lundi 5 juin 2017

Une mosaïque de la Basilique Sainte Sophie découverte après des siècles !




Sainte-Sophie : le visage du séraphin caché pendant des siècles

À Constantinople, aujourd'hui Istanbul, la basilique Sainte-Sophie conserve encore les traces extraordinaires de son passé chrétien et byzantin. Parmi ses trésors se trouvent de magnifiques mosaïques qui ont traversé les siècles, parfois cachées sous des couches de plâtre.

En 2009, une découverte particulièrement émouvante attira l'attention des spécialistes : le visage d'un séraphin à six ailes, dissimulé depuis environ 160 ans, fut à nouveau rendu visible.

Un trésor caché sous le plâtre

Construite sous l'empereur Justinien au VIe siècle, Sainte-Sophie fut pendant près d'un millénaire l'une des grandes églises de la chrétienté orientale. Après la conquête ottomane de Constantinople en 1453, elle fut transformée en mosquée et plusieurs représentations figurées furent recouvertes.

Au XIXe siècle, les architectes suisses Gaspare et Giuseppe Fossati, chargés d'importants travaux de restauration entre 1847 et 1849, découvrirent et documentèrent plusieurs mosaïques. Certaines furent ensuite de nouveau recouvertes. Les visages des séraphins situés dans les pendentifs de la coupole furent notamment masqués.

Cette précaution permit pourtant aux mosaïques de traverser le temps.

La découverte de 2009

En juillet 2009, des spécialistes entreprirent des travaux dans une partie située sous la grande coupole. Après avoir retiré plusieurs couches de plâtre ainsi qu'un masque métallique, ils découvrirent le visage d'une figure ailée.

La mosaïque, d'environ 1,5 mètre sur 1 mètre, était remarquablement conservée. Les premières informations publiées à l'époque l'attribuaient probablement à la période byzantine tardive, tout en indiquant qu'une étude devait permettre d'en préciser la datation.

La figure représentée est celle d'un séraphin, un ange à six ailes mentionné notamment dans le livre du prophète Isaïe :

« Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes. »
(Isaïe 6,2)

Dans la tradition chrétienne, les séraphins sont associés à la proximité de Dieu et à la contemplation de sa gloire.

Des anges autour de la coupole

Les figures angéliques de Sainte-Sophie étaient liées à la représentation céleste qui entourait autrefois la grande coupole.

Les travaux de restauration ont permis de mieux comprendre et de documenter ces représentations. L'une d'entre elles, dont le visage avait été caché pendant des générations, pouvait désormais être contemplée de nouveau. L'UNESCO a par la suite décrit le séraphin comme une figure placée dans les pendentifs de la coupole et associée à la fonction symbolique de gardien du trône céleste.

Cette redécouverte est particulièrement intéressante parce qu'elle montre que les œuvres chrétiennes de Sainte-Sophie n'ont pas toutes disparu après la transformation de l'édifice. Certaines ont simplement été dissimulées et ont ainsi été préservées.

Une mémoire chrétienne toujours présente

Sainte-Sophie a connu plusieurs vies : grande basilique chrétienne de Constantinople, mosquée après 1453, musée à partir de 1934, puis de nouveau mosquée depuis 2020.

Aujourd'hui, l'édifice demeure donc un lieu de culte musulman, tout en conservant une immense quantité de témoignages de son histoire chrétienne et byzantine. L'UNESCO continue de suivre attentivement son état de conservation, tandis que d'importants travaux de restauration sont menés sur le bâtiment et ses décors.

En 2026, les travaux se poursuivent notamment autour de la coupole et des structures de l'édifice, avec un objectif de conservation à long terme des mosaïques et des autres éléments historiques.

Quand une image réapparaît après des siècles

Il y a quelque chose de profondément symbolique dans cette histoire.

Un visage chrétien avait été caché. Pendant des générations, personne ne pouvait le voir. Puis, grâce au travail patient des restaurateurs, il est réapparu à la lumière.

Une mosaïque n'est pourtant pas seulement un objet ancien. Dans l'art chrétien byzantin, elle cherche à conduire le regard vers une réalité spirituelle : la gloire de Dieu, les anges, les saints et le mystère du salut.

Le visage du séraphin retrouvé à Sainte-Sophie nous rappelle ainsi la profondeur de l'héritage chrétien de Constantinople. Les siècles passent, les bâtiments changent de fonction, les civilisations se succèdent, mais les œuvres anciennes continuent parfois de témoigner silencieusement de la foi de ceux qui les ont réalisées.

Sous les couches de plâtre, le visage était toujours là. Il attendait simplement d'être redécouvert.

Source et travail de réécriture

Article original : « Une mosaïque de la Basilique Sainte Sophie découverte après des siècles ! », publié sur Mystique Orthodoxe le 5 juin 2017.

Source principale de l'article original : Serkan Akkoç, Hürriyet, 24 juillet 2009, repris par John Sanidopoulos dans Orthodox Christianity Then and Now, sous le titre « Hagia Sophia's Mosaic Seraphim Uncovered After Centuries! ».

Sources complémentaires : UNESCO et informations institutionnelles relatives à la conservation et à la restauration de Sainte-Sophie.

Travail de réécriture : cet article a été entièrement retravaillé en 2026 afin de le rendre plus clair, plus précis et plus agréable à lire, tout en actualisant la situation actuelle de Sainte-Sophie et en distinguant les faits historiques des interprétations.


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