Le monastère Saint-Paul (Ιερά Μονή Αγίου Παύλου) est un lieu particulièrement intéressant, notamment en rapport avec le père Paul dont nous parlions. C'est l'un des vingt monastères souverains du Mont Athos et il occupe aujourd'hui la 14ᵉ place dans la hiérarchie athonite. Il se trouve sur le versant occidental de la péninsule, au pied du mont Athos, à environ 140 m d'altitude
Une histoire très ancienne
Le monastère est traditionnellement lié à saint Paul le Xéropotamite (Paul de Xéropotamou), figure monastique du Mont Athos. Les sources historiques les plus solides situent sa fondation à la fin du Xe ou au début du XIe siècle.
Il faut toutefois distinguer les traditions athonites des données historiques établies : certaines traditions font remonter les origines du lieu beaucoup plus loin, mais les sources archéologiques et documentaires officielles retiennent surtout la fondation médiévale par Paul Xéropotamite.
À l'origine, le monastère a connu différentes dédicaces. Il a notamment été associé à la Théotokos, puis au Christ Sauveur et à saint Georges. Aujourd'hui, sa fête patronale est la Présentation du Christ au Temple (Hypapante), le 2 février.
Un monastère plusieurs fois détruit
Son histoire a été mouvementée. Au début du XIVᵉ siècle, le monastère est déjà en ruines, probablement à la suite des attaques des Catalans. Il devient alors une dépendance du monastère de Xéropotamou.
Il est ensuite restauré notamment grâce à deux aristocrates serbes, Gerasimos Radonja et Antonios Pagasis, en 1383-1384. Puis le souverain serbe Georges Branković apporte un soutien financier considérable au XVe siècle.
Cela explique aussi pourquoi Saint-Paul possède une histoire très liée au monde serbe et aux principautés orthodoxes des Balkans. Plus tard, des souverains de Moldavie et de Valachie deviennent également de grands bienfaiteurs du monastère.
Les fameux présents des Mages
Un élément particulièrement remarquable de la tradition du monastère concerne les Dons des Mages.
Selon la tradition conservée à Saint-Paul, Maro (Mara), épouse du sultan ottoman Mourad II et mère de Mehmed II, aurait apporté au monastère les précieux présents traditionnellement attribués aux Mages venus adorer le Christ nouveau-né.
Il s'agit de l'un des trésors spirituels les plus célèbres associés au monastère.
Le monastère que l'on voit aujourd'hui
Le complexe actuel ressemble à une véritable forteresse monastique : bâtiments entourant une cour intérieure relativement petite, catholicon, cellules des moines, chapelles, bibliothèque, trésor, hôtellerie, etc.
Le catholicon actuel est beaucoup plus récent que les origines du monastère. Sa construction commence au XIXᵉ siècle et se poursuit principalement de 1839 à 1844.
Le monastère possède douze chapelles. L'une des plus importantes est celle de Saint-Georges, qui conserve des fresques du XVIᵉ siècle, datées de 1552 et attribuées au peintre Antoine.
Une grande richesse spirituelle
La bibliothèque est également importante : les sources indiquent plusieurs centaines de manuscrits, ainsi qu'environ 18 000 livres imprimés.
Deux skites dépendent également de Saint-Paul :
- la Nouvelle Skite (Nea Skiti) ;
- la Skite Saint-Dimitri, également appelée du Lakkos.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire