolique de cette croyance. Certains auteurs ont ainsi voulu voir dans le destin tragique des hommes impliqués dans la condamnation de Louis XVI une forme de rétablissement d'une justice invisible.
Une interprétation similaire a parfois été appliquée aux responsables des massacres de la famille impériale russe.
Il faut toutefois préciser qu'il s'agit d'une lecture spirituelle ou ésotérique de l'histoire, et non d'un fait historiquement démontré.
L'enfer : un lieu ou un état de l'être ?
La question de l'enfer apparaît également sous des formes très différentes selon les traditions.
L'abbé Julio proposait une conception particulièrement éloignée des représentations populaires de l'enfer. Pour lui, l'enfer pouvait être compris avant tout comme un état de l'être, une descente intérieure dans les ténèbres, la haine et l'éloignement de Dieu.
Cette conception mérite d'être rapprochée, avec prudence, de certaines réflexions chrétiennes sur l'enfer : celui-ci n'est pas simplement décrit comme un lieu matériel comparable à ceux de notre monde, mais comme une condition de séparation radicale d'avec Dieu.
Au cours de l'histoire chrétienne, l'enfer a cependant été représenté de manière beaucoup plus concrète.
Les représentations des peines de l'enfer
En Bretagne, notamment lors des campagnes de rechristianisation de l'époque moderne, furent utilisés les Taolennou, des tableaux destinés à présenter visuellement différents aspects de la doctrine chrétienne.
Ces images représentaient notamment les péchés, le jugement et les peines de l'enfer.
Elles étaient accompagnées d'explications destinées à frapper l'imagination des fidèles.
Cette manière très imagée de représenter l'au-delà peut rappeler certaines œuvres célèbres de la peinture occidentale, notamment les visions fantastiques et terrifiantes de Jérôme Bosch.
Les mondes invisibles selon les auteurs ésotériques
D'autres auteurs, comme Robert Ambelain, ont proposé des descriptions beaucoup plus complexes de l'après-mort.
Dans certaines traditions occultes, le défunt pourrait traverser différents états ou niveaux de conscience avant d'atteindre sa destination définitive.
Ambelain évoquait ainsi des mondes spirituels inférieurs associés à la cruauté et à la souffrance.
Ces descriptions appartiennent au domaine de l'ésotérisme et ne doivent pas être confondues avec l'enseignement officiel des Églises chrétiennes.
Elles n'en demeurent pas moins intéressantes pour comprendre la manière dont certaines traditions ont tenté de représenter le mystérieux passage entre la vie terrestre et l'au-delà.
Le mystère du moment de la mort
Un autre auteur, connu sous le pseudonyme Enel, développa des théories particulières concernant le processus de la mort.
Enel était le pseudonyme de Michel Skariatine, prince russe exilé en Suisse, mort en 1963. Il s'intéressa notamment à l'astrologie, à l'égyptologie et aux phénomènes liés aux « ondes de forme ».
Dans son ouvrage Post Mortem, publié en 1929, il développa l'idée selon laquelle la séparation entre l'être spirituel et le corps ne serait pas nécessairement instantanée.
Selon cette conception, certains liens subtils subsisteraient encore pendant un certain temps après l'arrêt apparent de la vie.
Cette idée est cependant à considérer comme une théorie ésotérique et non comme une donnée scientifique établie.
Enterrement et crémation : une ancienne question spirituelle
Enel estimait notamment que le corps devait être enterré plutôt qu'incinéré, considérant que la destruction rapide du corps pourrait perturber le processus de séparation entre les différentes dimensions de l'être.
Il allait jusqu'à considérer que la crémation pouvait provoquer des souffrances au niveau subtil.
Ces affirmations ne sont pas démontrées scientifiquement.
Elles rejoignent néanmoins une question beaucoup plus ancienne : quelle place doit-on accorder au corps après la mort ?
Dans la tradition chrétienne, le respect du corps du défunt occupe une place importante. Le corps n'est pas considéré comme une simple enveloppe sans valeur : il est appelé à la résurrection.
C'est notamment pour cette raison que les rites funéraires chrétiens accordent une grande importance à la prière pour les défunts.
Les momies et le mystérieux monde de l'Égypte ancienne
Les traditions ésotériques se sont également beaucoup intéressées aux anciennes pratiques égyptiennes.
Selon certaines interprétations occultes, la momification aurait permis de maintenir un lien entre le corps et une forme subtile du défunt.
Certains auteurs sont même allés jusqu'à parler d'une possible transformation de cette « ombre » en entité vampirique recherchant une énergie vitale.
De telles affirmations appartiennent au domaine de l'occultisme et ne correspondent pas aux connaissances historiques et scientifiques actuelles sur la momification égyptienne.
La pyramide elle-même a fait l'objet d'innombrables spéculations ésotériques. Certains lui ont attribué des propriétés particulières liées aux énergies telluriques et à la conservation des matières organiques.
La science reconnaît que certaines conditions environnementales peuvent favoriser naturellement la dessiccation et la conservation d'un corps, mais cela ne permet pas de démontrer l'existence d'une « énergie pyramidale » au sens ésotérique.
Le véritable mystère demeure
Derrière toutes ces théories, une question demeure pourtant intacte :
Que se passe-t-il réellement lorsque nous mourons ?
La science peut observer les phénomènes biologiques qui accompagnent la mort. Elle peut décrire l'arrêt des fonctions vitales et les transformations du corps.
Mais la question de la destinée ultime de la conscience et de l'âme dépasse encore largement ce que l'expérience scientifique permet d'établir.
Pour le christianisme, la réponse ne réside finalement ni dans les fantômes, ni dans les théories occultes, ni dans la peur des puissances invisibles.
Elle se trouve dans le mystère de la Résurrection.
Le Christ affirme :
« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. »
Ainsi, derrière toutes les interrogations sur l'ombre, l'âme, la mort et l'au-delà, demeure pour le croyant une espérance essentielle : la mort n'est pas le dernier mot de l'existence humaine.
À suivre...
Texte inspiré d'un ancien article de M. Kraiplin, dont certains écrits avaient été conservés et archivés par le blogueur. Les théories ésotériques présentées ici sont rapportées comme telles et ne constituent pas des faits scientifiquement établis ni, pour plusieurs d'entre elles, des enseignements officiels de l'Église.