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jeudi 15 octobre 2026

Pourquoi pleure-t-on parfois lorsque l'on reçoit l'Eucharistie ?

 



Pourquoi pleure-t-on parfois lorsque l'on reçoit l'Eucharistie ?

Il arrive que des chrétiens, au moment de recevoir la Sainte Communion, soient saisis par une émotion profonde. Les yeux se remplissent de larmes, le cœur semble s'ouvrir et une paix difficile à expliquer envahit parfois l'âme. D'autres ressentent une joie silencieuse, un sentiment de reconnaissance ou une tendresse qu'ils ne parviennent pas à exprimer avec des mots.

Pourquoi pleure-t-on parfois en recevant l'Eucharistie ? Que se passe-t-il dans le cœur de celui qui s'approche du Christ et reçoit son Corps et son Sang ?

Dans la foi orthodoxe, ces larmes peuvent être accueillies avec simplicité. Elles ne sont pas nécessairement un signe extraordinaire, mais elles peuvent accompagner une rencontre intérieure avec Dieu.

1. La rencontre avec le Christ vivant

Pour les chrétiens orthodoxes, l'Eucharistie n'est pas un simple symbole ni seulement le souvenir de la dernière Cène. Elle est le mystère de la présence véritable du Christ, qui se donne à l'homme pour sa vie et son salut.

Au moment de la communion, le fidèle s'approche donc d'un mystère qui dépasse les mots et la compréhension humaine.

Il arrive que cette conscience touche profondément le cœur. Celui qui reçoit le Christ peut soudain éprouver de la gratitude, de l'émerveillement ou un sentiment d'indignité devant un amour aussi grand.

Les larmes viennent alors parfois sans que l'on sache vraiment pourquoi, et expriment ce que les mots ne parviennent plus à dire.

Comme l'écrit le psalmiste :

« Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant. »
(Psaume 42,3)

Cette soif de Dieu peut rester silencieuse pendant longtemps, puis se manifester avec une intensité inattendue au cours de la liturgie.

2. Les larmes de repentir et de conversion

Dans la tradition orthodoxe, les larmes occupent une place importante dans la vie spirituelle. Les Pères de l'Église parlent souvent des larmes de repentir, qui naissent lorsque l'être humain prend conscience de ses fautes, mais aussi de la miséricorde infinie de Dieu.

Il ne s'agit pas de se mépriser ou de se croire indigne d'être aimé. Le repentir chrétien est un retour vers le Père, semblable à celui du fils prodigue de l'Évangile.

Lorsque nous nous approchons de la communion, nous pouvons ressentir avec une force particulière notre fragilité, nos erreurs et nos manquements. Mais cette prise de conscience peut être accompagnée d'une grande espérance : malgré nos faiblesses, le Christ nous appelle à revenir vers lui.

Les larmes peuvent alors devenir une prière silencieuse : « Seigneur, prends pitié de moi, guéris mon cœur et apprends-moi à aimer. »

Elles ne sont pas le but de la vie spirituelle. Le véritable fruit du repentir se reconnaît plutôt à la transformation progressive de notre manière de vivre, à notre patience, à notre humilité et à notre amour du prochain.

3. Lorsque le cœur s'ouvre à l'amour de Dieu

Il arrive aussi que les larmes ne soient liées ni à la tristesse ni au regret, mais à une joie profonde.

Certaines personnes ressentent, au moment de la communion, une paix intérieure, une douceur ou une reconnaissance si intense qu'elles se mettent à pleurer. Elles peuvent avoir le sentiment d'être aimées malgré leurs imperfections, accueillies malgré leurs blessures et accompagnées au milieu de leurs difficultés.

La tradition spirituelle orthodoxe évoque parfois la compunction, que l'on peut comprendre comme une profonde sensibilité du cœur devant Dieu. Elle peut mêler le repentir, la gratitude, l'amour et l'espérance.

Il serait toutefois imprudent d'affirmer que chaque larme vient nécessairement d'une intervention miraculeuse. Les émotions humaines sont complexes, et Dieu agit souvent dans le silence, sans signe spectaculaire.

L'essentiel n'est donc pas de rechercher une émotion particulière, mais de se présenter devant le Christ avec un cœur sincère.

4. Pourquoi certains pleurent-ils et d'autres non ?

Une question peut alors surgir : si certains fidèles pleurent en communiant, pourquoi d'autres ne ressentent-ils rien de particulier ?

Il est important de ne pas comparer les expériences spirituelles.

Certains prient avec des larmes ; d'autres demeurent dans un profond silence intérieur. Certains ressentent une grande consolation, tandis que d'autres traversent une période de sécheresse spirituelle, sans éprouver d'émotion particulière.

Cela ne signifie pas que les uns seraient plus proches de Dieu que les autres.

La foi chrétienne ne se mesure pas à l'intensité des sentiments. Une personne peut recevoir l'Eucharistie dans une grande paix, sans verser une larme, et vivre pourtant une communion sincère avec le Christ.

Inversement, une émotion très forte ne garantit pas à elle seule une transformation spirituelle.

Les Pères spirituels nous invitent ainsi à l'humilité et au discernement. Il convient de recevoir avec gratitude ce qui nous est donné, sans chercher à reproduire une expérience passée ni à attendre des signes à chaque liturgie.

5. Les larmes dans la tradition des Pères orthodoxes

Plusieurs saints de l'Église d'Orient ont parlé de l'importance des larmes dans la prière. Saint Jean Climaque, dans L'Échelle sainte, évoque notamment les larmes de repentir et leur place dans le cheminement de l'âme vers Dieu.

Les larmes peuvent accompagner une prise de conscience de nos fautes, mais elles peuvent aussi exprimer une gratitude profonde devant la bonté divine. Elles sont parfois décrites comme une manière pour le cœur de retrouver sa sensibilité spirituelle.

Cependant, les Pères mettent également en garde contre la recherche volontaire des émotions extraordinaires. La vie intérieure demande de la patience, de la sobriété et de l'humilité.

Il ne faut donc ni mépriser les larmes lorsqu'elles viennent, ni s'inquiéter lorsqu'elles sont absentes. On peut simplement les remettre à Dieu, comme on lui remet toutes les autres choses de notre existence.

6. Que faire lorsque les larmes viennent pendant la communion ?

Si des larmes apparaissent au moment de recevoir l'Eucharistie, il n'est pas nécessaire de lutter contre elles ni de leur chercher immédiatement une explication.

On peut rester dans le recueillement, poursuivre sa prière et remercier le Seigneur avec simplicité.

Après la communion, une courte prière peut suffire :

« Seigneur Jésus-Christ, je te remercie de venir demeurer en moi. Purifie mon cœur, apprends-moi à aimer davantage et aide-moi à vivre selon ta volonté. Que ta présence porte en moi des fruits de paix, d'humilité et de charité. »

Il n'est pas non plus nécessaire de raconter son expérience à tout le monde ou de lui attribuer une signification extraordinaire. Si ces larmes sont accompagnées d'une paix profonde, on peut les accueillir avec reconnaissance, tout en laissant le temps et la vie spirituelle en éclairer le sens.

7. Les larmes ne sont pas la fin du chemin, mais peut-être un commencement

Recevoir l'Eucharistie, c'est s'approcher du Christ qui se donne à nous. Parfois, cette rencontre est accompagnée de larmes. Parfois, elle se déroule dans un silence que personne ne remarque.

Mais le signe le plus important se trouve peut-être dans ce qui suit la liturgie : devenons-nous un peu plus patients ? Pardonnons-nous plus facilement ? Apprenons-nous à regarder les autres avec davantage de compassion ? La présence du Christ nous aide-t-elle à traverser les épreuves avec confiance ?

Les larmes peuvent être un moment précieux sur le chemin de la foi, mais elles ne remplacent ni la prière, ni le repentir, ni l'amour concret du prochain.

Dans la tradition orthodoxe, l'Eucharistie est avant tout un don de Dieu et une nourriture pour la vie éternelle. Nous nous approchons du Christ non parce que nous sommes parfaits, mais parce que nous avons besoin de sa miséricorde et de sa vie.

Alors, si un jour les larmes viennent au moment de communier, accueillons-les paisiblement. Et si elles ne viennent pas, avançons tout de même avec confiance.

Car le plus grand mystère n'est pas que nous pleurions en recevant le Christ, mais que le Christ vienne à notre rencontre et nous apprenne, peu à peu, à aimer comme lui.

dimanche 22 septembre 2024

PATIENCE ET ESPOIR (2)..

 





NE SOIS PAS SURPRIS SI TU TOMBES TOUS LES JOURS...

N'ABANDONNE PAS, ET RESTE SUR TES DEUX PIEDS BIEN ANCRES AU SOL..

ET SOIS ASSURE QUE L'ANGE QUI TE GARDE VIENDRA HONORER TA PATIENCE..

SAINT JEAN CLIMAQUE

samedi 6 juin 2020

Saint Savva d'Optina : La fierté, comment la reconnaître ?



Comment reconnaître l’orgueil en soi ? Les conseils des Pères orthodoxes selon Saint Savra d'Optina

L’orgueil ne se manifeste pas toujours par le désir de se montrer supérieur aux autres. Il peut aussi se cacher dans nos réactions quotidiennes, notre difficulté à accepter les critiques ou notre besoin de voir les choses se dérouler selon notre volonté.

Jacob, archevêque de Nijni Novgorod, propose plusieurs signes permettant de reconnaître cette attitude en nous.

Cinq attitudes qui peuvent révéler l’orgueil

La colère face aux autres. Lorsque notre entourage agit différemment de ce que nous souhaitons, réagissons-nous avec patience ou ressentons-nous immédiatement du mécontentement ?

Le découragement devant les échecs. Lorsque nos projets échouent, avons-nous du mal à accepter la situation et à conserver notre confiance en Dieu ?

Le souci excessif de soi. Sommes-nous très attentifs à nos propres besoins, tout en restant peu sensibles aux difficultés des autres ?

La satisfaction devant les malheurs d’autrui. Nous arrive-t-il de nous réjouir lorsqu’une personne que nous n’aimons pas rencontre des difficultés ?

Le besoin d’être admiré. Les critiques nous blessent-elles profondément, tandis que les compliments nous procurent une grande satisfaction ?

Ces questions ne servent pas à condamner les autres, mais à nous aider à examiner notre propre cœur avec sincérité.

Pourquoi l’orgueil peut-il nourrir la peur ?

Saint Jean Climaque, auteur de L’Échelle sainte, établit un lien spirituel entre l’orgueil et la peur. Celui qui place toute sa confiance en lui-même et veut tout maîtriser peut devenir inquiet dès qu’il perd le contrôle d’une situation.

L’humilité nous apprend au contraire à reconnaître nos limites et à nous tourner vers Dieu avec confiance. Cela ne signifie pas que toute peur soit un signe d’orgueil, car la peur fait naturellement partie de l’expérience humaine.

Saint Jean Climaque met également en garde contre l’hypocrisie qui consiste à afficher des vertus que l’on ne possède pas réellement, uniquement pour obtenir l’admiration des autres.

Apprendre à devenir plus humble

Reconnaître l’orgueil en soi demande du courage. Cela signifie accepter que nous puissions nous tromper, écouter les remarques avec discernement, nous intéresser sincèrement aux autres et ne pas chercher constamment à être reconnus.

L’humilité chrétienne ne consiste pas à se mépriser, mais à vivre dans la vérité, sans se croire supérieur ni dépendre continuellement du regard d’autrui.

Le véritable travail spirituel commence lorsque nous cessons de chercher uniquement les défauts des autres pour apprendre à corriger les nôtres.

Source

Texte original publié sur le site orthodoxe russe Azbyka.ru, consacré aux enseignements de Jacob, archevêque de Nijni Novgorod, et de saint Jean Climaque.

Résumé et réécriture pour Mystique Orthodoxe — 2026.

vendredi 3 janvier 2020

Les animaux et la sagesse divine


Les animaux et la sagesse divine : la création témoigne de son Créateur

La nature tout entière porte la trace de la sagesse de Dieu. Chaque animal, chaque être vivant possède sa place dans la création et témoigne, à sa manière, de l'intelligence et de la bonté du Créateur.

Dans la tradition chrétienne, les animaux ne sont pas considérés comme de simples éléments du monde qui nous entoure. Ils sont eux aussi des créatures de Dieu, capables de ressentir, de manifester de l'attachement et de témoigner de formes de compassion et d'amour.

Saint Jean Climaque nous invite à regarder le règne animal avec attention et humilité. Les animaux peuvent éprouver de la peine lorsqu'ils perdent l'un des leurs. Ils manifestent des liens et des comportements qui nous rappellent que la sensibilité ne se limite pas à l'être humain.

Reconnaître la sagesse du Créateur dans les animaux

L'observation des animaux peut devenir une véritable source d'émerveillement. Leur instinct, leur organisation, leur attachement et leurs comportements nous invitent à contempler la richesse de la création.

Chaque espèce possède ses particularités et sa place dans l'équilibre du monde vivant. Rien ne devrait nous conduire à mépriser ces créatures qui partagent avec nous le monde voulu par Dieu.

Une invitation à la compassion

Cette réflexion nous rappelle également notre responsabilité envers les animaux. Si nous reconnaissons en eux des créatures du Seigneur, nous ne pouvons rester indifférents à leurs souffrances.

La foi chrétienne nous invite à exercer notre autorité sur la création avec bonté, et non avec cruauté. Prendre soin des animaux, respecter leur vie et éviter de leur infliger des souffrances inutiles sont autant de gestes qui peuvent exprimer notre gratitude envers Dieu.

La création nous parle parfois sans paroles. Il suffit de prendre le temps de l'observer pour découvrir combien elle est riche de sagesse et de beauté.

Une parole de saint Jean Climaque

« Rien n'est sans ordre et sans but dans le royaume animal ; chaque animal porte la sagesse du Créateur et témoigne de Lui. Dieu a accordé à l'homme et aux animaux beaucoup d'attributs naturels, tels que la compassion, l'amour, les sentiments... Les animaux mêmes s'indignent et pleurent la perte de l'un des leurs ».

Saint Jean Climaque

Source : Orthodoxy and Animals, citation reproduite dans l'article original de Mystique Orthodoxe.

Texte retravaillé en 2026 pour Mystique Orthodoxe.

dimanche 9 juillet 2017

Saint Jean Climaque : le Saint Esprit en nous

Icon of St. John Climicus
Si le Saint-Esprit est la tranquillité d'âme, comme il se doit d'être, et si la colère trouble le cœur, comme elle est censée le faire, rien n'empêchera la présence du Saint-Esprit s'il est en nous, pas même la colère.
Extrait de