dimanche 25 octobre 2026

Celui qui pardonne est véritablement fort

 


Le poison invisible du ressentiment

Il existe des blessures que l'on garde longtemps dans son cœur. Une parole injuste, une trahison, une humiliation ou un abandon peuvent continuer à nous faire souffrir des années après les faits.

Parfois, nous pensons que garder notre rancune nous protège. Nous nous souvenons du mal qui nous a été fait et nous attendons, consciemment ou non, que l'autre reconnaisse sa faute.

Mais peu à peu, cette colère prend de la place. Elle trouble notre sommeil, assombrit nos pensées et finit par nous voler une partie de notre paix.

Celui qui nous a blessés n'est peut-être même plus présent dans notre vie, et pourtant nous continuons à porter sa faute en nous.

C'est ainsi que le ressentiment devient une prison intérieure.

Dieu nous pardonne : pouvons-nous pardonner à notre tour ?

Dans l'Évangile selon saint Matthieu (18, 21-35), Jésus raconte l'histoire d'un serviteur auquel son maître remet une dette immense. Pourtant, cet homme refuse ensuite de faire preuve de la même miséricorde envers un compagnon qui lui doit une somme bien plus modeste.

À travers cette parabole, le Christ nous invite à prendre conscience d'une contradiction : nous espérons recevoir le pardon de Dieu, mais nous avons parfois tant de difficultés à pardonner à ceux qui nous ont offensés.

Nous demandons au Seigneur sa patience, sa bonté et sa miséricorde. Pourtant, envers notre prochain, nous pouvons devenir sévères et inflexibles.

Le Christ nous appelle à sortir de cette contradiction. Il nous invite à nous souvenir de notre propre fragilité et de la miséricorde que nous espérons recevoir.

Pardonner ne signifie pas prétendre que le mal n'a jamais existé. Cela signifie refuser de laisser ce mal gouverner toute notre existence.

Pardonner ne signifie pas accepter l'injustice

Il est important de le comprendre : le pardon chrétien ne nous oblige pas à justifier les actes mauvais, à nier la vérité ou à nous exposer de nouveau à quelqu'un qui nous fait du mal.

Une injustice demeure une injustice. Une trahison demeure une trahison.

Il peut être nécessaire de prendre ses distances, de poser des limites et de rechercher la vérité. La réconciliation elle-même ne dépend pas toujours d'une seule personne.

Mais même lorsque la relation ne peut pas être restaurée, nous pouvons demander à Dieu de nous aider à ne pas nourrir la haine.

Le pardon est parfois un long chemin. Il ne vient pas toujours immédiatement, et certaines blessures demandent du temps pour cicatriser.

Nous pouvons commencer par une prière toute simple : « Seigneur, je n'arrive pas encore à pardonner. Mais aide-moi à ne pas vivre prisonnier de cette souffrance. »

Cette prière sincère est déjà un premier pas.

La véritable force se trouve dans la miséricorde

Le monde nous apprend souvent à rendre coup pour coup, à ne jamais oublier une offense et à considérer le pardon comme une faiblesse.

L'Évangile nous propose un autre chemin.

La vengeance entretient la blessure. Le ressentiment prolonge le conflit. Le pardon, lui, ouvre la possibilité d'une libération intérieure.

Cela ne signifie pas que celui qui pardonne ne souffre plus. Cela signifie qu'il choisit progressivement de ne plus laisser sa souffrance devenir le centre de sa vie.

Le pardon demande parfois davantage de courage que la colère, car il nous oblige à regarder notre propre cœur et à demander l'aide de Dieu.

Nous ne pouvons pas toujours changer celui qui nous a blessés. Mais, avec la grâce du Seigneur, nous pouvons travailler à transformer ce que cette blessure fait de nous.

Retrouver la paix du Christ

Saint Jean Chrysostome rappelle, dans la tradition spirituelle orthodoxe, combien le refus de pardonner peut éloigner l'homme de Dieu.

Lorsque nous prions, nous demandons au Seigneur de purifier notre cœur. Comment accueillir pleinement sa paix si nous entretenons volontairement la haine envers notre prochain ?

Cela ne signifie pas que nous devons parvenir à un pardon parfait par nos seules forces. Nous avons besoin de la prière, de la patience et de la grâce divine.

Chaque jour, nous pouvons demander au Christ de nous apprendre à regarder les autres avec davantage de compassion, sans renoncer à la vérité ni à la justice.

Peut-être qu'aujourd'hui, nous ne sommes pas encore capables de pardonner complètement. Mais nous pouvons choisir de ne pas rendre le mal pour le mal. Nous pouvons demander à Dieu de nous aider à avancer.

Pardonner, ce n'est pas déclarer que nous n'avons pas souffert. C'est choisir de ne pas laisser la souffrance devenir de la haine.

Que le Seigneur nous donne la force de pardonner, l'humilité de reconnaître nos propres fautes et la sagesse de préserver la paix de notre cœur.

Car la véritable victoire n'est pas d'avoir vaincu celui qui nous a blessés, mais de ne pas être devenus prisonniers du mal qu'il nous a fait.


Source originale : Métropolite Pantéléimon de Koronée, « Tout se désagrège ! », publié sur le site grec Romfea.gr.

Lire l'article original en grec sur Romfea.gr

Article réécrit et adapté en français en 2026 pour Mystique Orthodoxe. Cette adaptation développe librement le thème du pardon abordé dans le texte grec ; elle ne constitue pas une traduction littérale.

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