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mardi 20 octobre 2026

Père Rafail Noica : un témoin vivant de la profondeur spirituelle orthodoxe

 



Un homme en quête de vérité

Dans le monde orthodoxe contemporain, certains hommes de Dieu attirent les foules par leurs prédications, tandis que d’autres préfèrent le silence, la solitude et la prière. Le père Rafail Noica appartient à cette seconde tradition : celle des moines dont l’influence repose avant tout sur la profondeur de leur expérience spirituelle.

Né en 1942, en Roumanie, il est le fils du philosophe Constantin Noica. Durant son adolescence, il part vivre en Angleterre avec sa famille. C’est dans ce pays qu’il entreprend un long cheminement spirituel, explorant différentes communautés chrétiennes avant de retrouver la foi orthodoxe de ses origines.

Cette recherche ne fut pas simplement intellectuelle. Elle répondait à une question essentielle : où l’être humain peut-il trouver la vérité qui donne un sens à toute son existence ?

En 1961, il revient à l’Orthodoxie. Quelques années plus tard, en 1965, il devient moine au monastère Saint-Jean-Baptiste, à Maldon, en Angleterre.

La rencontre décisive avec le père Sophrony

Une étape déterminante de son parcours fut sa rencontre avec l’archimandrite Sophrony Sakharov, figure spirituelle majeure du XXe siècle et disciple de saint Silouane l’Athonite.

Le père Sophrony transmit au jeune moine une compréhension profonde de la prière, du repentir et de la connaissance de Dieu. Pour Rafail Noica, cette rencontre représenta une véritable transformation intérieure.

Dans la tradition orthodoxe, la relation entre un disciple et son père spirituel ne se réduit pas à une transmission de connaissances. Elle s’inscrit dans un chemin de conversion, d’obéissance libre et de croissance dans la vie du Christ.

Le père Rafail a souvent évoqué l’importance de cette paternité spirituelle. Son expérience rappelle que la théologie orthodoxe ne cherche pas seulement à parler de Dieu, mais à conduire l’être humain vers une relation vivante avec Lui.

Le silence des montagnes roumaines

Après de nombreuses années passées en Angleterre, le père Rafail revient en Roumanie en 1993. Il choisit de vivre dans une grande discrétion, dans une région montagneuse des Carpates occidentales, loin de l’agitation des grandes villes.

Cette retraite ne signifie pas un rejet du monde. Elle témoigne plutôt d’une manière particulière de servir l’Église : par la prière, l’ascèse, l’étude et l’accompagnement spirituel.

Dans notre époque marquée par le bruit, l’information permanente et la recherche de visibilité, cette discrétion interpelle. Nous avons parfois tendance à mesurer l’importance d’un homme à sa présence médiatique ou au nombre de personnes qui le suivent.

La tradition monastique propose une autre mesure : la profondeur de la vie intérieure, l’humilité et la fidélité à Dieu.

Le père Rafail ne recherche pas la célébrité. Ses interventions publiques sont relativement rares, mais ses enseignements continuent d’être lus, traduits et partagés par des fidèles en quête d’une compréhension plus profonde de la foi orthodoxe.

La vie spirituelle : bien davantage qu’une morale

L’un des thèmes importants de son enseignement est la distinction entre une conduite simplement morale et une véritable transformation intérieure.

Il ne suffit pas, dans la perspective orthodoxe, de respecter des règles ou de se montrer extérieurement religieux. La vie chrétienne est appelée à devenir une communion avec Dieu, une transformation progressive de toute la personne par la grâce du Saint-Esprit.

Cette vision rejoint l’enseignement des Pères de l’Église : le but de la vie chrétienne n’est pas seulement de devenir quelqu’un de respectable aux yeux des hommes, mais d’apprendre à vivre en Christ.

Cela implique le repentir, la prière, le pardon, la lutte contre l’orgueil et l’apprentissage de l’amour véritable.

Le père Rafail rappelle ainsi une vérité exigeante : la foi ne peut demeurer une idée abstraite. Elle doit pénétrer notre manière de penser, de parler et de traiter les autres.

Comment aimer Dieu si nous refusons de pardonner à notre prochain ? Comment parler de paix intérieure si nous entretenons constamment la colère et le jugement ? Comment rechercher la lumière divine sans accepter de regarder humblement nos propres faiblesses ?

La vie spirituelle commence précisément lorsque nous cessons de vouloir transformer uniquement les autres et que nous acceptons de travailler sur notre propre cœur.

La prière et la connaissance de Dieu

La tradition hésychaste, profondément enracinée dans l’Orthodoxie, insiste sur l’union de la prière, du repentir et de l’attention intérieure.

Il ne s’agit pas de rechercher des sensations extraordinaires, des visions ou des manifestations surnaturelles. L’essentiel est de se tenir devant Dieu avec humilité, en reconnaissant notre besoin de sa miséricorde.

La prière devient alors peu à peu une manière de vivre. Elle ne se limite pas aux moments où nous sommes dans une église ou devant une icône. Elle nous accompagne dans les difficultés quotidiennes, dans les relations humaines et dans les moments de solitude.

Le père Rafail s’inscrit dans cette tradition spirituelle héritée de saint Silouane l’Athonite et du père Sophrony : une tradition qui met l’accent sur la conversion du cœur et sur l’amour du prochain.

Cette démarche exige du temps. Elle ne promet pas une transformation immédiate ni une vie dépourvue d’épreuves. Elle invite plutôt à avancer avec patience, à recommencer après chaque chute et à ne jamais désespérer de la miséricorde divine.

Une parole pour l’homme contemporain

Pourquoi les enseignements du père Rafail Noica touchent-ils encore tant de lecteurs ?

Peut-être parce qu’ils répondent à une difficulté très actuelle : nous disposons d’une quantité considérable d’informations, mais nous manquons parfois de silence pour réfléchir au sens de notre existence.

Nous cherchons des réponses rapides, des solutions immédiates et des certitudes. Pourtant, les questions les plus profondes de la vie humaine ne se résolvent pas toujours en quelques instants.

Qui sommes-nous devant Dieu ? Qu’est-ce que la liberté véritable ? Comment aimer sans posséder ? Comment traverser la souffrance sans perdre toute espérance ?

La spiritualité orthodoxe ne prétend pas supprimer le mystère de l’existence. Elle invite à le vivre dans la foi, en avançant pas à pas vers le Christ.

Le témoignage du père Rafail nous rappelle ainsi que la vie spirituelle n’est pas une fuite devant les responsabilités humaines. Elle nous apprend, au contraire, à les vivre avec plus de vérité, de patience et de compassion.

Conclusion : la fécondité d’une vie cachée

Le père Rafail Noica représente une figure singulière de la spiritualité orthodoxe contemporaine. Son parcours, de la recherche spirituelle de sa jeunesse à la vie monastique, témoigne de l’importance de la rencontre, de la transmission et de la fidélité intérieure.

Son influence ne repose pas sur des récits spectaculaires ni sur la recherche de phénomènes extraordinaires. Elle tient surtout à un enseignement centré sur la vie en Christ, la prière, le repentir et la transformation du cœur.

Dans une société où tout semble devoir être montré et commenté, sa discrétion nous rappelle que les réalités les plus profondes ne sont pas toujours les plus visibles.

Il ne s’agit pas de considérer un homme comme infaillible, mais d’accueillir avec discernement ce qui peut nous aider à avancer dans la foi.

Que le Seigneur nous donne l’humilité de reconnaître nos faiblesses, la patience de poursuivre notre chemin spirituel et l’amour nécessaire pour voir en chaque être humain un prochain appelé à recevoir la grâce divine.

Sources et références

Note éditoriale : cet article est une synthèse rédigée en français à partir de sources biographiques et spirituelles. Les réflexions proposées sont une présentation de son héritage spirituel, et non des citations littérales de ses paroles.

mercredi 14 octobre 2026

Sainte Élisabeth Féodorovna : de la vie impériale au service des plus pauvres

 



Sainte Élisabeth Féodorovna : de la vie impériale au service des plus pauvres

L'histoire de sainte Élisabeth Féodorovna est celle d'une transformation intérieure remarquable. Issue d'une famille princière européenne, devenue grande-duchesse de Russie par son mariage, elle aurait pu mener une existence confortable, loin des difficultés du peuple. Pourtant, après une profonde évolution spirituelle, elle choisit de consacrer une grande partie de sa vie aux malades, aux pauvres et aux personnes abandonnées.

Son parcours demeure un témoignage de foi, de compassion et de courage dans une période particulièrement tragique de l'histoire russe.

Une princesse devenue grande-duchesse de Russie

Élisabeth naît en 1864 dans la famille grand-ducale de Hesse-Darmstadt, en Allemagne. Elle est la sœur aînée de la future impératrice Alexandra Féodorovna, épouse du tsar Nicolas II.

En 1884, elle épouse le grand-duc Serge Alexandrovitch, fils de l'empereur Alexandre II. Elle entre ainsi dans la famille impériale russe et découvre progressivement la culture et la spiritualité orthodoxes.

Au fil des années, elle s'intéresse de plus en plus à la foi de son pays d'adoption. En 1891, elle rejoint l'Église orthodoxe russe. Cette décision marque une étape importante de son cheminement personnel.

Une foi qui se traduit par des actes

La spiritualité d'Élisabeth ne reste pas une conviction intérieure. Elle cherche à la traduire concrètement dans sa manière de vivre et dans son rapport aux autres.

Après l'assassinat de son époux, en 1905, elle traverse une profonde épreuve. Serge Alexandrovitch meurt dans un attentat révolutionnaire à Moscou. Malgré sa douleur, Élisabeth choisit de rencontrer le responsable de l'attentat et lui adresse une démarche de pardon, selon les récits historiques consacrés à sa vie.

Cet épisode est souvent retenu comme l'un des signes les plus frappants de sa volonté de répondre à la haine par une attitude chrétienne. Pardonner ne signifie pas nier le mal subi, mais refuser de laisser la vengeance devenir le principe qui gouverne toute son existence.

Le monastère de Marthe et Marie : une œuvre de miséricorde

Après la mort de son mari, Élisabeth renonce progressivement aux privilèges de son rang et fonde à Moscou le monastère de Marthe et Marie, en 1909.

Cette communauté associe la prière à une action concrète en faveur des personnes dans le besoin. Les sœurs s'occupent notamment de malades, de pauvres et d'enfants démunis. Le lieu comprend des activités d'assistance et de soins, avec une attention particulière portée aux personnes que la société laisse souvent de côté.

Élisabeth souhaite ainsi faire vivre une conception de la vie chrétienne dans laquelle la prière et la charité sont inséparables. Pour elle, servir Dieu implique également de se rendre proche de ceux qui souffrent.

Cette œuvre rappelle un principe central de l'Évangile : l'amour du prochain ne se limite pas aux paroles, mais se manifeste dans les gestes, le temps donné et l'aide apportée à ceux qui en ont besoin.

La révolution et le martyre

La révolution russe bouleverse profondément la vie religieuse et politique du pays. En 1918, Élisabeth est arrêtée par les bolcheviks. Elle est ensuite déportée avec plusieurs autres membres de la famille impériale.

Elle est assassinée en juillet 1918, près d'Alapaïevsk, dans l'Oural. Sa mort s'inscrit dans les violences qui frappent alors la famille impériale et plusieurs figures de la société russe.

Dans la tradition orthodoxe, elle est honorée comme une martyre et une sainte. L'Église orthodoxe russe hors frontières l'a glorifiée en 1981, puis le Patriarcat de Moscou l'a canonisée en 1992.

Sa mémoire demeure particulièrement liée à son engagement auprès des pauvres et à son témoignage chrétien pendant les années de persécution.

Un héritage toujours vivant

Aujourd'hui encore, le nom de sainte Élisabeth Féodorovna est associé à la compassion et au service des plus vulnérables. Le monastère de Marthe et Marie reste lié à cette mémoire, même si son histoire a connu de nombreuses transformations au cours du XXe siècle.

Son parcours invite à réfléchir à la place de la foi dans les circonstances difficiles. Elle n'a pas vécu à l'abri des drames : elle a connu la perte d'un être cher, les bouleversements politiques, la prison et finalement la mort violente.

Pourtant, son souvenir est surtout marqué par ce qu'elle a voulu construire : une œuvre de prière, de soin et de solidarité.

Conclusion : une sainteté qui se reconnaît dans le service

Sainte Élisabeth Féodorovna rappelle que la sainteté ne dépend ni de la naissance, ni de la richesse, ni du rang social. Elle se manifeste dans la manière dont une personne répond à l'appel de l'Évangile.

Son exemple nous encourage à ne pas détourner le regard devant la souffrance, à aider ceux qui sont isolés et à chercher des moyens concrets de servir notre prochain.

Dans un monde encore marqué par les conflits et les divisions, son histoire témoigne de la possibilité de conserver une vie intérieure profonde et de continuer à choisir la compassion.

La mémoire de sainte Élisabeth nous invite à faire de notre foi une présence vivante auprès de ceux qui souffrent, par la prière, le pardon et les œuvres de miséricorde.

Sources

Note éditoriale : article réécrit en 2026. Les informations biographiques sont synthétisées à partir de références orthodoxes russes ; les paroles attribuées à la sainte ne sont pas reproduites comme des citations directes..

dimanche 11 octobre 2026

Saint Néophyte le Reclus : l'ermite de Chypre qui cherchait le silence de Dieu

 



Saint Néophyte le Reclus : l'ermite de Chypre qui cherchait le silence de Dieu

Au cœur des collines de Chypre, non loin de Paphos, se trouve un ancien monastère creusé en partie dans la roche. Ce lieu paisible est associé à saint Néophyte le Reclus, un moine orthodoxe du XIIe siècle qui consacra une grande partie de sa vie à la prière, à la solitude et à la recherche de Dieu.

Son histoire rappelle que, dans la tradition orthodoxe, le silence n'est pas une fuite du monde, mais peut devenir un chemin vers une vie intérieure plus profonde.

Un jeune homme attiré par la vie monastique

Né en 1134 à Chypre, Néophyte grandit dans une famille de paysans. Alors que ses parents envisageaient pour lui une vie familiale ordinaire, le jeune homme ressentit un profond désir de consacrer son existence à Dieu.

Il rejoignit un monastère et apprit progressivement à vivre selon la discipline monastique. Mais son aspiration allait plus loin : il souhaitait se retirer dans un lieu tranquille, loin des distractions, afin de prier et de méditer les Écritures.

Après un pèlerinage en Terre sainte, il revint à Chypre. En 1159, il trouva une grotte dans les collines proches de Paphos et entreprit de l'aménager pour en faire son ermitage.

Une chapelle taillée dans la montagne

Néophyte transforma peu à peu cette cavité naturelle en un petit espace de vie et de prière. Il creusa dans la roche une cellule, une chapelle dédiée à la Sainte-Croix et un tombeau destiné à accueillir sa dépouille.

Cet ermitage est aujourd'hui connu sous le nom grec d'« Enkleistra », qui évoque un lieu de retraite et de réclusion.

Le moine y mena une vie austère, rythmée par la prière et le travail. Pourtant, sa réputation se répandit progressivement. Des personnes vinrent lui demander conseil, attirées par sa sagesse et sa vie consacrée à Dieu.

En 1170, il fut ordonné prêtre par l'évêque de Paphos. Des disciples se rassemblèrent ensuite autour de lui et une communauté monastique prit forme.

La solitude et la transmission spirituelle

Même si Néophyte recherchait la solitude, il comprit qu'il devait aussi accompagner ceux qui souhaitaient suivre la vie monastique. Il rédigea des règles destinées à organiser la communauté et à préserver son orientation spirituelle.

En 1214, il composa un texte connu sous le nom de Typikon, dans lequel il exposait notamment ses recommandations concernant la vie du monastère.

Il continua cependant à rechercher le silence. Avec le temps, il aménagea un autre espace de retraite plus haut sur la montagne.

Son parcours montre une tension présente dans de nombreuses vies monastiques : le désir de se tenir seul devant Dieu, tout en répondant aux besoins de ceux qui viennent chercher une parole, une prière ou un conseil.

Des fresques qui témoignent de la foi orthodoxe

L'ermitage de saint Néophyte est également remarquable pour ses peintures murales byzantines. Certaines fresques anciennes sont attribuées au peintre Théodore Apsevdis et datent de 1183.

Ces œuvres représentent des figures et des scènes de la tradition chrétienne. Elles témoignent de la richesse artistique de l'orthodoxie médiévale et de l'importance des images dans la transmission de la foi.

Le monastère s'est développé au fil des siècles. Son église principale, construite plus tard, conserve elle aussi des éléments de ce patrimoine religieux.

Aujourd'hui encore, le site rappelle l'ancienneté de la présence chrétienne à Chypre et la place qu'y occupent les monastères dans la mémoire spirituelle de l'île.

Quel enseignement pouvons-nous tirer de sa vie ?

La vie de saint Néophyte invite à réfléchir à la place du silence dans notre quotidien. Nous vivons souvent dans le bruit, les préoccupations et la dispersion. Prendre quelques instants pour prier, lire l'Évangile ou rester en silence peut nous aider à retrouver l'essentiel.

L'exemple de cet ermite ne signifie pas que chacun doit se retirer du monde. Il rappelle plutôt que la vie intérieure a besoin de temps, de patience et de fidélité.

Saint Néophyte nous enseigne également que la solitude spirituelle ne conduit pas nécessairement à l'indifférence envers les autres. Malgré son désir de retraite, il a accueilli des disciples et contribué à la formation d'une communauté.

Le monastère de saint Néophyte demeure ainsi un témoignage vivant de la tradition orthodoxe chypriote : un lieu où la prière, la mémoire et la recherche de Dieu se rejoignent.

Sources

Article rédigé en français et adapté pour Mystique Orthodoxe en 2026 à partir de ressources chypriotes consacrées au patrimoine religieux de l'île.

mercredi 7 octobre 2026

Le moine et les six animaux : un combat spirituel au quotidien

 


Le moine et les six animaux : un combat spirituel au quotidien

Dans la tradition des Pères du désert, la vie spirituelle est souvent décrite comme un combat intérieur. Ce combat ne se déroule pas contre les autres, mais contre nos propres passions, nos mauvaises habitudes et tout ce qui nous éloigne de Dieu.

Un ancien récit monastique nous transmet cet enseignement à travers une comparaison étonnante : celle d'un moine qui affirme devoir s'occuper chaque jour de six animaux difficiles à maîtriser.

Un moine accablé par le travail

Dans les premiers siècles du monachisme, un higoumène remarquait qu'un moine se plaignait constamment d'être épuisé par son travail.

Un jour, il lui demanda quelles occupations pouvaient bien lui prendre autant de temps.

Le moine répondit qu'il devait chaque jour s'occuper de deux faucons, de deux lièvres, de deux bœufs, d'un loup, d'un lion et d'un malade.

Étonné, le supérieur lui fit remarquer qu'il était impossible de consacrer autant de temps à de telles tâches.

Le moine lui expliqua alors que ces animaux étaient des symboles des différentes parties de son être, qu'il devait apprendre à maîtriser pour avancer sur le chemin de Dieu.

Les deux faucons : apprendre à maîtriser ses yeux

Les deux faucons représentent les yeux.

Comme des oiseaux qui s'envolent dans toutes les directions, nos regards peuvent se poser sur des choses qui éveillent en nous la convoitise, l'envie ou des pensées mauvaises.

Le moine doit donc apprendre à surveiller ce qu'il regarde, non par mépris du monde, mais pour préserver son cœur de ce qui pourrait l'entraîner vers le péché.

Cette vigilance nous concerne tous. Les images que nous regardons, les comparaisons que nous faisons et les désirs que nous entretenons peuvent influencer profondément notre vie intérieure.

Les deux lièvres : choisir le chemin que nous empruntons

Les deux lièvres représentent les pieds, toujours prêts à courir dans différentes directions.

Le moine explique qu'il doit veiller à ne pas laisser ses pas le conduire vers les plaisirs désordonnés ou les chemins qui l'éloignent de Dieu.

Nos déplacements symbolisent aussi nos choix. Chaque jour, nous décidons de la direction que nous voulons donner à notre existence.

Allons-nous vers ce qui nourrit notre âme, la prière et les bonnes actions, ou nous laissons-nous entraîner par nos habitudes et nos désirs immédiats ?

La vie spirituelle demande de choisir consciemment notre chemin.

Les deux bœufs : mettre ses mains au service du bien

Les deux bœufs représentent les mains, qui doivent travailler avec persévérance.

Le moine rappelle que les mains ne sont pas faites uniquement pour satisfaire nos besoins personnels. Elles peuvent aussi servir les autres, accomplir un travail honnête et soulager les souffrances.

Une aide apportée à une personne âgée, un service rendu sans attendre de récompense, un travail accompli avec conscience ou un geste de réconciliation deviennent autant d'occasions de pratiquer la charité.

La foi ne doit donc pas rester une pensée intérieure : elle doit se traduire par des actes.

Le loup : tenir sa langue

Le loup représente la langue.

C'est peut-être l'un des enseignements les plus importants de ce récit. Une parole peut encourager, consoler et réconcilier, mais elle peut également blesser, humilier et détruire une relation.

Le moine rappelle les paroles de l'épître de saint Jacques, qui compare la langue à un feu capable de contaminer toute notre existence (Jacques 3,6).

Il est parfois plus difficile de retenir une parole blessante que d'accomplir un long travail physique.

Avant de parler d'une personne absente, de répondre sous l'effet de la colère ou de répéter une rumeur, nous pouvons nous demander si nos paroles sont vraies, utiles et charitables.

Apprendre à maîtriser sa langue est un véritable exercice spirituel.

Le lion : purifier son cœur

Le lion représente le cœur, avec ses désirs, ses pensées et ses passions.

Dans le récit, le moine explique que son cœur peut l'attirer vers des comportements qui nuisent à son âme. Il doit donc lutter pour ne pas se laisser dominer par l'orgueil, la colère, l'envie ou les désirs désordonnés.

Cette lutte ne signifie pas qu'il faille haïr son propre cœur. Elle consiste à reconnaître ce qui nous trouble et à demander à Dieu de nous aider à retrouver la paix.

Le roi David exprime cette aspiration dans le psaume 50 selon la numérotation grecque et orthodoxe, correspondant au psaume 51 dans la numérotation hébraïque :

« Ô Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle et affermis au fond de moi mon esprit. »

Cette prière résume le désir de toute personne qui cherche à progresser spirituellement.

Le malade : prendre soin de son corps

Le sixième symbole est celui d'un malade. Il représente le corps humain, qui a besoin de nourriture, de repos, de soins et d'attention.

Le moine reconnaît que son corps ne se trouve jamais exactement dans le même état. Il doit donc en prendre soin avec discernement.

Cet enseignement rappelle que la vie spirituelle ne consiste pas à mépriser le corps ou à négliger ses besoins. L'ascèse chrétienne demande un équilibre : savoir renoncer à certains plaisirs lorsqu'ils nous dominent, tout en respectant les besoins légitimes de notre nature humaine.

Le corps est appelé à participer lui aussi à la vie spirituelle, par la prière, le travail, le jeûne pratiqué avec discernement et les œuvres de charité.

Un combat quotidien pour retrouver la paix

Après avoir entendu l'explication du moine, le supérieur comprit la profondeur de son enseignement.

Ces six animaux représentaient autant de domaines dans lesquels l'être humain doit apprendre à exercer sa vigilance : le regard, les pas, les mains, la langue, le cœur et le corps.

Nous pouvons facilement nous préoccuper des défauts des autres sans prendre le temps d'examiner notre propre conduite. Pourtant, le véritable travail spirituel commence en nous-mêmes.

Il ne s'agit pas de devenir parfait en un jour, mais de progresser patiemment, avec l'aide de Dieu, dans la maîtrise de soi, l'humilité et l'amour du prochain.

Chaque soir, nous pouvons prendre quelques instants pour nous demander : avons-nous blessé quelqu'un par nos paroles ? Avons-nous agi avec égoïsme ? Avons-nous utilisé notre temps et nos forces pour faire le bien ?

Ces questions, posées sans désespoir ni jugement excessif, peuvent nous aider à avancer.

La véritable victoire spirituelle n'est pas de dominer les autres, mais d'apprendre à gouverner nos propres passions afin de laisser grandir en nous la paix du Christ.

Sources et références

Source principale : « Διδακτική διήγηση » (Récit édifiant), publié le 23 mai 2011 sur le site grec de Dimitrios Athanasiou, Θησαυρός Γνώσεων και Ευσεβείας – Πνευματικά Θησαυρίσματα.

Lire le récit original en grec

Le récit est également présenté comme provenant du Gérontikon, recueil de paroles et d'enseignements monastiques. L'origine ancienne exacte de cette version n'étant pas établie ici, il convient de le présenter comme un récit spirituel transmis par cette source, sans l'attribuer avec certitude à un Père précis.

Pour approfondir sur Mystique Orthodoxe

Article réécrit et développé en français en 2026 pour Mystique Orthodoxe à partir du texte publié sur le site de Dimitrios Athanasiou.

samedi 3 octobre 2026

Le père Nektarios Moulatsiotis : un prêtre grec contemporain au cœur d’une foi vivante

 



Le père Nektarios Moulatsiotis : un prêtre grec contemporain au cœur d’une foi vivante

Dans la Grèce orthodoxe contemporaine, certains prêtres et anciens spirituels continuent de toucher profondément les fidèles par leur prédication, leur vie de prière et leur proximité avec ceux qui souffrent.

Parmi eux, l’archimandrite Nektarios Moulatsiotis occupe une place particulière.

Higoumène du monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov, à Trikorfo en Phocide, il est également connu pour ses nombreuses prédications, son apostolat auprès des jeunes et son ministère spirituel auprès de personnes confrontées à des difficultés personnelles ou spirituelles.

Son site personnel rassemble de nombreuses prédications, conférences et publications consacrées à la foi orthodoxe.

Une vocation née très tôt

Nektarios Moulatsiotis est né à Athènes en 1957.

Dès sa jeunesse, il s’intéresse profondément à la vie de l’Église et participe activement au catéchisme. Il devient lui-même catéchiste alors qu’il est encore très jeune et développe rapidement un goût particulier pour la prédication et l’accompagnement des jeunes.

Selon sa biographie, les prédications du métropolite Augustin Kantiotis ont exercé une influence importante sur son orientation spirituelle. Le jeune homme découvre alors une manière particulièrement ardente de parler de Dieu et de la vie chrétienne.

Moine puis prêtre

En 1981, à l’âge de 24 ans, il devient moine au monastère des Taxiarques d’Aigialeia et reçoit le nom de Nektarios, en référence à saint Nectaire. Quelques mois plus tard, il est ordonné diacre.

En 1984, il reçoit l’ordination sacerdotale et devient archimandrite.

Son ministère va alors prendre une dimension de plus en plus importante dans la prédication, la catéchèse et l’accompagnement spirituel.

Une prédication très populaire

Dès les années 1980, ses sermons commencent à être diffusés sous forme de cassettes en Grèce et à l’étranger.

Il publie également des ouvrages et fonde en 1983 le journal Orthodoxi Martyria, qui deviendra par la suite une revue ecclésiale.

Son désir est de rejoindre des personnes qui ne peuvent pas toujours se rendre dans les lieux de culte ou qui recherchent une parole spirituelle accessible.

Plus tard, il investit également Internet.

En 2009, il crée sa chaîne YouTube « Geron Nektarios », conçue comme une sorte de chaire orthodoxe accessible au monde entier.

Sa biographie indique que cette chaîne rassemble aujourd’hui de nombreuses conférences et des millions de vues.

Le monastère de Trikorfo

L’un des grands projets de sa vie est lié au monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov, à Trikorfo.

À partir de 1990, avec la bénédiction de son évêque, il entreprend la construction de ce monastère, dont il deviendra l’higoumène.

Un monastère féminin consacré à saint Nectaire et saint Phanourios sera également établi sous son accompagnement spirituel.

Ces communautés deviennent progressivement des lieux de prière, de retraite et d’accueil.

Une foi particulièrement ardente

Ce qui frappe dans les témoignages consacrés au père Nektarios est l’intensité de sa manière de parler de Dieu.

Il insiste régulièrement sur la nécessité de développer une relation personnelle avec le Christ.

Une présentation de son ministère rapporte notamment cette parole qu’il adresse aux jeunes :

« Mes enfants, familiarisez-vous avec Dieu. »

Cette formule résume assez bien son approche. Pour lui, la foi ne doit pas rester une simple tradition familiale ou culturelle. Elle doit devenir une relation vivante.

Connaître Dieu. Prier. Lui faire confiance. Apprendre à reconnaître sa présence dans sa vie.

Auprès de ceux qui souffrent

Le père Nektarios reçoit également des personnes confrontées à différentes difficultés.

Des fidèles viennent lui parler de maladies, de problèmes familiaux, de blessures intérieures ou de difficultés spirituelles.

Selon les témoignages publiés par son entourage monastique, il cherche avant tout à écouter, conseiller, réconforter et conduire les personnes vers le Christ.

Cette dimension de son ministère est importante. Le rôle d’un père spirituel n’est pas seulement de donner des réponses.

Il consiste aussi à accompagner quelqu’un dans son épreuve.

Les récits de guérisons

Le père Nektarios est également associé à différents récits de guérisons et d’événements considérés par certains fidèles comme extraordinaires.

Son propre témoignage évoque de nombreux événements merveilleux qu’il attribue à la grâce de Dieu et à l’intercession des saints auxquels il prie régulièrement.

Il mentionne notamment la Panagia Gorgoepikoos, saint Augustin, saint Séraphim de Sarov, saint Georges, saint Nectaire, sainte Paraskeva et saint Jean le Russe.

Son entourage monastique rapporte également des témoignages de personnes affirmant avoir connu des guérisons après avoir demandé des prières.

Ces récits doivent toutefois être présentés avec discernement.

Ils constituent des témoignages religieux, mais cela ne signifie pas automatiquement qu’ils ont été reconnus comme miracles par une autorité ecclésiastique ou établis médicalement.

Pourquoi les miracles ne se produisent-ils pas toujours ?

Cette question a justement été abordée par le père Nektarios dans une prédication consacrée à la guérison de l’aveugle.

Il explique que les miracles existent encore, mais que l’homme ne les remarque pas toujours.

Il insiste également sur la foi et l’humilité nécessaires dans la prière et rappelle que le miracle appartient à Dieu.

Cette approche est intéressante : le miracle n’est pas présenté comme un spectacle que l’on pourrait provoquer à volonté.

Il dépend de Dieu.

Le miracle intérieur

Dans cette perspective, le père Nektarios insiste aussi sur les transformations intérieures.

Une personne qui recommence à prier. Une personne qui pardonne. Une personne qui abandonne une mauvaise habitude. Une personne qui retrouve l’espérance. Une personne qui revient à l’Église après des années d’éloignement.

Tous ces changements peuvent constituer, dans une perspective spirituelle, des signes de la grâce de Dieu.

Le spectaculaire n’est donc pas nécessairement le plus important.

Une attention particulière envers les jeunes

L’un des aspects intéressants de son ministère est son attention envers la jeunesse.

Il considère que les jeunes ont besoin d’entendre parler de Dieu dans un langage qu’ils puissent comprendre.

C’est notamment dans cette perspective qu’il a développé des activités de jeunesse et des camps chrétiens à Trikorfo.

Son message est direct : il ne faut pas attendre d’être âgé pour découvrir Dieu.

La vie spirituelle peut commencer dès la jeunesse.

Un prédicateur qui utilise Internet

Le père Nektarios appartient également à une génération de religieux orthodoxes qui ont compris très tôt l’importance des nouveaux moyens de communication.

Ses prédications autrefois diffusées sur cassettes sont aujourd’hui disponibles sous forme de vidéos.

Son site propose de nombreux articles, sermons et vidéos, et continue à publier de nouveaux contenus.

Cette présence numérique lui permet de toucher des personnes bien au-delà de son monastère.

Une personnalité qui ne laisse pas indifférent

Le père Nektarios est également une personnalité engagée et parfois controversée.

Durant son ministère, il a pris publiquement position sur différents sujets religieux et sociaux qui ont suscité des débats en Grèce.

Ses défenseurs mettent en avant son courage et son attachement à l’Orthodoxie. Ses détracteurs ont parfois critiqué certaines de ses prises de position.

Il est donc préférable de présenter sa personnalité avec nuance, sans en faire une figure parfaite ou unanimement appréciée.

Cette dimension fait également partie de son histoire.

Une vie tournée vers le Christ

Au-delà des débats, le cœur de son message reste la vie chrétienne.

Prière. Repentance. Amour du Christ. Confiance en Dieu. Participation à la vie de l’Église. Accompagnement des personnes qui souffrent.

Dans les témoignages qui lui sont consacrés, son ministère apparaît comme celui d’un prêtre cherchant à conduire les personnes vers Dieu plutôt qu’à attirer l’attention sur lui-même.

Un prêtre grec contemporain à découvrir

Pour les lecteurs de Mystique Orthodoxe, le père Nektarios Moulatsiotis est donc une figure intéressante de l’Orthodoxie grecque contemporaine.

Il ne s’agit pas d’un saint canonisé ni d’un ancien du passé. C’est un prêtre vivant, toujours engagé dans la prédication et la vie monastique.

Son parcours permet également de découvrir une autre dimension de la spiritualité orthodoxe grecque contemporaine : celle d’une foi très expressive, missionnaire, tournée vers les jeunes et particulièrement attentive à la puissance de la prière.

La foi comme rencontre

Son message pourrait finalement se résumer par une invitation très simple :

« Apprendre à connaître Dieu pour pouvoir véritablement L’aimer. »

La foi ne consiste pas seulement à connaître des prières ou à respecter certaines traditions.

Elle demande une rencontre. Elle demande un cœur qui cherche. Elle demande de la persévérance.

Et parfois, au milieu de l’épreuve, elle demande simplement de continuer à prier lorsque nous ne comprenons plus ce qui nous arrive.

C’est peut-être là que se trouve le véritable charisme d’un père spirituel : aider une personne à retrouver le chemin du Christ.

Conclusion

Le père Nektarios Moulatsiotis représente une figure originale de l’Orthodoxie grecque contemporaine.

Prédicateur infatigable, moine, higoumène et accompagnateur spirituel, il a consacré plusieurs décennies à transmettre la foi orthodoxe.

Les témoignages de guérisons et d’événements extraordinaires qui entourent son ministère doivent être accueillis avec discernement. Mais au-delà du merveilleux, son parcours pose une question beaucoup plus profonde :

Avons-nous encore aujourd’hui le désir de connaître Dieu personnellement ?

Pour le père Nektarios, la réponse semble claire.

La vie chrétienne commence lorsque Dieu cesse d’être seulement une idée et devient une présence vivante dans le cœur de l’homme.

« Mes enfants, familiarisez-vous avec Dieu. »

Une invitation simple, mais qui peut devenir le début d’un véritable chemin spirituel.

Sources

Source principale : biographie officielle du père Nektarios Moulatsiotis et site du monastère des Saints-Augustin-d’Hippone et Séraphim de Sarov.

Sources complémentaires : témoignages et articles consacrés au père Nektarios, notamment Orthodox Times, ainsi que les publications de son monastère.

Site officiel : gerontasnektarios.gr

Monastère : agiosnektarios-monastery.gr

vendredi 6 mai 2022

Enseignement d'un moine d'Orient : Les plus petites choses sont les plus grandes ?

 


Bien sûr qu'il peut arriver que le Christ vienne à nous par des manifestations sublimes de sa Grâce : miracles, visions, prophéties, charismes ; n'est-Il pas appelé en effet le Très-Haut ? Oui ! Mais que cela ne nous fasse pas oublier pour autant que c'est avant tout par l'humilité du Christ que nous avons été sauvé ; par le chemin de sa naissance dans une étable de Bethléem, et par son abaissement sur une Croix, à Jérusalem (Heb, 2, 9).

Je viens à toi, mon enfant, dans les plus petites choses,

dans les plus humbles détails.

Chacun de tes gestes peut se faire l'expression de l'Amour sans limites.

Tu laves une assiette. Tu l'essuies.

Fais de cela un acte d'Amour, 

envers tous ceux qui ont mangé dans cette assiette,

envers tous ceux qui y mangeront.

Une ménagère sort de sa maison.

Elle vient suspendre du linge à la corde sur laquelle il séchera.

Ce rapide geste de service ne te rappelle-t-il rien ?

Ces deux bras un instant étendus ne te font-ils pas penser 

à deux autres bras qui furent étendus sur un Bois Sacré ?

Tout devient sacré, si ton amour le transfigure.

L'Amour est parmi nous comme celui qui sert.

Source : Amour sans limites, un moine de l'Eglise d'Orient (Ed Chevetogne, 1973)

Forum La Nouvelle Jérusalem, 

https://nouvellejerusalem.forumactif.com/

dimanche 30 août 2020

Plan d'extermination au plus profond de la Turquie des chrétiens.. Diabolisme !


Turquie : un incendie touche les abords du monastère syriaque orthodoxe de Deyrulzafaran

Un épisode préoccupant pour le patrimoine chrétien de la région de Mardin

En août 2020, un incendie s'est déclaré dans les espaces boisés entourant le monastère de Deyrulzafaran, près de Mardin, dans le sud-est de la Turquie. Cet événement a suscité l'inquiétude de la communauté syriaque orthodoxe, pour laquelle ce lieu représente un centre spirituel et historique majeur.

Selon des informations publiées le 9 août 2020 par la presse turque, le feu a détruit de nombreux arbres et touché les terrains appartenant au monastère. Des témoins cités par le média ABC Gazetesi, qui reprend des déclarations rapportées par Sputnik Türkiye, soupçonnaient un acte volontaire. Ces accusations doivent toutefois être distinguées des faits établis : les informations disponibles ici ne permettent pas de confirmer indépendamment les circonstances exactes de l'incendie ni l'identité d'éventuels responsables. 

Deyrulzafaran, un lieu important pour les chrétiens d'Orient

Situé à quelques kilomètres de Mardin, le monastère de Deyrulzafaran, également connu sous le nom de monastère Mor Hananyo, est l'un des hauts lieux de l'Église syriaque orthodoxe. Ses origines remontent à l'Antiquité tardive et ses bâtiments ont été agrandis et remaniés au fil des siècles.

Le monastère a longtemps joué un rôle essentiel dans la vie religieuse des chrétiens syriaques. Il demeure aujourd'hui un lieu de prière, de mémoire et de transmission de leur héritage spirituel et culturel. 

Des incendies qui inquiètent les communautés syriaques

L'incendie d'août 2020 s'inscrivait dans un contexte de préoccupations plus anciennes concernant les feux touchant les terres agricoles et les espaces boisés de villages syriaques de la région de Mardin. En juillet 2019, plusieurs médias turcs avaient déjà rapporté des incendies ayant détruit des oliviers, des amandiers et des vignes autour de villages chrétiens et du monastère.

Des représentants de la communauté syriaque avaient alors exprimé leurs inquiétudes et évoqué la possibilité de sabotages. Les circonstances de chaque incendie doivent néanmoins être examinées séparément : la répétition de ces événements ne suffit pas, à elle seule, à démontrer qu'ils relèvent tous d'une campagne coordonnée contre les chrétiens.

Préserver le patrimoine chrétien

Au-delà des circonstances précises de ces incendies, la protection des monastères, des églises et des villages historiques est un enjeu important pour la préservation du christianisme syriaque au Moyen-Orient. Ces lieux témoignent d'une présence chrétienne ancienne et d'une histoire religieuse qui fait partie du patrimoine de la région.

Pour les fidèles, la disparition d'arbres, les dommages causés aux terres monastiques et les menaces qui pèsent sur les lieux de culte représentent une perte matérielle, mais aussi une blessure pour la mémoire collective.

Il est essentiel que les incendies soient examinés avec sérieux, que leurs causes soient établies et que les communautés concernées puissent vivre leur foi en sécurité. La défense du patrimoine chrétien gagne à s'appuyer sur des faits vérifiés, tout en prenant au sérieux les inquiétudes exprimées par les habitants et les responsables religieux.

Sources

Article retravaillé en 2026 à partir d'un texte publié sur Enorion et de sources complémentaires. Les accusations de sabotage et les interprétations politiques du texte initial sont présentées comme des allégations, et non comme des conclusions établies.


jeudi 25 juin 2020

Apparition du visage du Christ dans un monastère biélorusse..


Le visage du Christ apparu sur un mur d’un ancien monastère en Biélorussie

Il existe dans le monde orthodoxe de nombreux récits d'images considérées comme miraculeuses ou apparues de manière inexpliquée. Certaines sont liées à des icônes, d'autres à des événements particuliers rapportés par des fidèles.

En Biélorussie, un récit particulièrement étonnant concerne l'apparition d'une image ressemblant au visage du Christ sur le mur d'un ancien monastère.

Le phénomène aurait été observé à plusieurs reprises, notamment en 1942, puis plusieurs décennies plus tard au même endroit.

Un ancien monastère en ruines

Le lieu évoqué dans le récit est l'ancien monastère de la Sainte-Assomption, situé dans le district de Mstislavsky, dans la région de Moguilev, en Biélorussie, à proximité de la frontière avec la Russie.

Au moment où l'histoire est rapportée, l'ancien monastère se trouvait dans un état de grande dégradation. Le site avait été abandonné pendant plusieurs décennies.

Pourtant, malgré les destructions et les transformations du bâtiment, un souvenir particulier était demeuré dans la mémoire des habitants de la région.

Une première apparition en 1942

Selon les témoignages rapportés dans l'article original, une image ressemblant au visage du Christ aurait été remarquée pour la première fois en 1942.

À cette époque, des élèves occupaient un ancien bâtiment situé sur le territoire du monastère. C'est sur un mur de cette ancienne salle de classe qu'une image ressemblant au visage du Sauveur aurait été découverte.

Le récit précise que le mur était simplement recouvert de chaux et qu'aucune peinture connue n'y avait été réalisée. La nouvelle de cette apparition aurait rapidement attiré des personnes venues voir l'image.

Une image que l'on aurait voulu faire disparaître

Selon le récit transmis, les autorités présentes à l'époque auraient ordonné que l'image soit détruite.

Le mur aurait alors été gratté jusqu'à la brique, puis recouvert de plâtre et de chaux. L'image avait donc été volontairement effacée.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

Une nouvelle apparition des décennies plus tard

Bien des années après les événements de 1942, alors que des travaux étaient entrepris sur le bâtiment, une image ressemblant au visage de Jésus-Christ aurait de nouveau été découverte.

Le détail le plus étonnant du récit est qu'elle serait apparue au même endroit que précédemment.

Les personnes présentes auraient alors été surprises de découvrir sur le mur une image rappelant fortement le visage traditionnel du Christ.

Le récit rapporte également que les moines ne trouvèrent pas de traces évidentes de peinture permettant d'expliquer simplement la formation de l'image.

Une ressemblance avec le visage du Christ

L'image décrite dans le témoignage aurait présenté des traits rappelant les représentations traditionnelles du Christ dans l'iconographie chrétienne.

On a établi une comparaison avec le Suaire de Turin et avec l'image du Christ connue dans la tradition chrétienne sous le nom d'Ubrus ou Mandylion.

Il faut cependant distinguer ces différentes traditions.

La ressemblance visuelle rapportée ne constitue pas, à elle seule, une preuve permettant d'identifier scientifiquement une image comme étant une empreinte miraculeuse du visage du Christ.

Il s'agit avant tout d'un récit religieux transmis par des témoins et des sources de tradition orthodoxe.

Miracle ou phénomène inexpliqué ?

C'est précisément ce qui rend ce récit intéressant.

Pour les personnes qui ont découvert l'image, son apparition pouvait être perçue comme un signe spirituel.

D'autres peuvent chercher une explication naturelle liée aux matériaux du bâtiment, à l'humidité, à la chaux, aux transformations du mur ou à d'autres phénomènes physiques.

Sans étude scientifique complète du mur et des matériaux, il est difficile d'établir avec certitude l'origine de l'image.

L'Église elle-même distingue généralement le témoignage de personnes ayant vécu un événement extraordinaire de la reconnaissance officielle d'un miracle.

Cette prudence n'empêche cependant pas de réfléchir au sens spirituel que peut avoir un tel récit.

« Le Christ est au milieu de nous »

Pour les chrétiens orthodoxes, le plus important n'est peut-être pas de savoir si une image mystérieuse constitue une preuve scientifique.

Le véritable mystère chrétien est ailleurs. Le Christ n'a pas besoin d'apparaître miraculeusement sur un mur pour être présent auprès de ceux qui L'aiment.

Il est présent dans la prière, dans l'Évangile, dans les sacrements et dans la vie de l'Église.

Une histoire comme celle-ci peut néanmoins nous rappeler une chose essentielle : nous sommes invités à tourner notre regard vers le Christ.

Un lieu marqué par l'histoire

Le récit du monastère biélorusse rappelle également les bouleversements que de nombreux lieux religieux ont connus au cours du XXe siècle.

Des monastères ont été fermés, détruits ou transformés. Des églises ont perdu leurs icônes et leurs fresques. Des générations ont parfois grandi dans des bâtiments qui avaient autrefois une fonction religieuse sans même connaître leur histoire.

Dans ce contexte, la redécouverte d'un symbole chrétien peut prendre une signification particulière pour les croyants.

Elle rappelle la mémoire d'un lieu autrefois consacré à Dieu.

Un récit qui invite à la prudence et à la foi

Les récits d'apparitions miraculeuses attirent naturellement notre attention.

Ils peuvent émerveiller, interroger et susciter la curiosité.

Mais la tradition chrétienne nous invite également au discernement.

La foi ne repose pas sur la recherche permanente de phénomènes extraordinaires. Elle repose avant tout sur le Christ, Son Évangile, Sa Passion et Sa Résurrection.

Nous pouvons donc accueillir avec intérêt le témoignage concernant cette image, tout en laissant ouverte la question de son origine exacte.

Ce qui est certain, c'est que le récit a profondément marqué ceux qui l'ont découvert et qu'il continue de susciter la réflexion.

Le visage du Christ

Au-delà de l'image apparue sur un mur, une question demeure :

Quel visage du Christ cherchons-nous ?

Nous pouvons regarder une icône et contempler le visage du Sauveur. Nous pouvons ouvrir l'Évangile et découvrir Ses paroles.

Nous pouvons nous tourner vers la prière lorsque nous sommes dans l'épreuve. Et nous pouvons également rencontrer le Christ dans celui qui souffre et qui a besoin de notre aide.

Le véritable visage du Christ ne se découvre donc pas seulement dans les phénomènes extraordinaires.

Il se découvre aussi dans l'amour, la compassion, le pardon et la foi vécue au quotidien.

Une prière

Seigneur Jésus-Christ,

Toi qui es la lumière du monde,

apprends-nous à reconnaître Ta présence dans notre vie.

Lorsque nous sommes dans le doute, donne-nous la foi.

Lorsque nous sommes dans l'épreuve, donne-nous la force.

Lorsque nous sommes dans les ténèbres, conduis-nous vers Ta lumière.

Garde-nous également de rechercher les signes extraordinaires au point d'oublier l'essentiel.

Apprends-nous à Te reconnaître dans l'Évangile, dans la prière, dans Ton Église et dans notre prochain.

Seigneur Jésus-Christ, demeure auprès de nous.

Amen.

Source et travail de réécriture

Article original : « Apparition du visage du Christ dans un monastère biélorusse », publié sur Mystique Orthodoxe le 25 juin 2020.

Source indiquée dans l'article original : Forum La Nouvelle Jérusalem, qui rapportait le récit concernant l'apparition du visage du Christ dans l'ancien monastère biélorusse.

Travail de réécriture : article entièrement retravaillé et modernisé en 2026 à partir du texte publié en 2020. Le récit original a été conservé, reformulé et développé avec des sous-titres. Une distinction a également été ajoutée entre le témoignage rapporté, l'interprétation religieuse du phénomène et la reconnaissance officielle d'un miracle.

samedi 30 mai 2020

Vie des Saints d'Optina (22) : Saint Savva (1897-1980)




Comme Taurus Savva n'aimait pas parler de lui, les informations biographiques sont très rares. On sait qu'il est né le 12/25 novembre 1898 dans le Kouban dans une grande famille, et a été baptisé du nom de Nikolai lors du baptême. Ses parents, Mikhail et Ekaterina, depuis l'enfance, ont inculqué à leurs enfants «des compétences aimantes de Dieu qu'ils possédaient eux-mêmes».

A huit ans, le malheur s'est produit : Nikolai est tombé dans un trou. Miraculeusement, le garçon secouru est tombé gravement malade et il y avait très peu d'espoir de guérison. L'enfant, épuisé par la maladie, a miraculeusement révélé son avenir. Voici ce que frère Savva a dit à un membre du clergé à ce sujet: "Unenuit, je ne pouvais pas m'endormir et tout à coup, je me suis vu comme un adulte dans la dignité d'un saint moine, et mon cœur était en quelque sorte indescriptiblement excité. Après cela, je me suis rapidement rétabli."

Nikolaï a obtenu son diplôme de l'école paroissiale avec succès, pendant la guerre de 1914, il a été prématurément mobilisé dans l'armée et envoyé sur le front turc. Après la guerre, Nikolai a étudié à l'école d'ingénieur militaire, puis a poursuivi ses études à l'Institut de génie civil de Moscou. Après ses études, il a travaillé dans sa spécialité.

L'aîné a dit que toutes ces années, il rêvait de se consacrer au service du Seigneur. Une fois, après une fervente prière avant le coucher, dans un rêve subtil, le futur ascète a été honoré de voir le saint grand martyr Paraskeva. La Sainte Vierge a montré à Nicolas le chemin du monachisme.

À trente-cinq ans, Nikolaï Mikhaïlovitch a eu la chance de se rendre à l'aîné d'Athos Illarion. L'aîné a prédit l'ouverture imminente des monastères, lui disant : "Vous vivrez dans le monastère."

Depuis 1941, Nikolai Mikhailovich travaillait au Commissariat du Peuple à la Santé dans le département de la construction pour l'assainissement et la prévention du bois (les travailleurs du Commissariat du Peuple à la Santé avaient des réservations temporaires). Nikolai Mikhailovich a passé tout son temps libre à prier, à lire les Saintes Écritures et à fréquenter le temple. Bientôt, la prédiction de l'ancien Illarion a commencé à se réaliser : le séminaire théologique a ouvert à Moscou dans le couvent de Novodievitchi (plus tard, le séminaire a été transféré à Zagorsk). Nikolai Mikhailovich, qui a reçu une recommandation de l'archiprêtre Jean a réussi l'examen d'entrée et a été inscrit au séminaire. L'été, il participe aux travaux de restauration du monastère.

Le 25 octobre / 7 novembre 1948, dans la laure Trinité-Serge, le vice-roi du laurier, l'archimandrite Jean, a tonsuré Nikolaï Mikhaïlovitch comme moine. Quand il a été tonsurée, il a été nommé Savva, en mémoire du moine Savva Storozhevsky. Au fil du temps, l'aîné Sheikhumen Alexy a béni  Savva pour l'aider dans le clergé et lui a transféré son expérience spirituelle.

Guérison miraculeuse d'un cancer des poumons


Le nombre de personnes disposées à se confesser a augmenté rapidement, de nombreux croyants ont été guéris par les prières de l'ancien Sava. Voici l'un des témoignages de la prière bénie de l'aîné. Gravement malade, Anna a été hospitalisée (les médecins ont identifié un cancer du poumon). La fille d'Anna est venue au laurier pour demander au vieil homme des prières pour sa mère gravement malade. Frère Savva a servi un moleben dans les reliques de saint Serge et consolant :
- Ne vous inquiétez pas tout ira bien! Tenez, emmenez cette prosphore pour tout manger.

Le lendemain, les médecins étaient perdus, la patiente est devenue gaie, elle a développé un appétit et un deuxième examen a été prescrit. Aucun cancer n'a été détecté. Anna est sortie de l'hôpital. Quand Anna est devenue plus forte, elle est allée personnellement à la Laure pour remercier le Seigneur, qui l'a guérie grâce aux prières de l'aîné.

Frère Savva a essayé dans tous les cœurs d'allumer une étincelle du don divin, non seulement spirituellement, mais aussi d'aider financièrement les personnes dans le besoin, en se donnant entièrement au service de son prochain. Le peuple aimait énormément son berger, et ce fut cet amour et cette vie ascétique du vieil homme qui provoquèrent de nombreuses dénonciations et calomnies, qui tombèrent littéralement sur lui. L'aîné a essayé de ne pas condamner ses délinquants, a prié pour ceux qui le détestaient et a enseigné à ses enfants spirituels à endurer les peines avec plaisir.

À l'été 1954, l'ordre du patriarche est vint de transférer le père Savva au monastère Pskov-Petcherski. Le cœur lourd, le vieil homme a quitté le monastère, il lui était difficile de quitter le saint monastère, les enfants spirituels. En partant, il a dit: "Vous prierez pour moi, et je prierai pour vous  !  Ne désespérez pas, parce que c'est la volonté de Dieu!  La Mère de Dieu nous aidera en tout, nous avons seulement besoin de prier et de ne pas perdre courage."

La beauté de la nature du nouveau monastère adoucit le chagrin. Le monastère extrêmement pauvre et peu visité dans ces années a trouvé un vieil homme. Pour l'aide spirituelle et la guérison, des flux de personnes ont commencé à affluer vers le monastère. De nombreux dons des enfants spirituels de l'aîné ont contribué à améliorer le bien-être du monastère.

Cas de guérison par les prières de frère Savva : 

Une fois, les enfants spirituels moscovites de l'aîné sont arrivés au monastère et ont parlé de la grave maladie de la fille spirituelle de l'aîné, Paraskeva, l'aîné a adressé toutes les prières avec une demande:
- Prions sincèrement pour le malade Paraskeva. Les médecins l'ont reconnue comme ayant un cancer, mais nous ne le laisserons pas s'y développer, nous prierons et ce sera plus facile pour elle ... Il est trop tôt pour elle pour mourir ...
L'aîné a servi un moleben pour les malades, et l'a bénie pour prendre l'eau bénite pour malade, fait des moleben et fait prendre des prosphores. Lorsque la patiente a accepté les soins spirituels, elle s'est immédiatement sentie mieux. La maladie a reculé, elle a rapidement quitté l'hôpital.

Une fois, un prêtre de Moscou, George, est venu voir le vieil homme, dont la fille de cinq ans, Maria, ne savait pas marcher et ne parlait pas. Frère Savva a prié pour elle et les a bénis pour rentrer chez eux. À la gare, Maria a parlé ! 

En confession, le père a dit que vous ne devriez pas avoir peur des malades mentaux. Et regardant partout, il a ajouté :
«Tout le monde est malade ici, seulement sous une forme différente : l'un en a un, deux en ont un et deux mille démons. Si nous nous ennuyons, nous sommes malades ..."

Témoignage de Gallina : 
J'ai remarqué que les moines et les nonnes ne mangeaient pas avant midi et après six heures du soir ... J'ai décidé dans mon âme : je rentrerai à la maison et je le ferai aussi. Elle a décidé de garder son intention secrète.
Après la liturgie, le père raconte à tout le monde:
- Regardez Galina. Elle a décidé: en rentrant chez elle, elle ne mangera pas avant midi et après six heures du soir. Et son mari la chassera de la maison pour ça ... Pas de régime en quelques heures.
J'étais juste content: vous ne pouvez rien cacher au prêtre !

Beaucoup dans le monastère n'aimaient pas les activités du vieil homme. Certains frères croyaient qu'à cause du vieil homme, la vie monastique était rompue, les dénonciations devenaient plus fréquentes. Suivi des avertissements des autorités civiles locales, le vieil homme a été interdit d'accepter les croyants.

En 1958, frère Savva a été nommé recteur de l'église Notre-Dame de Kazan à Velikiye Luki.  Saint Jean Chrysostome a dit: "Le Seigneur place des tentations sur l'ascète de la piété, pour le rendre plus fort, pour lui montrer une plus grande gloire ..."Frère Savva a docilement accepté une nouvelle obéissance, il devait restaurer l'église du cimetière délabré. Tout ce qui était nécessaire à la réparation par les prières du vieil homme est apparu miraculeusement. Beaucoup d'enfants spirituels de l'aîné sont venus à Velikiye Luki, tout le monde a aidé comme il le pouvait.

Pendant deux mois, le temple a été mis en ordre. Les rumeurs d'un ancien perspicace se sont répandues comme la foudre ; une petite église ne pouvait pas accueillir tous les pèlerins.

Après avoir obéi à Velikiye Luki, le vieil homme est retourné dans son monastère natal. Un an plus tard, il se rendait docilement au village de Palitsa, dans la région de Pskov.

Des épreuves sévères ont miné la santé du vieil homme, en 1960, le vieil homme gravement malade Savva est retourné au monastère.
L'aîné a dit à plusieurs reprises à ses enfants spirituels :
- Ne vous précipitez jamais n'importe comment dans la prière ... Chaque parole sainte est une grande force créatrice. Chaque mot nous rapproche de Dieu ... Certains demandent à prier pour un père, pour une fille, pour un frère, une sœur, mais eux-mêmes n'essaient pas du tout de prier ... Savez-vous à quel point cela peut être difficile pour un prêtre ? Après tout, il prend sur lui une partie des péchés de l'homme ... Prenez soin de votre vaisseau cardiaque pour le garder propre, protégez-le avec une clôture - prière incessante ... Pour une foi ferme, pour une prière incessante, l'âme accepte le Saint-Esprit et devient un récipient de grâce divine ...

Dans des cas embarrassants, Avous devez faire trois obéissances avec la prière de Jésus et lire" Roi du Ciel, "trois fois" Notre Père, "trois fois" à la Vierge Vierge, réjouissez-vous "et" Je crois. " avoir une foi vivante et une confiance en Dieu. "

D'après les souvenirs de la fille spirituelle de frère Savva:
- Quand nous sommes venus à lui avec nos ennuis, il, nous regarda tristement, a dit:
- Eh bien, si triste, sois patient. Tout cela est temporaire. Toute notre vie est en avance ...

L'aîné a dit: "Dieu envoie la maladie à la fois pour les péchés commis et pour les empêcher de se reproduire à l'avenir et pour purifier l'âme. La chair est notre ennemie, le cheval débridé, et la maladie a survécu, la retenant. Les saints Pères disent qu'avant la mort il est très bénéfique pour tout le monde de se coucher dans son lit pendant deux ans, de souffrir, de se dessécher, afin que l'âme se nettoie et puisse entrer dans la demeure du paradis.

Les pouvoirs corporels de l’aîné ont été affaiblis, sachant, d’une révélation d’en haut sur le jour de sa mort, l’aîné a écrit des volontés spirituelles pour les enfants spirituels, pour la fraternité.

Les dimanches 14 et 27 juillet 1980, la cloche du monastère de la Dormition de Pskov-Petchersk a annoncé la disparition de Saint Savva.

Les enseignements émouvants de frère Savva 

"L'exploit des moines réside dans le fait que des parents proches qui sont morts sans repentir et qui souffrent là pour leurs péchés, pour aider, sauver leurs âmes. Ce moine qui mène sa vie correctement a l'audace de sauver plusieurs générations de morts et de vivants ...

Lorsque vous savez à quel point le Seigneur est béni et miséricordieux, il devient alors clair pourquoi le désespoir est considéré comme un péché mortel, c'est-à-dire un péché très grave. Peu importe combien les péchés d'une personne sont nombreux et quelle que soit la gravité des crimes, la miséricorde infinie de Dieu les couvre tous, si une personne se repent, se lamente et veut sincèrement être corrigée. Les péchés, aussi lourds et nombreux soient-ils, ont une frontière, ont une limite, et la miséricorde de Dieu n'a de limite, elle est illimitée, illimitée... Et quand une personne pense que Dieu ne pardonnera pas ses péchés et le désespoir de son salut, il pense ainsi au blasphème contre Dieu, rabaisse sa dignité, repousse la miséricorde de Dieu de lui-même, repousse le salut de lui-même, se détruit ainsi . Louez le Seigneur Dieu de nous avoir donné le repentir !

Dans des circonstances tristes, il est bon de prier pour les défunts, et aussi d'appeler à l'aide des saints de Dieu. Mais un moyen plus parfait est de se tourner vers la Mère de Dieu. Lire son canon de prière "Beaucoup sont obsédés par les malheurs." Et vous ressentirez immédiatement un bon changement. Pour vous débarrasser de l'obsession, vous devez lire 150 fois la "Vierge Vierge" et prier la Mère de Dieu, "la Libératrice". Sur Le Mont Athos existeune icône miraculeuse "Délivrance". Combien de miracles y a-t-il eu d'elle !

Bien-aimés, ne faites de mal à personne. Lorsque vous sentez que la colère a pris possession de vous, alors dites-vous: "Seigneur, aie pitié!" Et puis 5 fois "Seigneur" et expirez "aie pitié", et la colère passera, la paix et le silence viendront. C'est un exploit  !

Le deuxième exploit est la condamnation, en particulier du clergé. Essayez, bien-aimés, de vous habituer aux exploits de l'amour et de la miséricorde, du pardon des insultes et du non-jugement.

La honte et le reproche sont l'essence de la médecine pour une âme fière, alors quand vous vous humiliez de l'extérieur, humiliez-vous intérieurement, c'est-à-dire préparez, éduquez votre âme. 

L'orgueil est le nœud principal qui lie tous les péchés du vice et de la passion, et l'humilité est l'épée tranchante qui les coupe. Nous ne sommes fiers de rien. Le corps et toutes les capacités nous ont été donnés par le Seigneur, et tout cela n'est pas le nôtre, mais le Seigneur. La nôtre n'est que des vices et des passions, mais il est déraisonnable d'en être fier. Fiers d'avoir tendance à ennuyer, à maudire, à argumenter, à s'offenser.

St. Jenn Chrysostome dit: "Celui qui admet cela a un manque d'esprit." Nous devons travailler sur nous-mêmes et développer un personnage afin de ne jamais discuter avec personne, de ne pas se mettre en colère, de ne pas être agacé.

St. Jean Climaque dit : "Quand une personne pleure pour ses péchés, elle ne condamne pas les autres." Par conséquent, dès que nous cessons de nous juger, nous commençons immédiatement à juger les autres ...

Chaque péché, même minime, affecte le sort du monde, - dit le vieil homme Silouane. Le péché est le plus grand mal au monde, dit St. Jean Chrysostome. Nos péchés impénitents sont de nouvelles plaies que nous avons infligées au Christ Sauveur, ce sont de terribles blessures dans nos âmes, et leurs péchés restent à vie ... Ce n'est que dans le sacrement de pénitence que l'âme peut être purifiée et guérie. Le repentir est un grand don de Dieu à l'homme, il tend la main, nous tire de l'abîme du péché, des vices, des passions et nous introduit aux portes du paradis, après le baptême, il nous rend la grâce qui s'appauvrit en nous.

Il faut non seulement porter une croix, mais aussi l'embrasser. Le matin, dès que vous ouvrez les yeux, vous devez immédiatement embrasser la croix avec une prière : "Seigneur, sanctifie-moi et protège-moi avec ta croix  ! Avec la force de ta croix, efface mes péchés et fortifie-moi!" Et le Seigneur et l'intention salueront. Il nous sanctifie, et la force de l'ennemi s'éloigne de nous, l'obscurité et la puanteur disparaissent, puis nous restons dans la lumière ... Si nous embrassons la croix le matin et même prions, nous recevons une bénédiction pour la journée, alors la journée se passera doucement, calmement, et tout ira bien . "

L'aîné aimait souvent répéter la déclaration du moine séraphin de Sarov: "Prenez un esprit paisible, et des milliers d'âmes seront sauvées à côté de vous." Sur les conseils des moines séraphins, le bienheureux berger  Savva "a acquis un esprit paisible toute sa vie", des milliers de personnes se sont allées autour de lui au cours de sa vie, et maintenant elles ressentent les soins inlassables du vieil homme. De nombreux témoignages de l'intercession de prière de l'ancien auprès du Seigneur pour les croyants ne laissent aucun doute sur le fait que le vieil ancien Savva sera bientôt glorifié.

Seigneur, repose l'âme de frère Savva, avec le repos des saints, et avec ses prières sauve-nous !

Extrait de