samedi 15 août 2026

Le moine Ephraïm de la Grande Lavra

 



Le moine Éphraïm de la Grande Lavra (1926-1999), fut  un homme très simple, humble et profondément attaché à la tradition monastique du Mont Athos.

Éphraïm Lavriotis, de son nom civil Emmanuel Fotios Passalis, est né en 1926 dans le village de Maritsa, à Rhodes. Dans le monde, il avait comme père spirituel le célèbre ancien Amphiloque de Patmos. Il se rend ensuite au Mont Athos, où il commence sa vie monastique dans la skite de Kavsokalivia.

En 1957, il entre au monastère de la Grande Lavra, et devient moine en 1958. Il y consacrera le reste de sa vie au service de la communauté, accomplissant différentes tâches : service liturgique, lecture à l'église, accueil des pèlerins et service au konaki de Karyès.

Ce qui ressort surtout de son portrait, c'est sa simplicité et son humilité. L'article le décrit comme un homme bon, travailleur, charitable, désintéressé et toujours bienveillant. Il aimait particulièrement l'Église, la Vierge Marie, les saints et les offices liturgiques. Il attachait également une grande importance à la règle monastique, à l'ordre, à la beauté des offices et au respect des anciennes traditions.

Son témoignage sur « l'ancien Athos »

Le témoignage qu'Éphraïm a donné en 1993, dans lequel il raconte ses souvenirs des premières années qu'il passa au Mont Atho, est le suivant : 

Il se souvenait avec nostalgie d'un Athos encore très traditionnel, où les moines se déplaçaient à pied ou à dos de mulet, sur les anciens chemins. Lorsqu'ils voyageaient depuis la Grande Lavra jusqu'aux dépendances de Karyès, le trajet pouvait prendre plusieurs heures.

Il raconte aussi une belle coutume : les moines emportaient avec eux du pain et du fromage qu'ils déposaient dans des lieux appelés agiasma afin que les pèlerins de passage puissent manger, priant la Vierge Marie et Jésus Christ. C'est un détail particulièrement révélateur : le voyage lui-même est présenté comme un acte de prière et de service. On ne transporte pas seulement des provisions pour soi ; on pense aux pèlerins qui vont passer après.

Il décrit également une vie monastique extrêmement pauvre : les anciens moines portaient des vêtements et des chaussures usés et rapiécés, vivaient dans des cellules très simples, avec peu de biens matériels, et se consacraient entièrement à leur service et à la prière.

Ce qui le rendait nostalgique

Éphraïm avait le sentiment que le Mont Athos de sa jeunesse était en train de disparaître. Il évoque avec admiration plusieurs anciens higoumènes et moines qu'il considérait comme de véritables hommes de Dieu, expérimentés à la fois dans la vie spirituelle et dans l'administration des monastères.

Il insiste notamment sur le fait que les anciens moines vivaient dans une grande pauvreté matérielle mais avec beaucoup de richesse spirituelle : peu de possessions, beaucoup de travail, une obéissance aux anciens, une connaissance approfondie des offices et un profond respect de la tradition.

En quelque sorte, son témoignage est donc à la fois une biographie et une mémoire de l'ancien Mont Athos.

En une phrase, le moine Éphraïm de la Grande Lavra apparaît comme le témoin d'un Athos ancien, pauvre et austère, où la vie quotidienne était entièrement organisée autour de la prière, du service, de l'obéissance et de la tradition.

Il meurt le 25 juin 1999, à l'âge de 73 ans. D'après comme sources principales les écrits d'Éphraïm lui-même et le Grand Gérontikon des vertueux anciens du Mont Athos du XXᵉ siècle du moine Moïse l'Athonite.


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