Bachar al-Assad reconnaît le rôle des Églises chrétiennes dans l’unité de la Syrie
En juillet 2017, alors que la Syrie traversait encore une période particulièrement douloureuse de son histoire, une rencontre importante avait lieu à Damas entre le président syrien Bachar al-Assad et une délégation de l’Église grecque-melkite catholique conduite par son nouveau patriarche, Youssef Absi.
Cette rencontre intervenait quelques jours seulement après l’élection de ce dernier, le 21 juin 2017, comme patriarche d’Antioche et de tout l’Orient des melkites. Les discussions portaient notamment sur la situation du pays et sur la place des différentes communautés religieuses dans la société syrienne.
La place des Églises chrétiennes en Syrie
Au cours de cette rencontre, Bachar al-Assad a salué ce qu’il présentait comme le rôle joué par les Églises chrétiennes dans le maintien de l’unité nationale pendant la guerre.
Selon les déclarations rapportées par l’agence officielle syrienne SANA, puis reprises notamment par l’agence Fides, le président syrien estimait que les Églises avaient contribué à renforcer le sentiment d’appartenance nationale et à préserver les liens entre les différentes composantes de la société.
Il mettait également en avant la diversité religieuse et culturelle de la Syrie, affirmant que l'attachement des Syriens à cette diversité constituait un obstacle aux tentatives de division du pays.
Ces propos doivent naturellement être replacés dans le contexte politique de l'époque : ils exprimaient la position du gouvernement syrien au cours d'une guerre dont les différentes parties donnaient des interprétations profondément divergentes.
Le nouveau Patriarche Youssef Absi
Le Patriarche Youssef Absi venait alors d'être élu à la tête de l'Église grecque-melkite catholique.
Né à Damas, il appartenait à la Société des Missionnaires de Saint-Paul et avait auparavant exercé comme archevêque titulaire de Tarse et vicaire patriarcal à Damas. Son élection intervenait alors que les communautés chrétiennes syriennes étaient profondément marquées par plusieurs années de conflit.
Pour les chrétiens de Syrie, cette période était particulièrement difficile. Beaucoup de familles avaient été déplacées et certaines communautés avaient vu leur nombre diminuer fortement au cours des années de guerre.
Dans ce contexte, la présence des responsables religieux auprès de leurs fidèles représentait aussi un témoignage de fidélité à une terre où les communautés chrétiennes sont présentes depuis les premiers siècles du christianisme.
Une Église appelée à être un facteur de paix
Au-delà des déclarations politiques, un élément mérite particulièrement notre attention : la vocation de l'Église à travailler pour la paix.
Dans une société divisée par la violence, la religion ne devrait jamais devenir un instrument de haine ou de séparation.
Le chrétien est appelé à rechercher la paix, à protéger les faibles, à consoler ceux qui souffrent et à rappeler que chaque être humain possède une dignité qui dépasse son appartenance religieuse, ethnique ou politique.
L'Évangile nous rappelle :
« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »
(Matthieu 5, 9)
Cette parole du Christ garde une force particulière dans les pays qui ont connu la guerre.
Une présence chrétienne ancienne
La Syrie occupe une place particulière dans l'histoire du christianisme.
C'est sur cette terre que les disciples du Christ furent appelés « chrétiens » pour la première fois, à Antioche. Elle a également donné à l'Église de grands saints, des martyrs, des théologiens et des moines.
La présence chrétienne au Moyen-Orient n'est donc pas une réalité récente. Elle appartient à l'histoire même de cette région.
C'est pourquoi les souffrances des chrétiens syriens ont suscité tant de prières dans les Églises du monde entier.
Mais prier pour les chrétiens de Syrie ne signifie pas oublier les autres habitants du pays. La paix véritable doit être souhaitée pour tous : chrétiens, musulmans et membres des autres communautés.
Ne pas laisser la guerre détruire la fraternité
Les guerres ne détruisent pas seulement les bâtiments et les infrastructures. Elles peuvent aussi détruire la confiance entre les hommes.
Après des années de violence, reconstruire une société demande donc davantage que reconstruire des maisons ou des routes.
Il faut aussi reconstruire la confiance, permettre aux familles de vivre à nouveau ensemble, rouvrir les écoles, soigner les blessures et apprendre à vivre avec ceux qui ont connu des expériences différentes.
Dans cette reconstruction, les Églises peuvent avoir un rôle important : accompagner les familles, accueillir les personnes éprouvées, soutenir les enfants, maintenir la prière et rappeler sans cesse que la haine ne peut être le dernier mot de l'histoire.
Prions pour la Syrie
L'article de 2017 rapportait les paroles d'un responsable politique concernant le rôle des Églises chrétiennes. Avec le recul, ce qui demeure particulièrement important pour le chrétien est peut-être moins la dimension politique de cette rencontre que l'appel à ne pas abandonner le peuple syrien dans la souffrance.
Prions pour les chrétiens de Syrie.
Prions également pour les musulmans et pour toutes les communautés qui vivent sur cette terre.
Prions pour les enfants qui ont grandi dans la guerre, pour les familles séparées, pour ceux qui ont perdu leurs proches et pour tous ceux qui espèrent pouvoir retrouver une vie paisible.
Que Dieu protège les Églises de Syrie, fortifie leurs pasteurs et accorde à tout le peuple syrien la paix et la réconciliation.
Seigneur Jésus-Christ,
Toi qui es le Prince de la paix,
regarde avec miséricorde le peuple syrien.
Console ceux qui souffrent,
protège les enfants,
soutiens les familles éprouvées
et donne aux hommes la force de se réconcilier.
Garde les chrétiens dans la foi,
et fais de ton Église un instrument de paix,
d'amour et de lumière.
Amen.
Source et travail de réécriture
Article original publié sur Mystique Orthodoxe, le 5 juillet 2017, sous le titre « Bachar Al Assad reconnaît la contribution des églises chrétiennes au maintien de l'unité syrienne ». L'article indiquait comme source Sputnik France et reprenait les informations concernant la rencontre du 4 juillet 2017.
La rencontre et les déclarations rapportées ont également été documentées par l'agence Fides, qui précise que Bachar al-Assad avait reçu à Damas le nouveau Patriarche grec-melkite catholique Youssef Absi accompagné d'évêques melkites.
Cette réécriture conserve le thème de l'article original tout en le développant dans une perspective chrétienne centrée sur la paix, la présence historique des chrétiens en Syrie et la prière pour l'ensemble de la population syrienne.

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