Le miracle contemporain de Sainte Marina d’Antioche à Dallas
Dans la vie de l'Église, les récits de miracles occupent une place particulière. Ils ne sont pas destinés à satisfaire notre curiosité, mais à nous rappeler que la prière, la foi et la confiance en Dieu peuvent soutenir l'homme jusque dans les épreuves les plus difficiles.
L'un de ces témoignages concerne un jeune garçon chypriote nommé Andrea Vassiliou, atteint de leucémie, et une intervention attribuée à Sainte Marina d'Antioche.
Un enfant atteint de leucémie
En octobre 2000, la famille Vassiliou, originaire de Limassol à Chypre, traversait une épreuve terrible : leur jeune fils Andrea souffrait d'une leucémie et devait subir une greffe de moelle osseuse aux États-Unis.
La famille avait entrepris des démarches pour trouver un donneur compatible. Celui-ci fut finalement trouvé et les parents préparèrent leur départ pour Houston, au Texas.
Mais avant de partir, ils ne se contentèrent pas de chercher une solution médicale. Ils se tournèrent également vers Dieu dans la prière, demandant au Seigneur de sauver leur enfant.
Ayant entendu parler des miracles attribués à Sainte Marina, ils contactèrent le monastère consacré à la sainte sur l'île grecque d'Andros.
L'archimandrite Cyprien, higoumène du monastère, leur promit de prier pour Andrea. Il leur dit également qu'il souhaitait que Sainte Marina soit auprès de l'enfant au moment de son opération.
Avec cette bénédiction et cette espérance, la famille partit pour les États-Unis.
Une mystérieuse femme médecin
Après les examens préparatoires, Andrea fut conduit au bloc opératoire.
Peu avant le début de l'intervention, une femme se présenta auprès du chirurgien. Elle affirma être le médecin d'Andrea et demanda l'autorisation d'assister à l'opération.
Le chirurgien lui expliqua que les médecins extérieurs à son équipe n'étaient normalement pas autorisés à entrer dans la salle d'opération.
Mais la femme insista.
D'après le témoignage rapporté par John Sanidopoulos, son assurance et ses connaissances médicales convainquirent finalement le chirurgien de lui permettre d'entrer. Elle laissa ses coordonnées auprès de l'administration avant de rejoindre l'équipe médicale.
Pendant l'intervention, cette mystérieuse médecin donna plusieurs indications concernant le déroulement de l'opération.
L'intervention se passa bien.
À la fin, le chirurgien la remercia avant de quitter la salle.
« Pourquoi aviez-vous amené un médecin avec vous ? »
Les parents d'Andrea attendaient anxieusement des nouvelles de leur enfant. Lorsque le chirurgien vint leur parler, il leur annonça que tout s'était très bien passé.
Mais il leur posa également une question qui les surprit :
Pourquoi avaient-ils amené leur propre médecin avec eux ?
Les parents répondirent qu'ils n'avaient amené aucun médecin.
Le chirurgien leur expliqua pourtant qu'une femme médecin avait participé à l'opération et qu'elle était restée quelque temps dans le bloc opératoire après son départ.
Les parents cherchèrent alors cette mystérieuse doctoresse.
Mais personne ne parvint à la retrouver.
« Marina d'Andros »
La famille se rendit finalement auprès de l'administration afin de savoir qui était cette femme et de pouvoir la remercier.
C'est alors qu'ils découvrirent, selon le récit transmis, le nom laissé par la mystérieuse visiteuse :
« Marina d'Andros ».
Les parents furent profondément bouleversés.
Ils se rappelèrent immédiatement les paroles de l'higoumène Cyprien, qui avait prié pour qu'Andrea soit accompagné par Sainte Marina pendant son opération.
Pour la famille, il ne faisait alors aucun doute qu'elle avait reçu une grâce particulière de la sainte.
Andrea se remit de son opération et, selon le témoignage rapporté, retrouva la santé. La famille Vassiliou aurait ensuite pris l'engagement de se rendre chaque année au monastère de Sainte Marina à Andros, le 17 juillet, jour de sa fête, afin de rendre grâce.
Sainte Marina, une présence dans l'épreuve
Pour un chrétien orthodoxe, ce récit rappelle avant tout la puissance de la prière.
Lorsque nous sommes confrontés à une maladie grave, à un accident ou à une situation qui semble humainement désespérée, nous pouvons avoir l'impression que toutes les portes se ferment.
La prière nous rappelle alors que nous ne sommes jamais seuls.
Nous prions Dieu directement, mais nous demandons également l'intercession de la Mère de Dieu et des saints.
Les saints ne remplacent pas le Christ mais ils nous conduisent vers Lui.
C'est pourquoi les miracles attribués aux saints ne doivent jamais être compris comme une forme de magie. Ils sont reçus par les croyants comme des signes de la miséricorde divine.
Foi et médecine ne s'opposent pas
Ce récit rappelle également une chose importante : la foi chrétienne n'est pas opposée à la médecine.
Andrea devait recevoir une intervention médicale complexe. Des médecins, des chirurgiens et des soignants étaient présents pour prendre soin de lui.
La famille a demandé à Dieu son secours tout en ayant recours aux moyens médicaux disponibles.
Dans la tradition chrétienne, il n'y a aucune contradiction entre prier et se faire soigner.
Nous pouvons remercier Dieu pour les médecins, pour les progrès de la médecine et pour toutes les personnes qui consacrent leur vie à sauver ou à soulager leurs semblables.
Et lorsque survient une guérison que les croyants considèrent comme miraculeuse, celle-ci est reçue avec gratitude et humilité.
Un témoignage, pas une preuve scientifique
Il est important de préciser la nature de ce récit.
L'histoire de la mystérieuse femme médecin est rapportée par John Sanidopoulos à partir de témoignages liés à la famille et au monastère de Sainte Marina. Elle constitue donc un récit de miracle transmis dans un contexte de foi orthodoxe.
Nous ne disposons pas, dans les sources consultées, d'une documentation médicale indépendante permettant d'établir scientifiquement l'identité de cette femme ou d'affirmer les circonstances surnaturelles de l'événement. Mais nous savons que Sainte Marina, comme une multitude de saints, vient en aide aux humains que nous sommes.
Et cela n'empêche pas les croyants de recevoir ce témoignage avec respect.
Mais le véritable fruit d'un récit miraculeux ne devrait pas être la recherche du sensationnel.
Il devrait être la conversion du cœur.
Quand la souffrance devient une prière
L'histoire d'Andrea nous rappelle finalement que la maladie peut devenir, malgré elle, un lieu de prière.
Une famille entière s'est retrouvée dans l'angoisse devant la maladie d'un enfant. Elle a cherché un donneur. Elle a cherché des médecins. Elle a cherché une solution. Et elle a aussi cherché Dieu.
C'est peut-être là le cœur véritable de ce témoignage.
Nous ne savons pas toujours pourquoi certaines personnes guérissent et d'autres non. Nous ne comprenons pas tous les mystères de la Providence.
Mais nous pouvons toujours prier. Nous pouvons demander la guérison. Nous pouvons demander la force. Nous pouvons demander la paix.
Et surtout, nous pouvons remettre ceux que nous aimons entre les mains du Seigneur.
« Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. »
(Matthieu 7,7)
Que Sainte Marina intercède pour tous les enfants malades, pour leurs familles, pour les médecins et pour tous ceux qui traversent l'épreuve de la maladie.
Et que le Christ, source de toute guérison et de toute espérance, fortifie ceux qui se tournent vers Lui avec confiance.
Source et travail de réécriture
Article original : « Miracle contemporain de Sainte Marina d'Antioche à Dallas », publié sur Mystique Orthodoxe le 28 mai 2017. L'article indique comme source un extrait de Mystagogy, de John Sanidopoulos.
Source principale : John Sanidopoulos, « Astonishing Contemporary Miracles of Saint Marina on the Island of Andros », publié le 17 juillet 2009 sur Orthodox Christianity Then and Now / Mystagogy. Le récit d'Andrea Vassiliou y est présenté comme un témoignage de miracle attribué à Sainte Marina.
Source originale : John Sanidopoulos — Mystagogy
Cette version a été entièrement réécrite et développée pour Mystique Orthodoxe. Le récit et sa dimension orthodoxe ont été conservés, tout en distinguant clairement le témoignage de foi d'une éventuelle preuve médicale indépendante.