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jeudi 17 janvier 2019

Père Ilie Cleopa : Les 9 étapes de la prière



I

Père Ilie Cleopa : les neuf étapes de la prière

Le Père Ilie Cleopa, grand spirituel roumain du monastère de Sihăstria, enseignait que la prière possède différents degrés.

Elle commence parfois de manière très simple, avec seulement les lèvres, puis elle descend progressivement dans l'esprit et dans le cœur. Avec la persévérance, l'homme peut avancer vers une prière toujours plus intérieure, jusqu'à la contemplation de Dieu.

Voici les neuf étapes de la prière telles qu'elles sont présentées dans son enseignement.

1. La prière des lèvres

Le premier degré est celui de la prière prononcée avec les lèvres.

Même si notre esprit est encore facilement distrait, nous devons commencer à prier.

Le Père Cleopa rappelle que l'Écriture nous demande d'offrir à Dieu « les fruits de nos lèvres » et de bénir continuellement le Seigneur.

Il cite notamment le Psaume 33 :

« Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sera toujours dans ma bouche. »

La prière commence donc extérieurement.

Nous prononçons les paroles saintes, nous les répétons, nous nous habituons à nous tenir devant Dieu.

C'est le commencement.

2. La prière de la bouche

Le deuxième degré demeure encore extérieur, mais la prière devient plus attentive.

Nous ne nous contentons plus simplement de prononcer des paroles : nous commençons à comprendre ce que nous disons.

Le Père Cleopa rappelle cette parole du psalmiste :

« De ma voix, j'ai crié vers le Seigneur. »

La bouche devient ainsi l'instrument par lequel l'homme appelle Dieu.

Au début, nous pouvons avoir beaucoup de distractions. Notre esprit s'échappe, revient, repart encore.

Il ne faut cependant pas abandonner.

Comme un enfant qui apprend à marcher, nous devons continuer.

3. La prière de la langue

La troisième étape consiste à persévérer dans la prière jusqu'à ce que celle-ci devienne une habitude intérieure.

La langue répète les paroles de la prière, mais peu à peu l'homme commence à les vivre.

Il ne s'agit plus seulement de réciter mécaniquement.

La prière commence à pénétrer l'âme.

Le Père Cleopa insiste sur la nécessité de la persévérance : il faut continuer à prier même lorsque nous ne ressentons rien de particulier.

La prière véritable se construit dans la fidélité.

4. La prière de la voix

Vient ensuite la prière exprimée pleinement par la voix.

Ces premiers degrés peuvent sembler très simples, mais ils sont indispensables.

Le Père Cleopa les compare à ce que l'on apprend à un enfant.

Nous commençons par les choses élémentaires, nous répétons, nous persévérons et, avec le temps, notre esprit apprend à accompagner les paroles.

Il ne faut donc pas mépriser la prière simple.

Même une prière prononcée difficilement, avec un esprit encore dispersé, peut devenir le commencement d'un profond chemin spirituel.

5. La prière de l'esprit

Après avoir longtemps persévéré dans la prière extérieure, quelque chose peut commencer à changer.

L'homme ne prononce plus seulement les paroles : son esprit commence à comprendre ce qu'il dit.

C'est alors que commence la cinquième étape, que le Père Cleopa appelle la prière de l'esprit.

La prière devient plus intérieure.

L'intelligence s'unit aux paroles.

L'homme commence réellement à être attentif à Dieu.

Mais le Père Cleopa précise que cette étape n'est pas encore la perfection.

Il la compare à un oiseau qui n'aurait qu'une seule aile ou à un homme qui voudrait marcher avec une seule jambe.

La prière de l'esprit doit encore descendre plus profondément.

6. La prière du cœur

La sixième étape est la prière du cœur.

C'est ici que l'enseignement du Père Cleopa devient particulièrement profond.

Il faut, dit-il en substance, faire descendre l'esprit dans le cœur.

La prière de Jésus devient alors centrale :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Mais cette prière demande un grand discernement.

Le Père Cleopa met notamment en garde contre l'imagination.

Lorsque l'esprit entre dans la prière intérieure, il ne faut pas chercher à imaginer des visions, des anges, des saints ou des réalités célestes.

Il faut rester dans la simplicité et l'humilité.

La prière véritable n'est pas une recherche de sensations extraordinaires.

La garde du cœur

Lorsque l'esprit descend dans le cœur, le combat spirituel devient plus subtil.

Le Père Cleopa évoque notamment deux dangers : l'imagination et le raisonnement qui peuvent détourner l'esprit de la véritable prière.

Il faut donc garder le cœur avec attention. Ne rien imaginer. Ne rien provoquer. Ne pas rechercher les phénomènes extraordinaires.

Simplement demeurer devant Dieu avec humilité. Alors, selon son enseignement, la prière peut devenir accompagnée d'une profonde douceur intérieure et de larmes.

Ces larmes ne sont pas simplement émotionnelles.

Elles peuvent devenir les larmes du repentir, de la purification et de l'amour de Dieu.

Une prière accompagnée de larmes

Le Père Cleopa rapporte l'expérience d'un ancien avec lequel il avait échangé dans le désert.

Celui-ci lui raconta qu'après être demeuré longtemps dans la prière du cœur, il avait ressenti une profonde douceur divine et avait eu le sentiment que « le Christ avait rencontré son âme ».

Il lui expliqua même qu'en un peu plus de deux heures de prière, il avait utilisé plusieurs mouchoirs à cause de ses larmes.

Cette image montre jusqu'où peut conduire la prière intérieure lorsqu'elle devient réellement une prière de repentance et d'amour.

Mais le Père Cleopa rappelle également, en citant saint Isaac le Syrien, que la véritable pureté du cœur est extrêmement rare.

Il ne faut donc jamais se considérer comme arrivé.

Plus la prière devient profonde, plus l'homme doit devenir humble.

7. La prière active

Après la prière du cœur viennent des degrés encore plus élevés.

Le Père Cleopa parle notamment de la prière active.

L'homme ne se contente plus de réserver certains moments à Dieu. La prière devient une activité intérieure permanente. Elle accompagne la personne dans sa vie.

Elle devient progressivement ce que demande saint Paul :

« Priez sans cesse. »

Le cœur demeure tourné vers Dieu même lorsque l'homme travaille, marche ou accomplit les tâches ordinaires de son existence.

La prière n'est alors plus séparée de la vie. Elle devient une manière de vivre devant Dieu.

8. La prière contemplative

Vient ensuite la prière contemplative.

À ce stade, l'homme ne cherche plus seulement à parler à Dieu. Il entre dans une profonde contemplation du mystère divin.

Les paroles deviennent moins importantes. L'âme se tient devant Dieu dans le silence intérieur. Il ne s'agit pas d'une technique permettant d'obtenir une expérience mystique.

Ce degré ne se fabrique pas. Il est reçu comme une grâce. C'est pourquoi l'humilité demeure absolument essentielle.

Celui qui recherche volontairement des expériences extraordinaires risque de tomber dans l'illusion. Le véritable chemin consiste au contraire à prier simplement, à se repentir et à laisser Dieu agir.

9. La vision de Dieu

Enfin, le Père Cleopa parle d'un degré qui dépasse même ce que nous appelons habituellement la prière.

La contemplation peut devenir vision de Dieu.

Il rapproche cette expérience de ce que saint Paul raconte lorsqu'il évoque son ravissement jusqu'au troisième ciel :

« Je connais un homme dans le Christ qui, voici quatorze ans — était-ce dans son corps ? Je ne sais ; était-ce hors de son corps ? Je ne sais, Dieu le sait — cet homme-là fut ravi jusqu'au troisième ciel. »
(2 Corinthiens 12,2)

L'homme entre alors dans un mystère qui dépasse les possibilités ordinaires de notre intelligence.

Ce n'est plus une prière faite seulement de paroles. C'est une rencontre contemplative avec le mystère de Dieu.

Ne pas chercher les hauteurs, mais rester humble

L'enseignement du Père Cleopa pourrait facilement être mal compris.

Ces neuf étapes ne doivent pas devenir un objectif permettant de se comparer aux autres.

Il ne faut pas se demander :

« À quel niveau suis-je arrivé ? »

La vraie question est plutôt :

« Est-ce que je prie avec sincérité ? Est-ce que mon cœur devient plus humble ? Est-ce que je me rapproche du Christ ? »

La prière véritable produit des fruits.

Elle conduit au repentir, à l'amour, à la patience, au pardon et à l'humilité. Celui qui prie profondément ne devient pas orgueilleux.

Au contraire, il découvre davantage sa propre faiblesse et la grandeur de la miséricorde de Dieu.

Commencer simplement

Nous n'avons pas besoin de chercher immédiatement les degrés les plus élevés.

Commençons simplement. Prenons quelques minutes chaque jour.

Faisons le signe de croix. Disons lentement :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Lorsque notre esprit se disperse, revenons simplement à la prière. Lorsque nous tombons, recommençons. Lorsque nous ne ressentons rien, continuons malgré tout.

La prière n'est pas d'abord une émotion. Elle est une fidélité.

Et avec le temps, si Dieu le permet, ce qui était au commencement une parole prononcée par les lèvres peut devenir une prière qui habite profondément le cœur.

La prière qui devient vie

L'enseignement du Père Ilie Cleopa nous rappelle finalement que la prière est un chemin.

Elle commence humblement. Elle grandit avec la persévérance. Elle descend de l'intelligence dans le cœur. Elle devient peu à peu une présence intérieure et une orientation permanente vers Dieu.

Et les degrés les plus élevés ne sont jamais le résultat de notre propre mérite : ils appartiennent au mystère de la grâce.

Notre tâche est beaucoup plus simple :

prier, persévérer, nous repentir et rester humbles devant Dieu.

Alors, même lorsque nous ne connaissons pas les hauteurs de la contemplation, notre prière quotidienne peut déjà transformer notre vie.

Prière

Seigneur Jésus-Christ,
Fils du Dieu vivant,

apprends-nous à prier avec un cœur humble.

Lorsque nos lèvres prononcent Ton nom,
fais que notre esprit soit attentif.

Lorsque notre esprit prie,
fais descendre cette prière dans notre cœur.

Purifie-nous de nos distractions, de notre orgueil et de notre imagination.

Donne-nous la persévérance dans la prière,
la grâce du repentir et l'amour de Ton saint Nom.

Et surtout, Seigneur,
ne permets jamais que nous recherchions les dons au lieu de Te rechercher Toi-même.

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur.

Amen.

Source et travail de réécriture

Article original : Mystique Orthodoxe, « Père Ilie Cleopa : Les 9 étapes de la prière », publié le 17 janvier 2019.

Le texte original rapporte l'enseignement attribué au Père Ilie Cleopa et s'appuie notamment sur les Psaumes, les épîtres de saint Paul et la tradition hésychaste de la prière du cœur. Cette réécriture conserve volontairement l'ordre des neuf degrés et les principales images employées par le Père Cleopa, tout en reformulant les passages longs afin de respecter les limites de reproduction du texte source.

mercredi 26 août 2026

Le mystère de la prière de Jésus

 



Parmi les trésors les plus profonds de la spiritualité orthodoxe se trouve une prière extrêmement courte, mais considérée comme capable d'accompagner le chrétien toute sa vie :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

On l'appelle la prière de Jésus ou la prière du cœur.

Elle peut être récitée dans une église, dans un monastère, en marchant, pendant le travail ou dans le silence de la nuit. Sa simplicité cache une spiritualité très profonde.

 Pourquoi invoquer sans cesse le nom de Jésus ?

Dans la tradition orthodoxe, le nom de Jésus n'est pas considéré comme une simple formule. Prononcer avec foi « Jésus-Christ », c'est se tourner personnellement vers le Christ.

La prière rassemble en quelques mots plusieurs éléments essentiels de la foi :

« Seigneur » — reconnaître le Christ comme Seigneur.
« Jésus-Christ » — invoquer sa personne.
« Fils de Dieu » — proclamer sa divinité.
« Aie pitié de moi » — demander sa miséricorde.
« Pécheur » — reconnaître humblement son besoin de Dieu.

Elle est donc à la fois une confession de foi, une demande de miséricorde et un acte d'humilité.

 La prière du cœur

Les Pères spirituels orthodoxes ont beaucoup parlé de la nécessité de faire descendre la prière de l'intelligence vers le cœur.

Au début, on peut simplement répéter les paroles en essayant de rester attentif. Les pensées se dispersent, l'esprit vagabonde, et il faut doucement revenir à la prière.

Avec le temps, selon la tradition hésychaste, la prière peut devenir plus intérieure : le croyant cherche à demeurer continuellement tourné vers Dieu.

C'est pourquoi on parle de « prière du cœur ».

Mais il ne s'agit pas d'une technique magique permettant d'obtenir des pouvoirs spirituels. Les Pères mettent au contraire en garde contre la recherche d'expériences extraordinaires.

Quand les pensées nous assaillent

La prière de Jésus est particulièrement utilisée dans la tradition orthodoxe pour combattre la dispersion intérieure.

Lorsque la colère apparaît :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi. »

Lorsque l'inquiétude surgit :

« Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi. »

Lorsque la tristesse devient lourde :

« Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi. »

La personne ne cherche pas nécessairement à faire disparaître immédiatement ses pensées. Elle apprend plutôt à ne pas se laisser emporter par elles et à revenir doucement vers Dieu.

 Le chapelet orthodoxe

La prière de Jésus est souvent répétée à l'aide d'un komboskini, ou chapelet de prière orthodoxe.

Il est généralement constitué de nœuds de laine et peut comporter 33, 50, 100 nœuds ou davantage. Chaque nœud peut accompagner une invocation de la prière de Jésus.

Mais le chapelet n'a pas de pouvoir en lui-même. Il sert simplement à aider la personne à rester attentive et régulière dans sa prière.

Le secret des moines

Dans les monastères orthodoxes, certains moines consacrent de longues périodes à la prière silencieuse. Cette tradition est particulièrement développée dans l'hésychasme, une tradition spirituelle qui cherche la paix intérieure et la communion avec Dieu.

Les moines ne cherchent pas simplement à répéter mécaniquement des mots.

Le but est beaucoup plus profond :

que toute la vie devienne progressivement une prière.

Le travail, le silence, les repas, les offices et les moments de solitude peuvent alors être vécus dans la présence de Dieu.

 Une prière pour tout le monde

Ce qui est magnifique dans cette tradition, c'est que la prière de Jésus n'est pas réservée aux moines.

Une personne qui n'a aucune expérience spirituelle peut commencer très simplement :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi. »

Sans chercher à ressentir quelque chose de particulier.

Quelques mots prononcés sincèrement peuvent déjà devenir un petit espace de silence au milieu d'une journée agitée.

 Le véritable mystère

Le « mystère » de la prière de Jésus n'est donc pas un secret caché ou une formule miraculeuse.

C'est plutôt la simplicité avec laquelle elle ramène sans cesse l'être humain vers Dieu.

Quand l'esprit s'éloigne, on revient.

Quand on tombe, on revient.

Quand on souffre, on revient.

Quand on ne sait plus quoi dire, on revient.

Et toujours les mêmes mots :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi. »

Dans la spiritualité orthodoxe, cette répétition devient peu à peu un chemin vers l'humilité, la paix intérieure, la vigilance et la confiance en Dieu.

🕊️ Une belle conclusion

On commence parfois la prière de Jésus avec les lèvres.
On la poursuit avec l'esprit.
Et l'on espère qu'un jour, elle descendra jusque dans le cœur.

C'est peut-être là tout le mystère : ne plus seulement penser à Dieu pendant quelques minutes, mais apprendre progressivement à vivre en Sa présence.

vendredi 18 septembre 2026

La force de la prière, ce que Saint Silouane nous enseigne

 



La force de la prière : ce que saint Silouane nous enseigne

La prière occupe une place centrale dans la vie chrétienne. Elle n'est pas seulement une parole adressée à Dieu à certains moments de la journée : elle est une relation vivante avec Lui, capable de transformer progressivement le cœur et toute l'existence.

Saint Silouane l'Athonite, rappelle cette vérité à travers les réflexions du métropolite Athanase de Limassol sur la vie et les écrits du saint moine.

La prière au cœur de la vie

Saint Silouane est connu pour avoir consacré sa vie à la prière et à la recherche de Dieu.

Le témoignage rapporté dans l'article montre que la prière ne dépend pas uniquement de l'état physique ou des circonstances. Même lorsque ses forces diminuaient et que la maladie se faisait sentir, saint Silouane conservait cette habitude de se tourner vers Dieu.

La véritable vie spirituelle ne consiste donc pas à rechercher constamment des émotions extraordinaires. Elle consiste à demeurer fidèle dans la prière, aussi bien dans les moments de joie que dans ceux de fatigue ou de difficulté.

La prière transforme l'homme

La prière chrétienne ne sert pas seulement à demander quelque chose à Dieu.

Elle transforme celui qui prie.

Peu à peu, le cœur apprend à devenir plus patient, plus humble et plus attentif aux autres. La prière nous aide également à prendre conscience de notre dépendance envers Dieu et à comprendre que nous ne pouvons pas tout porter seuls.

Saint Silouane rappelait ainsi, par toute sa vie, que l'homme qui se tourne sincèrement vers Dieu reçoit une force qui dépasse ses seules capacités humaines.

Persévérer lorsque Dieu semble silencieux

Il arrive pourtant que la prière semble ne produire aucun résultat.

Nous prions pour une personne malade, pour un proche qui souffre, pour une difficulté familiale ou professionnelle, et rien ne semble changer.

C'est précisément dans ces moments que la persévérance devient importante.

La foi chrétienne ne promet pas que toutes nos demandes seront exaucées exactement comme nous le souhaitons. Elle nous apprend plutôt à rester auprès de Dieu même lorsque nous ne comprenons pas ce qui se passe.

La prière devient alors un acte de confiance.

La souffrance peut-elle devenir un chemin spirituel ?

La vie de saint Silouane montre également que la souffrance n'empêche pas nécessairement la vie spirituelle.

Il connut lui-même des périodes de grande difficulté intérieure. Mais au lieu de considérer l'épreuve comme une preuve de l'abandon de Dieu, il apprit à chercher le Seigneur au cœur même de cette souffrance.

Cela ne signifie pas que la souffrance serait bonne en elle-même ou qu'il faudrait rechercher les épreuves.

Le christianisme nous enseigne plutôt à ne pas laisser la souffrance nous enfermer dans le désespoir.

Même lorsque nous ne comprenons pas pourquoi une épreuve nous atteint, nous pouvons encore dire :

« Seigneur, je ne comprends pas, mais je me confie à Toi. »

Une prière simple et persévérante

L'enseignement de saint Silouane peut être particulièrement précieux pour les chrétiens vivant dans le monde.

Il n'est pas nécessaire d'attendre d'être dans un monastère pour commencer à prier davantage.

Quelques paroles peuvent suffire :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi. »

Ou simplement :

« Seigneur, aide-moi. »

« Seigneur, merci pour cette journée. »

« Seigneur, protège ceux que j'aime. »

La prière peut ainsi accompagner les activités ordinaires : au travail, dans les transports, à la maison ou avant de dormir.

Elle transforme peu à peu les moments ordinaires en occasions de se souvenir de Dieu.

Ne pas perdre l'espérance

L'un des enseignements les plus importants de saint Silouane est peut-être celui-ci : ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

L'homme peut connaître la faiblesse, le doute, la fatigue et même des périodes où sa prière semble sèche. Cela ne signifie pas que Dieu l'a abandonné.

La vie spirituelle comporte des moments différents.

Ce qui compte est de continuer à avancer.

Même une prière très simple, prononcée avec sincérité, peut devenir un pas vers Dieu.

La prière et l'amour du prochain

Pour saint Silouane, la prière ne pouvait pas être séparée de l'amour.

Prier pour les autres signifie les remettre entre les mains de Dieu, y compris ceux avec lesquels nous avons des difficultés.

C'est peut-être l'un des aspects les plus exigeants de la vie chrétienne : apprendre à prier non seulement pour ceux que nous aimons, mais aussi pour ceux qui nous blessent ou nous comprennent mal.

La prière élargit alors progressivement le cœur.

Elle nous fait passer du « moi » au « nous ».

Une force qui ne vient pas de nous

La vie de saint Silouane nous rappelle finalement que la force chrétienne n'est pas toujours spectaculaire.

Elle peut être silencieuse.

Elle peut consister simplement à continuer de prier lorsque l'on est fatigué, à remercier Dieu malgré les difficultés, à pardonner lorsque cela semble difficile et à conserver une petite lumière d'espérance lorsque tout paraît sombre.

La prière n'enlève pas nécessairement immédiatement les problèmes de notre vie.

Mais elle peut changer notre manière de les traverser.

Et c'est peut-être là son véritable mystère.

Lorsque nous ne savons plus quoi faire, nous pouvons encore prier. Lorsque nous n'avons plus de force, nous pouvons encore dire : « Seigneur, aide-moi. »

Une courte prière

Seigneur Jésus-Christ,

apprends-moi à prier avec simplicité et confiance. Lorsque je suis dans la joie, apprends-moi à Te remercier. Lorsque je souffre, garde-moi dans l'espérance. Lorsque je suis fatigué, donne-moi la force de continuer.

Par les prières de saint Silouane l'Athonite, conduis mon cœur vers Ton amour et apprends-moi à aimer davantage ceux qui m'entourent.

Seigneur, ne permets pas que je perde confiance en Ta miséricorde.

Amen.

Source principale : Pravoslavie.ru, « Сила молитвы » (« La force de la prière »), article du métropolite Athanase de Limassol consacré au livre d'archimandrite Sophrony (Sakharov) sur saint Silouane l'Athonite.

Lire l'article original sur Pravoslavie.ru

Travail de réécriture : le texte ci-dessus est un résumé et une réécriture en français de l'article russe, réalisé en 2026 pour Mystique Orthodoxe. Le contenu a été condensé et adapté dans un style plus accessible, spirituel et méditatif, tout en conservant son thème central : la place de la prière dans la vie chrétienne à travers l'exemple de saint Silouane l'Athonite.

vendredi 2 octobre 2026

Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

 



Don Beppino Cò : un prêtre italien au service de l'Esprit Saint et de la guérison

Il existe en Italie des prêtres dont le ministère demeure relativement peu connu en dehors de certains milieux catholiques, mais dont la vie spirituelle est profondément marquée par la prière, l'évangélisation et l'action de l'Esprit Saint.

Parmi eux figure Don Beppino Cò, prêtre italien né en 1946 à Capriano del Colle, dans la province de Brescia.

Ordonné prêtre en 1971, il a consacré une grande partie de sa vie à la mission, notamment au Laos puis au Sénégal. Son parcours l'a ensuite conduit vers le Renouveau charismatique catholique, dans lequel il exerce un ministère consacré à la prière, à l'écoute, à la libération et à la guérison.

Son témoignage est particulièrement marqué par une conviction : la foi chrétienne n'est pas seulement une idée ou une tradition, mais une rencontre vivante avec Dieu.

Un jeune prêtre envoyé en mission

Après son ordination sacerdotale en 1971, Don Beppino part comme missionnaire au Laos. Il y reste quatre années.

En 1975, le changement politique du pays entraîne l'expulsion des missionnaires étrangers. Don Beppino doit alors quitter le Laos.

Son parcours missionnaire se poursuit en Afrique. Il part au Sénégal, où il restera pendant vingt-trois ans.

Cette longue expérience africaine constitue une étape importante de sa vie sacerdotale. Il travaille dans un environnement où chrétiens et musulmans vivent côte à côte et où l'annonce de l'Évangile demande à la fois courage, patience et proximité avec les populations.

Une rencontre décisive avec le Renouveau charismatique

C'est au Sénégal, en 1985, que Don Beppino raconte avoir vécu une expérience qui allait profondément transformer son ministère.

Il reçoit ce que le Renouveau charismatique appelle « l'effusion de l'Esprit Saint ».

Cette expérience est particulièrement surprenante dans son propre parcours : il explique lui-même qu'auparavant, il ne voulait pas entendre parler du Renouveau charismatique.

Pourtant, selon son témoignage, cette expérience a littéralement changé sa manière de vivre son sacerdoce.

À partir de cette période, la prière pour les malades, l'invocation de l'Esprit Saint et l'accompagnement des personnes en difficulté prennent une place importante dans son ministère.

La rencontre avec le père Emiliano Tardif

Don Beppino a également collaboré avec le père Emiliano Tardif, missionnaire du Sacré-Cœur et figure importante du Renouveau charismatique catholique.

Le père Tardif était connu pour son ministère international de prière et de guérison.

Son parcours avait lui-même été profondément marqué par une guérison qu'il attribuait à la prière de chrétiens charismatiques, après avoir été atteint d'une grave tuberculose. Il développa ensuite un ministère de prédication et de prière dans de nombreux pays. Une cause de béatification le concernant est actuellement en cours.

Pour Don Beppino, cette rencontre fut donc particulièrement importante. Elle l'inscrivit encore davantage dans une spiritualité centrée sur la puissance de la prière et l'action de l'Esprit Saint.

Le « Roveto Ardente »

Don Beppino est associé au groupe de prière « Roveto Ardente », expression italienne signifiant « Buisson ardent ».

L'image fait directement référence à l'épisode biblique du buisson ardent dans lequel Dieu se révèle à Moïse :

« Le buisson brûlait par le feu, et le buisson ne se consumait point. »
(Exode 3,2)

Pour Don Beppino, cette image évoque une foi qui demeure vivante et un cœur qui se laisse embraser par la présence de Dieu. Le groupe l'accompagne dans son activité d'évangélisation et dans les temps de prière au cours desquels sont invoqués l'Esprit Saint et les dons spirituels.

La prière pour les malades

Le ministère de Don Beppino comprend notamment la prière pour les personnes malades. Il parle de guérison et de libération, dans le cadre de la spiritualité du Renouveau charismatique catholique.

Il insiste toutefois sur le fait qu'il ne se considère pas comme quelqu'un qui ferait lui-même des miracles.

Sur son propre site, il écrit :

« Miracoli non ne ho mai fatti, ma posso testimoniare che ogni volta che prego, succede sempre qualcosa. »

Autrement dit, il affirme ne pas avoir fait lui-même de miracles, mais témoigne que quelque chose se produit lorsqu'il prie. Cette précision est importante.

Dans la perspective chrétienne, le prêtre n'est pas présenté comme possédant un pouvoir personnel. La prière demande à Dieu d'agir.

Des témoignages de guérison

Au fil des années, des personnes ont témoigné de guérisons ou de transformations qu'elles associent à la prière de Don Beppino.

Un article publié par Il Tirreno rapportait notamment le témoignage d'une femme qui aurait été guérie d'une maladie grave après avoir participé à ses célébrations. Don Beppino déclarait alors disposer de documents médicaux concernant ce cas.

Il convient cependant de distinguer un témoignage de guérison d'une guérison reconnue officiellement comme miraculeuse par l'Église.

Une personne peut sincèrement attribuer son amélioration à la prière sans que cela constitue automatiquement une reconnaissance canonique d'un miracle. Cette distinction est importante lorsqu'on aborde les phénomènes extraordinaires.

Des milliers de personnes attirées par ses célébrations

Le ministère de Don Beppino a attiré de nombreux fidèles.

Dans une interview publiée par Il Tirreno en 2015, il expliquait que ses célébrations du vendredi soir rassemblaient régulièrement plusieurs centaines de personnes et que des groupes venaient de différentes régions d'Italie.

Les célébrations associent généralement la prière, les chants, la proclamation de la Parole de Dieu, l'Eucharistie et les prières demandant l'action de l'Esprit Saint.

Cette dimension communautaire est caractéristique du Renouveau charismatique.

L'Esprit Saint au centre

Pour Don Beppino, l'essentiel n'est pas le phénomène extraordinaire. Le centre doit rester Jésus-Christ. La prière pour la guérison n'est pas considérée comme une fin en soi.

Elle s'inscrit dans une démarche plus large de conversion et de rencontre avec Dieu.

Sur son site, Don Beppino affirme que lorsqu'il prie, il demande à l'Esprit Saint d'agir et témoigne des fruits qu'il observe dans les personnes qu'il rencontre.

Cette vision rejoint une conviction fondamentale du christianisme : Dieu peut agir dans la vie de l'homme, mais le croyant ne doit pas rechercher les signes pour eux-mêmes.

Les guérisons ne sont pas le seul miracle

Une phrase attribuée à Don Beppino résume particulièrement bien sa conception du ministère :

« Les miracles les plus extraordinaires sont les conversions qui durent dans le temps. »

Cette parole est importante. Une guérison physique peut être spectaculaire.

Mais pour un prêtre, voir une personne retrouver la foi, abandonner une vie destructrice, pardonner, recommencer à prier ou se rapprocher durablement du Christ représente également un événement profondément spirituel.

La transformation intérieure peut être moins visible qu'une guérison physique, mais elle peut changer toute une existence.

La prière de libération

Le ministère de Don Beppino comprend également la prière de libération.

Dans les célébrations charismatiques, les fidèles peuvent demander à Dieu d'être libérés de différentes formes de souffrance spirituelle.

Don Beppino distingue, dans ses enseignements rapportés par la presse, la tentation ordinaire et les situations qu'il considère comme relevant d'une action extraordinaire du mal.

Là encore, il est important de faire preuve de discernement. Une souffrance psychologique ou médicale ne doit pas automatiquement être interprétée comme une influence démoniaque.

L'Église catholique elle-même demande un discernement prudent avant de conclure à une possession ou à un phénomène extraordinaire.

Une spiritualité missionnaire

Le parcours de Don Beppino est particulièrement intéressant parce que son expérience charismatique n'est pas séparée de sa vocation missionnaire.

Il a connu l'Asie, a vécu de nombreuses années en Afrique, a travaillé dans un environnement marqué par le christianisme et l'islam. Puis il a poursuivi son ministère en Italie.

Son témoignage s'est donc construit au contact de cultures et de situations très différentes. Son message reste cependant le même : annoncer l'Évangile et inviter les personnes à retrouver une relation vivante avec Dieu.

La Parole de Dieu avant tout

Don Beppino insiste également sur la proclamation de la Parole. Son groupe « Roveto Ardente » l'accompagne dans cette mission d'évangélisation.

La Bible n'est pas simplement considérée comme un texte ancien. Elle est présentée comme une Parole capable de rejoindre l'homme dans ses difficultés actuelles.

C'est notamment pourquoi ses rencontres associent la lecture ou la proclamation des Écritures à la prière et à la louange.

Une foi qui ose demander

La spiritualité charismatique repose notamment sur une attitude particulière : oser demander à Dieu.

Demander la guérison.

Demander la conversion.

Demander la paix.

Demander la force de pardonner.

Demander la présence de l'Esprit Saint.

Cette confiance s'enracine dans les paroles du Christ :

« Demandez, et l'on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l'on vous ouvrira. »
(Matthieu 7,7)

Mais demander ne signifie pas exiger.

La prière chrétienne demeure une relation de confiance dans laquelle l'homme remet finalement sa vie entre les mains de Dieu.

Une figure originale du catholicisme italien

Don Beppino Cò appartient ainsi à cette génération de prêtres qui ont été profondément marqués par le Renouveau charismatique catholique.

Son parcours est atypique. Missionnaire au Laos, puis au Sénégal, prêtre engagé dans l'évangélisation, accompagnateur de personnes en souffrance, prédicateur, serviteur de communautés de prière.

Son ministère attire certaines personnes précisément parce qu'elles recherchent une foi vécue de manière intense et concrète.

Que retenir de son témoignage ?

Il serait facile de réduire Don Beppino aux récits de guérisons ou aux manifestations extraordinaires qui ont parfois accompagné ses célébrations.

Mais son parcours est beaucoup plus large. Son existence rappelle d'abord l'importance de la mission.

Elle rappelle également la puissance que les chrétiens attribuent à la prière. Et surtout, elle met en avant une idée essentielle : le but ultime n'est pas le miracle, mais la rencontre avec Dieu.

Une guérison peut rendre la santé. Une conversion peut transformer toute une vie. Une personne qui retrouve la foi peut ensuite devenir elle-même un témoin auprès des autres.

Un prêtre qui invite à prier

Aujourd'hui encore, Don Beppino continue d'être présenté comme un prêtre engagé dans le ministère de l'écoute, de la prière, de la libération et de la guérison au sein du Renouveau charismatique catholique.

Son parcours pose une question simple mais profonde :

Et si nous redécouvrions la puissance de la prière ?

Non pas une prière qui recherche à tout prix le merveilleux, mais une prière qui ouvre réellement le cœur à Dieu.

Car dans la tradition chrétienne, le plus grand miracle n'est peut-être pas celui qui étonne les yeux.

C'est celui qui transforme le cœur.

Une prière à l'Esprit Saint

Esprit Saint,

viens éclairer nos cœurs.

Apprends-nous à prier avec confiance et simplicité.

Donne-nous la force dans les épreuves, la paix dans les inquiétudes et l'espérance dans les moments difficiles.

Guéris ce qui doit être guéri en nous.

Libère-nous de ce qui nous éloigne de Dieu.

Et surtout, conduis-nous vers Jésus-Christ.

Que notre vie devienne elle-même un témoignage de Ton amour.

Esprit Saint, viens renouveler nos cœurs.

Amen.

Sources et travail de réécriture

Sources principales :

  • Site personnel de Don Beppino Cò, notamment sa biographie et son témoignage personnel sur son expérience du Renouveau charismatique.

  • Casa della Sapienza, présentation biographique de Don Beppino Cò et de son ministère au sein du Renouveau charismatique catholique.

  • Il Tirreno, entretien avec Don Beppino Cò consacré à ses célébrations charismatiques et à son ministère de prière et de guérison.

  • Site consacré au père Emiliano Tardif, concernant son parcours missionnaire et son ministère de guérison.

Cet article a été entièrement rédigé et structuré à partir de sources biographiques et de témoignages consacrés à Don Beppino Cò. Les guérisons rapportées sont présentées comme des témoignages et non comme des miracles officiellement reconnus, afin de distinguer les récits de foi des faits établis médicalement ou canoniquement.

jeudi 12 mai 2022

Savez vous ce dont bénéficie les personnes décédées lorsque l'on allume une bougie pour elles ?

 

Une bougie pour les défunts : la prière qui demeure au-delà de la mort

Dans une église orthodoxe, il suffit parfois d'entrer quelques instants pour être frappé par la lumière des cierges.

Devant les icônes, les flammes brûlent silencieusement. Certaines sont allumées pour demander une grâce, d'autres pour remercier Dieu. D'autres encore sont offertes à la mémoire de ceux qui nous ont quittés.

Mais que signifie réellement cette petite flamme allumée pour un défunt ?

Le père Païssios l'Athonite nous invite à comprendre le cierge non comme un simple geste extérieur, mais comme une offrande accompagnée de prière et d'amour.

Une petite flamme pour une âme que nous n'oublions pas

Selon l'enseignement rapporté du père Païssios, lorsque nous allumons un cierge pour un défunt, nous ne faisons pas simplement brûler une bougie.

Nous nous tournons vers Dieu.

Le saint moine explique que le cierge devient en quelque sorte un signe de notre prière : nous demandons au Seigneur de faire miséricorde aux vivants comme aux défunts.

Il disait, dans l'enseignement rapporté :

« Quand nous allumons une bougie pour l'âme d'un défunt, elle lui est d'un grand bénéfice. »

Pour la tradition orthodoxe, les morts ne sont donc pas absents de notre amour.

Ils demeurent présents dans notre prière.

Nous pouvons continuer à les aimer, à prononcer leur nom devant Dieu et à demander pour eux le repos et la miséricorde.

« Comme donner une boisson à quelqu'un qui brûle »

Le père Païssios emploie une image particulièrement simple pour expliquer cette réalité.

Il enseigne que, même lorsque nous pensons qu'un défunt n'a pas une grande « hardiesse » devant Dieu, lui offrir un cierge avec une intention pure revient, selon son expression imagée, à donner une boisson fraîche à quelqu'un qui souffre de la chaleur.

Cette image montre quelque chose d'essentiel : notre prière n'est pas un geste vide.

Elle est un acte d'amour.

Nous ne pouvons plus aider matériellement ceux qui sont morts. Nous ne pouvons plus leur parler comme autrefois ni accomplir pour eux les gestes de la vie quotidienne.

Mais nous pouvons encore les confier à Dieu.

Et cette prière devient alors une manière de leur dire :

« Je ne t'ai pas oublié. Je continue à prier pour toi. »

La prière unit les vivants et les défunts

Le père Païssios parle également d'une véritable communion spirituelle.

Lorsque nous prions, nous nous tournons vers Dieu qui accueille notre supplication. La prière devient ainsi un lien invisible entre ceux qui vivent encore sur terre et ceux qui se sont endormis dans l'espérance de la Résurrection.

Cela ne signifie pas que le cierge serait, à lui seul, une sorte de moyen automatique permettant d'agir sur le monde invisible.

Le cierge accompagne la prière.

Ce n'est pas la flamme qui prie : c'est le cœur de celui qui l'allume.

C'est pourquoi le père Païssios insistait sur l'intention intérieure.

Lorsque nous allumons une bougie, nous pouvons simplement dire dans notre cœur :

« Mon Dieu, je Te demande de tout mon cœur de faire miséricorde. »

La simplicité de cette prière peut parfois être plus profonde que de longues paroles prononcées sans attention.

Et l'encens ?

Dans la tradition orthodoxe, la bougie n'est pas le seul signe visible de la prière.

L'encens accompagne également le culte de l'Église.

Le père Païssios expliquait que l'encens est une offrande à Dieu, un geste de louange et d'action de grâce.

Lorsque sa fumée monte devant les icônes, elle rappelle au chrétien que toute la création est appelée à s'élever vers Dieu dans la reconnaissance.

L'encens nous invite ainsi à dire :

« Merci, mon Dieu, pour tous Tes dons. Merci pour Ta miséricorde et pour le pardon de mes péchés. »

La prière pour les défunts ne doit donc pas être seulement une prière de tristesse.

Elle peut aussi devenir une prière d'espérance.

N'oublions pas ceux qui nous ont précédés

Il est facile, avec le temps, de moins penser à ceux qui nous ont quittés.

La vie continue, les occupations se multiplient et les souvenirs deviennent parfois plus lointains.

Pourtant, l'Église orthodoxe conserve une place importante à la mémoire des défunts et à la prière pour eux.

Allumer un cierge, faire mémoire de leur nom, demander à Dieu leur pardon et leur repos, les confier pendant la Divine Liturgie : tous ces gestes expriment une même réalité.

L'amour ne s'arrête pas devant la tombe.

Nous ne savons pas ce qui se passe dans le mystère de l'au-delà, et l'Église ne nous demande pas de prétendre en connaître tous les secrets.

Mais elle nous enseigne à espérer en la miséricorde de Dieu.

C'est pourquoi, lorsque nous allumons un cierge pour un être cher, faisons-le avec foi, simplicité et recueillement.

La petite flamme brûlera peut-être quelques instants seulement.

Mais la prière qu'elle accompagne peut devenir un véritable acte d'amour.

Et devant Dieu, aucun acte accompli avec amour n'est inutile.

Source et travail de réécriture

Article original : « Savez-vous ce dont bénéficie les personnes décédées lorsque l'on allume une bougie pour elles ? », publié sur Mystique Orthodoxe le 12 mai 2022.

Source indiquée par Mystique Orthodoxe : Vima Orthodoxias, dans un article consacré aux enseignements du père Païssios sur les défunts. Le même enseignement est également repris dans plusieurs publications orthodoxes grecques, notamment au sujet de la prière et des offices commémoratifs pour les défunts.

Travail de réécriture : le texte original, très court, a été entièrement développé et restructuré afin de mieux expliquer le sens orthodoxe du cierge, de l'encens et de la prière pour les défunts. L'enseignement attribué au père Païssios a été conservé dans son esprit, tandis que certaines formulations ont été précisées afin d'éviter de présenter la bougie comme un acte magique ou automatique. L'accent est placé sur la prière, l'amour, la mémoire des défunts et l'espérance chrétienne en la miséricorde de Dieu.

mercredi 28 février 2018

L'homme qui ne vas pas souvent à l'Eglise...


Saint Joseph l’Hésychaste : la prière, la patience et la guérison de l’âme

Saint Joseph l’Hésychaste (1897/1898-1959) demeure l’une des grandes figures spirituelles du monachisme athonite du XXᵉ siècle.

Moine profondément attaché à la prière du cœur, au silence et à l’ascèse, il consacra sa vie à rechercher la présence de Dieu et à transmettre à ses disciples le goût de la prière incessante.

Son enseignement insiste notamment sur trois chemins essentiels : la prière, le repentir et la patience.

En 2019, le Patriarcat œcuménique annonça sa canonisation, reconnaissant ainsi officiellement sa sainteté et l’importance de son héritage spirituel.


Une vie entièrement consacrée à Dieu

Né sur l'île grecque de Paros à la fin du XIXᵉ siècle, Joseph, qui portait dans le monde le nom de François Kottis, connut assez jeune un profond désir de consacrer sa vie à Dieu.

À l'âge de vingt-trois ans environ, il se rendit au Mont Athos, où il chercha à vivre selon l'idéal des anciens Pères du désert.

Il s'engagea dans une vie particulièrement austère, faite de jeûne, de veilles, de silence et surtout de prière.

Il fut profondément marqué par la tradition hésychaste, qui recherche, dans le silence et la vigilance intérieure, l'union du cœur avec Dieu.

Le monastère de Vatopédi rappelle que saint Joseph reçut très tôt le don de la prière mentale incessante et qu'il consacra ensuite son existence à la vigilance intérieure, à l'ascèse et à la prière.


Avec son fidèle compagnon, le père Arsène

Une grande partie de cette vie ascétique fut partagée avec son compagnon spirituel, le futur saint Arsène le Spiléote.

Les deux moines vécurent pendant de longues années dans des lieux particulièrement retirés du Mont Athos.

Ils recherchaient avant tout le silence, afin de pouvoir se consacrer sans distraction à la prière.

En 1938, Joseph et Arsène s'installèrent notamment dans les régions sauvages de la Petite Sainte-Anne, où ils poursuivirent leur vie de prière et d'ascèse.

Pour saint Joseph, la vie monastique n'était donc pas simplement une retraite du monde.

Elle était un combat intérieur destiné à purifier le cœur et à conduire l'homme vers le Christ.


La prière de Jésus au centre de sa vie

L'un des aspects essentiels de son enseignement était la prière du cœur, ou prière de Jésus :

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Saint Joseph encourageait ses disciples à pratiquer cette prière avec persévérance et attention.

Pour lui, la prière ne devait pas être limitée à quelques moments de la journée.

Elle devait progressivement devenir une respiration intérieure de l'âme.

Ses disciples ont témoigné de l'importance qu'il accordait à la vigilance et à la prière incessante. Le monastère Saint-Tikhon rapporte notamment que son enseignement cherchait à faire comprendre à ses disciples la nécessité de demeurer constamment attentifs dans la prière.


Pourquoi Dieu ne répond-il pas toujours immédiatement ?

L'un des enseignements les plus profonds attribués à saint Joseph concerne la patience.

Lorsque nous demandons quelque chose à Dieu, nous souhaitons souvent une réponse immédiate.

Pourtant, dans la vie spirituelle, le silence de Dieu n'est pas nécessairement un abandon.

Saint Joseph expliquait que Dieu peut parfois permettre qu'une épreuve se prolonge parce qu'une transformation intérieure doit d'abord s'accomplir.

La patience devient alors elle-même une forme de guérison.

Dans ses lettres, saint Joseph explique que certaines demandes peuvent être retardées parce que Dieu veut d'abord guérir une passion ou une faiblesse cachée dans l'âme.

Ainsi, le chrétien apprend peu à peu à dire :

« Seigneur, que ta volonté soit faite. »


La guérison du corps et la guérison de l'âme

Les récits concernant saint Joseph évoquent également des personnes venues lui demander de l'aide pour leurs maladies et leurs souffrances.

L'ancien article de Mystique Orthodoxe rapportait notamment que l'Aîné Joseph avait accompagné de nombreuses personnes malades et que certaines guérisons étaient considérées comme miraculeuses.

Il convient toutefois de présenter ces récits avec discernement.

Dans la tradition orthodoxe, le miracle n'est jamais une sorte de pouvoir personnel détenu par un saint.

C'est Dieu qui guérit.

Le saint prie, intercède et accompagne la personne.

Et surtout, la guérison physique n'est pas toujours le bien suprême.

Saint Joseph insistait sur le fait que Dieu connaît ce qui est véritablement profitable au salut de chaque personne.

Une personne peut demander la guérison de son corps alors que Dieu permet une épreuve qui conduit, mystérieusement, à une guérison plus profonde de l'âme.


« Ne craignez pas les tentations »

Saint Joseph parlait également très souvent du combat spirituel.

Dans ses lettres, il exhorte ses enfants spirituels à ne pas se laisser dominer par la peur et à répondre aux tentations par la prière, la patience et la confiance en Dieu.

Il enseignait notamment que les épreuves peuvent devenir, lorsqu'elles sont vécues avec foi, une occasion de purifier le cœur.

La tentation n'est donc pas nécessairement une défaite.

Elle peut devenir un lieu de combat, de croissance et de victoire spirituelle.

C'est pourquoi saint Joseph recommandait de persévérer dans la prière sans se décourager.


Un amour qui accueillait chacun

Malgré l'extrême rigueur de sa vie ascétique, saint Joseph n'était pas indifférent aux souffrances des hommes.

De nombreuses personnes recherchaient ses conseils.

Ses disciples témoignent de son attention envers ceux qui venaient lui demander une parole, une prière ou un soutien.

Cette dimension est essentielle pour comprendre sa spiritualité.

La véritable ascèse chrétienne ne conduit pas à devenir dur ou insensible.

Elle doit au contraire conduire à un amour plus profond.

Plus l'homme se rapproche de Dieu, plus il devrait apprendre à aimer son prochain.


Le repentir et la confession

Pour saint Joseph, la vie chrétienne ne pouvait pas être séparée du repentir.

Le repentir orthodoxe n'est pas simplement le regret d'avoir mal agi.

Il signifie un changement intérieur : se détourner du péché pour revenir vers Dieu.

La confession permet au chrétien de déposer devant Dieu ce qui l'éloigne de Lui et de recevoir, par la grâce du Christ, le pardon et la guérison.

Saint Joseph insistait ainsi sur la nécessité de ne pas cacher ses pensées et ses fautes à son père spirituel.

L'humilité permet de sortir de l'isolement intérieur et de commencer un véritable chemin de guérison.


Une lumière qui continue de rayonner

Saint Joseph l'Hésychaste mourut en 1959 au Mont Athos.

Mais son influence ne disparut pas avec lui.

Plusieurs de ses disciples devinrent à leur tour des figures importantes du monachisme orthodoxe.

Parmi eux figurent notamment saint Éphrem de Katounakia, Joseph de Vatopédi et Éphrem de Philothéou, dont l'œuvre contribua au renouveau de plusieurs communautés monastiques.

Son enseignement s'est ainsi transmis bien au-delà du Mont Athos.


Une parole toujours actuelle

L'enseignement de saint Joseph peut sembler exigeant.

Il parle de prière incessante, de veille intérieure, de patience, de renoncement et de combat spirituel.

Pourtant, son message peut aussi être très simple :

Ne désespère pas.

Prie.

Sois patient.

Confie-toi au Christ.

Lorsque Dieu semble silencieux, ne pense pas nécessairement qu'Il t'a abandonné.

Lorsque l'épreuve se prolonge, ne crois pas que ta prière est inutile.

Et lorsque tu ne comprends pas ce qui t'arrive, continue à avancer avec confiance.

La vie de saint Joseph nous rappelle que la sainteté ne consiste pas à ne jamais connaître l'épreuve.

Elle consiste à ne pas abandonner Dieu au milieu de l'épreuve.


Une spiritualité centrée sur le Christ

Saint Joseph l'Hésychaste n'a jamais cherché à attirer les hommes vers lui-même.

Toute sa vie était orientée vers le Christ.

La prière, le silence, le jeûne, les veilles, la confession et l'ascèse n'étaient pas des buts en eux-mêmes.

Ils avaient pour finalité de purifier le cœur afin que l'homme puisse vivre plus profondément dans la communion avec Dieu.

C'est probablement là que se trouve l'une des grandes leçons de sa vie :

la guérison véritable de l'homme commence dans son cœur lorsqu'il se tourne humblement vers Dieu.


Saint Joseph l'Hésychaste (1897/1898-1959)

Fête : 16 août

Moine athonite et père spirituel, saint Joseph l'Hésychaste est aujourd'hui vénéré dans l'Église orthodoxe comme l'une des grandes figures spirituelles du renouveau monastique contemporain.

Sa mémoire demeure particulièrement vivante au Mont Athos, mais également dans les communautés orthodoxes du monde entier.

« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »

Que cette simple prière accompagne chacun de nous dans les moments de paix comme dans les moments d'épreuve.


  • Note : le présent article a été réécrit et réorganisé en 2026 pour améliorer la lisibilité et l'aération du texte. Le récit et sa source ont été conservés, tandis qu'une distinction est faite entre le témoignage religieux transmis et les faits historiquement documentés.

Sources

  • Article original publié sur Mystique Orthodoxe, « L'homme qui ne va pas souvent à l'Église… », 28 février 2018, lui-même indiqué comme provenant d'Enorion.

  • Monastère de Vatopédi, notice consacrée à saint Joseph l'Hésychaste.

  • Monastère Saint-Tikhon de Zadonsk, biographie et enseignements de saint Joseph.

  • Greek Orthodox Archdiocese of America, annonce de la canonisation de Joseph l'Hésychaste en 2019.

jeudi 10 janvier 2019

Conseils spirituels du Père Cleopa (1)


- Père, nous arrivons parfois dans un tel état que nous ne pouvons ni prier, ni dormir, ni manger, ni parler, nous n'avons aucune humeur (on fait ici référence à la dépression) 

"Quand vous voyez que vous êtes dans un tel état, alors je vous conseille de dormir. Et même si vous ne dormez pas, allongez vous pour calmer vos sens".

- Si nous n'allons pas à la messe tous les jours au monastère, comment pouvons nous être sauvés ?

"La liturgie vous sauve. N'entendez vous pas ce que dit Saint Grégoire le Sinaïte : "Qui a la prière de l'esprit, a la liturgie, et a le règne de l'Eglise pour toujours". Voyez vous ceux qui vivaient dans le désert, comme Saint Marc de la Grotte, où Saint Serapion est allé, pendant 95 ans sans voir un homme, étaient ils au monastère ? C'était pendant les persécutions. Vous entendez ce que dit Saint Ephraïm : "Les églises ont leur langue et leurs autels déjà dans le coeur". Ces hommes étaient toujours en communion avec Dieu dans la prière. Parce que la prière qui est faite dans l'Eglise est une prière publique. Saint Théophane le Baptiste dit : "Malheur à ceux qui se sont figés dans l'ordre de l'église typique, et n'ont pas leur propre prière !"

- Mais n'est ce pas un péché lorsque la liturgie existe, puis-je dire la prière de mon coeur ou une autre prière ?

"Ce n'est pas vrai, parce que la liturgie du coeur est très liée à l'autre sur l'autel. La prière publique a un grand pouvoir, en particulier la Divine Liturgie, et aide celle que l'on a dans le coeur. S'il y a une persécution et que tu dois partir dans le désert, dans une village ou sur une colline, es tu toujours à la messe ? En priant, vous entendez ce que dit Saint Nicodème le Saint, le mental est un prêtre, le coeur est un autel. Le sacrifice sur cet autel est le choix et la bonne volonté que j'ai volontairement choisi de prier Dieu, et l'odeur de bon parfum, l'encens qui s'élève de l'autel du coeur, est la prière. De l'autel du coeur, l'homme est une sorte d'église dans l'église. 

Aller à l'église vous aide beaucoup à renforcer la prière de votre coeur. Si vous faites par la suite un travail intérieur, vous vous renforcez. Le coeur de votre coeur bat plus fort dans l'amour de Dieu, lorsque vous entendez les mots de la Sainte Messe, car la foi passe par l'ouïe. Si vous n'avez pas grandi dans la prière de l'esprit, écoutez attentivement la liturgie et cela aidera à concentrer votre esprit dans le coeur. Cela aide. En permanence, le coeur prie. Ensuite, sans votre volonté, vous resterez avec cette prière intérieure, et pendant la liturgie et les autres prières, vous arriverez à une prière en mouvement. Priez sans cesse, comme dit l'apôtre.




lundi 6 mars 2017

Prière pour les personnes en proie à l'alcool de façon excessive

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Il existe des combats qui ne se voient pas.

Certaines personnes portent en elles une souffrance profonde, enfermées dans une dépendance dont elles voudraient pourtant se libérer. L’alcool, les drogues ou certaines autres addictions peuvent devenir une véritable servitude, difficile à vaincre par la seule volonté.

Dans ces moments de faiblesse, la prière peut devenir un véritable refuge.

L’Église nous rappelle que personne ne doit désespérer de sa propre faiblesse. Même lorsque l’on est tombé plusieurs fois, il est toujours possible de se relever et de revenir vers Dieu.

Saint Éphraïm de Néa Makri, hiéromartyr et thaumaturge grec du XVe siècle, est particulièrement invoqué dans cette intention.

Saint Éphraïm, un intercesseur pour ceux qui souffrent

Saint Éphraïm est vénéré comme un puissant intercesseur auprès du Christ.

Dans la tradition rapportée à son sujet, il est notamment associé à des personnes confrontées à de lourdes dépendances. C’est pourquoi une prière particulière lui est adressée pour demander la délivrance de ceux qui souffrent de l’alcoolisme ou de la toxicomanie.

Cette prière ne cherche pas à condamner celui qui est tombé.

Au contraire, elle reconnaît la faiblesse humaine et demande au saint de présenter cette souffrance au Seigneur.

Car devant Dieu, reconnaître sa faiblesse n’est pas une défaite.

C’est souvent le premier pas vers la guérison.

Dieu peut délivrer celui qui est prisonnier

La prière rappelle plusieurs grands épisodes de la Bible dans lesquels Dieu délivre ceux qui sont prisonniers ou accablés.

Le peuple hébreu fut libéré de l’esclavage en Égypte.

Israël connut également la délivrance après l’exil à Babylone.

Dans l’Évangile, le Christ délivre ceux qui souffrent, chasse les démons, relève les personnes rejetées et apporte son pardon à ceux qui viennent vers Lui.

Le message est toujours le même :

aucune situation n’est trop désespérée pour la miséricorde de Dieu.

Même lorsqu’une personne a l’impression d’être enfermée dans un cercle dont elle ne peut plus sortir, la porte n’est jamais définitivement fermée.

Ne jamais avoir honte de demander de l’aide

La prière ne signifie pas qu'il faut rester seul face à une addiction.

Demander de l’aide, consulter, accepter un accompagnement médical ou psychologique, parler à ses proches et rechercher un soutien spirituel peuvent faire partie du chemin de guérison.

La foi et l’aide humaine ne sont pas opposées.

Dieu peut aussi agir à travers les personnes qui nous entourent.

Il faut donc avoir le courage de dire :

« Seigneur, je n’y arrive plus seul. Aide-moi. »

Cette simple parole peut devenir le commencement d’un nouveau chemin.

Une courte prière à saint Éphraïm

Voici une courte prière que l’on peut reprendre avec simplicité et confiance :

Ô Seigneur Jésus-Christ,
par les prières de ton saint martyr Éphraïm,
aie pitié de moi
et délivre-moi de cette cruelle servitude.

Elle peut être dite dans les moments de tentation, de découragement ou de faiblesse.

Il n’est pas nécessaire de rechercher de grandes paroles.

Une prière courte, répétée avec sincérité, peut parfois exprimer tout ce que le cœur n’arrive plus à dire.

Ne pas désespérer

Lorsqu’une personne lutte contre une dépendance, les rechutes peuvent être douloureuses.

Elles peuvent donner l’impression que tout est perdu.

Mais une chute ne signifie pas que le chemin est terminé.

Il faut se relever.

Recommencer.

Demander pardon.

Demander de l’aide.

Et continuer à avancer.

La miséricorde de Dieu est plus grande que nos chutes.

Saint Éphraïm peut être invoqué comme un compagnon de prière, afin de demander au Christ la force, la lumière et la délivrance.

En résumé

Une addiction peut devenir une véritable forme d’esclavage.

Mais aucune servitude n’est plus forte que la miséricorde de Dieu.

Ne jamais désespérer.

Même lorsque l’on est tombé très bas, il reste toujours une lumière vers laquelle se tourner.

Prions donc pour ceux qui souffrent de l’alcool, de la drogue ou de toute autre dépendance.

Et n’oublions jamais que derrière chaque personne qui lutte se trouve un être humain qui a besoin non seulement d’aide, mais aussi de compassion, de patience et d’espérance.

Saint Éphraïm de Néa Makri,
prie Dieu pour ceux qui souffrent.
Prie pour ceux qui cherchent à se libérer de leurs dépendances.
Prie pour ceux qui ont perdu courage.
Et conduis-les vers le Christ, source de toute guérison et de toute espérance.

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous et délivre-nous.


Source et réécriture

Source originale : article publié sur Mystique Orthodoxe le 6 mars 2017 sous le titre « Prière pour les personnes en proie à l’alcool de façon excessive ». L’article proposait une prière d’intercession à saint Éphraïm de Néa Makri pour les personnes confrontées à l’alcool ou aux addictions.

Article retravaillé et réécrit en 2026, dans le cadre de la modernisation des anciens articles, afin d’en améliorer la clarté, la lisibilité, l’aération et le style, tout en conservant l’esprit spirituel et le contenu essentiel du texte original.

Le texte de 2017 demeure la source de référence de cet article.