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vendredi 2 octobre 2026

Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

 



Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

Il existe en Italie des prêtres dont le ministère demeure relativement peu connu en dehors de certains milieux catholiques, mais dont la vie spirituelle est profondément marquée par la prière, l'évangélisation et l'action de l'Esprit Saint.

Parmi eux figure Don Beppino Cò, prêtre italien né en 1946 à Capriano del Colle, dans la province de Brescia.

Ordonné prêtre en 1971, il a consacré une grande partie de sa vie à la mission, notamment au Laos puis au Sénégal. Son parcours l'a ensuite conduit vers le Renouveau charismatique catholique, dans lequel il exerce un ministère consacré à la prière, à l'écoute, à la libération et à la guérison.

Son témoignage est particulièrement marqué par une conviction : la foi chrétienne n'est pas seulement une idée ou une tradition, mais une rencontre vivante avec Dieu.

Un jeune prêtre envoyé en mission

Après son ordination sacerdotale en 1971, Don Beppino part comme missionnaire au Laos. Il y reste quatre années.

En 1975, le changement politique du pays entraîne l'expulsion des missionnaires étrangers. Don Beppino doit alors quitter le Laos.

Son parcours missionnaire se poursuit en Afrique. Il part au Sénégal, où il restera pendant vingt-trois ans.

Cette longue expérience africaine constitue une étape importante de sa vie sacerdotale. Il travaille dans un environnement où chrétiens et musulmans vivent côte à côte et où l'annonce de l'Évangile demande à la fois courage, patience et proximité avec les populations.

Une rencontre décisive avec le Renouveau charismatique

C'est au Sénégal, en 1985, que Don Beppino raconte avoir vécu une expérience qui allait profondément transformer son ministère.

Il reçoit ce que le Renouveau charismatique appelle « l'effusion de l'Esprit Saint ».

Cette expérience est particulièrement surprenante dans son propre parcours : il explique lui-même qu'auparavant, il ne voulait pas entendre parler du Renouveau charismatique.

Pourtant, selon son témoignage, cette expérience a littéralement changé sa manière de vivre son sacerdoce.

À partir de cette période, la prière pour les malades, l'invocation de l'Esprit Saint et l'accompagnement des personnes en difficulté prennent une place importante dans son ministère.

La rencontre avec le père Emiliano Tardif

Don Beppino a également collaboré avec le père Emiliano Tardif, missionnaire du Sacré-Cœur et figure importante du Renouveau charismatique catholique.

Le père Tardif était connu pour son ministère international de prière et de guérison.

Son parcours avait lui-même été profondément marqué par une guérison qu'il attribuait à la prière de chrétiens charismatiques, après avoir été atteint d'une grave tuberculose. Il développa ensuite un ministère de prédication et de prière dans de nombreux pays. Une cause de béatification le concernant est actuellement en cours.

Pour Don Beppino, cette rencontre fut donc particulièrement importante. Elle l'inscrivit encore davantage dans une spiritualité centrée sur la puissance de la prière et l'action de l'Esprit Saint.

Le « Roveto Ardente »

Don Beppino est associé au groupe de prière « Roveto Ardente », expression italienne signifiant « Buisson ardent ».

L'image fait directement référence à l'épisode biblique du buisson ardent dans lequel Dieu se révèle à Moïse :

« Le buisson brûlait par le feu, et le buisson ne se consumait point. »
(Exode 3,2)

Pour Don Beppino, cette image évoque une foi qui demeure vivante et un cœur qui se laisse embraser par la présence de Dieu. Le groupe l'accompagne dans son activité d'évangélisation et dans les temps de prière au cours desquels sont invoqués l'Esprit Saint et les dons spirituels.

La prière pour les malades

Le ministère de Don Beppino comprend notamment la prière pour les personnes malades. Il parle de guérison et de libération, dans le cadre de la spiritualité du Renouveau charismatique catholique.

Il insiste toutefois sur le fait qu'il ne se considère pas comme quelqu'un qui ferait lui-même des miracles.

Sur son propre site, il écrit :

« Miracoli non ne ho mai fatti, ma posso testimoniare che ogni volta che prego, succede sempre qualcosa. »

Autrement dit, il affirme ne pas avoir fait lui-même de miracles, mais témoigne que quelque chose se produit lorsqu'il prie. Cette précision est importante.

Dans la perspective chrétienne, le prêtre n'est pas présenté comme possédant un pouvoir personnel. La prière demande à Dieu d'agir.

Des témoignages de guérison

Au fil des années, des personnes ont témoigné de guérisons ou de transformations qu'elles associent à la prière de Don Beppino.

Un article publié par Il Tirreno rapportait notamment le témoignage d'une femme qui aurait été guérie d'une maladie grave après avoir participé à ses célébrations. Don Beppino déclarait alors disposer de documents médicaux concernant ce cas.

Il convient cependant de distinguer un témoignage de guérison d'une guérison reconnue officiellement comme miraculeuse par l'Église.

Une personne peut sincèrement attribuer son amélioration à la prière sans que cela constitue automatiquement une reconnaissance canonique d'un miracle. Cette distinction est importante lorsqu'on aborde les phénomènes extraordinaires.

Des milliers de personnes attirées par ses célébrations

Le ministère de Don Beppino a attiré de nombreux fidèles.

Dans une interview publiée par Il Tirreno en 2015, il expliquait que ses célébrations du vendredi soir rassemblaient régulièrement plusieurs centaines de personnes et que des groupes venaient de différentes régions d'Italie.

Les célébrations associent généralement la prière, les chants, la proclamation de la Parole de Dieu, l'Eucharistie et les prières demandant l'action de l'Esprit Saint.

Cette dimension communautaire est caractéristique du Renouveau charismatique.

L'Esprit Saint au centre

Pour Don Beppino, l'essentiel n'est pas le phénomène extraordinaire. Le centre doit rester Jésus-Christ. La prière pour la guérison n'est pas considérée comme une fin en soi.

Elle s'inscrit dans une démarche plus large de conversion et de rencontre avec Dieu.

Sur son site, Don Beppino affirme que lorsqu'il prie, il demande à l'Esprit Saint d'agir et témoigne des fruits qu'il observe dans les personnes qu'il rencontre.

Cette vision rejoint une conviction fondamentale du christianisme : Dieu peut agir dans la vie de l'homme, mais le croyant ne doit pas rechercher les signes pour eux-mêmes.

Les guérisons ne sont pas le seul miracle

Une phrase attribuée à Don Beppino résume particulièrement bien sa conception du ministère :

« Les miracles les plus extraordinaires sont les conversions qui durent dans le temps. »

Cette parole est importante. Une guérison physique peut être spectaculaire.

Mais pour un prêtre, voir une personne retrouver la foi, abandonner une vie destructrice, pardonner, recommencer à prier ou se rapprocher durablement du Christ représente également un événement profondément spirituel.

La transformation intérieure peut être moins visible qu'une guérison physique, mais elle peut changer toute une existence.

La prière de libération

Le ministère de Don Beppino comprend également la prière de libération.

Dans les célébrations charismatiques, les fidèles peuvent demander à Dieu d'être libérés de différentes formes de souffrance spirituelle.

Don Beppino distingue, dans ses enseignements rapportés par la presse, la tentation ordinaire et les situations qu'il considère comme relevant d'une action extraordinaire du mal.

Là encore, il est important de faire preuve de discernement. Une souffrance psychologique ou médicale ne doit pas automatiquement être interprétée comme une influence démoniaque.

L'Église catholique elle-même demande un discernement prudent avant de conclure à une possession ou à un phénomène extraordinaire.

Une spiritualité missionnaire

Le parcours de Don Beppino est particulièrement intéressant parce que son expérience charismatique n'est pas séparée de sa vocation missionnaire.

Il a connu l'Asie, a vécu de nombreuses années en Afrique, a travaillé dans un environnement marqué par le christianisme et l'islam. Puis il a poursuivi son ministère en Italie.

Son témoignage s'est donc construit au contact de cultures et de situations très différentes. Son message reste cependant le même : annoncer l'Évangile et inviter les personnes à retrouver une relation vivante avec Dieu.

La Parole de Dieu avant tout

Don Beppino insiste également sur la proclamation de la Parole. Son groupe « Roveto Ardente » l'accompagne dans cette mission d'évangélisation.

La Bible n'est pas simplement considérée comme un texte ancien. Elle est présentée comme une Parole capable de rejoindre l'homme dans ses difficultés actuelles.

C'est notamment pourquoi ses rencontres associent la lecture ou la proclamation des Écritures à la prière et à la louange.

Une foi qui ose demander

La spiritualité charismatique repose notamment sur une attitude particulière : oser demander à Dieu.

Demander la guérison.

Demander la conversion.

Demander la paix.

Demander la force de pardonner.

Demander la présence de l'Esprit Saint.

Cette confiance s'enracine dans les paroles du Christ :

« Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. »
(Matthieu 7,7)

Mais demander ne signifie pas exiger.

La prière chrétienne demeure une relation de confiance dans laquelle l'homme remet finalement sa vie entre les mains de Dieu.

Une figure originale du catholicisme italien

Don Beppino Cò appartient ainsi à cette génération de prêtres qui ont été profondément marqués par le Renouveau charismatique catholique.

Son parcours est atypique. Missionnaire au Laos, puis au Sénégal, prêtre engagé dans l'évangélisation, accompagnateur de personnes en souffrance, prédicateur, serviteur de communautés de prière.

Son ministère attire certaines personnes précisément parce qu'elles recherchent une foi vécue de manière intense et concrète.

Que retenir de son témoignage ?

Il serait facile de réduire Don Beppino aux récits de guérisons ou aux manifestations extraordinaires qui ont parfois accompagné ses célébrations.

Mais son parcours est beaucoup plus large. Son existence rappelle d'abord l'importance de la mission.

Elle rappelle également la puissance que les chrétiens attribuent à la prière. Et surtout, elle met en avant une idée essentielle : le but ultime n'est pas le miracle, mais la rencontre avec Dieu.

Une guérison peut rendre la santé. Une conversion peut transformer toute une vie. Une personne qui retrouve la foi peut ensuite devenir elle-même un témoin auprès des autres.

Un prêtre qui invite à prier

Aujourd'hui encore, Don Beppino continue d'être présenté comme un prêtre engagé dans le ministère de l'écoute, de la prière, de la libération et de la guérison au sein du Renouveau charismatique catholique.

Son parcours pose une question simple mais profonde :

Et si nous redécouvrions la puissance de la prière ?

Non pas une prière qui recherche à tout prix le merveilleux, mais une prière qui ouvre réellement le cœur à Dieu.

Car dans la tradition chrétienne, le plus grand miracle n'est peut-être pas celui qui étonne les yeux.

C'est celui qui transforme le cœur.

Une prière à l'Esprit Saint

Esprit Saint,

viens éclairer nos cœurs.

Apprends-nous à prier avec confiance et simplicité.

Donne-nous la force dans les épreuves, la paix dans les inquiétudes et l'espérance dans les moments difficiles.

Guéris ce qui doit être guéri en nous.

Libère-nous de ce qui nous éloigne de Dieu.

Et surtout, conduis-nous vers Jésus-Christ.

Que notre vie devienne elle-même un témoignage de Ton amour.

Esprit Saint, viens renouveler nos cœurs.

Amen.

Sources et travail de réécriture

Sources principales :

  • Site personnel de Don Beppino Cò, notamment sa biographie et son témoignage personnel sur son expérience du Renouveau charismatique.

  • Casa della Sapienza, présentation biographique de Don Beppino Cò et de son ministère au sein du Renouveau charismatique catholique.

  • Il Tirreno, entretien avec Don Beppino Cò consacré à ses célébrations charismatiques et à son ministère de prière et de guérison.

  • Site consacré au père Emiliano Tardif, concernant son parcours missionnaire et son ministère de guérison.

Cet article a été entièrement rédigé et structuré à partir de sources biographiques et de témoignages consacrés à Don Beppino Cò. Les guérisons rapportées sont présentées comme des témoignages et non comme des miracles officiellement reconnus, afin de distinguer les récits de foi des faits établis médicalement ou canoniquement.

lundi 15 avril 2019

Chiara Badano, l'abandon au Christ.. abandonné


Chiara Badano : l’abandon au Christ jusqu’au bout

Il existe des vies qui ne sont pas longues, mais qui laissent une empreinte profonde.

La vie de Chiara Badano, jeune Italienne morte à seulement dix-huit ans, en fait partie. Jeune fille sportive, joyeuse, entourée d'amis et passionnée par la vie, elle aurait pu connaître une existence semblable à celle de nombreuses jeunes de son époque. Pourtant, une maladie grave allait bouleverser son existence et donner à sa foi une profondeur particulière.

Connue aujourd'hui sous le nom de Chiara Luce, elle est devenue un témoignage de confiance en Dieu, particulièrement auprès des jeunes.

Béatifiée le 25 septembre 2010, elle est aujourd'hui proposée par l'Église catholique comme un exemple de vie chrétienne vécue dans l'épreuve.

Une enfance heureuse et une foi précoce

Chiara Badano naît le 29 octobre 1971 à Sassello, en Italie. Elle est fille unique et ses parents l'avaient longtemps attendue.

Elle grandit dans une famille chrétienne qui lui transmet la foi avec simplicité. Enfant, elle aime la nature, le sport, les jeux et les rencontres. Elle possède un caractère vivant et généreux et est entourée de nombreux amis.

À l'âge de neuf ans, elle découvre le Mouvement des Focolari, fondé par Chiara Lubich.

Cette rencontre va profondément marquer son existence. Elle découvre notamment une manière de vivre sa foi autour de l'amour de Dieu et de l'amour du prochain.

Pour Chiara, la foi n'est pas destinée à rester une théorie. Elle doit devenir une manière de vivre.

Découvrir Dieu comme Amour

Dans la spiritualité des Focolari, Chiara découvre particulièrement cette conviction : Dieu est Amour.

Cette découverte transforme progressivement son regard sur les événements de son existence. Elle cherche à vivre chaque journée en accueillant ce qui se présente à elle comme une occasion d'aimer.

Cela ne signifie pas qu'elle ne connaît jamais de difficultés, de doutes ou de moments de fragilité. Au contraire.

Elle connaît les difficultés ordinaires de l'adolescence, les incompréhensions, les déceptions et les épreuves personnelles.

Mais elle apprend peu à peu à les remettre entre les mains du Christ. Sa foi devient ainsi une relation personnelle avec Jésus.

Une jeune fille qui aimait profondément la vie

Il est important de ne pas réduire Chiara à sa maladie. Avant d'être une jeune fille confrontée au cancer, elle était une adolescente qui aimait vivre.

Elle aimait le sport, les amis, la nature, la musique et les activités de son âge.Elle avait des rêves et envisageait notamment de devenir médecin et de partir un jour en Afrique pour aider les personnes pauvres.

Cette dimension est importante pour comprendre son histoire. Sa sainteté ne s'est pas construite en dehors de la vie.

Elle s'est développée au cœur même d'une existence ordinaire.

À dix-sept ans, la maladie apparaît

À l'âge de dix-sept ans, Chiara apprend qu'elle souffre d'un ostéosarcome, une forme grave de cancer des os.

Pour une jeune fille pleine d'énergie, cette annonce représente un bouleversement immense. Les traitements sont difficiles. La maladie progresse.

Peu à peu, Chiara perd sa mobilité et doit abandonner certaines des activités qu'elle aimait tant. Son avenir semble brusquement se rétrécir.

Pourtant, c'est précisément dans cette période que sa foi prend une dimension nouvelle. Elle ne cherche pas à nier la souffrance. Elle ne prétend pas que tout va bien.

Elle apprend plutôt à remettre progressivement son existence entre les mains du Christ.

« Si tu le veux, Jésus, je le veux aussi »

Une phrase résume particulièrement bien son attitude spirituelle :

« Si tu le veux, Jésus, je le veux aussi. »

Cette parole exprime ce que l'on peut appeler l'abandon à Dieu.

L'abandon chrétien ne signifie pas renoncer à vivre ou ne plus désirer la guérison. Il signifie remettre son existence entre les mains de Dieu, même lorsque l'on ne comprend pas ce qui arrive.

Chiara continue à espérer, mais elle accepte que sa vie ne lui appartienne pas entièrement. Elle cherche à dire oui au Christ dans les circonstances concrètes qui sont les siennes.

La souffrance devient un lieu de rencontre

Sa chambre d'hôpital puis sa maison deviennent progressivement des lieux où les personnes viennent la rencontrer. Des amis, des proches et des personnes touchées par son histoire découvrent chez elle une paix qui les étonne.

Selon Vatican News, sa chambre devient un véritable lieu de rencontre et d'apostolat : malgré la maladie, Chiara cherche à transmettre sérénité et joie à ceux qui viennent la voir.

Sa souffrance ne disparaît pas. Mais son regard sur cette souffrance change. Elle ne demande pas à être admirée. Elle cherche simplement à rester fidèle à Jésus.

Une foi qui ne supprime pas la douleur

Il serait pourtant faux de présenter Chiara comme une jeune fille qui aurait été constamment heureuse et parfaitement sereine.

La maladie est douloureuse. Elle connaît les limites physiques, la fatigue et les renoncements. La foi chrétienne ne supprime pas automatiquement la souffrance. Elle peut cependant changer la manière dont celle-ci est vécue.

C'est probablement l'un des aspects les plus profonds de son témoignage. Chiara ne dit pas que la souffrance est facile.

Elle montre qu'elle peut être traversée avec le Christ.

« Chiara Luce »

C'est pendant sa maladie que Chiara reçoit le surnom de « Luce », qui signifie « lumière ». Ce nom correspond à ce que beaucoup de personnes percevaient chez elle.

Alors que son corps s'affaiblissait, sa personnalité semblait continuer à rayonner. Son entourage témoignait de sa capacité à transmettre paix et joie.

Le contraste était saisissant : une jeune fille de moins de vingt ans, confrontée à une maladie incurable, pouvait encore communiquer de l'espérance aux personnes qui venaient la soutenir.

Préparer son dernier départ

Lorsque Chiara comprend que sa maladie ne lui laissera probablement plus beaucoup de temps, elle commence à préparer sa mort avec une grande conscience.

Elle ne la considère pas simplement comme une disparition. Dans son langage spirituel, elle la voit comme une rencontre avec le Christ.

Cette perspective ne supprime pas l'émotion de ses proches. Sa mère reste auprès d'elle. Sa famille souffre.

Mais Chiara cherche à les rassurer et à leur transmettre elle-même de l'espérance.

« Maman, sois heureuse, parce que je le suis »

Peu avant sa mort, Chiara dit à sa mère :

« Maman, sois heureuse, parce que je le suis. »

Elle meurt à l'aube du 7 octobre 1990, à Sassello. Elle a dix-huit ans.

Ces paroles sont devenues l'une des expressions les plus connues de son témoignage. Elles ne signifient pas que la séparation était facile.

Elles expriment plutôt sa confiance dans la vie éternelle et son désir de remettre sa dernière heure entre les mains de Dieu.

Une jeune bienheureuse pour les jeunes

Après sa mort, son témoignage se diffuse progressivement en Italie puis dans de nombreux pays.

Le procès en béatification est ouvert quelques années plus tard.

Le 25 septembre 2010, Chiara Luce Badano est proclamée bienheureuse au sanctuaire du Divin Amour, à Rome, devenant la première membre du Mouvement des Focolari à être béatifiée. Environ 25 000 personnes participent à la célébration selon les sources du mouvement.

Son histoire attire particulièrement les jeunes. Elle n'était ni une religieuse cloîtrée, ni une théologienne, ni une personnalité âgée ayant consacré toute sa vie à l'Église.

Elle était une jeune fille, aimait le sport, avait des amis, des projets.

Et c'est précisément dans cette vie ordinaire qu'elle a cherché à suivre le Christ.

Une sainteté dans les choses simples

L'un des aspects les plus intéressants de son témoignage est peut-être cette « extraordinaire normalité » dont parle Vatican News.

Chiara n'a pas accompli de grandes œuvres visibles au sens humain du terme. Sa vie fut courte.

Mais elle a cherché à vivre avec amour les circonstances quotidiennes : ses relations, ses amitiés, sa famille, sa maladie et finalement sa mort.

Cette simplicité peut rejoindre beaucoup de personnes. La sainteté n'est pas toujours spectaculaire.

Elle peut prendre la forme d'un pardon donné, d'une souffrance offerte dans la prière, d'une parole réconfortante ou d'une confiance renouvelée lorsque tout semble difficile.

Que signifie réellement s'abandonner au Christ ?

L'histoire de Chiara permet de réfléchir sur le véritable sens de l'abandon à Dieu.

S'abandonner ne signifie pas devenir passif. Cela ne signifie pas non plus cesser de lutter contre la maladie, renoncer aux soins ou ne plus espérer une guérison.

L'abandon chrétien consiste plutôt à dire :

« Seigneur, je ne comprends pas tout ce qui m'arrive, mais je veux continuer à marcher avec Toi. »

Cette attitude demande une grande confiance. Elle demande également de reconnaître nos limites.

Nous ne contrôlons pas tout. Nous ne connaissons pas l'avenir. Mais nous pouvons choisir la manière dont nous allons vivre le présent.

Chiara a cherché à vivre ce présent avec Jésus.

Une lumière pour ceux qui souffrent

Son témoignage peut particulièrement rejoindre les personnes confrontées à la maladie, au découragement ou à la peur de l'avenir.

Il ne faut cependant pas transformer son histoire en une glorification de la souffrance.

La souffrance demeure une réalité douloureuse. Le chrétien ne cherche pas la souffrance pour elle-même. Il cherche le Christ au milieu de la souffrance. C'est une différence essentielle.

Chiara n'a pas choisi d'être malade. Elle a choisi, autant qu'elle le pouvait, de ne pas laisser la maladie lui enlever sa capacité d'aimer.

Le message transmis aux jeunes

Lors de la célébration d'action de grâce qui suivit sa béatification, le cardinal Tarcisio Bertone rappela une parole que Chiara avait adressée aux jeunes peu avant sa mort : elle souhaitait leur transmettre la « flamme » de sa vie comme un relais.

Cette image est particulièrement belle. Une vie peut être courte et pourtant transmettre quelque chose à ceux qui viennent après.

Chiara n'a pas pu réaliser tous ses projets. Elle n'a pas connu la vie adulte qu'elle imaginait. Mais elle a laissé derrière elle un témoignage qui continue d'être découvert par de nouvelles générations.

Une lumière qui demeure

En 2010, peu après sa béatification, le pape Benoît XVI évoquait lui aussi Chiara Badano comme une jeune fille dont la vie, bien que courte, constituait un message de foi, d'amour et de lumière.

Son histoire nous rappelle que la lumière chrétienne ne dépend pas toujours des circonstances extérieures. Elle peut demeurer présente au cœur même de l'épreuve.

Lorsque tout semble s'assombrir, la foi ne promet pas nécessairement que la difficulté disparaîtra immédiatement.

Elle rappelle une autre présence :

celle du Christ qui demeure auprès de celui qui souffre.

Une prière dans l'épreuve

Seigneur Jésus-Christ,

apprends-nous à Te faire confiance lorsque nous ne comprenons pas ce qui nous arrive.

Lorsque la maladie, la peur ou le découragement entrent dans notre vie, donne-nous la force de ne pas perdre l'espérance.

Comme la bienheureuse Chiara Luce, apprends-nous à accueillir chaque journée comme un don et à continuer d'aimer même lorsque les circonstances deviennent difficiles.

Garde auprès de Toi ceux qui souffrent, ceux qui sont malades, ceux qui sont seuls et ceux qui ont peur de l'avenir.

Que Ta lumière demeure dans leur cœur.

Et lorsque notre chemin devient obscur, rappelle-nous que nous ne sommes jamais seuls.

Seigneur Jésus, conduis-nous vers Ta lumière et apprends-nous à demeurer avec Toi jusqu'au bout.

Amen.

Source et travail de réécriture

Article original : Mystique Orthodoxe, « Chiara Badano : l'abandon au Christ », publié en avril 2019. La présente version constitue une réécriture complète et une actualisation de l'article, avec une nouvelle organisation, des sous-titres et un développement plus important de la dimension spirituelle de son témoignage.

Sources complémentaires vérifiées :

  • Vatican – Dicastère pour les Causes des Saints : notice officielle consacrée à Chiara Badano et à sa béatification du 25 septembre 2010.

  • Vatican News : présentation de la vie et du témoignage de la bienheureuse Chiara Luce Badano.

  • Site officiel Chiara Luce Badano : éléments biographiques et témoignages concernant sa vie, sa maladie et sa béatification.

  • Vatican : intervention du cardinal Tarcisio Bertone lors de la messe d'action de grâce pour sa béatification, le 26 septembre 2010.

Travail de réécriture en 2026 : traduction et reformulation du contenu de l'ancien article, vérification des principales données biographiques, restructuration complète, développement du thème de l'abandon au Christ et ajout d'une conclusion spirituelle ainsi que d'une prière finale.

Les paroles attribuées à Chiara ont été conservées lorsqu'elles sont documentées par les sources ecclésiales ou par les organismes consacrés à sa mémoire. Les éléments concernant sa maladie et sa mort sont présentés à partir des sources biographiques disponibles.

lundi 17 septembre 2018

Il vaut mieux être dans la grâce de Dieu rapiécé, que dans les mains du démon brillant et serré



Saint Jean Bosco : mieux vaut être dans la grâce de Dieu, même rapiécé

Saint Jean Bosco avait une manière très particulière de parler aux jeunes. Il ne cherchait pas à les éloigner de la joie, du jeu ou des activités de leur âge. Au contraire, il considérait que la jeunesse devait être vécue pleinement, dans une atmosphère fraternelle, joyeuse et confiante.

Pour lui, l'éducation chrétienne ne consistait pas à enfermer les jeunes dans une vie triste et austère. Elle devait leur apprendre à aimer Dieu tout en découvrant la beauté de la vie.

Une parole attribuée à Don Bosco résume avec humour et profondeur cette pédagogie :

« Il vaut mieux être dans la grâce de Dieu rapiécé, que dans les mains du démon brillant et bien ajusté. »

Derrière cette formule pleine de malice se trouve un véritable enseignement spirituel.

Don Bosco, un éducateur proche des jeunes

Jean Bosco, né en 1815 dans le Piémont, consacra une grande partie de sa vie à l'éducation des jeunes, en particulier des garçons pauvres ou en difficulté.

Il avait compris que l'on ne pouvait pas transmettre la foi uniquement par des discours. Il fallait d'abord créer une relation de confiance. Les jeunes devaient se sentir aimés, accueillis et respectés.

Don Bosco organisait donc des moments de prière, d'étude et de formation, mais également de nombreux jeux et activités récréatives.

Il participait lui-même aux jeux.

Selon les récits de ses proches, il était particulièrement sportif et aimait courir avec les jeunes. Il pouvait les provoquer amicalement à la course, puis chercher ensuite à éviter de les humilier lorsqu'il gagnait.

Cette proximité faisait partie de sa méthode éducative.

« Pendant que vous vous reposez, le diable travaille »

Don Bosco savait cependant que la joie et la détente ne signifiaient pas l'absence de vigilance.

Lorsqu'il voyait certains jeunes perdre leur temps dans des conversations inutiles ou dans des comportements qui pouvaient les éloigner du bien, il pouvait leur rappeler avec humour :

« Regardez, pendant que vous vous reposez, le diable travaille. »

Cette expression correspond à sa vision de l'éducation.

Il ne voulait pas que les jeunes soient constamment occupés par des choses futiles, mais il ne souhaitait pas non plus les priver de loisirs.

L'objectif était de trouver un équilibre entre travail, prière, formation et joie.

La joie fait partie de la vie chrétienne

Pour Don Bosco, la joie n'était pas l'ennemie de la vie spirituelle. Au contraire, elle pouvait en être un signe.

Il connaissait bien les dangers de l'oisiveté, mais il savait également qu'un jeune a besoin de bouger, de jouer, de rire et de développer ses capacités.

Les loisirs pouvaient donc devenir un véritable moyen éducatif. Don Bosco ne cherchait pas à fabriquer des jeunes tristes et enfermés dans la peur.

Il voulait former des hommes capables de vivre avec courage, responsabilité et confiance en Dieu.

« Mieux vaut dépenser en chaussures qu'en médicaments »

Une autre parole rapportée dans l'article montre son sens très concret de l'éducation.

Lorsque certaines personnes lui reprochaient que les jeux et les courses des jeunes abîmaient leurs chaussures et leurs vêtements, Don Bosco aurait répondu en substance qu'il valait mieux dépenser pour remplacer des chaussures ou des vêtements que de devoir ensuite dépenser pour soigner des jeunes qui n'auraient pas suffisamment bougé.

Cette attitude montre une chose importante : Don Bosco connaissait les jeunes tels qu'ils étaient réellement.

Il ne cherchait pas à imposer une spiritualité déconnectée de la vie quotidienne.

« Rapiécé », mais dans la grâce de Dieu

C'est dans ce contexte qu'apparaît la formule qui donne son titre à l'article.

Don Bosco préfère voir un jeune avec des vêtements usés par le jeu, les courses et l'activité plutôt qu'un jeune parfaitement habillé mais éloigné de Dieu.

L'expression :

« Il vaut mieux être dans la grâce de Dieu rapiécé… »

est volontairement humoristique.

Elle signifie que l'apparence extérieure est secondaire par rapport à l'état intérieur de l'âme.

Un vêtement peut être réparé. Une chaussure peut être remplacée. Mais la vie spirituelle demande une attention beaucoup plus profonde.

Ce qui compte avant tout, c'est de demeurer dans l'amitié avec Dieu.

La grâce de Dieu avant les apparences

Cette idée rejoint une dimension essentielle de la spiritualité chrétienne. Dieu ne regarde pas seulement l'apparence extérieure. Il regarde le cœur.

Un chrétien peut connaître des faiblesses, des chutes, des périodes difficiles et même des moments où sa vie semble « rapiécée ».

Mais il peut toujours revenir vers Dieu. La grâce n'est pas réservée à ceux qui paraissent parfaits.

Elle est précisément ce qui permet à l'homme de se relever et de recommencer.

C'est pourquoi le message de Don Bosco demeure particulièrement parlant : mieux vaut une vie simple, imparfaite mais tournée vers Dieu qu'une existence extérieurement brillante dans laquelle Dieu n'aurait plus de place.

Une pédagogie fondée sur la confiance

Don Bosco ne séparait donc pas la discipline de l'affection.

Il voulait que les jeunes apprennent à obéir et à respecter les règles, mais il cherchait d'abord à gagner leur confiance.

Son système éducatif, appelé plus tard système préventif, reposait notamment sur la raison, la religion et l'affection.

L'éducateur devait être présent auprès des jeunes, connaître leurs difficultés et les accompagner avant que les problèmes ne deviennent graves.

Cette conception était profondément novatrice pour son époque.

Une sainteté joyeuse

Saint Jean Bosco nous rappelle également que la sainteté chrétienne n'est pas nécessairement synonyme de tristesse.

On peut prier et rire. On peut travailler et jouer. On peut être sérieux dans sa foi tout en gardant un cœur joyeux.

Don Bosco avait compris que la joie pouvait ouvrir le cœur des jeunes. Un jeune qui se sent aimé est davantage disposé à écouter. Un jeune qui fait confiance peut accepter une correction.

Un jeune qui découvre que la foi n'est pas synonyme de tristesse peut progressivement comprendre que Dieu n'est pas un maître lointain, mais un Père qui appelle à vivre dans la vérité et l'amour.

Une parole qui peut encore nous interpeller

La petite phrase de Don Bosco peut également être méditée par les adultes.

Nous accordons parfois beaucoup d'importance à l'apparence : réussir, paraître fort, avoir une belle image, montrer une vie parfaite.

Mais la vie chrétienne nous invite à regarder plus profondément. Que reste-t-il lorsque les apparences disparaissent ? Quelle place Dieu occupe-t-il réellement dans notre existence ? Sommes-nous prêts à reconnaître nos faiblesses et à revenir vers Lui ?

Une vie « rapiécée » peut devenir une belle vie lorsqu'elle est confiée à Dieu.

La grâce au milieu des difficultés

La tradition spirituelle chrétienne ne promet pas une existence sans difficultés.

Même lorsque nous cherchons sincèrement à suivre Dieu, nous connaissons les épreuves, les erreurs, les déceptions et parfois les chutes.

Mais la grâce de Dieu nous permet de ne pas rester prisonniers de ces difficultés.

Dans les écrits de Don Bosco destinés aux jeunes, on retrouve cette conviction que ceux qui vivent dans la grâce de Dieu peuvent conserver une véritable joie même au milieu des afflictions.

La joie chrétienne n'est donc pas l'absence de problèmes. Elle est la confiance que Dieu reste présent au cœur même des difficultés.

Un éducateur qui croyait en la jeunesse

L'héritage de Don Bosco repose finalement sur une conviction très simple : un jeune n'est jamais perdu lorsqu'il rencontre quelqu'un qui croit en lui et qui l'aide à découvrir le bien.

Il ne faut pas seulement corriger les fautes. Il faut également encourager. Il ne faut pas seulement montrer les dangers. Il faut montrer un chemin.

Et surtout, il faut aimer.

C'est probablement l'une des raisons pour lesquelles le témoignage de Don Bosco continue de toucher les éducateurs et les chrétiens bien après sa mort.

« Dans la grâce de Dieu »

La phrase de Don Bosco peut finalement être comprise comme une petite parabole.

Les vêtements peuvent être usés. Les chaussures peuvent être abîmées. La vie elle-même peut parfois sembler avoir été recousue plusieurs fois.

Mais rien de cela n'est essentiel.

Ce qui compte véritablement est de ne pas perdre le lien avec Dieu.

Mieux vaut avancer humblement, avec ses blessures et ses imperfections, mais dans la grâce de Dieu, que de paraître parfait tout en laissant son cœur s'éloigner de Lui.

C'est peut-être là toute la sagesse de cette parole de saint Jean Bosco.

Une sainteté qui ne cherche pas à paraître parfaite. Une sainteté joyeuse. Une sainteté proche de la vie. Une sainteté qui apprend à se relever.

Et surtout, une sainteté qui garde les yeux tournés vers Dieu.

Sources et travail de réécriture

Article original : Mystique Orthodoxe, « Il vaut mieux être dans la grâce de Dieu rapiécé, que dans les mains du démon brillant et serré », publié le 17 septembre 2018.

Source indiquée dans l'article original : Fermenti Cattolici Vivi, article consacré à saint Jean Bosco. Le blog demande lui-même que ses contenus soient repris avec mention de la source et du lien.

Sources complémentaires : les Memorie Biografiche di Don Giovanni Bosco et les écrits de Don Bosco permettent de replacer certaines de ses paroles et de mieux comprendre sa pédagogie envers les jeunes.

Travail de réécriture en 2026 : l'ancien texte a été entièrement reformulé et développé, avec une nouvelle structure, des sous-titres et une mise en perspective de la pensée éducative et spirituelle de Don Bosco. Les citations sont conservées comme paroles rapportées et les éléments qui relèvent de la tradition biographique sont présentés avec prudence.




dimanche 16 septembre 2018

Trois miracles de Saint Jean Bosco


Trois miracles attribués à saint Jean Bosco

Saint Jean Bosco, prêtre italien du XIXe siècle et fondateur de la famille salésienne, est particulièrement connu pour son amour de la jeunesse et pour la confiance extraordinaire qu'il plaçait dans la Providence divine.

Toute sa vie, il fut confronté à des situations qui semblaient humainement impossibles. Il devait nourrir des centaines de jeunes, leur trouver un toit, des vêtements, une éducation et une formation chrétienne, alors que les ressources financières manquaient souvent.

Dans la tradition salésienne, plusieurs récits extraordinaires sont associés à cette confiance en Dieu. Certains racontent des guérisons, d'autres des interventions de la Providence ou encore des événements considérés comme miraculeux.

Voici trois récits particulièrement connus.

1. Les châtaignes qui ne s'épuisaient pas

L'un des récits les plus célèbres concerne une distribution de châtaignes aux jeunes de l'Oratoire de Turin.

À l'occasion de la fête des Morts, Don Bosco avait emmené les garçons prier dans un cimetière. Pour le retour, il leur avait promis des châtaignes cuites.

Il avait demandé que plusieurs sacs soient préparés afin que chacun puisse en recevoir.

Mais lorsqu'il rentra avec les jeunes, une surprise l'attendait : beaucoup moins de châtaignes avaient été préparées que prévu.

La quantité disponible était manifestement insuffisante pour nourrir tous les garçons.

Joseph Buzzetti, l'un des jeunes proches de Don Bosco, s'en aperçut et tenta de lui faire comprendre qu'il n'y aurait jamais assez de châtaignes pour tout le monde.

Don Bosco aurait alors simplement répondu qu'il les avait promises aux garçons et qu'il fallait donc commencer à les distribuer.

Il prit une louche et commença à remplir les récipients des jeunes. Les garçons étaient nombreux.

Pourtant, selon le récit transmis par Buzzetti et repris dans les traditions salésiennes, les châtaignes semblèrent ne pas diminuer comme elles auraient dû.

La distribution continua jusqu'à ce que tous les jeunes aient reçu leur part. Le récit raconte que les garçons furent émerveillés et crièrent leur admiration pour Don Bosco.

Cette histoire est souvent rapprochée de l'Évangile de la multiplication des pains : une quantité apparemment insuffisante devient suffisante lorsque la confiance en Dieu demeure au cœur de l'épreuve.

Mais le récit peut aussi être compris comme une image de toute la vie de Don Bosco.

Il ne disposait souvent que de peu de moyens.

Pourtant, il refusait de fermer la porte à un jeune qui avait besoin d'aide.

Sa confiance dans la Providence était plus grande que ses propres ressources.

2. Les quatre sous de polenta 

Un autre récit, particulièrement simple, concerne un homme pauvre venu demander l'aumône à Don Bosco.

Nous sommes à Turin, à une époque où de nombreuses familles connaissent une grande pauvreté.

Un jour, un homme se présente devant Don Bosco et lui explique que sa famille n'a plus rien à manger.

Il aurait notamment cinq enfants à nourrir. Don Bosco fouille alors dans ses poches. Il ne possède presque rien. Il trouve seulement quatre sous.

Malgré cette pauvreté, il donne les quatre sous à l'homme et lui adresse sa bénédiction.

Don Bosco aurait ensuite regretté de ne pas avoir davantage d'argent à lui donner. S'il avait eu davantage de ressources, il aurait voulu lui offrir beaucoup plus.

Quelque temps plus tard, l'homme aurait raconté ce qui s'était passé.

Avec les quelques pièces reçues de Don Bosco, il avait acheté de la farine destinée à préparer de la polenta.

La quantité achetée semblait normalement insuffisante pour nourrir toute sa famille.

Pourtant, selon son témoignage, les sept membres de la famille avaient pu manger à leur faim.

Dans la famille, on aurait alors donné à Don Bosco le surnom de « prêtre du miracle de la polenta ».

Ce récit, transmis notamment par Giuseppe Brosio, appartient à la mémoire des débuts de l'œuvre de Don Bosco.

Il rappelle surtout une dimension essentielle de sa spiritualité : même lorsqu'il ne possédait presque rien, Don Bosco cherchait à partager ce qu'il avait.

Il ne disait pas : « Je n'ai rien, je ne peux donc rien faire. » Il donnait ce qu'il pouvait. Et il confiait le reste à la Providence.

3. Le jeune Carlo

Le troisième récit est beaucoup plus impressionnant. Il concerne un jeune homme nommé Carlo, qui fréquentait l'Oratoire de Don Bosco.

Le jeune homme tomba gravement malade. Pendant son absence, Don Bosco fut informé de son état, mais il ne put se rendre immédiatement auprès de lui.

Lorsqu'il arriva finalement chez le jeune homme, il apprit que celui-ci était déjà mort. La maison portait les signes du deuil. Malgré cela, Don Bosco demanda à voir le défunt. Il monta dans la chambre où se trouvait le corps.

Selon le récit transmis par la marquise Maria Fassati, Don Bosco aurait alors eu la conviction intérieure que le jeune homme n'était pas réellement mort.

Il s'approcha du lit et l'appela par son prénom :

« Carlo ! »

Le jeune homme ouvrit alors les yeux. Les personnes présentes furent profondément bouleversées.

Selon le récit, Carlo expliqua ensuite à Don Bosco qu'il avait vécu une expérience terrifiante. Il raconta avoir eu l'impression d'être conduit dans un lieu sombre où il voyait des âmes comparaître devant le jugement.

Il aurait compris qu'une faute grave pesait sur sa conscience et qu'il n'avait pas correctement confessé cette faute avant de tomber malade.

Le jeune homme demanda alors à rester seul avec Don Bosco. Il lui révéla ce qu'il avait gardé dans son cœur. Après s'être confessé avec sincérité, il aurait reçu l'absolution. Peu après, il serait mort paisiblement.

Ce récit est particulièrement intéressant parce qu'il ne se termine pas simplement par une guérison spectaculaire.

Son centre véritable est la conversion intérieure.

La vie de Carlo aurait été prolongée pendant quelques instants afin qu'il puisse mettre sa conscience en ordre et recevoir le sacrement de réconciliation.

Un récit à lire avec discernement

Ces trois histoires sont profondément enracinées dans la tradition consacrée à saint Jean Bosco.

Elles ont été transmises par des témoins ou par des ouvrages consacrés à sa vie et ont contribué à sa réputation de saint thaumaturge.

Cependant, il est important de distinguer la tradition hagiographique et ce qui peut être établi avec les méthodes de l'histoire.

Le récit concernant Carlo, par exemple, a fait l'objet d'une analyse historique détaillée par l'historien Pietro Stella, qui a notamment souligné les difficultés concernant certains détails de la version traditionnelle et a privilégié le témoignage attribué à la marquise Fassati.

Cette prudence n'enlève pas nécessairement leur intérêt spirituel.

Au contraire, elle permet de les présenter honnêtement.

La Providence au cœur de la vie de Don Bosco

Ces récits ont un point commun : Don Bosco agit avec les moyens dont il dispose, puis il s'en remet à Dieu.

Pour les châtaignes, il n'a pas renoncé à tenir sa promesse aux jeunes.

Pour la famille pauvre, il a donné ses quelques pièces.

Pour Carlo, il s'est rendu auprès d'un jeune qu'il croyait déjà mort et lui a accordé son attention jusqu'au bout.

Dans chacun de ces récits, la charité vient avant les calculs humains.

Don Bosco ne prétendait pas être lui-même la source des miracles.

Dans sa spiritualité, tout bien vient de Dieu, et les grâces obtenues sont liées à la prière et à l'intercession de la Vierge Marie.

Une ancienne publication salésienne rapporte d'ailleurs que Don Bosco attribuait les grâces reçues par les fidèles à Marie Auxiliatrice, et non à sa propre personne.

Le véritable miracle : aimer les jeunes

Il serait pourtant dommage de réduire saint Jean Bosco à ses récits extraordinaires.

Son œuvre la plus impressionnante est peut-être celle qu'il accomplit quotidiennement.

Il accueillit des jeunes pauvres et abandonnés. Il leur procura une éducation. Il leur apprit un métier. Il leur offrit un lieu où vivre, travailler, prier et grandir. Il créa autour d'eux une véritable famille.

Sa confiance en Dieu lui permit de poursuivre cette œuvre malgré les difficultés financières et matérielles.

C'est pourquoi les récits de miracles prennent leur véritable sens lorsqu'ils sont replacés dans l'ensemble de sa vie.

Une foi qui ne renonce pas

Les histoires des châtaignes, de la polenta et de Carlo parlent toutes d'une même attitude : ne pas désespérer lorsque les moyens humains semblent insuffisants.

La foi chrétienne ne consiste pas à attendre passivement que Dieu fasse tout à notre place.

Don Bosco travaillait énormément.

Il cherchait de l'argent. Il organisait ses œuvres. Il enseignait. Il accueillait les jeunes. Il se dépensait sans compter.

Mais il savait également que son œuvre ne dépendait pas uniquement de ses forces.

Il avançait avec cette conviction profonde que la Providence pouvait ouvrir un chemin là où l'homme ne voyait plus de solution.

La leçon spirituelle de Don Bosco

Ces récits peuvent finalement être médités à la lumière d'une parole de l'Évangile :

« Cherchez d'abord le Royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. »
(Matthieu 6,33)

Don Bosco semble avoir vécu cette parole avec une confiance remarquable.

Il ne possédait pas toujours les moyens nécessaires.

Il ne savait pas toujours comment résoudre les difficultés qui se présentaient à lui. Mais il continuait à agir. Il continuait à accueillir. Il continuait à donner. Et il priait.

Les trois récits racontés ici nous invitent donc moins à rechercher le merveilleux qu'à regarder la foi, la charité et la confiance en Dieu qui caractérisaient son existence.

Les miracles, dans la tradition chrétienne, ne sont jamais une fin en eux-mêmes.

Ils sont des signes qui renvoient vers Dieu.

Et pour Don Bosco, le plus grand signe fut peut-être cette œuvre immense accomplie au service de ceux que la société de son époque risquait d'abandonner.

Saint Jean Bosco, prie pour nous

Que l'exemple de saint Jean Bosco nous apprenne à ne pas fermer notre cœur devant celui qui demande de l'aide.

Que son amour des jeunes nous rappelle l'importance de transmettre, d'éduquer et d'encourager.

Que sa confiance dans la Providence nous aide lorsque nos propres moyens semblent trop faibles.

Et que son témoignage nous conduise toujours vers le Christ, source de toute grâce et de toute espérance.

Saint Jean Bosco, ami et père de la jeunesse, prie pour nous.

Sources et travail de réécriture

Article original : Mystique Orthodoxe, « Trois miracles de saint Jean Bosco », publié en septembre 2018.

Sources consultées pour cette réécriture : traditions biographiques salésiennes consacrées à Don Bosco, notamment les Memorie Biografiche et les documents historiques conservés par les Salésiens. Les archives salésiennes expliquent également que, dans le procès de béatification et de canonisation, les miracles invoqués après sa mort ont fait l'objet d'une procédure spécifique et d'un examen médical et canonique.

Le récit des châtaignes, celui des quatre sous de polenta et l'histoire du jeune Carlo sont également attestés dans des recueils consacrés aux récits miraculeux de Don Bosco.

Travail de réécriture en 2026 : ancien article entièrement reformulé, développé et restructuré pour Mystique Orthodoxe. Les récits extraordinaires sont volontairement présentés comme des traditions ou récits attribués à saint Jean Bosco, afin de distinguer la mémoire hagiographique des faits historiquement établis.