mercredi 19 août 2026

Les différents types de larmes, Ilie Cleopas

 

Les différents types de larmes , vous pouvez télécharger l'image pour l'agrandir

Ce texte attribué à l'archimandrite Cleopa Ilie développe une idée très présente dans la spiritualité orthodoxe : toutes les larmes ne sont pas spirituellement identiques.

🕯️ L'idée principale

Le Père Cleopa commence par une comparaison : comme le houblon s'accroche à tout ce qu'il rencontre, le démon peut chercher à se mêler même aux bonnes actions afin de les détourner de leur véritable but.

Il applique cette idée aux larmes. Pleurer n'est donc pas automatiquement un signe de sainteté : il faut discerner d'où viennent les larmes et ce qu'elles produisent dans l'âme.

 1. Les larmes de repentir et d'amour de Dieu

Ce sont, selon le texte, les larmes les plus précieuses.

Elles naissent de l'amour de Dieu et de la componction. Elles purifient l'âme des péchés commis après le baptême.

Le texte reprend ici une tradition ascétique attribuée notamment à saint Jean Climaque et saint Grégoire de Nazianze, qui présentent les larmes de repentance comme une forme de renouvellement intérieur après le baptême.

Mais ces larmes ne sont pas nécessairement des larmes de désespoir : elles peuvent paradoxalement produire une grande joie intérieure.

L'homme pleure parce qu'il aime Dieu, et cette proximité avec Dieu lui apporte paix et joie.

 2. Les larmes provoquées par la crainte de Dieu

Un deuxième type de larmes vient de la peur du péché, de l'Enfer et de la séparation d'avec Dieu.

Elles sont considérées comme bonnes parce qu'elles peuvent conduire l'homme à la repentance.

Mais elles sont présentées comme inférieures aux larmes nées de l'amour.

La différence est importante :

  • la crainte pousse l'homme à se détourner du péché ;
  • l'amour le conduit plus profondément vers Dieu.

3. Les larmes devant la mort et le Jugement

Le texte évoque ensuite les larmes provoquées par la pensée de notre propre mort et du Jugement dernier.

L'homme pense à la séparation de son âme et de son corps et au moment où il devra rendre compte de sa vie devant Dieu.

Ces larmes peuvent également être utiles spirituellement lorsqu'elles conduisent à la conversion et à la préparation intérieure.

4. Les larmes naturelles

Toutes les larmes ne sont cependant pas des larmes spirituelles.

Certaines sont simplement humaines et naturelles :

  • une mère pleure son enfant ;
  • un enfant pleure sa mère ;
  • un père pleure ses enfants ;
  • un époux pleure son épouse ;
  • un ami pleure son ami.

Ces larmes expriment l'amour, la douleur, le deuil ou la souffrance.

Elles ne sont donc ni bonnes ni mauvaises en elles-mêmes : elles appartiennent simplement à notre nature humaine.

 Le véritable enseignement du Père Cleopas

Le point essentiel du texte est donc le discernement.

Pleurer beaucoup n'est pas forcément un signe de sainteté. Une personne peut pleurer par amour de Dieu, par repentir, par peur, par douleur humaine ou pour d'autres raisons.

La question importante est :

« Que produisent ces larmes dans mon âme ? »

Les larmes qui conduisent vers l'amour, l'humilité, la repentance, la paix et Dieu sont présentées comme fécondes.

À l'inverse, des larmes peuvent être accompagnées de désespoir, d'orgueil ou de pensées mauvaises, et le Père Cleopa met en garde contre cette possibilité.

En une phrase

Pour le Père Cleopas, la valeur des larmes ne se mesure pas à leur quantité, mais à leur origine et au fruit qu'elles produisent dans le cœur : les meilleures sont celles qui naissent de l'amour de Dieu et conduisent à la repentance, à la purification et à la joie intérieure.

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