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mercredi 23 septembre 2026

Les lieux de prière des Saints Martyrs impériaux : Iekaterinbourg (1)

 



Iekaterinbourg : le lieu de prière des Saints Martyrs impériaux

Il existe des lieux où l'histoire semble avoir laissé une empreinte particulière. Iekaterinbourg, dans l'Oural, est de ceux-là.

Pour les chrétiens orthodoxes, cette ville est intimement associée aux derniers jours de la famille impériale russe. C'est ici que, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, le tsar Nicolas II, son épouse Alexandra Féodorovna, leurs cinq enfants et quatre personnes restées à leur service furent assassinés.

Plus d'un siècle après cette tragédie, le lieu n'est pas seulement devenu un lieu de mémoire historique. Une église s'y élève désormais : le Temple-sur-le-Sang, consacré à la mémoire des Saints Martyrs impériaux et de tous les saints ayant resplendi sur la terre de Russie.

Pour les pèlerins orthodoxes, Iekaterinbourg est ainsi devenu un lieu de prière, de recueillement et de méditation sur le sens chrétien de l'épreuve.

La maison Ipatiev

À l'origine de cette histoire se trouve la maison de l'ingénieur Ipatiev.

C'est dans cette demeure que la famille impériale fut retenue prisonnière à partir du printemps 1918. Nicolas II, Alexandra Féodorovna, leurs enfants Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et Alexis, ainsi que plusieurs personnes de leur entourage, y vécurent leurs dernières semaines.

La nuit du 16 au 17 juillet 1918, ils furent conduits dans une pièce située au sous-sol de la maison. Ils y furent exécutés avec le docteur Eugène Botkine, le cuisinier Ivan Kharitonov, le serviteur Alexis Trupp et la femme de chambre Anna Demidova.

La maison Ipatiev fut finalement démolie en 1977.

Mais le souvenir du lieu ne disparut pas.

Un premier lieu de prière

Après la destruction de la maison, le terrain resta longtemps associé à la mémoire de la famille impériale.

Un premier temps de prière publique eut lieu sur les lieux le 16 juillet 1989. En 1990, une première croix en bois fut installée.

La même année, les autorités locales autorisèrent l'aménagement d'un lieu commémoratif sur l'ancien emplacement de la maison Ipatiev. Une petite église provisoire y fut ensuite construite.

Ces premières prières furent importantes : avant même que ne s'élève le grand sanctuaire actuel, des fidèles venaient déjà se recueillir sur le lieu où la famille impériale avait trouvé la mort.

La naissance du Temple-sur-le-Sang

La décision de construire une grande église commémorative fut prise en 1993.

Le chantier du sanctuaire actuel commença en 2000, année particulièrement importante pour la mémoire orthodoxe russe puisque la famille impériale fut alors officiellement glorifiée par l'Église orthodoxe russe parmi les Saints Martyrs impériaux.

Le Temple-sur-le-Sang fut achevé en quelques années.

L'église supérieure fut consacrée le 16 juillet 2003, à la veille du 85e anniversaire de la mort de la famille impériale.

Le 18 avril 2010, le patriarche Cyrille consacra la partie inférieure du sanctuaire, dédiée aux Saints Martyrs impériaux.

Aujourd'hui, le temple domine l'ancien emplacement de la maison Ipatiev et constitue l'un des principaux lieux de pèlerinage consacrés aux Romanov.

Deux églises dans un même sanctuaire

Le Temple-sur-le-Sang possède une organisation particulièrement symbolique.

La partie supérieure est consacrée à Tous les Saints qui ont resplendi sur la terre de Russie.

La partie inférieure est consacrée aux Saints Martyrs impériaux.

Cette disposition permet de comprendre la vocation du lieu : il ne s'agit pas simplement d'un monument consacré à une famille royale. C'est un sanctuaire où la mémoire des Romanov est replacée dans l'histoire spirituelle de l'Église russe.

La partie inférieure abrite notamment une crypte située à l'emplacement de la pièce où eut lieu l'exécution. Des éléments provenant des fondations de l'ancienne maison Ipatiev ont été intégrés à cet espace.

Pour le pèlerin, descendre dans cette partie du sanctuaire signifie donc se rapprocher physiquement du lieu de la tragédie.

Mais la présence d'un autel et la célébration de la Divine Liturgie transforment profondément la signification du lieu.

L'endroit où la mort a frappé devient un endroit où l'Église prie.

La « chambre des Tsars »

Dans la partie inférieure se trouve une chapelle souvent appelée la « chambre des Tsars ».

Elle rappelle directement la pièce où furent conduits Nicolas II et les membres de sa famille avant leur mort.

Le patriarcat de Moscou décrit cet espace comme une crypte située à l'emplacement de la pièce de l'exécution.

Dans un tel endroit, le silence possède une importance particulière.

Le pèlerin peut se trouver devant une icône, allumer un cierge et simplement prier.

Il n'est pas nécessaire de multiplier les paroles.

La mémoire du lieu invite naturellement au recueillement.

Les Saints Martyrs impériaux

L'Église orthodoxe russe a glorifié Nicolas II, Alexandra Féodorovna et leurs enfants en 2000 parmi les strastoterptsy, c'est-à-dire ceux qui ont enduré la souffrance et la mort sans répondre au mal par la vengeance.

Cette notion est importante pour comprendre la spiritualité associée au Temple-sur-le-Sang.

La sainteté des Romanov n'est pas présentée simplement comme une conséquence de leur statut impérial. Dans la compréhension orthodoxe, leur mémoire est liée à leur attitude chrétienne face à l'épreuve et à leur mort.

Le sanctuaire invite ainsi à dépasser la seule question historique.

Il conduit vers une réflexion sur la fidélité, la souffrance, le pardon et la confiance en Dieu.

Un lieu de prière plus qu'un simple monument

Il serait facile de considérer le Temple-sur-le-Sang uniquement comme un monument historique consacré à la dernière famille impériale de Russie.

Mais sa vie actuelle montre qu'il s'agit avant tout d'un lieu religieux.

Le site officiel du sanctuaire présente aujourd'hui de nombreuses activités : célébrations liturgiques, catéchèse, école du dimanche, bibliothèque, service de miséricorde, conférences et différentes activités paroissiales.

La mémoire des Romanov s'inscrit donc dans une vie chrétienne bien réelle.

Des fidèles viennent prier devant les icônes, demander l'intercession des Saints Martyrs impériaux, assister aux offices et déposer des cierges.

L'histoire n'est pas oubliée, mais elle est intégrée à la prière de l'Église.

La nuit du 16 au 17 juillet

Chaque année, le souvenir de la famille impériale atteint son sommet dans la nuit du 16 au 17 juillet.

Une Divine Liturgie nocturne est célébrée à proximité du Temple-sur-le-Sang.

Cette tradition prend une dimension particulière parce qu'elle correspond à la nuit durant laquelle la famille impériale fut assassinée en 1918.

Après la liturgie commence traditionnellement la procession vers Ganina Yama, lieu où les corps furent transportés après l'exécution.

Le parcours est d'environ 21 kilomètres.

Cette marche constitue aujourd'hui l'un des grands pèlerinages orthodoxes associés aux Romanov.

Les Journées impériales

Ces célébrations sont connues sous le nom de « Journées impériales » (Tsarskie dni).

Elles rassemblent chaque année des milliers de pèlerins venus de différentes régions de Russie et de l'étranger.

En juillet 2026, le Patriarcat de Moscou a annoncé que jusqu'à 44 000 pèlerins avaient participé aux principales célébrations des 16 et 17 juillet à Iekaterinbourg, notamment à la Divine Liturgie nocturne et à la procession jusqu'à Ganina Yama.

Ce chiffre montre combien la mémoire des Saints Martyrs impériaux demeure vivante dans la piété orthodoxe russe contemporaine.

Une église construite sur un lieu de souffrance

Il existe quelque chose de profondément chrétien dans le fait qu'une église ait été construite sur cet emplacement.

La maison où une famille fut enfermée et tuée n'existe plus. À sa place s'élève aujourd'hui un sanctuaire. Le bruit de la violence a laissé place au chant liturgique.

Le lieu de détention est devenu un lieu de prière. Et là où la vie terrestre de la famille impériale s'est achevée, la mémoire chrétienne parle désormais de résurrection et d'espérance.

Cela ne signifie pas que la tragédie est effacée. Au contraire, elle demeure au cœur même du sanctuaire. Mais l'Église refuse de laisser la mort avoir le dernier mot.

Prier avec les Saints Martyrs impériaux

Pour un pèlerin orthodoxe, venir à Iekaterinbourg peut devenir une occasion de déposer devant Dieu ses propres souffrances.

On peut demander aux Saints Martyrs impériaux de nous aider à rester fidèles lorsque les circonstances deviennent difficiles. On peut prier pour sa famille, pour les malades, pour ceux qui connaissent l'injustice ou la solitude.

On peut aussi simplement remercier Dieu pour le don de la foi. Car la véritable question posée par ce lieu n'est peut-être pas seulement :

« Que s'est-il passé ici en 1918 ? »

Elle peut devenir :

« Comment rester chrétien lorsque nous traversons nous-mêmes une épreuve ? »

C'est dans cette perspective que le Temple-sur-le-Sang prend toute sa profondeur spirituelle.

De la mémoire à l'espérance

Iekaterinbourg demeure un lieu marqué par une tragédie qui a profondément bouleversé l'histoire russe.

Pourtant, lorsqu'on regarde aujourd'hui le Temple-sur-le-Sang, une autre réalité apparaît. Des fidèles y prient. Les offices y sont célébrés.

Les icônes des Saints Martyrs impériaux y sont vénérées. Des pèlerins viennent de loin. Et chaque année, dans la nuit du 16 au 17 juillet, une longue procession prend le chemin de Ganina Yama.

Ainsi, la mémoire de la famille impériale n'est pas enfermée dans le passé et continue d'être portée par la prière.

Le Temple-sur-le-Sang rappelle finalement une vérité essentielle de la foi chrétienne : les lieux marqués par la souffrance peuvent devenir, entre les mains de Dieu, des lieux d'espérance.

À Iekaterinbourg, la pierre garde la mémoire de ceux qui sont morts.

Mais l'Église y fait entendre une autre parole : celle de la prière, du pardon et de la Résurrection.

Sources

Temple-sur-le-Sang d'Iekaterinbourg — site officiel
Temple-sur-le-Sang — site officiel

Patriarcat de Moscou — célébrations de 2026 à Iekaterinbourg
Patriarcat de Moscou — Journées impériales 2026

Patriarcat de Moscou — procession de Iekaterinbourg à Ganina Yama
Patriarcat de Moscou — Temple-sur-le-Sang et procession vers Ganina Yama

Patriarcat de Moscou — centenaire de 1918
Patriarcat de Moscou — Liturgie au Temple-sur-le-Sang

Église orthodoxe russe — historique du Temple-sur-le-Sang
Historique du Temple-sur-le-Sang et de la maison Ipatiev

vendredi 4 septembre 2026

Les dernières heures de la famille Romanov : récit spirituel du martyre

 



Une nuit tragique dans l'histoire de la Russie

Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans la ville d'Ekaterinbourg, se déroula l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire de la Russie.

Le dernier empereur de Russie, Nicolas II, son épouse l'impératrice Alexandra Feodorovna, ainsi que leurs cinq enfants — Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis — furent exécutés dans la maison Ipatiev, où ils étaient détenus.

Pour l'histoire, cette nuit marque la fin tragique de la famille impériale russe. Mais pour de nombreux fidèles orthodoxes, elle possède également une profonde dimension spirituelle.


De la grandeur impériale à la captivité

Après l'abdication de Nicolas II en 1917, la vie de la famille Romanov changea brutalement.

L'empereur et sa famille, autrefois entourés par la vie du palais et les responsabilités du pouvoir, furent progressivement privés de leur liberté.

Ils furent d'abord retenus à Tsarskoïe Selo, puis envoyés en Sibérie, dans la ville de Tobolsk, avant d'être finalement transférés à Ekaterinbourg.

Leur avenir était devenu incertain.

Ils vivaient sous surveillance et ne savaient pas ce qui les attendait. Leur ancienne existence avait disparu, laissant place à une vie de restrictions, d'isolement et d'inquiétude.


La foi comme source de force

Au milieu de ces épreuves, la foi chrétienne orthodoxe conserva une place essentielle dans la vie de la famille.

La prière, la lecture spirituelle et la confiance en Dieu les aidèrent à traverser les moments les plus difficiles.

Pour Nicolas II et l'impératrice Alexandra, il ne s'agissait plus seulement de faire face à la perte du pouvoir ou de leur liberté. Il fallait également protéger leurs enfants et préserver autant que possible l'unité et la paix de la famille.

Dans les moments de souffrance et d'incertitude, leur foi devint une source de consolation et de force intérieure.


Une famille unie dans l'épreuve

Malgré les difficultés de la captivité, les membres de la famille restèrent profondément unis.

Les parents cherchaient à préserver leurs enfants de la peur, tandis que les enfants tentaient eux-mêmes de conserver une certaine sérénité.

Ils partageaient les moments simples de la vie quotidienne : les repas, les lectures, les conversations et, lorsque cela était possible, les promenades.

Cette unité familiale est l'un des aspects qui marque profondément le souvenir de leur captivité.

Privés de leur ancienne vie, ils durent apprendre à vivre avec peu, en s'appuyant les uns sur les autres.


Les derniers jours à Ekaterinbourg

À Ekaterinbourg, les conditions de détention devinrent particulièrement difficiles.

La famille vivait dans une maison placée sous surveillance, sans connaître son destin.

L'incertitude était constante.

Pourtant, dans la mémoire spirituelle qui s'est développée autour de la famille Romanov, ces derniers jours sont souvent associés à la patience, à la prière et à une forme d'abandon à la volonté de Dieu.

La famille ne savait pas ce qui allait arriver, mais elle continua à vivre ensemble jusqu'aux dernières heures.


La nuit du 16 au 17 juillet 1918

Dans la nuit, les membres de la famille furent réveillés et conduits au sous-sol de la maison Ipatiev.

On leur demanda de descendre et d'attendre dans une pièce.

Peu après, Nicolas II, Alexandra et leurs enfants furent exécutés.

Cette nuit mit brutalement fin à la vie de toute une famille et à une partie importante de l'histoire impériale de la Russie.

Mais, avec le temps, le souvenir de leur mort prit également une dimension spirituelle pour de nombreux croyants orthodoxes.


Les Saints Porteurs de la Passion

Dans la tradition orthodoxe, la famille Romanov est vénérée comme des Saints Porteurs de la Passion.

Cette appellation possède une signification particulière.

Un Porteur de la Passion est une personne qui accepte la souffrance et la mort sans chercher la vengeance et en essayant de conserver, jusqu'au bout, l'humilité, la patience et la foi.

Cette sainteté ne repose donc pas sur leur statut d'empereur ou de famille royale.

Elle est liée, dans la compréhension spirituelle orthodoxe, à leur manière d'affronter l'épreuve et la souffrance.


Un témoignage de foi face à la souffrance

L'histoire des dernières heures de la famille Romanov pose une question universelle : comment conserver la foi lorsque tout semble perdu ?

La tradition chrétienne ne promet pas que la foi protège toujours des épreuves.

Mais elle enseigne que la foi peut donner à l'être humain la force de traverser la souffrance sans perdre totalement l'espérance.

Pour les croyants qui les vénèrent, Nicolas II, Alexandra et leurs enfants sont devenus un témoignage de cette espérance.


Des lieux devenus lieux de mémoire et de prière

Aujourd'hui, les lieux liés à la captivité et à la mort de la famille Romanov sont devenus des lieux importants de mémoire et de pèlerinage.

À Ekaterinbourg, une grande église a été construite sur le lieu où se trouvait autrefois la maison Ipatiev.

D'autres lieux de prière rappellent également les derniers jours de la famille impériale et sont visités par des pèlerins venus de Russie et d'autres pays.


Une lumière au cœur des heures les plus sombres

Le récit des dernières heures de la famille Romanov demeure donc bien plus qu'un simple événement historique.

Dans la mémoire orthodoxe, il est devenu un symbole de foi dans l'épreuve, d'unité familiale, de patience et d'espérance face à la mort.

Leur histoire rappelle aux croyants que les épreuves peuvent parfois sembler insurmontables.

Mais elle rappelle également cette conviction profonde de la foi chrétienne : même au cœur des heures les plus sombres, la prière, l'amour et l'espérance peuvent continuer à éclairer le chemin de l'être humain.

Ainsi, pour ceux qui les vénèrent, les derniers instants de la famille Romanov ne représentent pas seulement une fin tragique, mais aussi un témoignage spirituel : celui d'une famille qui, au milieu de la souffrance et de l'incertitude, chercha à demeurer unie et à placer son espérance entre les mains de Dieu.

jeudi 11 avril 2019

Sainte Juliana et son autorité sur le Diable..



Sainte Julienne (Juliana) et son autorité sur le démon

Sainte Julienne de Nicomédie est une vierge et martyre chrétienne dont la vie est racontée dans la tradition hagiographique. Son histoire met en lumière son courage face aux persécutions et sa fidélité au Christ, même lorsque sa vie est menacée.

L'un des épisodes les plus marquants de son récit se déroule alors qu'elle est emprisonnée pour avoir refusé de renoncer à sa foi chrétienne.

Une apparition destinée à la tromper

Selon la tradition, le démon lui apparaît sous l'apparence d'un ange de lumière. Il lui conseille d'obéir aux autorités païennes et de sacrifier aux idoles afin d'échapper aux souffrances et à la mort. Pour rendre son mensonge plus convaincant, il prétend agir au nom de Dieu et affirme que celui-ci lui pardonnera sa faiblesse.

Mais Julienne comprend que ce conseil cherche à la détourner de sa foi. Troublée par cette apparition, elle se tourne vers Dieu dans la prière et lui demande de lui révéler la véritable identité de celui qui lui parle.

Le récit rapporte alors qu'une voix céleste l'encourage et lui donne la force de démasquer l'imposteur. Le prétendu ange révèle finalement sa véritable nature et reconnaît être venu pour la pousser à abandonner le Christ.

La victoire de la foi et de la prière

Dans ce récit, Julienne triomphe de la tentation non par ses propres forces, mais grâce à la confiance qu'elle place en Dieu. Sa fermeté illustre un thème important de la spiritualité chrétienne : les apparences ne suffisent pas à établir la vérité, et tout conseil doit être examiné à la lumière de la foi.

La tradition rapporte également que la sainte affronta d'autres supplices avant d'être mise à mort pour sa fidélité au Christ. Elle est ainsi honorée comme une martyre qui n'a pas accepté de renier sa foi, malgré les menaces et les souffrances.

Un enseignement spirituel toujours actuel

L'histoire de sainte Julienne invite les chrétiens à exercer leur discernement. Une parole qui semble rassurante ou séduisante n'est pas nécessairement bonne si elle conduit à trahir sa conscience ou à renoncer à ce que l'on reconnaît comme juste.

Elle rappelle également l'importance de la prière dans les moments de doute et d'épreuve. Dans la tradition orthodoxe, la vigilance spirituelle consiste à examiner ses pensées avec humilité, à demander l'aide de Dieu et à ne pas se laisser guider uniquement par la peur.

Le message essentiel de ce récit est celui de la fidélité au Christ, du discernement et de la confiance en Dieu face à la tentation.

Sources

Note éditoriale : résumé de l'article du 11 avril 2019, reformulé en 2026 à partir du récit hagiographique. Les épisodes surnaturels sont rapportés selon la tradition religieuse et ne sont pas présentés comme des faits historiquement vérifiés.

samedi 24 février 2018

Saint Marc le Nouveau Martyr de Chios


Le saint Neomartyr Marc venait de Smyrne. En tant que colporteur, il voyageait entre Kusadasi (Nea Epheso), Chios, ainsi que  les régions avoisinantes. Il était marié. Une fois, à la suggestion de son frère, il s'installe à Ephèse. Là, il trompe sa femme, avec une autre, Maria. Pris sur le fait un nuit, dans la matinée, au tribunal, tous deux se sont convertis à l'Islam. Marc, ayant été circoncis, fut adopté par l'Aga (officier supérieur Turc), tandis que la femme rejoignait son harem. Plus tard, il l'a laissée libre de vivre dans sa propre maison lui donnant une allocation.

Marc, en tant qu'esclave de l'Aga, était extérieurement cruel envers les chrétiens. Jusqu'à ce que la condamnation de sa conscience commence à ne pas lui laisser la paix. Ainsi, il s'est empressé d'avouer à un confesseur orthodoxe expérimenté. Le père spirituel ne l'a d'abord pas accepté au cas où il serait hypocrite. Cependant, les larmes et la persévérance de Marc l'ont séduit. Maria voulut aussi le même père spirituel, et tous les deux ont voulu fuir Kusadasi de toutes les manières possibles, et ont supplié leur père spirituel de les aider. Neuf mois se sont écoulés depuis leur conversion, et il a suggéré que la femme fasse semblant d'être malade. Le médecin qui l'a "examinée", une amie du père spirituel, a révélé que c'était seulement à Smyrne qu'elle pouvait être guérie. Les Agas ont permis à Maria de partir avec Marc, mais bientôt ils réalisèrent leur tromperie, et envoyèrent un message au pacha de Smyrne pour les saisir. Marc a ensuite trouvé un bateau qui partait pour Triste en Italie, et il a pris Maria avec lui. Après quelques obstacles, ils ont été forcés de débarquer à Venise. Là, ayant été oints du Saint Chrisme par les orthodoxes, ils ont été réunis dans l'Eglise, et leur mariage a été béni (sa femme légitime devait déjà être morte), et ils ont vécu avec repentance et contrition. 

Plus tard cependant, parce que le Saint n'a pas pu trouver la paix à cause de son déni, il a erré avec sa famille, atteignant même la Russie. En fin de compte, il est retourné dans les zones occupées par les Turcs, et a confessé à beaucoup de pères spirituels, que son plus grand désir était de souffrir le martyr. Ils ont tous essayé de l'en dissuader, lui rappelant à quel point ce serait dangereux pour lui et pour tous les autres chrétiens, et qu'il pourrait être sauvé avec repentance. Cependant, son désir le plus fervent de se confesser le ramena à Kusadasi, où il avait précédemment nié le Christ. Son père spirituel ne lui donna pas une bénédiction pour y être martyrisé, parce que les Turcs étaient furieux auparavant par le martyr du Saint Neomartyr George, et ils étaient en train de construire une nouvelle église. 

A cause de cela, il partit pour Chios, où après une grande préparation spirituelle, il apparut devant l'Aga. Quand l'Aga lui a demandé ce qu'il voulait au tribunal, il a répondu : "Je suis un chrétien nommé Marc. Mes racines viennent de Thessalonique, et je suis né à Smyrne de parents chrétiens." Le Saint a continué à confesser sa sainte foi, et à prêcher contre l'Islam. Il prit une croix sur sa poitrine et la vénéra, jetant le turban qu'il portait, et enfilant un bonnet de la Montagne Sainte. Les Agas ont répondu avec étonnement : "Es-tu fou ou ivre Ô homme ?" Le Saint a répondu : "Je ne suis ni fou, ni saoul, et au-delà je jeûne". L'Aga a essayé de le séduire, mais il a répondu qu'il était prêt à verser son sang pour le Christ. Il l'a ensuite enfermé en prison, et a placé ses pieds dans des stocks, le tableau de torture en bois. Le Saint avait tellement de contrition, qu'il chantait des hymnes d'une voix très mélodieuse. Les Soumpases (gardes), par malice, sont entrés dans la cellule et ont ajusté le tableau de torture pour lui causer plus de souffrance. Puis il a commencé à le frapper où il était, jusqu'à ce que le Saint commence à saigner de sa bouche. Malgré tout cela, il a continuellement remercié Dieu pour la passion qu'il souffrait. Certains chrétiens ont décidé d'entrer dans la prison pour renforcer le martyr. Ils ont raconté ses combats. Dans la prison, ils lui ont dit beaucoup de choses pour le fortifier spirituellement, afin qu'il puisse compléter le stade du martyre. De plus, l'église locale a fait en sorte que le Saint prenne part au Corps et au Sang du Christ dans la prison. Le deuxième procès a suivi, parfois avec des promesses, parfois avec des menaces. Le Saint les a censurés fermement, et les a suppliés de croire en Christ. Cela les a tous mis en colère, et ils l'ont frappé. Le Saint a continuellement chanté, et a dit :"Seigneur, accepte-moi, Ton denier". 

Beaucoup de chrétiens, dès le premier jour où il a été saisi, et pendant ses tortures, ont commencé à jeûner strictement et à prier beaucoup. Toutes les églises servaient la liturgie tous les jours, et elles chantaient continuellement le Paraklesis dans les églises et les maisons, désirant renforcer le martyr. Et le Saint lui-même a prié les chrétiens de prier et de ne pas essayer de le dissuader. Il prévoyait sa mort, et demandait le pardon et les prières de tous, et envoyait ses remerciements à ceux qui se tenaient près de lui, et sa révérence aux prêtres. 

Puis ils l'ont sorti de prison, et le poussant et le maudissant, l'ont amené au tribunal. Tous les Agas et les Mufti étaient rassemblés. Après sa troisième confession, le 5 juin 1801, ils l'ont condamné à mort par l'épée. Il sortit du tribunal avec joie et un visage brillant. Et tandis qu'il se tenait pieds et poings liés, il se hâta vers son lieu d'exécution comme s'il ne marchait pas sur la terre. Cela a même été observé par les gardes, qui ont dit que les démons devaient être en train de le soulever dans les airs, car ils étaient obligés de courir pour rester avec lui. Le juge et les gardes avec des bâtons à la main, luttèrent pour retenir la foule qui s'était rassemblée pour voir la lutte du martyr. Quand le saint atteignit la place, il s'agenouilla de joie, et dit au bourreau : "Venez, frappez". Le bourreau, par maladresse, ne fut pas capable de décapiter le saint d'un coup. Le Saint est tombé comme une boule immobile, sans être contrarié ou criant. Le bourreau saisit l'épée et décapita bientôt le Saint avec de nombreux coups rapides. Les chrétiens glorifièrent Dieu. Beaucoup se sont hâtés vers les églises, où ils ont crié de joie en chantant des hymnes martyrs. Tout le monde, avec un élan irrésistible, cherchait à prendre quelque chose du martyr, du sol trempé de son sang à une partie de ses vêtements. 

La Sainte Relique, qui était parfumée, a été achetée par les chrétiens pour beaucoup d'argent, et enterrée. Une partie de la relique du Saint existe dans le Saint Monastère de Saint Nicolas, Imerovigliou Theras. 


et

lundi 13 novembre 2017

Les martyrs

Les martyrs

Les martyrs ne manquent pas dans l'Eglise, et sont l'honneur et la gloire de celle-ci. Ils ont signé, et signent encore, de leur sang le témoignage de foi et de leur amour pour le Christ. C'est pour cela qu'on les appelle martyrs.
Dans l'ère des martyrs ottomans, ces derniers soutenaient l'espoir des fidèles, par leur grâce et leur bénédiction. Ils étaient un témoignage vivant et fort, implacable, qu'ils étaient vainqueur d'un quelconque pouvoir d'asservissement des âmes grecs orthodoxes ! 
Extrait de Impantokratoros

jeudi 26 octobre 2017

Saint Martyr Georges d'Iberia


Saint George (Zorzes), était de Géorgie, et a été vendu comme esclave quand il était jeune. Son maître, un musulman de l'île grecque de Mytilène, l'a forcé à embrasser l'Islam et l'a renommé Sali. Après que son maître soit mort, Georges est resté sur l'île et a ouvert une petite boutique.

En 1770, quand il était âgé de soixante-dix ans, il a comparu devant les autorités et a annoncé qu'il était un chrétien orthodoxe. Le kadi pensait que George avait perdu son esprit, puisque sa déclaration le conduirait à la mort.

Le lendemain, George a été interrogé de nouveau, puis battu. Il a enduré ses tourments avec silence, et ne s'est point détourné de sa confession de foi. Après encore bien des tortures, le saint martyr a été pendu le 2 janvier 1770, recevant la couronne de gloire du Christ Sauveur.

Extrait de Pravoslavie.ru,

New Martyr George of Iberia

Cet article a été publié sur le site de l' Eglise orthodoxe d'Amérique et est utilisé ici avec la permission.

jeudi 12 octobre 2017

Saint Jean, le nouveau grand martyr de Suceava


Saint Jean le Nouveau Grand Martyr de Suceava (Fête le 2 juin et 24 juin)



Le Saint Grand Martyr Jean le Nouveau de Sotchi, vécu au XIVe siècle dans la ville de Trébizonde. Il était marchand. Dévot et ferme dans son orthodoxie, et généreux envers les pauvres. Un jour, il était sur un bateau poursuivant ses activités de marchand. Le capitaine du navire n'était pas orthodoxe, mais eut une altercation à propos de la foi de saint Jean. Après avoir été vaincus par les paroles du saint, le capitaine décida de lui faire du mal une fois arrivés à Belgrade. Pendant le séjour du navire à Belgrade, le capitaine alla rencontrer des païens adorateurs du feu, en leur disant qu'il y avait sur son navire un homme studieux qui désirait aussi adorait le feu.

Le souverain de la ville invita alors saint Jean à se joindre aux adorateurs du feu, et à renoncer à sa foi en Christ. Le saint priait secrètement, appelant à l'aide Celui qui a dit  "Quand ils vous mèneront pour vous livrer, ne pensez pas à l'avance à ce que vous direz, ne préméditez rien, mais tout vous sera donné au moment venu, car ce n'est pas vous qui parlerez, mais le Saint Esprit" (Marc 13, 11). Et le Seigneur lui donna le courage et la compréhension pour contrer toutes les revendications des impies et se confessait en fervent chrétien. Après cela, le saint fut si violemment battu par des verges, que tout son corps fut lacéré, et la chair sortie en morceaux. Le saint martyr remercia Dieu pour s'être trouvé digne de verser son sang pour Lui, et de ce fait se laver de ses péchés.

Scènes de la vie de saint Jean le Nouveau (Monastère Voronet, Roumanie)

Ensuite, ils lui mirent des chaînes et le traînèrent loin de la prison. Dans la matinée, le souverain de la ville ordonna au saint de sortir à nouveau. Le martyr vint devant lui avec un visage lumineux et joyeux. Le martyr intrépide refusa absolument de renier le Christ, en dénonçant le gouverneur comme un outil de Satan. Puis ils se mirent à le battre à nouveau avec des verges, de sorte que toutes ses entrailles ont été mises à nue. 

La foule rassemblée ne pouvait pas supporter ce spectacle horrible, et ils commencèrent à crier de colère, dénonçant le gouverneur pour tourmenter ainsi un homme sans défense. Le gouverneur fit alors cessé les coups, mais donna l'ordre d'attacher le grand martyr à la queue d'un cheval sauvage pour qu'il soit traîné par les pieds à travers les rues de la ville. Les résidents du quartier juif en particulier se sont moqués du martyr et lui jetèrent des pierres. Enfin, quelqu'un pris une épée et lui coupa la tête. 


Le martyr de saint Jean le Nouveau


Le corps de saint Jean avec sa tête coupée fut visible jusqu'au soir, et aucun des chrétiens n'osa l'enlever. La nuit, un pilier lumineux a été vu sur lui, et une multitude de lampes allumées. Trois hommes le portèrent en chantant des psaumes et encensant le corps du saint. Un des Juifs, pensant que ceux-ci étaient des chrétiens venus prendre le corps du martyr, attrapa un arc et essaya de tirer une flèche sur eux, mais il fut retenu par le pouvoir invisible de Dieu, et devint incapable de bouger. Dans la matinée, la vision disparut, mais l'archer continua à se tenir immobile. Ayant dit aux habitants de faire savoir cette vision à la ville, et ce que Dieu avait exécuté sur lui, il fut alors libéré de ses liens invisibles. Ayant appris l'incident, le souverain donna l'ordre d'enterrer le corps du martyr dans l'église locale. Cela eut lieu entre les années 1330 et 1340. 

Le capitaine qui avait trahi saint Jean, décida alors de se repentir de son acte, et transmit secrètement les reliques du saint à son pays, mais le saint apparut dans un rêve au prêtre de l'église, et l'en empêcha. Après soixante-dix ans, les reliques furent transférées à Sotchi, la capitale de la principauté moldo-valaque, et placées dans la cathédrale. 

L'archer qui essaya de tirer sur les anges et le corps martyrisé de saint Jean

En apprenant sa mort, un voleur décida de déterrer le corps du martyr et de le voler, comme acte de vengeance, mais le prêtre orthodoxe de la ville eut un rêve dans lequel Jean l'en informa et lui demanda d'apporter son corps l'Eglise Orthodoxe. Ce fut le premier miracle du grand martyr. Pendant des années, ses reliques ont été conservées dans Cetatea Alba, où elles devinrent célèbres pour les guérisons et autres miracles, mais finalement le Prince (Voievod) Alexandre le Bon (Alexandru cel Bun), entendit parler des reliques du saint, et à l'instigation du métropolite Joseph (losif) Musat de Moldova, on les ramena à la capitale, Suceava, le 24 juin, étant incorruptibles depuis 1402. Elles ont été conservées au monastère portant son nom dans cette même ville jusqu'à présent. 

En 1685, les reliques de saint Jean ont été prises par le roi polonais Jan Sobieski à Stry en Ukraine. Elles ont ensuite été transférées au monastère de Zhovkva, également en Galicie. L'empereur d'Autriche Joseph II les renvoya à Suceava en 1783. Le monastère qui porte son nom a été témoin d'immenses pèlerinages le jour de la commémoration de son martyr. Beaucoup de gens sont venus de Bucovine. 

La translation des reliques de saint Jean le Nouveau

Saint Jean le Nouveau est l'un des saints les plus vénérés en Moldavie, et de nombreux miracles sont associés à ses reliques. 


L'église de Saint Georges au monastère de saint Jean le Nouveau, Suceava, Roumanie

Apolytikion dans le quatrième ton  

Ton martyr, Seigneur, 
dans sa lutte courageuse pour Toi,
a reçu le prix des couronnes de l'incorruptibilité
et la vie en Toi,
notre Dieu immortel.
Car depuis qu'il possédait ta force,
il jeta les tyrans et détruit la présomption sans force des démons en tout.
Ô Christ Dieu, par les prières de saint Jean,
sauve nos âmes,
puisque Tu es miséricordieux.



D'après Mystagogy,
de John Sanidopoulos,

http://www.johnsanidopoulos.com/2009/06/saint-john-new-great-martyr-of-suceava.html

vendredi 6 octobre 2017

La fille qui eut le magicien : Sainte Justine et Saint Cyprien


Sainte Justine et saint Cyprien : quand la prière transforme un ancien magicien


La rencontre entre la foi et les ténèbres

Au IIIᵉ siècle, selon le récit traditionnel de leur vie, vivait à Antioche un homme nommé Cyprien, réputé pour ses pratiques magiques. Il cherchait dans les puissances occultes les moyens d'agir sur les hommes et d'obtenir ce qu'il désirait.

À cette époque vivait également une jeune chrétienne appelée Justine, connue pour sa pureté, sa foi profonde et sa fidélité au Christ.

Un jeune païen, nommé Aglaïdas, tomba amoureux d'elle. Mais Justine ne partageait pas ses sentiments. Incapable d'accepter son refus, le jeune homme se tourna vers Cyprien et lui demanda d'utiliser ses pouvoirs pour gagner le cœur de la jeune femme.

Le magicien accepta. Convaincu de pouvoir parvenir à ses fins, il fit appel aux forces auxquelles il avait consacré sa vie.

Mais il allait découvrir une puissance qu'il ne connaissait pas encore.

La force de la prière et le signe de la Croix

Chaque nuit, Justine se tournait vers Dieu dans la prière. Lorsque les tentations et les troubles venaient l'assaillir, elle redoublait de ferveur et plaçait toute sa confiance dans le Christ.

D'après le récit hagiographique, les tentatives du magicien échouèrent les unes après les autres. Même lorsque les puissances invoquées par Cyprien cherchèrent à tromper la jeune femme en prenant une apparence rassurante, Justine sut reconnaître le piège et traça sur elle le signe de la Croix.

La tentation se dissipa.

Cyprien, stupéfait, chercha à comprendre pourquoi ses pratiques demeuraient impuissantes. Il apprit que les forces auxquelles il faisait confiance ne pouvaient vaincre la foi de cette jeune chrétienne.

Pour la première fois, il commença à remettre en question tout ce qu'il avait cru savoir.

Celui qui pensait maîtriser les puissances invisibles se trouvait désormais face à une vérité qui bouleversait son existence.

La conversion de Cyprien

Peu à peu, Cyprien comprit que la magie ne pouvait lui apporter la véritable lumière. Il reconnut ses erreurs et se détourna de ses anciennes pratiques.

Selon la tradition, il détruisit ses livres de magie, renonça aux idoles et demanda à recevoir le baptême chrétien.

Sa conversion fut radicale. Il ne chercha plus à exercer un pouvoir sur les autres, mais à servir Dieu.

Cyprien entra dans l'Église et progressa dans la vie chrétienne. Il devint prêtre, puis évêque, consacrant désormais son existence à l'annonce de l'Évangile.

Justine, quant à elle, poursuivit son chemin de foi et se consacra au service de Dieu.

Ainsi, celle que Cyprien avait voulu vaincre par ses pratiques devint, sans le rechercher, l'instrument de sa conversion.

Deux témoins du Christ jusqu'au martyre

La tradition rapporte que, durant la persécution des chrétiens sous l'empereur Dioclétien, Cyprien et Justine furent arrêtés en raison de leur foi.

Interrogé sur son passé, Cyprien reconnut ouvertement ses anciennes erreurs. Lui qui avait autrefois placé sa confiance dans la magie témoignait désormais de la puissance du Christ et de la liberté que donne la foi.

Les autorités cherchèrent à les contraindre à renier leur croyance. Mais ni les menaces ni les supplices ne les firent renoncer au Christ.

Ils furent condamnés à mort et exécutés. Un homme nommé Théoctiste, touché par le courage et la sérénité de Cyprien, confessa lui aussi son admiration pour les martyrs. Selon le récit traditionnel, il partagea leur sort.

L'Église honore ainsi saint Cyprien, sainte Justine et saint Théoctiste comme des témoins de la foi et de la fidélité au Christ.

La lumière de Dieu peut transformer une vie

L'histoire de saint Cyprien et de sainte Justine nous invite à réfléchir à la puissance de la conversion.

Cyprien avait consacré sa vie à des pratiques contraires à la foi chrétienne. Pourtant, son passé ne l'empêcha pas de changer de chemin. Lorsqu'il reconnut son erreur, il trouva la force de renoncer à son ancienne existence et de se tourner vers Dieu.

Ce récit nous rappelle que personne ne doit être considéré comme définitivement perdu. Aussi loin qu'un être humain se soit éloigné de Dieu, le repentir et la grâce divine peuvent lui ouvrir un chemin nouveau.

La vie de sainte Justine nous enseigne également l'importance de la prière, de la vigilance intérieure et de la confiance dans le Christ. Face aux pressions du monde, elle demeura fidèle à sa conscience et à sa foi.

Le signe de la Croix n'est pas une formule magique ni un geste superstitieux : il est la confession de notre foi dans le Christ crucifié et ressuscité.

La véritable victoire chrétienne ne consiste pas à dominer autrui, mais à se libérer de ses passions, à renoncer au mal et à laisser Dieu transformer son cœur.

La grâce de Dieu ne se limite pas à notre passé : elle nous appelle toujours à devenir meilleurs et à marcher vers la lumière du Christ.

Saint Cyprien, sainte Justine et saint Théoctiste, saints martyrs, priez Dieu pour nous.


Source originale : Spyros Siméon, « La fille qui eut le magicien : Sainte Justine et Saint Cyprien », publié sur Mystique Orthodoxe le 6 octobre 2017, d'après un texte du site grec Romfea.gr.

Source grecque mentionnée dans l'article : Romfea.gr

Texte retravaillé et modernisé en 2026 pour Mystique Orthodoxe.

samedi 26 août 2017

Le Saint qui a été enterré par douze Démoniaques


Saint André de Constantinople : le saint enseveli par douze possédés

Au VIIIᵉ siècle, alors que l’Empire byzantin était traversé par de violentes querelles autour de la vénération des icônes, saint André de Crète se distingua par son courage et sa fidélité à la foi orthodoxe. Son histoire, marquée par le martyre et un événement étonnant survenu après sa mort, est demeurée dans la mémoire de la tradition chrétienne.

Un défenseur des saintes icônes

Saint André vivait sous le règne de l’empereur Constantin V, surnommé Copronyme, qui s’opposait à la vénération des saintes icônes.

Dès sa jeunesse, André avait choisi la vie monastique. Profondément attaché à la foi de l’Église, il se rendit à Constantinople afin de dénoncer la politique religieuse de l’empereur.

Un jour, alors que celui-ci se trouvait dans l’église Saint-Mamas, André s’avança courageusement devant lui. Il lui reprocha de persécuter les serviteurs du Christ au lieu de se consacrer à ses responsabilités de souverain.

Cette prise de position lui coûta la vie. Il fut violemment frappé, torturé, puis traîné dans les rues de la ville. Un adversaire de la vénération des icônes lui porta finalement un coup mortel à la jambe avec un couperet.

Saint André mourut ainsi pour avoir défendu ce qu’il considérait comme un élément essentiel de la foi chrétienne.

Un corps abandonné, puis recueilli

Ses adversaires ne se contentèrent pas de le tuer. Selon le récit transmis par la source ancienne, ils voulurent également humilier sa mémoire en jetant son corps dans un lieu réservé aux criminels condamnés.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Quelque temps après, douze hommes tourmentés par des esprits mauvais, venus de différents endroits de Constantinople, se dirigèrent ensemble vers le lieu où reposait le corps du saint.

Ils recueillirent sa dépouille et l’ensevelirent dans un endroit considéré comme sacré, appelé « Krisi ».

Une délivrance attribuée à la miséricorde divine

D’après ce récit, les douze hommes furent alors délivrés des esprits qui les tourmentaient. La tradition rapporte que cet événement fut lié à leur geste envers le corps du martyr.

L’histoire présente ainsi un contraste saisissant : celui qui avait été rejeté et humilié par ses persécuteurs reçut, après sa mort, un hommage inattendu de la part d’hommes eux-mêmes plongés dans la souffrance.

Dans la lecture spirituelle orthodoxe, ce récit rappelle que le témoignage d’un saint ne s’efface pas avec sa mort. La fidélité au Christ, le respect des saints et la miséricorde divine occupent une place centrale dans cette tradition.

La mémoire de saint André

Saint André de Constantinople est commémoré le 17 octobre dans le calendrier liturgique orthodoxe, selon l’article d’origine.

Son histoire invite les croyants à réfléchir au courage de ceux qui défendent leur foi malgré les persécutions, mais aussi à la puissance de la miséricorde de Dieu, telle que la tradition chrétienne la célèbre.

Que le témoignage de saint André nous rappelle de demeurer fidèles au Christ, sans haine, avec courage, humilité et confiance en Dieu.

Sources et références

Texte retravaillé et reformulé en 2026 pour une lecture plus claire et accessible. Le récit des douze hommes est présenté selon la source citée, sans prétendre en établir indépendamment l’historicité.

mercredi 12 juillet 2017

Saints Jason et Sosipater les Saints Apôtres


Jasonet Sosipater les Saints Apôtres

Saints Jason et Sosipater, apôtres, sont commémorés le 29 avril, ou dans certains endroits, le 28 avril. Les deux icônes ci-dessus proviennent de leur église à Kerkyra et datent des années 1600.

Ces saints et apôtres du premier siècle, ont pour histoire l'île de Kerkyra (connue aussi sous le nom de Corfou).

Ils sont arrivés sur l'île de Kerkyra environ en 40, et sont responsable de la christianisation de l'île, l'une des premières villes de Grèce à être christianisée. 

On nous dit qu'ils construisirent une église dédiée à Saint Etienne le Protomartyr. Si cela est vrai, cela signifie que même les apôtres construisirent des églises dédiées aux martyrs et aux saints. Des preuves possibles pour cela réside dans le fait que beaucoup de rues et d'endroits dans la région sont nommées d'après le nom de Saint Etienne.

En outre, l'église actuellement des saints Jason et Sosipater, est la seule église de l'Empire Romain construite vers l'an mille sur l'île, et construite au sommet d'une église encore plus ancienne construite des siècles plus tôt, probablement dès le premier siècle selon les archéologues, qui portent des inscriptions avec les noms des deux apôtres. En plus de cela, l'église prétend même abriter les reliques des saints à l'intérieur de l'église (les têtes des apôtres se trouvent au monastère de Hosios Loukas près de Thèbes. L'église actuelle a été le katholicon (cellule monastique) d'un monastère à l'époque romaine. 

Katherine, épouse de Thomas Palaiologos (frère du dernier Empereur Romain, Constantin XI), ont cherché refuge dans ce monastère, lorsque Constantinople tomba aux mains des Ottomans en 1453.

Vie et ministère des Saints Apôtres Jason et Sosipater, et de la Vierge Martyre Kerkyra , par Saint Nikolai Velirimovitch : 

Les deux premiers étaient parmi les soixante-dix apôtres, et la dernière était la fille du roi de l'île de Corfou. L'apôtre Paul mentionne Jason et Sosipater (Romains, 16:21), et les appelle ses parents.

Jason est né à Tarse, comme l'était l'apôtre Paul lui-même, et Sosipater en Achaïe. Le premier a été désigné par les apôtres comme évêque de Tarse, et le second comme évêque d'Iconium. 

Voyageant et prêchant l'Evangile, ces deux apôtres sont venus à l'île de Corfou, où ils ont réussi à construire une église dédiée à Saint Etienne le Protomartyr, et apporter certains mécréants à l'Eglise. 

Le roi de l'île (Kerkylinus), les jetèrent en prison, où il y avait sept voleurs déjà emprisonnés : Satorninus, Jakischolus, Faustien, Januarius, Marsalus, Euphrasius et Mamminus. Les apôtres apportèrent aux sept voleurs la foi chrétienne, les transformant de loups en agneaux. Le roi ordonna que ces sept hommes furent bouillis, et reçurent ainsi la Couronne du Martyr.

Lorsqu'après cela le roi interrogea les deux apôtres, sa fille Kerkyra, regardant à travers une fenêtre, vit la torture de ces hommes de Dieu, et découvrant la raison à cela, se proclama elle-même chrétienne et donna tous ses bijoux aux pauvres. Le roi fut rempli de colère contre sa fille, et l'enferma dans une autre prison. Il ordonna aussi que cette prison soit brûlée, mais par miracle, sa fille en sortit vivante. En voyant cette merveille, beaucoup de gens décidèrent de se faire baptiser. Alors, le roi rendu furieux, ordonna que sa fille fut liée à un arbre et tuée par des flèches.

Ceux qui en étaient venus à croire en Christ, s'enfuirent dans une île voisine et s'y cachèrent. Le roi partit sur un bateau pour les rattraper, mais son bateau chavira, et il mourut ainsi, comme le Pharaon autrefois.

Le nouveau roi décida d'être baptisé, et reçut le nom de Sebastian. Jason et Sosipater, prêchèrent librement l'Évangile dans Corfou, et certains disent que Sosipater fut martyrisé avant la mort de Jason, avant de rejoindre la justice du Seigneur.

L'église romane de Saints Jason et Sosipater à Corfou



L'église romane de Saints Jason et Sosipater à Kerkyra, église abritant les reliques des saints, et seule église romane de l'île.


Extrait de Mystagogy,
De John Sanidopoulos,




jeudi 20 avril 2017

Saint Bata le Persan, modèle pour nos vies




Hiéromartyr Batas de Nisibe (jour de fête , 1er mai)

Par Fr. George Papavarnavas

Le hieromartyr de Bata a vécu au IVe siècle. Ses origines proviennent de Perse et sa foi dans le Christ lui a été enseignée par ses ancêtres. Dès son jeune âge, il exprima son zèle et son amour pour le Christ, et vécu comme un ascète dans le monde. Plus tard, vers l'âge de trente ans, il devint moine dans un monastère et manifesta alors de nombreuses et diverses grâces.

Trente ans après s'être installé dans le monastère, une persécution éclata contre les chrétiens par les Perses qui adoraient et vénéraient le feu. Dans les villes et villages, les chrétiens étaient persécutés, mais aussi les monastères qui n'échappaient pas à l'exception. Les moines du monastère dans lequel saint Bata était, lorsqu'ils entendirent les soldats qui reçurent l'ordre d'arrêter les chrétiens, décidèrent de se cacher et de le quitter. Mais le saint prit la décision courageuse de rester et de donner le témoignage de sa foi, en souffrant comme martyr. Il confessa hardiment sa foi dans le Christ et scella ses aveux avec le sang de son martyr. Ainsi, il donna une leçon de bravoure et de courage spirituel pour ces mécréants, qui, lorsqu'ils constatèrent que le monastère était vide, vidèrent toute leur fureur et leur rage sur saint Bata. Après avoir sauvagement abusé de lui, ils le prirent et le remirent à Jascidh, le frère du souverain de Nisibis Barsabanas. Quand il vit et comprit que Bata refusait l'adoration du soleil, et priait hardiment le Christ, le Soleil de Justice, il ordonna sa mort par une cruelle torture. Dans un premier temps, il eut l'épaule luxée, puis ils le frappèrent à coups de bâtons, et lui tranchèrent le dos avec des couteaux, mais le trouvant toujours aussi calme et imperturbable, glorifiant le Dieu unique, ils le décapitèrent, et il reçut ainsi la Couronne du Martyr. 

Sa vie et son comportement nous donne l'occasion de mettre en évidence ce qui suit : Tout d'abord, les saints de l'église de Perse, ainsi que de tous les saints  qui viennent de différents pays à travers le monde, révèlent que l'orthodoxie n'est pas limitée à certains Etats et Nations Unies. L'orthodoxie est oecuménique, catholique. Autrement dit, cela signifie que le peuple de Dieu ne se compose pas d'une nation, mais les chrétiens orthodoxes se trouvent dans toutes les régions du monde, et peuvent être trouvés dans n'importe quelle nation. Pour cette raison, nous confessons dans le symbole de la foi : "En une Sainte, Catholique, et Apostolique Eglise". Il s'agit de l'église orthodoxe, qui a gardé inchangée la foi des prophètes, les apôtres et les pères. L'oecuménisme de l'église se révèle dans son culte.

La Perse a produit de nombreux saints, et ils sont ses plus grandes richesses. Avant la naissance du Christ, les Perses étaient à la recherche de la nostalgie pour le vrai Dieu, et ont été dignes, après une insistante et fastidieuse recherche, de le retrouver, de le connaître et de l'adorer dans une crèche de Béthléem. Et comme de véritables dirigeants, ils ont offerts des cadeaux du coeur. Cependant, le plus beau cadeau que la Perse donna aux Christ fut ses saints. 

Ensuite, le désir de martyr est agréable à Dieu, et à une époque de persécution contre l'Eglise, le croyant est dirigé pour sceller sa confession dans le Christ avec le sang de son martyr. En temps de paix, cependant, le désir de martyr, selon l'enseignement de l'église orthodoxe, et comme expliqué par les Saints Pères, se manifeste par différents égards. Par exemple, l'abnégation et l'obéissance aux commandements du Christ, en aimant tout le monde, amis et ennemis, avec abnégation, et en priant pour eux, parce que, comme saint Silouane l'Athonite le dit, prier pour les autres est comme une effusion de votre sang, tout en étant humbles et luttant durablement dans les tentations quotidiennes, les difficultés et les situations tristes de la vie, tout en remerciant Dieu et le glorifiant.

En outre, dans le cas où une personne est très malade, qu'elle ne murmure et ne se plaint pas, mais qu'elle endure la maladie pacifiquement, avec une confiance totale dans la providence et l'amour de Dieu, cela équivaut à être martyr de la vie pour le Christ. A ce stade, il abordera Dieu différemment et aura une communion personnelle avec Lui. Dieu va se révéler à la personne qui endure humblement, avec des actions de grâces, et Il sera avec cette personne, prendra soin d'elle et écoutera ses prières quand elle sera en prière, et la supplication des choses bénéfiques pour l'âme et contribuant au Salut. "J'ai attendu patiemment l'Eternel ; et il a entendu ma supplication" (Psaume  39). 

Enfin, notre lutte quotidienne contre nos passions est considérée comme un martyr. Pour, à la conquête de ses passions, purifier ainsi le coeur, et devenir digne de demeurer en l'Esprit Saint, obligeant ainsi une personne à verser le sang, selon le dicton patristique : "Donner du sang, recevoir l'Esprit."

Tout le monde sur terre soulève sa propre Croix, et sculpte son propre chemin. Lorsque vous choisissez de marcher avec le Christ vers le Golgotha, vous êtes crucifié avec Lui, et ressusciterez aussi avec Lui et vivrez avec Lui dans son Royaume Eternel. Nous savons tous qu'à un moment donné de notre vie humaine sur terre, tout se terminera. Mais la vie ne s'arrête pas, plutôt, elle devient alors parfaite. Le désir de perfection, par le biais du martyr, est agréable à Dieu, mais cela suppose beaucoup d'amour pour Dieu, de l'abnégation, de la noblesse, de la bravoure. 

Source : Ekklesiastiki Paremvasi « Ἱερομάρτυς Βατᾶς ὁ Πέρσης » avril 2014, traduit par John Sanidopoulos. 

Extrait de Mystagogy,
de John Sanidopoulos,




jeudi 13 avril 2017

Saint Ephraïm de Nea Makri, le Thaumaturge et nouvellement révélé




Saint Éphraïm de Néa Makri : le saint retrouvé après cinq siècles

Il existe dans l'histoire de l'Église orthodoxe des récits qui semblent traverser les siècles comme une lumière demeurée cachée.

L'histoire de saint Éphraïm de Néa Makri, martyr et thaumaturge, est l'un de ces récits.

Pendant près de cinq siècles, son nom resta oublié. Puis, en 1950, ses reliques furent retrouvées d'une manière que la tradition orthodoxe considère comme providentielle.

Un jeune homme consacré à Dieu

Saint Éphraïm naquit en Grèce le 14 septembre 1384.

Très jeune, il connut la souffrance : son père mourut alors qu'il était encore enfant et sa mère dut élever seule ses sept enfants.

À l'âge de quatorze ans, Éphraïm quitta le monde pour entrer dans la vie monastique.

Il rejoignit le monastère de l'Annonciation, situé sur le mont Amomon, près de Néa Makri, en Attique.

Là, il se consacra entièrement à Dieu.

Pendant près de vingt-sept années, il mena une vie d'ascèse, de prière et de renoncement. Il devint également prêtre et servit la Divine Liturgie avec une profonde révérence.

Sa vie était devenue une recherche constante de Dieu.

Le martyre

En 1425, la région fut envahie et le monastère fut détruit.

De nombreux moines furent tués. Éphraïm fut capturé et emprisonné.

Pendant plusieurs mois, il fut soumis à de terribles souffrances parce qu'il refusait de renier le Christ. Je ne rentrerai pas dans le détail de ces souffrances qui furent terribles pour le martyre (se référer à la source d'origine du texte de John Sanidopoulos sur Mystagogy). 

Malgré les tortures, il demeura fidèle à sa foi.

Le 5 mai 1426, après avoir subi son martyre, il remit finalement son âme entre les mains de Dieu.

Le monastère fut détruit et les traces du saint disparurent peu à peu.

Pendant près de cinq siècles, son histoire resta enfouie dans le silence.

La découverte des reliques

En 1950, un monastère féminin avait été établi sur les ruines de l'ancien monastère.

L'abbesse Macarie, qui avait une grande dévotion pour les martyrs qui avaient vécu autrefois en ce lieu, priait pour que Dieu lui révèle leur présence.

Un jour, elle ressentit intérieurement qu'elle devait faire rechercher des reliques à un endroit précis.

Les premières tentatives furent infructueuses.

Finalement, les ouvriers acceptèrent de creuser à l'endroit indiqué par l'abbesse.

Sous les décombres d'une ancienne cellule, ils découvrirent alors les restes d'un homme.

Selon le récit traditionnel, un parfum extraordinaire se répandit au moment de la découverte.

L'abbesse comprit qu'elle se trouvait devant les reliques d'un martyr.

Mais elle ignorait encore son nom.

« Combien de temps allez-vous me laisser ici ? »

C'est alors que se produisit l'événement le plus mystérieux du récit.

Alors que l'abbesse Macarie priait dans le monastère, elle entendit des pas.

Puis une voix lui demanda :

« Combien de temps allez-vous me laisser ici ? »

Elle vit alors devant elle un moine portant une longue barbe. Dans sa main gauche brillait une lumière et, de sa main droite, il lui donna sa bénédiction.

L'abbesse n'éprouva plus de peur.

Elle lui demanda pardon et lui promit de prendre soin de ses reliques dès le lendemain.

Le moine disparut.

Plus tard, il lui apparut également en rêve et lui révéla son nom :

« Je suis saint Éphraïm. »

Il lui raconta alors son histoire et son martyre.

Après presque cinq siècles de silence, le nom du saint venait de réapparaître.

Un saint qui console ceux qui souffrent

Depuis la redécouverte de ses reliques, saint Éphraïm est devenu l'un des saints les plus aimés et les plus invoqués en Grèce.

De nombreux fidèles viennent prier devant ses reliques et demander son intercession.

La tradition lui attribue de nombreuses guérisons et des secours accordés à ceux qui souffrent.

Saint Éphraïm est particulièrement invoqué pour les personnes confrontées à de grandes difficultés, au désespoir et aux dépendances.

Les parents prient également le saint pour leurs enfants lorsqu'ils traversent des périodes difficiles.

Ce qui frappe dans cette dévotion, ce n'est pas seulement le récit extraordinaire de la découverte des reliques.

C'est aussi cette conviction profondément orthodoxe : un saint continue d'aimer et de prier pour ceux qui se tournent vers Dieu avec confiance.

Une lumière après cinq siècles

L'histoire de saint Éphraïm possède quelque chose de profondément mystérieux.

Pendant près de cinq cents ans, son tombeau resta caché.

Les hommes avaient oublié son nom.

Mais ce qui était oublié des hommes ne l'était pas de Dieu.

Lorsque le moment fut venu, ses reliques furent retrouvées et son histoire recommença à être racontée.

Son destin nous rappelle que la sainteté n'a pas besoin de la célébrité.

Un homme peut vivre dans le silence, souffrir, mourir et être oublié pendant des générations.

Pourtant, aux yeux de Dieu, sa vie n'est jamais perdue.

Une vie cachée dans la prière

Saint Éphraïm nous enseigne aussi quelque chose de très simple.

La foi ne signifie pas que l'homme sera épargné par toutes les souffrances.

Le saint a connu la solitude, la violence, la prison et le martyre.

Mais au milieu de ces épreuves, il n'a pas abandonné le Christ.

Son exemple nous invite donc à ne pas désespérer lorsque notre propre chemin devient difficile.

Il nous rappelle que Dieu peut faire surgir une lumière là où tout semblait avoir été enseveli.

Et peut-être est-ce là le véritable miracle de saint Éphraïm.

Non seulement ses reliques furent retrouvées après cinq siècles…

mais sa mémoire, elle aussi, fut rendue à l'Église.

Une prière dans la lumière

Aujourd'hui encore, des fidèles se rendent à Néa Makri pour prier devant ses reliques.

Ils viennent avec leurs souffrances, leurs inquiétudes, leurs familles et leurs espérances.

Ils demandent au saint d'intercéder auprès du Christ.

Car dans la tradition orthodoxe, le miracle n'est jamais une fin en soi.

Le saint ne conduit pas à lui-même.

Il conduit au Christ.

Saint Éphraïm, martyr de Néa Makri, prie pour ceux qui souffrent, pour ceux qui sont désespérés et pour tous ceux qui cherchent une lumière dans les ténèbres.

Que son exemple nous rappelle que, même lorsque les hommes ont oublié notre nom, Dieu, Lui, ne nous oublie jamais.

Saint Éphraïm de Néa Makri, prie Dieu pour nous.

Source et réécriture

Source originale : article publié sur Mystique Orthodoxe le 13 avril 2017, sous le titre « Saint Ephraïm de Nea Makri, le Thaumaturge et nouvellement révélé ».

L'article original s'appuyait notamment sur un texte de John Sanidopoulos, Mystagogy, consacré à saint Éphraïm de Néa Makri.

Article retravaillé et réécrit en 2026, dans le cadre de la modernisation des anciens articles du blog, afin d'en améliorer la clarté, la lisibilité, l'aération et le style, tout en conservant l'esprit spirituel et les principaux éléments du récit original.

Les formulations ont été actualisées et certains passages développés ou simplifiés pour faciliter la lecture. Le texte de 2017 demeure la source de référence de cet article.