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samedi 3 octobre 2026

Le père Nektarios Moulatsiotis : un prêtre grec contemporain au cœur d’une foi vivante

 



Le père Nektarios Moulatsiotis : un prêtre grec contemporain au cœur d’une foi vivante

Dans la Grèce orthodoxe contemporaine, certains prêtres et anciens spirituels continuent de toucher profondément les fidèles par leur prédication, leur vie de prière et leur proximité avec ceux qui souffrent.

Parmi eux, l’archimandrite Nektarios Moulatsiotis occupe une place particulière.

Higoumène du monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov, à Trikorfo en Phocide, il est également connu pour ses nombreuses prédications, son apostolat auprès des jeunes et son ministère spirituel auprès de personnes confrontées à des difficultés personnelles ou spirituelles.

Son site personnel rassemble de nombreuses prédications, conférences et publications consacrées à la foi orthodoxe.

Une vocation née très tôt

Nektarios Moulatsiotis est né à Athènes en 1957.

Dès sa jeunesse, il s’intéresse profondément à la vie de l’Église et participe activement au catéchisme. Il devient lui-même catéchiste alors qu’il est encore très jeune et développe rapidement un goût particulier pour la prédication et l’accompagnement des jeunes.

Selon sa biographie, les prédications du métropolite Augustin Kantiotis ont exercé une influence importante sur son orientation spirituelle. Le jeune homme découvre alors une manière particulièrement ardente de parler de Dieu et de la vie chrétienne.

Moine puis prêtre

En 1981, à l’âge de 24 ans, il devient moine au monastère des Taxiarques d’Aigialeia et reçoit le nom de Nektarios, en référence à saint Nectaire. Quelques mois plus tard, il est ordonné diacre.

En 1984, il reçoit l’ordination sacerdotale et devient archimandrite.

Son ministère va alors prendre une dimension de plus en plus importante dans la prédication, la catéchèse et l’accompagnement spirituel.

Une prédication très populaire

Dès les années 1980, ses sermons commencent à être diffusés sous forme de cassettes en Grèce et à l’étranger.

Il publie également des ouvrages et fonde en 1983 le journal Orthodoxi Martyria, qui deviendra par la suite une revue ecclésiale.

Son désir est de rejoindre des personnes qui ne peuvent pas toujours se rendre dans les lieux de culte ou qui recherchent une parole spirituelle accessible.

Plus tard, il investit également Internet.

En 2009, il crée sa chaîne YouTube « Geron Nektarios », conçue comme une sorte de chaire orthodoxe accessible au monde entier.

Sa biographie indique que cette chaîne rassemble aujourd’hui de nombreuses conférences et des millions de vues.

Le monastère de Trikorfo

L’un des grands projets de sa vie est lié au monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov, à Trikorfo.

À partir de 1990, avec la bénédiction de son évêque, il entreprend la construction de ce monastère, dont il deviendra l’higoumène.

Un monastère féminin consacré à saint Nectaire et saint Phanourios sera également établi sous son accompagnement spirituel.

Ces communautés deviennent progressivement des lieux de prière, de retraite et d’accueil.

Une foi particulièrement ardente

Ce qui frappe dans les témoignages consacrés au père Nektarios est l’intensité de sa manière de parler de Dieu.

Il insiste régulièrement sur la nécessité de développer une relation personnelle avec le Christ.

Une présentation de son ministère rapporte notamment cette parole qu’il adresse aux jeunes :

« Mes enfants, familiarisez-vous avec Dieu. »

Cette formule résume assez bien son approche. Pour lui, la foi ne doit pas rester une simple tradition familiale ou culturelle. Elle doit devenir une relation vivante.

Connaître Dieu. Prier. Lui faire confiance. Apprendre à reconnaître sa présence dans sa vie.

Auprès de ceux qui souffrent

Le père Nektarios reçoit également des personnes confrontées à différentes difficultés.

Des fidèles viennent lui parler de maladies, de problèmes familiaux, de blessures intérieures ou de difficultés spirituelles.

Selon les témoignages publiés par son entourage monastique, il cherche avant tout à écouter, conseiller, réconforter et conduire les personnes vers le Christ.

Cette dimension de son ministère est importante. Le rôle d’un père spirituel n’est pas seulement de donner des réponses.

Il consiste aussi à accompagner quelqu’un dans son épreuve.

Les récits de guérisons

Le père Nektarios est également associé à différents récits de guérisons et d’événements considérés par certains fidèles comme extraordinaires.

Son propre témoignage évoque de nombreux événements merveilleux qu’il attribue à la grâce de Dieu et à l’intercession des saints auxquels il prie régulièrement.

Il mentionne notamment la Panagia Gorgoepikoos, saint Augustin, saint Séraphim de Sarov, saint Georges, saint Nectaire, sainte Paraskeva et saint Jean le Russe.

Son entourage monastique rapporte également des témoignages de personnes affirmant avoir connu des guérisons après avoir demandé des prières.

Ces récits doivent toutefois être présentés avec discernement.

Ils constituent des témoignages religieux, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’ils ont été reconnus comme miracles par une autorité ecclésiastique ou établis médicalement.

Pourquoi les miracles ne se produisent-ils pas toujours ?

Cette question a justement été abordée par le père Nektarios dans une prédication consacrée à la guérison de l’aveugle.

Il explique que les miracles existent encore, mais que l’homme ne les remarque pas toujours.

Il insiste également sur la foi et l’humilité nécessaires dans la prière et rappelle que le miracle appartient à Dieu.

Cette approche est intéressante : le miracle n’est pas présenté comme un spectacle que l’on pourrait provoquer à volonté.

Il dépend de Dieu.

Le miracle intérieur

Dans cette perspective, le père Nektarios insiste aussi sur les transformations intérieures.

Une personne qui recommence à prier. Une personne qui pardonne. Une personne qui abandonne une mauvaise habitude. Une personne qui retrouve l’espérance. Une personne qui revient à l’Église après des années d’éloignement.

Tous ces changements peuvent constituer, dans une perspective spirituelle, des signes de la grâce de Dieu.

Le spectaculaire n’est donc pas nécessairement le plus important.

Une attention particulière envers les jeunes

L’un des aspects intéressants de son ministère est son attention envers la jeunesse.

Il considère que les jeunes ont besoin d’entendre parler de Dieu dans un langage qu’ils puissent comprendre.

C’est notamment dans cette perspective qu’il a développé des activités de jeunesse et des camps chrétiens à Trikorfo.

Son message est direct : il ne faut pas attendre d’être âgé pour découvrir Dieu.

La vie spirituelle peut commencer dès la jeunesse.

Un prédicateur qui utilise Internet

Le père Nektarios appartient également à une génération de religieux orthodoxes qui ont compris très tôt l’importance des nouveaux moyens de communication.

Ses prédications autrefois diffusées sur cassettes sont aujourd’hui disponibles sous forme de vidéos.

Son site propose de nombreux articles, sermons et vidéos, et continue à publier de nouveaux contenus.

Cette présence numérique lui permet de toucher des personnes bien au-delà de son monastère.

Une personnalité qui ne laisse pas indifférent

Le père Nektarios est également une personnalité engagée et parfois controversée.

Durant son ministère, il a pris publiquement position sur différents sujets religieux et sociaux qui ont suscité des débats en Grèce.

Ses défenseurs mettent en avant son courage et son attachement à l’Orthodoxie. Ses détracteurs ont parfois critiqué certaines de ses prises de position.

Il est donc préférable de présenter sa personnalité avec nuance, sans en faire une figure parfaite ou unanimement appréciée.

Cette dimension fait également partie de son histoire.

Une vie tournée vers le Christ

Au-delà des débats, le cœur de son message reste la vie chrétienne.

Prière. Repentance. Amour du Christ. Confiance en Dieu. Participation à la vie de l’Église. Accompagnement des personnes qui souffrent.

Dans les témoignages qui lui sont consacrés, son ministère apparaît comme celui d’un prêtre cherchant à conduire les personnes vers Dieu plutôt qu’à attirer l’attention sur lui-même.

Un prêtre grec contemporain à découvrir

Pour les lecteurs de Mystique Orthodoxe, le père Nektarios Moulatsiotis est donc une figure intéressante de l’Orthodoxie grecque contemporaine.

Il ne s’agit pas d’un saint canonisé ni d’un ancien du passé. C’est un prêtre vivant, toujours engagé dans la prédication et la vie monastique.

Son parcours permet également de découvrir une autre dimension de la spiritualité orthodoxe grecque contemporaine : celle d’une foi très expressive, missionnaire, tournée vers les jeunes et particulièrement attentive à la puissance de la prière.

La foi comme rencontre

Son message pourrait finalement se résumer par une invitation très simple :

« Apprendre à connaître Dieu pour pouvoir véritablement L’aimer. »

La foi ne consiste pas seulement à connaître des prières ou à respecter certaines traditions.

Elle demande une rencontre. Elle demande un cœur qui cherche. Elle demande de la persévérance.

Et parfois, au milieu de l’épreuve, elle demande simplement de continuer à prier lorsque nous ne comprenons plus ce qui nous arrive.

C’est peut-être là que se trouve le véritable charisme d’un père spirituel : aider une personne à retrouver le chemin du Christ.

Conclusion

Le père Nektarios Moulatsiotis représente une figure originale de l’Orthodoxie grecque contemporaine.

Prédicateur infatigable, moine, higoumène et accompagnateur spirituel, il a consacré plusieurs décennies à transmettre la foi orthodoxe.

Les témoignages de guérisons et d’événements extraordinaires qui entourent son ministère doivent être accueillis avec discernement. Mais au-delà du merveilleux, son parcours pose une question beaucoup plus profonde :

Avons-nous encore aujourd’hui le désir de connaître Dieu personnellement ?

Pour le père Nektarios, la réponse semble claire.

La vie chrétienne commence lorsque Dieu cesse d’être seulement une idée et devient une présence vivante dans le cœur de l’homme.

« Mes enfants, familiarisez-vous avec Dieu. »

Une invitation simple, mais qui peut devenir le début d’un véritable chemin spirituel.

Sources

Source principale : biographie officielle du père Nektarios Moulatsiotis et site du monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov.

Sources complémentaires : témoignages et articles consacrés au père Nektarios, notamment Orthodox Times, ainsi que les publications de son monastère.

Site officiel : gerontasnektarios.gr

Monastère : agiosnektarios-monastery.gr

vendredi 2 octobre 2026

Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

 



Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

Il existe en Italie des prêtres dont le ministère demeure relativement peu connu en dehors de certains milieux catholiques, mais dont la vie spirituelle est profondément marquée par la prière, l'évangélisation et l'action de l'Esprit Saint.

Parmi eux figure Don Beppino Cò, prêtre italien né en 1946 à Capriano del Colle, dans la province de Brescia.

Ordonné prêtre en 1971, il a consacré une grande partie de sa vie à la mission, notamment au Laos puis au Sénégal. Son parcours l'a ensuite conduit vers le Renouveau charismatique catholique, dans lequel il exerce un ministère consacré à la prière, à l'écoute, à la libération et à la guérison.

Son témoignage est particulièrement marqué par une conviction : la foi chrétienne n'est pas seulement une idée ou une tradition, mais une rencontre vivante avec Dieu.

Un jeune prêtre envoyé en mission

Après son ordination sacerdotale en 1971, Don Beppino part comme missionnaire au Laos. Il y reste quatre années.

En 1975, le changement politique du pays entraîne l'expulsion des missionnaires étrangers. Don Beppino doit alors quitter le Laos.

Son parcours missionnaire se poursuit en Afrique. Il part au Sénégal, où il restera pendant vingt-trois ans.

Cette longue expérience africaine constitue une étape importante de sa vie sacerdotale. Il travaille dans un environnement où chrétiens et musulmans vivent côte à côte et où l'annonce de l'Évangile demande à la fois courage, patience et proximité avec les populations.

Une rencontre décisive avec le Renouveau charismatique

C'est au Sénégal, en 1985, que Don Beppino raconte avoir vécu une expérience qui allait profondément transformer son ministère.

Il reçoit ce que le Renouveau charismatique appelle « l'effusion de l'Esprit Saint ».

Cette expérience est particulièrement surprenante dans son propre parcours : il explique lui-même qu'auparavant, il ne voulait pas entendre parler du Renouveau charismatique.

Pourtant, selon son témoignage, cette expérience a littéralement changé sa manière de vivre son sacerdoce.

À partir de cette période, la prière pour les malades, l'invocation de l'Esprit Saint et l'accompagnement des personnes en difficulté prennent une place importante dans son ministère.

La rencontre avec le père Emiliano Tardif

Don Beppino a également collaboré avec le père Emiliano Tardif, missionnaire du Sacré-Cœur et figure importante du Renouveau charismatique catholique.

Le père Tardif était connu pour son ministère international de prière et de guérison.

Son parcours avait lui-même été profondément marqué par une guérison qu'il attribuait à la prière de chrétiens charismatiques, après avoir été atteint d'une grave tuberculose. Il développa ensuite un ministère de prédication et de prière dans de nombreux pays. Une cause de béatification le concernant est actuellement en cours.

Pour Don Beppino, cette rencontre fut donc particulièrement importante. Elle l'inscrivit encore davantage dans une spiritualité centrée sur la puissance de la prière et l'action de l'Esprit Saint.

Le « Roveto Ardente »

Don Beppino est associé au groupe de prière « Roveto Ardente », expression italienne signifiant « Buisson ardent ».

L'image fait directement référence à l'épisode biblique du buisson ardent dans lequel Dieu se révèle à Moïse :

« Le buisson brûlait par le feu, et le buisson ne se consumait point. »
(Exode 3,2)

Pour Don Beppino, cette image évoque une foi qui demeure vivante et un cœur qui se laisse embraser par la présence de Dieu. Le groupe l'accompagne dans son activité d'évangélisation et dans les temps de prière au cours desquels sont invoqués l'Esprit Saint et les dons spirituels.

La prière pour les malades

Le ministère de Don Beppino comprend notamment la prière pour les personnes malades. Il parle de guérison et de libération, dans le cadre de la spiritualité du Renouveau charismatique catholique.

Il insiste toutefois sur le fait qu'il ne se considère pas comme quelqu'un qui ferait lui-même des miracles.

Sur son propre site, il écrit :

« Miracoli non ne ho mai fatti, ma posso testimoniare che ogni volta che prego, succede sempre qualcosa. »

Autrement dit, il affirme ne pas avoir fait lui-même de miracles, mais témoigne que quelque chose se produit lorsqu'il prie. Cette précision est importante.

Dans la perspective chrétienne, le prêtre n'est pas présenté comme possédant un pouvoir personnel. La prière demande à Dieu d'agir.

Des témoignages de guérison

Au fil des années, des personnes ont témoigné de guérisons ou de transformations qu'elles associent à la prière de Don Beppino.

Un article publié par Il Tirreno rapportait notamment le témoignage d'une femme qui aurait été guérie d'une maladie grave après avoir participé à ses célébrations. Don Beppino déclarait alors disposer de documents médicaux concernant ce cas.

Il convient cependant de distinguer un témoignage de guérison d'une guérison reconnue officiellement comme miraculeuse par l'Église.

Une personne peut sincèrement attribuer son amélioration à la prière sans que cela constitue automatiquement une reconnaissance canonique d'un miracle. Cette distinction est importante lorsqu'on aborde les phénomènes extraordinaires.

Des milliers de personnes attirées par ses célébrations

Le ministère de Don Beppino a attiré de nombreux fidèles.

Dans une interview publiée par Il Tirreno en 2015, il expliquait que ses célébrations du vendredi soir rassemblaient régulièrement plusieurs centaines de personnes et que des groupes venaient de différentes régions d'Italie.

Les célébrations associent généralement la prière, les chants, la proclamation de la Parole de Dieu, l'Eucharistie et les prières demandant l'action de l'Esprit Saint.

Cette dimension communautaire est caractéristique du Renouveau charismatique.

L'Esprit Saint au centre

Pour Don Beppino, l'essentiel n'est pas le phénomène extraordinaire. Le centre doit rester Jésus-Christ. La prière pour la guérison n'est pas considérée comme une fin en soi.

Elle s'inscrit dans une démarche plus large de conversion et de rencontre avec Dieu.

Sur son site, Don Beppino affirme que lorsqu'il prie, il demande à l'Esprit Saint d'agir et témoigne des fruits qu'il observe dans les personnes qu'il rencontre.

Cette vision rejoint une conviction fondamentale du christianisme : Dieu peut agir dans la vie de l'homme, mais le croyant ne doit pas rechercher les signes pour eux-mêmes.

Les guérisons ne sont pas le seul miracle

Une phrase attribuée à Don Beppino résume particulièrement bien sa conception du ministère :

« Les miracles les plus extraordinaires sont les conversions qui durent dans le temps. »

Cette parole est importante. Une guérison physique peut être spectaculaire.

Mais pour un prêtre, voir une personne retrouver la foi, abandonner une vie destructrice, pardonner, recommencer à prier ou se rapprocher durablement du Christ représente également un événement profondément spirituel.

La transformation intérieure peut être moins visible qu'une guérison physique, mais elle peut changer toute une existence.

La prière de libération

Le ministère de Don Beppino comprend également la prière de libération.

Dans les célébrations charismatiques, les fidèles peuvent demander à Dieu d'être libérés de différentes formes de souffrance spirituelle.

Don Beppino distingue, dans ses enseignements rapportés par la presse, la tentation ordinaire et les situations qu'il considère comme relevant d'une action extraordinaire du mal.

Là encore, il est important de faire preuve de discernement. Une souffrance psychologique ou médicale ne doit pas automatiquement être interprétée comme une influence démoniaque.

L'Église catholique elle-même demande un discernement prudent avant de conclure à une possession ou à un phénomène extraordinaire.

Une spiritualité missionnaire

Le parcours de Don Beppino est particulièrement intéressant parce que son expérience charismatique n'est pas séparée de sa vocation missionnaire.

Il a connu l'Asie, a vécu de nombreuses années en Afrique, a travaillé dans un environnement marqué par le christianisme et l'islam. Puis il a poursuivi son ministère en Italie.

Son témoignage s'est donc construit au contact de cultures et de situations très différentes. Son message reste cependant le même : annoncer l'Évangile et inviter les personnes à retrouver une relation vivante avec Dieu.

La Parole de Dieu avant tout

Don Beppino insiste également sur la proclamation de la Parole. Son groupe « Roveto Ardente » l'accompagne dans cette mission d'évangélisation.

La Bible n'est pas simplement considérée comme un texte ancien. Elle est présentée comme une Parole capable de rejoindre l'homme dans ses difficultés actuelles.

C'est notamment pourquoi ses rencontres associent la lecture ou la proclamation des Écritures à la prière et à la louange.

Une foi qui ose demander

La spiritualité charismatique repose notamment sur une attitude particulière : oser demander à Dieu.

Demander la guérison.

Demander la conversion.

Demander la paix.

Demander la force de pardonner.

Demander la présence de l'Esprit Saint.

Cette confiance s'enracine dans les paroles du Christ :

« Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. »
(Matthieu 7,7)

Mais demander ne signifie pas exiger.

La prière chrétienne demeure une relation de confiance dans laquelle l'homme remet finalement sa vie entre les mains de Dieu.

Une figure originale du catholicisme italien

Don Beppino Cò appartient ainsi à cette génération de prêtres qui ont été profondément marqués par le Renouveau charismatique catholique.

Son parcours est atypique. Missionnaire au Laos, puis au Sénégal, prêtre engagé dans l'évangélisation, accompagnateur de personnes en souffrance, prédicateur, serviteur de communautés de prière.

Son ministère attire certaines personnes précisément parce qu'elles recherchent une foi vécue de manière intense et concrète.

Que retenir de son témoignage ?

Il serait facile de réduire Don Beppino aux récits de guérisons ou aux manifestations extraordinaires qui ont parfois accompagné ses célébrations.

Mais son parcours est beaucoup plus large. Son existence rappelle d'abord l'importance de la mission.

Elle rappelle également la puissance que les chrétiens attribuent à la prière. Et surtout, elle met en avant une idée essentielle : le but ultime n'est pas le miracle, mais la rencontre avec Dieu.

Une guérison peut rendre la santé. Une conversion peut transformer toute une vie. Une personne qui retrouve la foi peut ensuite devenir elle-même un témoin auprès des autres.

Un prêtre qui invite à prier

Aujourd'hui encore, Don Beppino continue d'être présenté comme un prêtre engagé dans le ministère de l'écoute, de la prière, de la libération et de la guérison au sein du Renouveau charismatique catholique.

Son parcours pose une question simple mais profonde :

Et si nous redécouvrions la puissance de la prière ?

Non pas une prière qui recherche à tout prix le merveilleux, mais une prière qui ouvre réellement le cœur à Dieu.

Car dans la tradition chrétienne, le plus grand miracle n'est peut-être pas celui qui étonne les yeux.

C'est celui qui transforme le cœur.

Une prière à l'Esprit Saint

Esprit Saint,

viens éclairer nos cœurs.

Apprends-nous à prier avec confiance et simplicité.

Donne-nous la force dans les épreuves, la paix dans les inquiétudes et l'espérance dans les moments difficiles.

Guéris ce qui doit être guéri en nous.

Libère-nous de ce qui nous éloigne de Dieu.

Et surtout, conduis-nous vers Jésus-Christ.

Que notre vie devienne elle-même un témoignage de Ton amour.

Esprit Saint, viens renouveler nos cœurs.

Amen.

Sources et travail de réécriture

Sources principales :

  • Site personnel de Don Beppino Cò, notamment sa biographie et son témoignage personnel sur son expérience du Renouveau charismatique.

  • Casa della Sapienza, présentation biographique de Don Beppino Cò et de son ministère au sein du Renouveau charismatique catholique.

  • Il Tirreno, entretien avec Don Beppino Cò consacré à ses célébrations charismatiques et à son ministère de prière et de guérison.

  • Site consacré au père Emiliano Tardif, concernant son parcours missionnaire et son ministère de guérison.

Cet article a été entièrement rédigé et structuré à partir de sources biographiques et de témoignages consacrés à Don Beppino Cò. Les guérisons rapportées sont présentées comme des témoignages et non comme des miracles officiellement reconnus, afin de distinguer les récits de foi des faits établis médicalement ou canoniquement.

lundi 8 avril 2019

L'ascétisme dans ce monde


"Un véritable ascète chrétien voit la vie d'une manière totalement différente... Il aime néanmoins le monde avec un véritable amour et il tolère heureusement la saleté qui s'est installée sur le monde, le couvrant de sa douceur... Il vit dans une mesure et de façon paisible, le progrès de son ascèse ressemblant au mouvement du soleil à travers les cieux... Puis l'ascète chrétien s'élève sur son chemin vers la terre céleste, et son oeil intérieur brille, le Saint Esprit descend dans son coeur plus clairement, pour y voir le coeur intérieur, absolument précieux de la création, plus intensément... Alors, la pitié pour l'enfant prodigue de Dieu brûle dans son âme. Et quand l'esprit descendait sur les saints dans leurs plus hauts vols de prière, ils brillaient avec un amour radieux et éclatant pour al création"..

Saint Pavel Florensky

L’ascétisme dans le monde : apprendre à regarder la création avec amour

Le mot « ascétisme » peut parfois faire penser à une vie austère, à la privation, au silence des monastères ou aux grandes figures des Pères du désert. Lorsque nous entendons parler d'ascèse chrétienne, nous imaginons facilement des hommes et des femmes ayant quitté le monde pour consacrer leur existence à la prière.

Cette dimension existe bien dans la tradition orthodoxe. Pourtant, l'ascèse chrétienne ne concerne pas uniquement les moines et les ermites. Elle peut également trouver sa place dans la vie de chaque chrétien, au milieu du monde, dans une existence ordinaire faite de travail, de famille, de responsabilités et de rencontres.

L'ascèse n'est pas d'abord une fuite du monde.

Elle est un apprentissage intérieur qui permet de changer notre manière de vivre dans le monde.

L'ascèse n'est pas le mépris de la création

Saint Pavel Florensky a exprimé une idée particulièrement belle à propos de l'ascète chrétien. Le véritable ascète voit la vie d'une manière différente, mais il continue pourtant à aimer le monde d'un amour véritable. Son ascèse ne l'enferme donc pas dans le mépris de la création.

Au contraire, plus son regard intérieur se purifie, plus il devient capable de percevoir la valeur profonde de ce qui l'entoure.

C'est une perspective importante pour comprendre l'Orthodoxie.

Le monde créé par Dieu n'est pas mauvais en lui-même. La nature, les animaux, les êtres humains et la beauté de la création sont des dons que nous recevons. Ce qui doit être transformé n'est pas la création elle-même, mais notre manière déformée de la regarder et de l'utiliser.

L'homme peut exploiter, détruire, posséder et dominer. Il peut également apprendre à recevoir, respecter, protéger et rendre grâce.

Se détacher sans cesser d'aimer

L'ascèse chrétienne nous apprend notamment à nous libérer de certains attachements.

Nous pouvons nous attacher à l'argent, au confort, à notre image, à notre réussite, à nos habitudes, à notre volonté personnelle ou encore au regard des autres.

Le problème n'est pas nécessairement l'existence de ces choses. C'est la place qu'elles prennent dans notre cœur.

Lorsque quelque chose devient plus important que Dieu, il finit par nous posséder.

L'ascèse consiste alors à retrouver une juste liberté intérieure.

Jeûner, prier, faire l'aumône, apprendre à se maîtriser ou renoncer à certaines habitudes ne sont pas des performances destinées à nous rendre supérieurs aux autres. Ces pratiques peuvent nous aider à découvrir que nous ne sommes pas obligés d'obéir à tous nos désirs.

Être libre, ce n'est pas pouvoir satisfaire toutes ses envies. C'est aussi pouvoir leur dire non.

Une ascèse vécue dans la vie quotidienne

Pour la majorité des chrétiens, l'ascèse ne se déroule pas dans une cellule monastique.

Elle se vit dans la maison, au travail, dans les transports, dans la famille et dans les relations avec les autres.

Elle peut commencer par des choses très simples.

Apprendre à ne pas répondre immédiatement lorsque quelqu'un nous énerve.

Savoir demander pardon. Accepter de ne pas toujours avoir raison.

Partager avec quelqu'un qui possède moins que nous. Limiter ce qui nous disperse inutilement.

Prendre quelques instants pour prier au milieu d'une journée chargée. Supporter avec patience une personne difficile.

Toutes ces petites choses peuvent devenir des exercices spirituels.

L'ascèse n'est donc pas nécessairement spectaculaire. Elle peut être presque invisible aux yeux des autres.

Mais elle transforme progressivement celui qui la pratique.

Apprendre à voir autrement

L'un des aspects les plus profonds de l'ascèse est peut-être justement cette transformation du regard.

Nous pouvons traverser une rue sans remarquer le ciel. Nous pouvons entendre un oiseau sans réellement l'écouter.

Nous pouvons croiser une personne en difficulté sans prendre le temps de voir sa souffrance. Nous pouvons vivre au milieu des merveilles de la création sans jamais rendre grâce à Celui qui nous les donne.

L'homme qui avance dans la vie spirituelle apprend progressivement à regarder autrement.

La création devient alors non seulement quelque chose que nous utilisons, mais quelque chose qui peut nous conduire vers la gratitude.

Le chant d'un oiseau, la lumière du matin, un arbre, la mer, la montagne ou simplement le visage d'une personne que nous aimons peuvent devenir autant d'occasions de rendre grâce à Dieu.

Une ascèse qui conduit à la compassion

Le texte attribué à saint Pavel Florensky évoque également cette transformation intérieure qui conduit à une compassion plus profonde pour la création.

C'est un point essentiel.

Si notre ascèse nous rend plus durs, plus orgueilleux, plus méprisants envers ceux qui ne vivent pas comme nous, il faut probablement nous interroger sur ce que nous sommes en train de rechercher.

L'ascèse chrétienne devrait progressivement nous conduire vers davantage d'humilité.

Plus nous découvrons nos propres faiblesses, plus nous pouvons comprendre celles des autres.

Plus nous faisons l'expérience de la miséricorde de Dieu, plus nous sommes appelés à faire preuve de miséricorde envers notre prochain.

L'ascèse n'est donc pas une manière de devenir supérieur aux autres.

Elle est un chemin qui nous apprend à devenir plus humain.

Le jeûne : apprendre à recevoir autrement

Le jeûne orthodoxe constitue un exemple particulièrement concret.

Il serait réducteur de considérer le jeûne comme une simple modification de notre alimentation.

Le jeûne peut nous apprendre à remettre de l'ordre dans nos désirs et à nous souvenir que nous ne vivons pas seulement de nourriture.

Mais il doit être accompagné de la prière et de la charité.

Si nous nous privons de certains aliments tout en devenant agressifs envers notre entourage, nous risquons de passer à côté du sens profond de l'exercice.

Le véritable jeûne doit toucher le cœur.

Il doit nous rendre plus attentifs à Dieu et plus disponibles envers notre prochain.

L'ascèse et la prière

La prière constitue également une forme essentielle d'ascèse.

Prier régulièrement demande de la fidélité. Nous ne ressentons pas toujours quelque chose de particulier lorsque nous prions. Certains jours, la prière semble profonde et paisible. D'autres jours, elle peut sembler difficile, distraite ou sèche.

Pourtant, continuer à prier constitue déjà un acte de fidélité.

La tradition orthodoxe accorde une place particulière à la prière de Jésus :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Répétée avec attention et humilité, elle peut devenir progressivement une respiration intérieure.

L'ascèse ne consiste donc pas uniquement à renoncer.

Elle consiste aussi à apprendre à demeurer.

Demeurer dans la prière, demeurer dans la patience, demeurer dans l'espérance, même lorsque nous ne ressentons rien.

Aimer le monde sans lui appartenir

Le chrétien vit dans le monde, mais il est appelé à ne pas devenir l'esclave de ses passions.

Cette distinction est importante.

Il ne s'agit pas de rejeter la société, de mépriser les personnes qui vivent différemment de nous ou de considérer tout ce qui est moderne comme mauvais.

Il s'agit plutôt de conserver une liberté intérieure.

Nous pouvons utiliser les technologies sans en devenir dépendants.

Nous pouvons posséder des biens sans être possédés par eux.

Nous pouvons apprécier les plaisirs légitimes de la vie sans en faire le but ultime de notre existence.

Nous pouvons aimer profondément les personnes qui nous entourent sans oublier que notre vie trouve son accomplissement ultime en Dieu.

C'est peut-être cela, en partie, vivre dans le monde sans laisser le monde prendre toute la place dans notre cœur.

La création comme don

Cette vision conduit également à une responsabilité envers la création.

Si nous croyons que le monde est une création de Dieu, nous ne pouvons pas le considérer comme une matière sans valeur que nous aurions le droit de détruire sans limite.

L'ascèse peut alors nous apprendre la sobriété.

Consommer moins lorsque nous n'avons pas besoin de davantage.

Éviter le gaspillage. Respecter les animaux.

Prendre soin de la nature. Apprendre à apprécier la simplicité.

Ces gestes ne constituent pas à eux seuls une vie spirituelle, mais ils peuvent exprimer une attitude intérieure : celle de quelqu'un qui reçoit la création comme un don plutôt que comme une propriété absolue.

Le véritable combat est intérieur

Les Pères spirituels nous rappellent constamment que le combat chrétien commence dans le cœur.

Nous pouvons facilement voir les défauts du monde extérieur et oublier de regarder les nôtres.

Nous pouvons dénoncer l'orgueil des autres tout en étant nous-mêmes orgueilleux.

Nous pouvons reprocher aux autres leur colère tout en laissant la nôtre nous gouverner.

Nous pouvons parler de charité tout en manquant de patience avec notre entourage.

L'ascèse nous invite donc à commencer par nous-mêmes.

Avant de vouloir transformer le monde, demandons à Dieu de transformer notre cœur.

Avant de chercher à corriger les autres, apprenons à reconnaître nos propres faiblesses.

Avant de condamner, prions.

Une ascèse joyeuse

Il existe également un aspect qu'il ne faut jamais oublier : l'ascèse chrétienne n'a pas pour objectif de rendre l'homme triste.

Le blog Mystique Orthodoxe porte depuis longtemps cette conviction : la vie chrétienne peut être vécue avec espérance, lumière et joie.

Le jeûne, la prière et les efforts spirituels ne sont pas destinés à nous enfermer dans une vision sombre de l'existence.

Ils cherchent au contraire à nous libérer de ce qui nous empêche de recevoir pleinement la joie de Dieu.

L'ascèse peut alors devenir un chemin de simplification.

Moins de dispersion. Moins d'attachement.

Moins de colère. Moins d'orgueil.

Et davantage de prière, de gratitude, de paix et d'amour.

Vers une transformation intérieure

Le texte de saint Pavel Florensky cité dans l'article original évoque finalement une image magnifique : à mesure que l'ascète avance, son regard intérieur devient plus lumineux et son amour pour la création s'approfondit.

Cette image permet de comprendre l'ascèse autrement.

Il ne s'agit pas de devenir froid. Il ne s'agit pas de s'éloigner de toute joie.

Il ne s'agit pas de considérer la vie terrestre comme quelque chose de méprisable. Il s'agit de laisser Dieu transformer progressivement notre manière de regarder.

L'homme qui prie peut apprendre à voir davantage.

Celui qui jeûne peut apprendre à recevoir autrement. Celui qui se dépouille peut découvrir la liberté.

Celui qui apprend l'humilité peut découvrir la véritable grandeur.

Et celui qui s'approche de Dieu peut finalement découvrir que l'amour de Dieu ne le conduit pas à mépriser la création, mais à la regarder avec davantage de gratitude et de compassion.

Une ascèse pour aujourd'hui

Nous n'avons pas tous vocation à devenir moines ou ermites. Mais nous sommes tous appelés à une transformation intérieure.

Notre désert peut parfois être une chambre où nous prenons quelques minutes pour prier.

Notre effort ascétique peut être de retenir une parole blessante.

Notre jeûne peut nous apprendre à nous détacher d'une habitude qui nous domine.

Notre aumône peut soulager quelqu'un qui souffre.

Notre patience peut devenir une offrande.

Notre attention à la nature peut devenir une manière de rendre grâce au Créateur.

L'ascèse chrétienne peut donc être vécue au cœur même de notre existence ordinaire.

Elle ne nous demande pas nécessairement de quitter le monde.

Elle nous demande d'apprendre à ne pas perdre notre âme au milieu du monde.

Et peut-être est-ce là l'une des plus belles dimensions de la spiritualité orthodoxe : apprendre progressivement à purifier notre regard afin de découvrir, derrière les apparences, la présence et la beauté de Dieu.

Source

Cet article reprend et développe un texte publié initialement sur Mystique Orthodoxe le 8 avril 2019, sous le titre « L'ascétisme dans ce monde ». L'article original attribuait le texte à saint Pavel Florensky et indiquait comme référence Orthodoxy and Animals.

Source indiquée dans l'article original : Orthodoxy and Animals / page Facebook mentionnée dans l'article.

La présente version développe la réflexion à partir de cet extrait ; les développements et exemples ajoutés ne sont donc pas présentés comme des paroles de saint Pavel Florensky.


mercredi 9 janvier 2019

Un pasteur protestant prend la défense de l'Eglise Catholique


Je lève mon chapeau à ce Pasteur sans doute inspiré par le Saint Esprit...

Un pasteur protestant prend la défense de l'Église catholique

Cet article présente le témoignage d'un pasteur protestant qui choisit de prendre publiquement la défense de l'Église catholique alors que celle-ci fait l'objet de critiques et d'attaques.

Son intervention est intéressante parce qu'elle vient d'un chrétien appartenant à une autre tradition ecclésiale. Malgré les différences qui existent entre protestants et catholiques, le pasteur rappelle ainsi qu'il est possible de reconnaître ce qui unit les chrétiens et de refuser les attaques injustes dirigées contre une autre confession chrétienne.

Son attitude invite à dépasser les divisions et les oppositions entre différentes communautés chrétiennes. La défense de l'autre ne signifie pas nécessairement que l'on partage toutes ses positions théologiques : elle peut simplement être l'expression d'un respect fraternel et d'une volonté de ne pas laisser la foi chrétienne devenir un motif de mépris ou d'hostilité.

Ce court témoignage peut également être lu dans une perspective plus large : les chrétiens, malgré leurs différences confessionnelles, peuvent se retrouver autour de la défense de la foi, de la dignité humaine, de la liberté religieuse et surtout de la charité.

L'Évangile invite en effet le chrétien à ne pas répondre à l'hostilité par une autre hostilité. Le Christ appelle Ses disciples à rechercher la paix et à aimer leur prochain.

Ce témoignage rappelle donc une chose simple : on peut avoir des désaccords importants tout en refusant de devenir adversaires. Le dialogue entre chrétiens commence peut-être précisément lorsque chacun accepte de reconnaître chez l'autre un frère dans la foi.

Source

Source de l'article original : Forum La Nouvelle Jérusalem, « Un pasteur protestant prend la défense de l'Église Catholique contre ceux qui l'attaquent » (vidéo), repris par Mystique Orthodoxe le 9 janvier 2019.

Travail de réécriture : résumé et développement du texte original de 2019, avec mise en contexte spirituelle et reformulation pour la présentation actuelle de Mystique Orthodoxe.

vendredi 10 novembre 2017

Vie du Saint Apôtre Philippe



Saint Philippe, le saint Apôtre : de Bethsaïde à Hiérapolis

Mémoire liturgique orthodoxe : 14 novembre

Saint Philippe fut l'un des Douze Apôtres choisis par le Seigneur Jésus-Christ. Il était originaire de Bethsaïde, en Galilée, comme les apôtres Pierre et André.

L'Évangile selon saint Jean nous rapporte qu'après avoir rencontré Jésus, Philippe alla immédiatement chercher Nathanaël et lui annonça avec enthousiasme :

« Nous avons trouvé celui dont Moïse a parlé dans la Loi et les Prophètes : Jésus, fils de Joseph, de Nazareth. »
(Jean 1,45)

Cette réaction montre déjà quelque chose de la personnalité de Philippe : après avoir découvert le Christ, il désire immédiatement partager cette découverte avec un autre.

Philippe, disciple du Christ

Philippe apparaît à plusieurs reprises dans l'Évangile selon saint Jean.

Lors de la multiplication des pains, Jésus lui demande comment nourrir la foule qui le suit. Plus tard, peu avant la Passion, des Grecs qui souhaitent rencontrer Jésus s'adressent à Philippe.

Enfin, au cours de la dernière Cène, Philippe demande au Seigneur :

« Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. »
(Jean 14,8)

Jésus lui répond alors en lui révélant le mystère de son union avec le Père.

Ces quelques paroles montrent un apôtre qui cherche à comprendre toujours davantage le mystère du Christ.

L'annonce de l'Évangile

Après la Pentecôte et la descente du Saint-Esprit, Philippe partit annoncer l'Évangile.

La tradition chrétienne rapporte son activité missionnaire dans différentes régions d'Asie Mineure et de Syrie. Il aurait notamment évangélisé Hiérapolis de Phrygie, dans l'actuelle Turquie, où son souvenir demeura particulièrement vivant.

Les récits hagiographiques rapportent plusieurs guérisons et miracles accomplis par la prière de l'Apôtre. Ces récits témoignent surtout de la place centrale donnée à la foi et à la puissance du Christ dans la prédication apostolique.

Le serpent de Hiérapolis

Selon la tradition orthodoxe, Philippe arriva à Hiérapolis, une ville où existait un important culte païen consacré notamment à un serpent considéré comme une divinité.

L'Apôtre pria Dieu afin que les habitants puissent connaître la vérité de l'Évangile. Le récit rapporte que le serpent mourut et que plusieurs personnes furent ensuite conduites vers la foi chrétienne.

Cette histoire appartient à la tradition hagiographique de saint Philippe. Elle exprime symboliquement le triomphe de la foi chrétienne sur les anciennes idoles et rappelle que l'Apôtre annonçait non pas sa propre puissance, mais celle du Christ.

Le martyre de saint Philippe

La prédication de Philippe provoqua également l'opposition des responsables païens.

Selon la tradition orthodoxe, l'Apôtre fut arrêté à Hiérapolis et condamné à mort. Il aurait été crucifié la tête en bas, avant d'être également lapidé.

Son martyre fut ainsi l'aboutissement d'une vie entièrement consacrée à l'annonce de l'Évangile.

Les récits rapportent qu'un tremblement de terre se produisit alors et que plusieurs personnes furent saisies de crainte. L'Église retient surtout de cet événement le témoignage d'un Apôtre qui demeura fidèle au Christ jusqu'à la mort.

Saint Philippe et les premiers chrétiens de Hiérapolis

Une tradition ancienne, rapportée notamment par Eusèbe de Césarée, associe Philippe à Hiérapolis et mentionne ses filles, qui auraient été connues pour leur témoignage prophétique.

Eusèbe cite notamment l'évêque Polycrate d'Éphèse, qui évoque Philippe parmi les grandes figures chrétiennes d'Asie et indique qu'il reposait à Hiérapolis.

Ces témoignages anciens sont particulièrement précieux car ils montrent que le souvenir de Philippe était profondément enraciné dans les premières communautés chrétiennes d'Asie Mineure.

Il convient toutefois de ne pas confondre Philippe l'Apôtre, l'un des Douze, avec Philippe l'Évangéliste, l'un des Sept mentionnés dans les Actes des Apôtres.

Un Apôtre qui nous enseigne à témoigner

Le premier geste de Philippe après avoir rencontré Jésus est particulièrement significatif : il va chercher Nathanaël.

Il ne garde pas pour lui la découverte du Christ.

Il dit simplement :

« Viens et vois. »
(Jean 1,46)

Cette petite phrase peut encore être méditée aujourd'hui.

Philippe ne cherche pas à imposer sa foi par de longs discours. Il invite son ami à venir lui-même à la rencontre du Christ.

Son exemple nous rappelle que le témoignage chrétien peut commencer très simplement : parler de ce qui nous fait vivre, inviter quelqu'un à découvrir l'Évangile et laisser ensuite Dieu agir dans son cœur.

Une fidélité jusqu'au bout

Saint Philippe connut les difficultés, les persécutions et finalement le martyre.

Mais celui qui avait répondu à l'appel du Christ au début de son existence apostolique demeura fidèle jusqu'au bout.

Son histoire nous rappelle que les Apôtres n'étaient pas seulement les témoins des miracles du Seigneur : ils devinrent eux-mêmes des témoins de sa Résurrection, prêts à consacrer leur vie entière à l'annonce de l'Évangile.

Saint Philippe nous invite ainsi à ne pas garder notre foi enfermée en nous-mêmes, mais à la faire vivre par nos paroles, nos actes, notre charité et notre confiance en Dieu.

Saint Philippe, prie Dieu pour nous

Saint Philippe,
toi qui as rencontré le Christ et qui as immédiatement voulu conduire Nathanaël jusqu'à Lui,

toi qui as annoncé l'Évangile au milieu des peuples,

toi qui as connu les persécutions et le martyre,

prie le Seigneur pour nous.

Aide-nous à demeurer fidèles à l'Évangile lorsque nous traversons les difficultés.

Apprends-nous à témoigner de notre foi avec simplicité, douceur et amour.

Et lorsque nous doutons, rappelle-nous tes paroles :

« Viens et vois. »

Que nous puissions nous aussi chercher le Christ, Le reconnaître et marcher fidèlement à sa suite.

Saint Philippe, saint Apôtre et martyr, prie Dieu pour nous.


Source et travail de réécriture

Article original : « Vie du Saint Apôtre Philippe », publié sur Mystique Orthodoxe le 10 novembre 2017.

Sources complémentaires : les textes liturgiques et hagiographiques orthodoxes consacrés à saint Philippe, notamment l'Orthodox Church in America, le Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche et les témoignages anciens rapportés par Eusèbe de Césarée.

Travail de réécriture : cet article a été entièrement retravaillé en 2026 à partir du texte original de Mystique Orthodoxe. Le récit a été reformulé, structuré et développé afin d'obtenir un texte plus fluide et accessible. Certaines affirmations de l'ancien article ont également été replacées dans leur contexte de tradition hagiographique, afin de distinguer les récits de la tradition des témoignages historiques anciens.

À noter : saint Philippe l'Apôtre ne doit pas être confondu avec Philippe l'Évangéliste, l'un des Sept. Cette distinction est importante dans une présentation historique et orthodoxe rigoureuse.

jeudi 5 octobre 2017

L'Esprit Saint dota le monde animal du savoir simple



"Dieu est intellect et transcende les créatures que dans sa sagesse il a créé ; pourtant, il engendre aussi le Logos (l'ordre des choses), comme lieu d'être, comme le dit le livre de Jean 14, 26 : "Mais le Consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit".

Dieu envoya donc l'Esprit Saint pour les doter du pouvoir du savoir simple. Il est donc à la fois en dehors de tout, et à l'intérieur de tout."

Saint Nikitas Stithatos
Extrait de Orthodoxy and Animals