Il existe en Russie de nombreux récits de guérisons attribuées à la prière des saints. Certains sont très anciens, d’autres sont beaucoup plus récents.
L’un des plus touchants est celui du petit Kolia, un enfant né avec les yeux qui ne s’ouvraient pas. Le récit a été publié en Russie par le site orthodoxe Pravoslavie.Ru le 7 juin 2005, qui le présentait comme le témoignage d’un prêtre ayant reçu cette histoire directement de la famille.
Le starets Aristocle de Moscou
Le récit est lié au starets Aristocle de Moscou, un moine orthodoxe particulièrement vénéré.
Aristocle mourut en 1918. Il avait été le dernier responsable, avant les persécutions révolutionnaires, de la dépendance athonite située à Moscou. Ses reliques furent retrouvées au cimetière Danilovskoïe et transférées en novembre 2004 à la dépendance du monastère du Mont Athos à Moscou.
Selon les témoignages rapportés dans la tradition orthodoxe russe, le starets était connu pour ses prières en faveur des personnes malades.
Des récits de guérisons lui sont également attribués après sa mort.
La naissance du petit Kolia
Dans la région de Vladimir, un couple, Alexandre et Marina, venait d’avoir un enfant.
Le petit garçon, appelé affectueusement Kolia, était né avec les yeux qui ne s’ouvraient pas.
Ses parents étaient profondément bouleversés.
À cette époque, un prêtre de la région, le père Vladimir Vedernikov, avait reçu une petite fiole d'huile consacrée provenant d'une lampe qui brûlait devant les reliques du starets Aristocle.
Le prêtre connaissait également un ancien récit concernant Aristocle : durant sa vie, le starets aurait prié pour un garçon de dix ans qui, lui aussi, n'avait jamais ouvert les yeux depuis sa naissance.
Le père Vladimir remit donc l'huile à la famille de Kolia, en leur racontant cette histoire.
Il ne s'agissait pas, dans le récit orthodoxe, d'une huile considérée comme magique. Elle était reçue comme une sainte huile, associée à la prière et à l'intercession du starets.
Et puis, ce soir-là…
Le récit rapporte qu'après avoir reçu l'huile, la famille en oignit les yeux du bébé.
Plus tard dans la soirée, la belle-mère de Marina courut annoncer au prêtre une nouvelle extraordinaire :
les yeux du petit Kolia s'étaient ouverts.
Le témoignage rapporté par le prêtre affirme que l'enfant avait ouvert les yeux après que ses parents eurent appliqué l'huile consacrée.
Pour la famille et pour ceux qui ont transmis ce récit, cette ouverture soudaine des yeux fut comprise comme une grâce obtenue par la prière du starets Aristocle.
Un récit transmis par un prêtre
Il est important de préciser ce que nous savons réellement.
Ce récit n'est pas présenté comme une étude médicale publiée dans une revue scientifique. La source russe rapporte le témoignage écrit du prêtre Vladimir Vedernikov, lui-même informé directement par la famille.
Il s'agit donc d'un témoignage religieux russe concernant une guérison considérée comme miraculeuse, et non d'une guérison médicalement démontrée au sens scientifique.
Cette distinction n'enlève rien à l'importance spirituelle que ce récit peut avoir pour les croyants.
Dans la tradition orthodoxe, les miracles ne sont pas considérés comme des phénomènes permettant de glorifier un homme. La guérison est au contraire rapportée à Dieu.
« Le premier miracle fut accompli par le Christ »
Lorsque le père Nikon, supérieur de la dépendance athonite de Moscou, prit connaissance de ce témoignage, il rappela quelque chose d'essentiel : le premier grand miracle de guérison d'un aveugle est celui accompli par Jésus-Christ lui-même.
L'Évangile selon saint Jean raconte en effet la guérison d'un homme aveugle de naissance.
Le Christ lui rend la vue et révèle ainsi que la puissance de guérison appartient à Dieu. Dans la lecture orthodoxe, le miracle physique possède également une dimension spirituelle : il devient une image de l'homme qui passe des ténèbres à la lumière.
C'est pourquoi le récit du petit Kolia rappelle, pour les croyants orthodoxes, une vérité beaucoup plus profonde :
Dieu demeure auprès de ceux qui souffrent.
La prière plutôt que la magie
Il serait également faux de comprendre cette histoire comme une recette permettant d'obtenir automatiquement une guérison.
L'huile consacrée n'est pas une potion magique.
Dans la foi orthodoxe, l'huile, les reliques, les icônes et les prières sont reçues comme des moyens par lesquels le croyant se tourne vers Dieu.
Le saint n'est pas considéré comme une source indépendante du miracle.
Il prie pour nous.
Et c'est Dieu qui demeure la source de toute guérison.
Pourquoi certains guérissent-ils et d'autres non ?
C'est certainement l'une des questions les plus difficiles.
Des croyants prient pendant des années pour un proche malade sans voir la guérison espérée. D'autres témoignent au contraire d'améliorations soudaines ou inexplicables.
L'Église orthodoxe ne prétend pas pouvoir expliquer tous ces événements.
La prière chrétienne n'est pas une manière d'imposer notre volonté à Dieu.
Elle est avant tout une confiance :
« Seigneur, que Ta volonté soit faite. »
La guérison peut être physique, mais elle peut aussi être intérieure : retrouver la paix, la force de pardonner, la confiance ou le courage de traverser une épreuve.
Une petite histoire qui demeure
L'histoire du petit Kolia est particulièrement émouvante parce qu'elle est très simple.
Un enfant.
Des parents dans l'inquiétude.
Une petite fiole d'huile consacrée.
La prière d'un prêtre.
Et, selon le témoignage transmis en Russie, les yeux d'un bébé qui s'ouvrent enfin.
Pour les croyants qui accueillent ce récit comme un miracle, il ne s'agit pas seulement de la guérison d'un enfant.
C'est aussi un rappel que, même lorsque l'homme ne voit plus de solution, la prière peut continuer à être une lumière dans l'obscurité.
Et peut-être est-ce là le plus beau message de cette histoire.
Une prière
Seigneur Jésus-Christ,
Toi qui es la Lumière du monde,
regarde avec miséricorde ceux qui souffrent.Soutiens les malades, console leurs familles
et donne-nous la force de garder confiance
lorsque nous ne comprenons pas Tes voies.Par les prières de Ton saint serviteur Aristocle,
accorde-nous, selon Ta volonté,
la guérison du corps et surtout celle de l'âme.Car Toi seul es la source de toute vie,
de toute lumière et de toute guérison.Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de nous. Amen.
Source principale : Pravoslavie.Ru, « Чудо исцеления слепорожденного произошло от мощей московского старца Аристоклия », Moscou, 7 juin 2005.

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