Le miracle des monastères orthodoxes,
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Dans la tradition orthodoxe, les récits de miracles concernent surtout les guérisons, les icônes miraculeuses, les reliques, les protections dans le danger et les expériences spirituelles. Mais il y a une nuance importante : l'Église orthodoxe elle-même invite à ne pas rechercher le merveilleux pour lui-même et à exercer un véritable discernement.
1. Les guérisons
C'est probablement la catégorie de récits la plus connue.
Certains monastères conservent des icônes ou des reliques auxquelles la tradition attribue des guérisons. Par exemple, l'Église orthodoxe rapporte l'histoire de l'icône « Auxiliaire des pécheurs », devant laquelle des fidèles auraient obtenu des guérisons, notamment pendant une épidémie de choléra au XIXᵉ siècle. Une copie de cette icône aurait ensuite exsudé du myrrhon, auquel les fidèles attribuaient également des guérisons.
Dans la compréhension orthodoxe, le saint ne guérit pas indépendamment de Dieu : les fidèles demandent son intercession et attribuent finalement la grâce à Dieu.
2. Les icônes miraculeuses
Les monastères sont souvent associés à des icônes considérées comme thaumaturges, c'est-à-dire « opérant des merveilles ».
Les récits peuvent parler d'une icône qui aurait été retrouvée miraculeusement, qui aurait résisté à sa destruction, qui aurait été associée à une guérison ou encore qui aurait produit du myrrhon.
L'Église orthodoxe conserve de nombreuses traditions de ce genre. L'Orthodox Church in America rapporte par exemple l'histoire de l'icône de la Mère de Dieu de Svena, conservée successivement dans des monastères, à laquelle la tradition attribue notamment la guérison miraculeuse de la cécité du prince Roman de Tchernigov.
3. Le myrrhon
C'est l'un des phénomènes les plus fascinants.
Dans certains récits, une icône ou des reliques produisent une substance parfumée appelée myrrhon. La tradition orthodoxe rapporte plusieurs exemples anciens.
Au Mont Athos, par exemple, l'icône devant laquelle aurait été chanté pour la première fois l'hymne Axion Estin est entourée d'une importante tradition miraculeuse. D'autres récits athonites parlent également d'icônes ayant exsudé du myrrhon.
Il existe même des traditions concernant des reliques produisant du myrrhon. L'Église rapporte par exemple que les reliques de saint Thérapon auraient produit du myrrhon après leur transfert à Constantinople.
4. Les protections miraculeuses
Tous les miracles ne sont pas des guérisons.
Dans les récits monastiques, on trouve aussi des histoires de personnes qui auraient été protégées d'un danger, sauvées lors d'un accident ou aidées dans une situation apparemment désespérée.
L'histoire de saint Thérapon est un exemple ancien : lors du transfert de ses reliques, une tempête aurait menacé le navire, et les voyageurs auraient été sauvés après avoir prié le saint.
Ce type de récit rejoint une idée très présente dans la spiritualité orthodoxe : « Saint de Dieu, prie pour nous ».
5. Les apparitions et visions
Les monastères sont également associés à des récits de visions de saints ou d'anges.
L'un des récits célèbres du Mont Athos raconte qu'en 980, un ange serait apparu sous l'apparence d'un moine et aurait enseigné à un ermite une nouvelle formule de l'hymne Axion Estin. La tradition affirme que les paroles auraient été miraculeusement inscrites sur une pierre.
Il faut évidemment présenter ce genre d'histoire comme une tradition religieuse, et non comme un fait historique établi au sens moderne.
6. Le miracle le plus discret : la transformation intérieure
C'est peut-être le point le plus important.
L'Église orthodoxe met en garde contre la fascination pour les phénomènes extraordinaires. Une réponse donnée par l'Orthodox Church in America à propos des icônes qui pleurent explique que même lorsqu'un phénomène semble surnaturel, l'essentiel est de regarder ses fruits spirituels : repentance, conversion et changement de vie.
Ainsi, quelqu'un peut aller dans un monastère en demandant :
« Seigneur, guéris-moi. »
et repartir sans guérison physique, mais avec une paix profonde, la force de pardonner quelqu'un, le courage de changer de vie ou la capacité de supporter une épreuve.
Pour la spiritualité orthodoxe, cela peut être considéré comme une grâce tout aussi profonde.

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