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mardi 15 janvier 2019

Pensée personnelle : le sens de la justice


Le sens de la justice : défendre le bien sans oublier la miséricorde

La justice est une notion qui accompagne toute notre vie. Nous sommes sensibles à l'injustice lorsque nous en sommes victimes, mais la véritable question est peut-être de savoir quelle attitude nous adoptons lorsque l'injustice concerne quelqu'un d'autre. Sommes-nous capables de prendre la défense d'une personne qui ne peut pas se défendre elle-même, même lorsque cela ne nous apporte aucun avantage personnel ?

Au cours de ma vie professionnelle, j'ai été amené à connaître des situations dans lesquelles des salariés estimaient être victimes d'une injustice. Dans ces circonstances, la première démarche consiste toujours, lorsque cela est possible, à rechercher le dialogue et une solution équitable. La justice ne devrait pas être une recherche de conflit, mais au contraire une recherche de vérité et d'équilibre. Lorsque le dialogue ne suffit plus, il existe heureusement des institutions et des personnes chargées de faire respecter le droit.

Mais le sens de la justice ne concerne pas seulement le monde professionnel. Il se manifeste également dans les relations ordinaires, dans notre famille, dans notre travail, dans nos amitiés et même dans les rencontres les plus simples de notre quotidien.

Ne pas rester indifférent

Il est parfois plus facile de fermer les yeux sur une injustice. Lorsque nous ne sommes pas directement concernés, nous pouvons être tentés de penser que ce n'est pas notre problème. Pourtant, l'indifférence devant l'injustice peut progressivement nous rendre insensibles à la souffrance de l'autre.

Défendre quelqu'un ne signifie pas nécessairement prendre parti aveuglément. La justice demande au contraire de rechercher la vérité, d'écouter les différentes personnes concernées et de ne pas condamner sans connaître les faits. Il faut également savoir reconnaître lorsque nous avons nous-mêmes tort.

La justice véritable demande donc du courage, mais également de l'humilité.

Dans la tradition chrétienne, la justice ne peut d'ailleurs pas être séparée de l'amour. Le Christ nous demande de regarder notre prochain avec attention et de ne pas vivre uniquement pour nous-mêmes. La justice chrétienne ne consiste pas simplement à appliquer une règle : elle cherche aussi à restaurer, à relever et à réconcilier lorsque cela est possible.

Justice et miséricorde

Il existe parfois une confusion entre justice et dureté. Être juste ne signifie pas être impitoyable.

La justice nous pousse à reconnaître le bien et le mal, à protéger celui qui est victime et à dénoncer ce qui doit l'être. Mais la miséricorde nous rappelle que toute personne demeure un être humain capable de se tromper, de changer et de se relever.

C'est peut-être là l'un des équilibres les plus difficiles de la vie chrétienne : ne pas appeler le mal « bien », tout en refusant de réduire une personne à ses fautes.

Nous pouvons donc condamner une injustice sans haïr celui qui l'a commise. Nous pouvons défendre une personne sans chercher à humilier son adversaire. Nous pouvons rechercher la vérité sans transformer notre désir de justice en désir de vengeance.

Le Christ nous enseigne précisément cette voie exigeante où la vérité et l'amour ne sont pas séparés.

Ce que le karaté m'a appris

Ma pratique du karaté a également profondément influencé ma manière de comprendre la défense et le respect de l'autre.

Dans un art martial véritablement compris, la force ne devrait pas être utilisée pour dominer ou humilier. Elle doit d'abord être maîtrisée. Le pratiquant apprend à contrôler son corps, ses gestes, mais aussi progressivement ses réactions et ses émotions.

C'est pourquoi la pratique martiale peut être comprise comme une école de responsabilité. Savoir se défendre ne signifie pas rechercher le combat. Au contraire, la maîtrise de soi doit permettre d'éviter le conflit lorsque cela est possible et d'utiliser sa force seulement lorsque cela est nécessaire.

Cette idée peut également s'appliquer à notre comportement quotidien. Défendre quelqu'un ne signifie pas forcément combattre physiquement. Parfois, il suffit de parler lorsqu'une personne est injustement accusée, d'aider quelqu'un qui se trouve en difficulté ou simplement de refuser de participer à une injustice.

La véritable force n'est donc pas toujours celle qui frappe. Elle peut être celle qui ose se lever pour protéger sans haine.

La justice commence dans les petites choses

Nous imaginons parfois que défendre la justice nécessite de réaliser de grandes actions. Pourtant, notre comportement quotidien est déjà rempli de petites occasions de faire le bien.

Aider une personne âgée, rendre un service sans attendre de récompense, écouter quelqu'un qui souffre, prendre la défense d'une personne injustement traitée, reconnaître une erreur que nous avons commise ou simplement respecter celui qui se trouve devant nous sont autant de manières très concrètes de faire vivre la justice et l'amour du prochain.

Ces gestes peuvent paraître insignifiants, mais ils témoignent de l'état de notre cœur.

La foi chrétienne ne se limite pas aux paroles que nous prononçons dans l'église. Elle se vérifie aussi dans notre manière de nous comporter lorsque personne ne nous regarde.

Chercher la vérité sans devenir juge

Il faut cependant rester prudent. Nous pouvons être convaincus d'avoir raison et pourtant nous tromper. Notre connaissance des situations est souvent partielle et nous ne connaissons pas toujours les intentions profondes des personnes.

C'est pourquoi le sens chrétien de la justice doit être accompagné du discernement.

Avant de condamner, il faut écouter. Avant d'accuser, il faut vérifier. Avant de juger une personne, il faut se souvenir que nous-mêmes avons besoin de la miséricorde de Dieu.

Cela ne signifie pas qu'il faille rester silencieux devant le mal. Le silence peut parfois devenir une forme de complicité. Mais parler pour la vérité ne donne pas le droit de mépriser celui qui pense autrement ou qui a commis une faute.

La justice chrétienne cherche à remettre les choses à leur juste place, et non à satisfaire notre propre colère.

« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice »

Dans les Béatitudes, le Christ déclare :

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »
(Matthieu 5,6)

Cette parole donne une profondeur particulière à notre réflexion.

Avoir faim et soif de justice ne signifie pas être constamment à la recherche des fautes des autres. C'est plutôt désirer profondément que le bien, la vérité et la paix puissent prendre leur place dans notre existence.

Cette justice commence par nous-mêmes.

Avant de demander aux autres d'être justes, nous pouvons nous demander si nous le sommes. Avant de dénoncer les fautes d'autrui, nous pouvons examiner notre propre cœur. Avant d'exiger le respect, nous pouvons apprendre à respecter.

C'est peut-être ainsi que commence une véritable transformation : non pas en voulant changer immédiatement le monde entier, mais en permettant à Dieu de changer quelque chose en nous.

Défendre le bien avec un cœur paisible

Le sens de la justice reste donc pour moi lié à plusieurs valeurs : la vérité, le courage, le respect, la maîtrise de soi et surtout la miséricorde.

Il ne s'agit pas de rechercher les conflits ni de vouloir toujours avoir raison. Il s'agit de ne pas accepter que l'indifférence devienne notre manière habituelle de vivre.

Lorsque nous sommes témoins d'une injustice, nous pouvons parfois agir. Lorsque nous pouvons aider, aidons. Lorsque nous devons parler, parlons avec vérité. Lorsque nous devons nous taire, faisons-le sans lâcheté mais avec discernement. Et lorsque nous avons nous-mêmes commis une faute, ayons l'humilité de la reconnaître.

La justice véritable ne nous éloigne pas de Dieu lorsqu'elle est vécue dans l'amour. Elle peut au contraire devenir un chemin vers Lui, à condition de ne jamais oublier que nous avons nous-mêmes besoin de la justice et de la miséricorde de Dieu.

Le chrétien est appelé à défendre la vérité, mais il est également appelé à aimer. Et entre ces deux exigences se trouve peut-être l'un des plus beaux combats de notre vie spirituelle : apprendre à être ferme face au mal tout en gardant un cœur capable de miséricorde.

« Que la justice coule comme de l'eau, et la droiture comme un torrent qui ne tarit jamais ! »
(Amos 5,24)

vendredi 11 janvier 2019

Pensée personnelle.. Entretenir et nettoyer son espace quotidien


Lorsque je suis au travail, j'ai l'habitude de nettoyer mon local en arrivant. J'aime bien que ce soit propre et que cela sente bon.

Et cela a un effet sur mon esprit. Je réfléchis mieux, mon esprit est clarifié. Je pense que si nous conservons la propreté autour de nous, ou nettoyons, nous sommes plus serein, et plus relaxé dans cet environnement clair.

Au contraire, lorsque mon local n'est pas propre, avec plein de poussière parterre et ailleurs, je ne me sens pas apte à réfléchir clairement. Je ne pense pas que cela soit subjectif. Je pense que si nous faisons l'effort d'entretenir notre espace quotidien, nous nous sentons mieux. Quelque part, c'est comme prendre soin de la planète. Nous sommes mieux en plein air dans un environnement non pollué, en pleine nature, que dans une ville enfumée..

Je pense que clarifier son espace quotidien, c'est aussi clarifier son esprit. C'est quelque chose de très important.

Amicalement..

mercredi 9 janvier 2019

Pensée personnelle.... Rendre service à la Station Essence...


Ce matin, j'ai rendu service à la station service, à une femme, visiblement française, mais résidente en Allemagne, qui ne comprenait pas comment fonctionner nos pompes à essence en France.

En Allemagne, la façon de procéder est différente semble-t-il.

Enfin peu importe. Je pense que nous devons rendre service lorsque cela nous est demandé avec le coeur.. Du moins si c'est dans nos possibilités. C'est quelque chose d'important. Le Saint Esprit nous vient parfois en aide dans ces moments là je pense, quelque soit le degré de difficulté du service demandé, si minime soit-il comme avec moi ce matin.


C'est très important.

Amicalement.. 

dimanche 16 décembre 2018

Comme si on jouait au loup..


Comme si on jouait au loup : apprendre à être vigilant sans apprendre à être violent

Lorsque ma fille avait cinq ans, je lui apprenais déjà quelques principes du karaté. Mais je ne commençais pas par lui apprendre à donner des coups de poing ou des coups de pied. Ce qui m'importait avant tout était de lui apprendre à ne pas être touchée, à ne pas être attrapée et à savoir se déplacer pour éviter le danger, un peu comme dans le jeu du loup.

Avec un enfant, cette manière d'apprendre est naturellement ludique. Pourtant, derrière le jeu se trouve quelque chose de beaucoup plus profond : apprendre à observer, à écouter, à sentir ce qui se passe autour de soi et à ne pas agir dans la précipitation.

Le premier réflexe que je souhaitais lui transmettre n'était donc pas celui du combat, mais celui de l'évitement.

Apprendre d'abord à éviter

Dans les arts martiaux, on parle beaucoup de techniques, de frappes, de blocages ou de déplacements. Pourtant, avant même toutes ces techniques, il existe une capacité fondamentale : ne pas se mettre inutilement en danger.

Si l'on peut éviter une chute, on évite la chute. Si l'on peut éviter un conflit, on évite le conflit. Si l'on peut s'éloigner d'une situation dangereuse, on s'en éloigne.

Cette idée me paraît particulièrement importante lorsqu'on enseigne un art martial à un enfant. Il ne faudrait jamais lui donner l'impression que le karaté consiste à apprendre à vaincre les autres. Au contraire, il peut lui apprendre progressivement à mieux se connaître, à contrôler ses réactions et à comprendre qu'une personne réellement forte n'a pas besoin de rechercher la confrontation.

Le jeu du loup était finalement une manière simple de lui faire découvrir cela : voir venir, esquiver, se déplacer, garder son équilibre et rester attentive.

Être consciente de ses propres mouvements

La vigilance ne concerne d'ailleurs pas uniquement les dangers venant des autres.

Je lui apprenais aussi à prendre conscience de ses propres mouvements. Lorsqu'elle se baissait pour ramasser quelque chose, elle devait penser à ce qui se trouvait au-dessus d'elle. Lorsqu'elle se relevait, elle devait savoir où se trouvait son corps par rapport à son environnement. Dans un escalier, il fallait regarder où elle posait les pieds. En courant ou en jouant, il fallait également savoir ce qui se trouvait autour d'elle.

Tout cela peut sembler très éloigné du karaté. Pourtant, c'est précisément cette conscience du corps et de l'environnement qui constitue une partie importante de l'apprentissage.

Le corps n'est pas quelque chose que nous devons simplement faire bouger. Il faut apprendre à l'habiter, à le sentir et à comprendre ses possibilités et ses limites.

Cette attention peut ensuite devenir une forme de vigilance générale.

Regarder avant d'agir

Lorsque nous sommes enfants, nous découvrons progressivement le monde. Nous apprenons à travers nos expériences, nos erreurs et les conseils de ceux qui nous entourent.

Apprendre à être vigilant ne signifie pas vivre dans la peur.

C'est au contraire apprendre à regarder avant d'agir.

Lorsqu'un enfant joue dehors, traverse une rue, descend d'une voiture ou se trouve dans un endroit qu'il ne connaît pas, il doit progressivement apprendre à observer ce qui l'entoure. Il ne s'agit pas de lui apprendre à suspecter tout le monde, mais de lui apprendre à ne pas être complètement inattentif.

La vigilance saine n'est pas la peur. Elle est une présence attentive au monde.

Et cette présence peut également avoir une dimension intérieure.

La véritable maîtrise commence par soi-même

Un pratiquant d'arts martiaux peut apprendre à maîtriser ses gestes, mais la maîtrise du corps n'est qu'une première étape.

Il faut également apprendre à maîtriser sa colère, son impatience, son orgueil et ses réactions.

Il est relativement facile de croire que la force consiste à pouvoir frapper plus fort que quelqu'un d'autre. Il est beaucoup plus difficile de rester calme lorsqu'une personne nous provoque, de savoir s'arrêter lorsque nous sommes en colère ou de renoncer à répondre à une provocation.

C'est là que l'art martial peut prendre une autre dimension.

La force la plus difficile à maîtriser est parfois celle qui se trouve en nous.

Un enfant qui apprend à se contrôler apprend quelque chose qui lui sera utile bien au-delà du dojo. Il pourra rencontrer des personnes qui l'agaceront, connaître des frustrations, subir des injustices ou être confronté à des situations difficiles. Les techniques physiques ne pourront pas résoudre tous ces problèmes.

En revanche, la maîtrise de soi pourra l'aider à ne pas répondre immédiatement sous l'effet de la colère.

Le karaté n'est pas une école de violence

C'est une idée qui me paraît importante à rappeler.

Apprendre un art martial ne devrait pas avoir pour objectif de rendre quelqu'un plus agressif. Bien compris, le karaté peut au contraire apprendre que la force doit être maîtrisée et que le combat ne constitue pas une réponse automatique à un problème.

Il existe une grande différence entre savoir se défendre et rechercher la confrontation.

Savoir se défendre peut donner de la confiance. Rechercher la violence traduit autre chose.

Lorsque j'apprenais le karaté à ma fille, je voulais donc lui transmettre avant tout cette idée : si une situation dangereuse peut être évitée, il vaut mieux l'éviter. Si l'on peut s'éloigner, on s'éloigne. Si l'on peut demander de l'aide, on demande de l'aide.

Et seulement lorsqu'une situation ne peut réellement pas être évitée, il faut savoir réagir de manière adaptée.

La défense ne doit jamais devenir une excuse pour rechercher le combat.

La vigilance et la vie spirituelle

En y réfléchissant aujourd'hui, je trouve que cette notion de vigilance possède également une résonance particulière dans la vie chrétienne.

Le Christ nous demande à plusieurs reprises de veiller. Dans l'Évangile selon saint Matthieu, nous lisons :

« Veillez et priez. »
(Matthieu 26,41)

La vigilance chrétienne n'est évidemment pas une technique de défense physique. Elle concerne d'abord notre cœur et notre vie intérieure.

Être vigilant, c'est aussi apprendre à reconnaître ce qui nous éloigne progressivement de Dieu : une colère que nous entretenons, une rancune que nous refusons d'abandonner, un orgueil qui grandit, une parole blessante que nous aurions pu éviter.

Nous pouvons être très attentifs à ce qui se passe autour de nous et pourtant être complètement inattentifs à ce qui se passe dans notre propre cœur.

La véritable vigilance demande donc les deux : regarder le monde avec attention et regarder aussi notre propre âme avec honnêteté.

Ne pas confondre paix et faiblesse

La non-violence est parfois mal comprise.

Refuser la violence ne signifie pas être incapable de se défendre ou accepter toutes les situations sans réagir. La paix véritable demande parfois beaucoup de courage.

Une personne qui maîtrise sa force possède davantage de possibilités qu'une personne qui ne sait agir que par la violence. Elle peut choisir de parler, de partir, de demander de l'aide, de protéger quelqu'un, de se défendre si cela devient nécessaire ou simplement de ne pas répondre à une provocation.

La maîtrise de soi permet justement de conserver cette liberté de choix.

Dans cette perspective, le karaté peut devenir une école de paix : non pas parce qu'il nierait la possibilité du conflit, mais parce qu'il apprend au pratiquant à ne pas rechercher inutilement celui-ci.

Ce que je voulais transmettre à ma fille

Lorsque je repense à ces moments où j'apprenais le karaté à ma fille, je comprends que je ne cherchais finalement pas seulement à lui apprendre quelques mouvements.

Je voulais lui transmettre une attitude.

Regarder autour de soi. Faire attention à ses déplacements. Ne pas se précipiter. Savoir éviter. Garder son équilibre. Ne pas céder immédiatement à la peur. Ne pas répondre automatiquement à l'agression. Savoir demander de l'aide. Et surtout comprendre que la force n'a de valeur que lorsqu'elle est accompagnée de maîtrise.

Ce sont des enseignements qui dépassent largement les arts martiaux.

De l'enfant au pratiquant, du corps vers l'esprit

Avec le temps, je crois que l'on comprend que le véritable apprentissage ne consiste pas simplement à accumuler des techniques.

Au début, l'enfant apprend à se déplacer.

Puis il apprend à contrôler ses mouvements.

Ensuite, il peut apprendre à contrôler ses réactions.

Et peut-être qu'un jour, il comprend que la plus grande victoire n'est pas nécessairement celle que l'on remporte sur quelqu'un d'autre, mais celle que l'on remporte sur soi-même.

C'est également pour cette raison que je considère le karaté comme beaucoup plus profond qu'une simple activité physique.

Il peut contribuer à développer la confiance, la santé, la discipline et la vigilance, mais il peut aussi devenir un chemin de réflexion sur notre rapport à la force, à la peur, à la colère et aux autres.

Une force au service de la paix

Aujourd'hui encore, je pense que c'est l'un des messages les plus importants que l'on puisse transmettre à un enfant qui pratique un art martial :

Tu n'apprends pas à te battre pour rechercher le combat. Tu apprends à être suffisamment maître de toi pour pouvoir l'éviter.

La vigilance permet de voir venir le danger.
La maîtrise de soi permet de ne pas agir sous l'emprise de la colère.
La confiance permet de ne pas céder facilement à la peur.
Et la non-violence nous rappelle que la force n'a pas besoin d'être utilisée chaque fois qu'elle pourrait l'être.

Finalement, ce petit jeu du loup avec ma fille m'aura appris à moi aussi quelque chose d'important : parfois, les enseignements les plus profonds commencent par les choses les plus simples.

Un enfant qui apprend à regarder autour de lui apprend déjà à être présent au monde.

Un enfant qui apprend à éviter un conflit découvre déjà qu'il n'est pas obligé de répondre à la violence par la violence.

Et un enfant qui apprend à maîtriser sa force commence peut-être à comprendre que la véritable force n'est pas de faire peur aux autres, mais de savoir rester maître de soi.

C'est aussi cela, pour moi, l'esprit du karaté.