jeudi 1 novembre 2018

Un combattant japonais baptisé chrétien orthodoxe


Un combattant japonais à la recherche du Christ : de la voie des arts martiaux au baptême orthodoxe

Il existe parfois des parcours spirituels qui nous surprennent par le chemin qu'ils empruntent. Certaines personnes découvrent la foi chrétienne après avoir grandi dans une autre tradition religieuse, tandis que d'autres commencent leur recherche à travers la philosophie, la littérature ou la pratique spirituelle.

Le parcours de Tokashi Kishi, pratiquant japonais d'arts martiaux, appartient à cette catégorie. Son histoire, rapportée par plusieurs sources orthodoxes, montre comment une recherche commencée dans l'univers des traditions orientales l'a progressivement conduit vers la découverte du christianisme et finalement vers l'Église orthodoxe.

Une jeunesse tournée vers les arts martiaux

Dès son enfance, Tokashi Kishi s'intéressa aux arts martiaux. Cette pratique l'amena également à s'intéresser aux traditions religieuses et philosophiques de l'Orient, notamment au bouddhisme.

Cette association entre pratique corporelle et recherche spirituelle n'est pas particulièrement surprenante dans le contexte culturel japonais. Les arts martiaux peuvent être accompagnés d'une réflexion sur la discipline, la maîtrise de soi, la patience et la manière de conduire son existence.

Mais pour Tokashi Kishi, cette recherche ne semble pas s'être arrêtée aux traditions qu'il connaissait déjà.

Selon le récit publié par John Sanidopoulos, il découvrit progressivement le christianisme à travers la lecture de nombreux ouvrages. Dans un premier temps, il considérait essentiellement le christianisme comme un enseignement moral et éthique parmi d'autres. Il lui apparaissait alors comme une voie comparable, sur certains aspects, à ce qu'il connaissait déjà du bouddhisme.

Cette première perception allait cependant évoluer.

La rencontre avec l'Orthodoxie

Un voyage en Russie constitua une étape importante de son parcours.

D'après le récit transmis par la source orthodoxe, cette visite fit naître en lui le désir d'approfondir sa connaissance de l'Orthodoxie. À son retour au Japon, cette recherche se poursuivit et il entreprit un catéchisme en langue japonaise.

Ce détail est particulièrement intéressant : sa découverte de la foi chrétienne ne semble pas avoir été simplement une adhésion à une idée ou à une philosophie. Elle s'est progressivement transformée en une démarche de connaissance et d'intégration dans l'Église.

Il finit ainsi par accepter la foi orthodoxe.

Une recherche qui devient une rencontre

Il y a une différence importante entre connaître une religion et commencer à vivre une foi.

On peut lire des livres, étudier une tradition, découvrir son histoire et s'intéresser à sa spiritualité. Mais la foi chrétienne ne se réduit pas à un ensemble d'idées philosophiques.

Le christianisme annonce une personne : Jésus-Christ.

C'est précisément ce qui donne à un parcours comme celui de Tokashi Kishi une dimension particulière. Sa recherche semble avoir commencé par des questions intellectuelles et spirituelles, mais elle l'a progressivement conduit vers une rencontre avec l'Église et vers le désir de recevoir le baptême.

Pour un chrétien orthodoxe, le baptême n'est pas simplement l'adhésion à une nouvelle philosophie. Il constitue l'entrée sacramentelle dans la vie de l'Église.

Le baptême en Russie

Lors d'un nouveau séjour en Russie, Tokashi Kishi annonça son désir de recevoir le baptême orthodoxe.

Selon le récit rapporté par John Sanidopoulos, le baptême fut célébré avec la bénédiction du métropolite Jean de Belgorod. À cette occasion, le nouveau chrétien reçut le nom de Jean, en référence à saint Jean le Baptiste.

Ce choix du nom de Jean le Baptiste est particulièrement évocateur.

Saint Jean le Précurseur est celui qui prépare le chemin du Christ. Sa prédication appelle à la conversion, au changement intérieur et au retour vers Dieu.

Sans chercher à interpréter à la place de Tokashi Kishi son propre parcours, on peut néanmoins voir dans ce nom une belle image de toute recherche spirituelle : chercher, s'interroger, avancer, puis découvrir progressivement Celui vers qui cette recherche conduit.

Des arts martiaux à la vie chrétienne

Le parcours de cet homme peut également nous faire réfléchir à la relation entre les arts martiaux et la vie spirituelle.

Il ne faut évidemment pas confondre les deux. Le christianisme n'est pas un art martial et l'Église ne demande pas au chrétien de pratiquer une discipline physique particulière.

Cependant, certaines qualités développées par la pratique martiale peuvent être mises au service d'une vie plus attentive : la patience, la persévérance, la maîtrise de soi, l'effort, l'humilité et la capacité à reconnaître ses propres limites.

Un pratiquant apprend que les progrès véritables demandent du temps. Il répète, échoue, recommence et avance progressivement.

La vie spirituelle possède également cette dimension de patience.

La prière, la conversion du cœur et la recherche de Dieu ne sont pas des accomplissements instantanés. Elles demandent de la persévérance et une certaine fidélité.

Mais il existe aussi une différence fondamentale : dans le christianisme, nous ne cherchons pas simplement à nous perfectionner par nos propres forces. Nous nous tournons vers Dieu et recevons de Lui la grâce dont nous avons besoin.

De la maîtrise de soi à l'humilité

Les arts martiaux peuvent enseigner la maîtrise du corps et des réactions. La vie chrétienne demande une maîtrise plus profonde encore : celle de nos passions, de notre orgueil, de notre colère et de notre égoïsme.

Le véritable combat chrétien n'est donc pas dirigé contre les autres.

Il commence en nous-mêmes.

Cette perspective rejoint une parole de saint Paul :

« Ce n'est pas contre la chair et le sang que nous avons à lutter »
(Éphésiens 6,12).

Le chrétien ne cherche pas à vaincre son prochain. Il cherche plutôt à se libérer de ce qui l'éloigne de Dieu.

Dans cette perspective, la discipline acquise par une pratique physique peut devenir une occasion de comprendre quelque chose de plus profond : la force véritable n'est pas la domination de l'autre, mais la capacité à se maîtriser soi-même.

Une histoire qui dépasse les frontières

L'histoire de Tokashi Kishi est également un rappel de l'universalité de l'Église.

Il était Japonais. Il avait grandi dans une culture marquée par les traditions religieuses de son pays. Il pratiquait les arts martiaux et s'était intéressé au bouddhisme.

Et pourtant, sa recherche l'a conduit vers l'Église orthodoxe.

L'Orthodoxie n'est donc pas limitée à un peuple, à une langue ou à une région particulière du monde. Elle est la foi de l'Église universelle.

On peut rencontrer l'Orthodoxie en Grèce, en Russie, en Roumanie, en Serbie, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe occidentale ou encore au Japon.

La diversité des peuples ne disparaît pas dans l'Église. Elle peut au contraire devenir une richesse lorsqu'elle est réunie dans la même foi au Christ.

Dieu peut nous conduire par des chemins inattendus

Ce récit nous rappelle enfin que Dieu peut rejoindre chaque personne là où elle se trouve.

Tokashi Kishi n'a pas commencé son cheminement en étant déjà chrétien orthodoxe. Sa recherche est passée par les arts martiaux, la lecture, la découverte du christianisme, un voyage en Russie, puis la connaissance de l'Orthodoxie et le catéchisme.

Nous ne connaissons jamais à l'avance le chemin par lequel une personne pourra rencontrer Dieu.

C'est pourquoi il est important de ne pas mépriser celui qui cherche encore.

Une question posée aujourd'hui peut devenir une prière demain. Une lecture peut susciter une réflexion. Une rencontre peut ouvrir une porte. Un voyage peut bouleverser une existence.

La conversion est toujours un mystère personnel entre Dieu et celui qui Le cherche.

Une recherche qui continue

Le baptême ne représente pas la fin d'une recherche. Pour le chrétien, il constitue au contraire le commencement d'une vie nouvelle dans l'Église.

Recevoir le baptême signifie entrer dans un chemin qui demande ensuite de grandir dans la foi, la prière, les sacrements, la charité et la connaissance du Christ.

C'est peut-être ce qui rend ce récit particulièrement beau.

Un homme qui avait commencé par rechercher la maîtrise de son corps et à comprendre les traditions spirituelles de son environnement a progressivement été conduit vers une autre découverte : celle du Christ et de l'Église orthodoxe.

Son parcours nous rappelle que la recherche de Dieu peut prendre des chemins que nous n'aurions pas imaginés.

Et peut-être pouvons-nous retenir simplement ceci : lorsqu'une personne cherche sincèrement la vérité, il ne faut jamais désespérer de son chemin.

Dieu connaît le cœur de chacun.

Il peut parfois utiliser une rencontre, un livre, un voyage, une question ou même une pratique que nous pensions éloignée de la foi pour ouvrir doucement une porte vers Lui.

« Cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira. »
(Matthieu 7,7)

Sources

Cet article reprend et développe un récit publié à l'origine par John Sanidopoulos, dans Mystagogy, consacré au baptême orthodoxe du pratiquant japonais Tokashi Kishi.

Source principale : John Sanidopoulos, Japanese Fighter Baptized Orthodox Christian, 3 octobre 2012.
Lire l'article original de John Sanidopoulos / Mystagogy

L'article avait également été repris en anglais par Journey to Orthodoxy, qui attribue lui aussi l'information à Mystagogy.

Article original sur Mystique Orthodoxe :
Un combattant japonais baptisé chrétien orthodoxe — Mystique Orthodoxe

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