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mardi 9 avril 2019
lundi 8 avril 2019
La puissance de l'Ave Maria..
De même l'Acathiste Orthodoxe à la Mère de Dieu...
Père Gabriele Amorth
L'ascétisme dans ce monde
L’ascétisme dans le monde : apprendre à regarder la création avec amour
Le mot « ascétisme » peut parfois faire penser à une vie austère, à la privation, au silence des monastères ou aux grandes figures des Pères du désert. Lorsque nous entendons parler d'ascèse chrétienne, nous imaginons facilement des hommes et des femmes ayant quitté le monde pour consacrer leur existence à la prière.
Cette dimension existe bien dans la tradition orthodoxe. Pourtant, l'ascèse chrétienne ne concerne pas uniquement les moines et les ermites. Elle peut également trouver sa place dans la vie de chaque chrétien, au milieu du monde, dans une existence ordinaire faite de travail, de famille, de responsabilités et de rencontres.
L'ascèse n'est pas d'abord une fuite du monde.
Elle est un apprentissage intérieur qui permet de changer notre manière de vivre dans le monde.
L'ascèse n'est pas le mépris de la création
Saint Pavel Florensky a exprimé une idée particulièrement belle à propos de l'ascète chrétien. Le véritable ascète voit la vie d'une manière différente, mais il continue pourtant à aimer le monde d'un amour véritable. Son ascèse ne l'enferme donc pas dans le mépris de la création.
Au contraire, plus son regard intérieur se purifie, plus il devient capable de percevoir la valeur profonde de ce qui l'entoure.
C'est une perspective importante pour comprendre l'Orthodoxie.
Le monde créé par Dieu n'est pas mauvais en lui-même. La nature, les animaux, les êtres humains et la beauté de la création sont des dons que nous recevons. Ce qui doit être transformé n'est pas la création elle-même, mais notre manière déformée de la regarder et de l'utiliser.
L'homme peut exploiter, détruire, posséder et dominer. Il peut également apprendre à recevoir, respecter, protéger et rendre grâce.
Se détacher sans cesser d'aimer
L'ascèse chrétienne nous apprend notamment à nous libérer de certains attachements.
Nous pouvons nous attacher à l'argent, au confort, à notre image, à notre réussite, à nos habitudes, à notre volonté personnelle ou encore au regard des autres.
Le problème n'est pas nécessairement l'existence de ces choses. C'est la place qu'elles prennent dans notre cœur.
Lorsque quelque chose devient plus important que Dieu, il finit par nous posséder.
L'ascèse consiste alors à retrouver une juste liberté intérieure.
Jeûner, prier, faire l'aumône, apprendre à se maîtriser ou renoncer à certaines habitudes ne sont pas des performances destinées à nous rendre supérieurs aux autres. Ces pratiques peuvent nous aider à découvrir que nous ne sommes pas obligés d'obéir à tous nos désirs.
Être libre, ce n'est pas pouvoir satisfaire toutes ses envies. C'est aussi pouvoir leur dire non.
Une ascèse vécue dans la vie quotidienne
Pour la majorité des chrétiens, l'ascèse ne se déroule pas dans une cellule monastique.
Elle se vit dans la maison, au travail, dans les transports, dans la famille et dans les relations avec les autres.
Elle peut commencer par des choses très simples.
Apprendre à ne pas répondre immédiatement lorsque quelqu'un nous énerve.
Savoir demander pardon. Accepter de ne pas toujours avoir raison.
Partager avec quelqu'un qui possède moins que nous. Limiter ce qui nous disperse inutilement.
Prendre quelques instants pour prier au milieu d'une journée chargée. Supporter avec patience une personne difficile.
Toutes ces petites choses peuvent devenir des exercices spirituels.
L'ascèse n'est donc pas nécessairement spectaculaire. Elle peut être presque invisible aux yeux des autres.
Mais elle transforme progressivement celui qui la pratique.
Apprendre à voir autrement
L'un des aspects les plus profonds de l'ascèse est peut-être justement cette transformation du regard.
Nous pouvons traverser une rue sans remarquer le ciel. Nous pouvons entendre un oiseau sans réellement l'écouter.
Nous pouvons croiser une personne en difficulté sans prendre le temps de voir sa souffrance. Nous pouvons vivre au milieu des merveilles de la création sans jamais rendre grâce à Celui qui nous les donne.
L'homme qui avance dans la vie spirituelle apprend progressivement à regarder autrement.
La création devient alors non seulement quelque chose que nous utilisons, mais quelque chose qui peut nous conduire vers la gratitude.
Le chant d'un oiseau, la lumière du matin, un arbre, la mer, la montagne ou simplement le visage d'une personne que nous aimons peuvent devenir autant d'occasions de rendre grâce à Dieu.
Une ascèse qui conduit à la compassion
Le texte attribué à saint Pavel Florensky évoque également cette transformation intérieure qui conduit à une compassion plus profonde pour la création.
C'est un point essentiel.
Si notre ascèse nous rend plus durs, plus orgueilleux, plus méprisants envers ceux qui ne vivent pas comme nous, il faut probablement nous interroger sur ce que nous sommes en train de rechercher.
L'ascèse chrétienne devrait progressivement nous conduire vers davantage d'humilité.
Plus nous découvrons nos propres faiblesses, plus nous pouvons comprendre celles des autres.
Plus nous faisons l'expérience de la miséricorde de Dieu, plus nous sommes appelés à faire preuve de miséricorde envers notre prochain.
L'ascèse n'est donc pas une manière de devenir supérieur aux autres.
Elle est un chemin qui nous apprend à devenir plus humain.
Le jeûne : apprendre à recevoir autrement
Le jeûne orthodoxe constitue un exemple particulièrement concret.
Il serait réducteur de considérer le jeûne comme une simple modification de notre alimentation.
Le jeûne peut nous apprendre à remettre de l'ordre dans nos désirs et à nous souvenir que nous ne vivons pas seulement de nourriture.
Mais il doit être accompagné de la prière et de la charité.
Si nous nous privons de certains aliments tout en devenant agressifs envers notre entourage, nous risquons de passer à côté du sens profond de l'exercice.
Le véritable jeûne doit toucher le cœur.
Il doit nous rendre plus attentifs à Dieu et plus disponibles envers notre prochain.
L'ascèse et la prière
La prière constitue également une forme essentielle d'ascèse.
Prier régulièrement demande de la fidélité. Nous ne ressentons pas toujours quelque chose de particulier lorsque nous prions. Certains jours, la prière semble profonde et paisible. D'autres jours, elle peut sembler difficile, distraite ou sèche.
Pourtant, continuer à prier constitue déjà un acte de fidélité.
La tradition orthodoxe accorde une place particulière à la prière de Jésus :
« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur. »
Répétée avec attention et humilité, elle peut devenir progressivement une respiration intérieure.
L'ascèse ne consiste donc pas uniquement à renoncer.
Elle consiste aussi à apprendre à demeurer.
Demeurer dans la prière, demeurer dans la patience, demeurer dans l'espérance, même lorsque nous ne ressentons rien.
Aimer le monde sans lui appartenir
Le chrétien vit dans le monde, mais il est appelé à ne pas devenir l'esclave de ses passions.
Cette distinction est importante.
Il ne s'agit pas de rejeter la société, de mépriser les personnes qui vivent différemment de nous ou de considérer tout ce qui est moderne comme mauvais.
Il s'agit plutôt de conserver une liberté intérieure.
Nous pouvons utiliser les technologies sans en devenir dépendants.
Nous pouvons posséder des biens sans être possédés par eux.
Nous pouvons apprécier les plaisirs légitimes de la vie sans en faire le but ultime de notre existence.
Nous pouvons aimer profondément les personnes qui nous entourent sans oublier que notre vie trouve son accomplissement ultime en Dieu.
C'est peut-être cela, en partie, vivre dans le monde sans laisser le monde prendre toute la place dans notre cœur.
La création comme don
Cette vision conduit également à une responsabilité envers la création.
Si nous croyons que le monde est une création de Dieu, nous ne pouvons pas le considérer comme une matière sans valeur que nous aurions le droit de détruire sans limite.
L'ascèse peut alors nous apprendre la sobriété.
Consommer moins lorsque nous n'avons pas besoin de davantage.
Éviter le gaspillage. Respecter les animaux.
Prendre soin de la nature. Apprendre à apprécier la simplicité.
Ces gestes ne constituent pas à eux seuls une vie spirituelle, mais ils peuvent exprimer une attitude intérieure : celle de quelqu'un qui reçoit la création comme un don plutôt que comme une propriété absolue.
Le véritable combat est intérieur
Les Pères spirituels nous rappellent constamment que le combat chrétien commence dans le cœur.
Nous pouvons facilement voir les défauts du monde extérieur et oublier de regarder les nôtres.
Nous pouvons dénoncer l'orgueil des autres tout en étant nous-mêmes orgueilleux.
Nous pouvons reprocher aux autres leur colère tout en laissant la nôtre nous gouverner.
Nous pouvons parler de charité tout en manquant de patience avec notre entourage.
L'ascèse nous invite donc à commencer par nous-mêmes.
Avant de vouloir transformer le monde, demandons à Dieu de transformer notre cœur.
Avant de chercher à corriger les autres, apprenons à reconnaître nos propres faiblesses.
Avant de condamner, prions.
Une ascèse joyeuse
Il existe également un aspect qu'il ne faut jamais oublier : l'ascèse chrétienne n'a pas pour objectif de rendre l'homme triste.
Le blog Mystique Orthodoxe porte depuis longtemps cette conviction : la vie chrétienne peut être vécue avec espérance, lumière et joie.
Le jeûne, la prière et les efforts spirituels ne sont pas destinés à nous enfermer dans une vision sombre de l'existence.
Ils cherchent au contraire à nous libérer de ce qui nous empêche de recevoir pleinement la joie de Dieu.
L'ascèse peut alors devenir un chemin de simplification.
Moins de dispersion. Moins d'attachement.
Moins de colère. Moins d'orgueil.
Et davantage de prière, de gratitude, de paix et d'amour.
Vers une transformation intérieure
Le texte de saint Pavel Florensky cité dans l'article original évoque finalement une image magnifique : à mesure que l'ascète avance, son regard intérieur devient plus lumineux et son amour pour la création s'approfondit.
Cette image permet de comprendre l'ascèse autrement.
Il ne s'agit pas de devenir froid. Il ne s'agit pas de s'éloigner de toute joie.
Il ne s'agit pas de considérer la vie terrestre comme quelque chose de méprisable. Il s'agit de laisser Dieu transformer progressivement notre manière de regarder.
L'homme qui prie peut apprendre à voir davantage.
Celui qui jeûne peut apprendre à recevoir autrement. Celui qui se dépouille peut découvrir la liberté.
Celui qui apprend l'humilité peut découvrir la véritable grandeur.
Et celui qui s'approche de Dieu peut finalement découvrir que l'amour de Dieu ne le conduit pas à mépriser la création, mais à la regarder avec davantage de gratitude et de compassion.
Une ascèse pour aujourd'hui
Nous n'avons pas tous vocation à devenir moines ou ermites. Mais nous sommes tous appelés à une transformation intérieure.
Notre désert peut parfois être une chambre où nous prenons quelques minutes pour prier.
Notre effort ascétique peut être de retenir une parole blessante.
Notre jeûne peut nous apprendre à nous détacher d'une habitude qui nous domine.
Notre aumône peut soulager quelqu'un qui souffre.
Notre patience peut devenir une offrande.
Notre attention à la nature peut devenir une manière de rendre grâce au Créateur.
L'ascèse chrétienne peut donc être vécue au cœur même de notre existence ordinaire.
Elle ne nous demande pas nécessairement de quitter le monde.
Elle nous demande d'apprendre à ne pas perdre notre âme au milieu du monde.
Et peut-être est-ce là l'une des plus belles dimensions de la spiritualité orthodoxe : apprendre progressivement à purifier notre regard afin de découvrir, derrière les apparences, la présence et la beauté de Dieu.
Source
Cet article reprend et développe un texte publié initialement sur Mystique Orthodoxe le 8 avril 2019, sous le titre « L'ascétisme dans ce monde ». L'article original attribuait le texte à saint Pavel Florensky et indiquait comme référence Orthodoxy and Animals.
Source indiquée dans l'article original : Orthodoxy and Animals / page Facebook mentionnée dans l'article.
La présente version développe la réflexion à partir de cet extrait ; les développements et exemples ajoutés ne sont donc pas présentés comme des paroles de saint Pavel Florensky.
La peur devant l'être le plus humble...
Il dit que le prêtre Candide Amantini, exorciste de la "Sainte Scala" à Rome, a dit que le diable lui a répondu dans un exorcisme : "Parce que je suis plus humilié en étant vaincu par une simple créature"...
Extrait de https://www.facebook.com/search/top/?q=padre%20gabriele%20amorth%3A&epa
Lorsqu'un enfant attrape la main...
mercredi 20 février 2019
Les signes du Ciel...
Stan
samedi 19 janvier 2019
"Mama Wa Yatima"
vendredi 18 janvier 2019
Des façons de détruire votre enfant..
2. Le décharger de toute responsabilité.
jeudi 17 janvier 2019
Père Ilie Cleopa : Les 9 étapes de la prière
Que dit le Psaume 102 ? Bénissez le Seigneur, vous tous son oeuvre, dans tous les lieux de sa domination.
Tu vois ? Ces quatre types de prière. Des lèvres, de la bouche, de la langue et de la voix, sont au bas des étapes de la prière.
Ceux-ci, on apprend comme à l'enfant. Après que vous ayez prié pendant au moins dix ans, avec les lèvres, la bouche, la langue et la voix, vous verrez qu'à un moment vous aurez besoin de ce que dit la bouche pour être compris par l'esprit.
Et lorsque l'homme commence à comprendre avec son esprit ce qu'il dit, il atteint la cinquième étape, la prière de l'esprit.
Est ce que cette étape de la prière de l'esprit est une étape parfaite ? Non. La prière de l'esprit est simplement un oiseau avec une aile, ou une demi-prière, une prière avec une jambe. Pouvez vous marcher avec une jambe ? Pouvez vous voler avec une aile ? Là aussi, l'esprit est attaqué par les démons.
Du coeur, dans la poitrine, la moelle épinière, le corps entier est en feu. Et les yeux commencent à verser des larmes, mais pas juste des larmes. Un aîné, avec qui je communiquais dans le désert, me disait : "Je suis descendu l'esprit dans le coeur pendant 2 heures et 10 minute, et il y a eu tant de douceur divine. Le Christ a rencontré mon âme !" Nous avons le Christ dans notre coeur depuis le baptême. Puis le côté rationnel parle à notre âme.
mercredi 16 janvier 2019
Miracle de Medjugorje : les vocations en hausse constante !
Extrait de http://nouvellejerusalem.forumactif.com
mardi 15 janvier 2019
Pensée personnelle : le sens de la justice
Le sens de la justice : défendre le bien sans oublier la miséricorde
La justice est une notion qui accompagne toute notre vie. Nous sommes sensibles à l'injustice lorsque nous en sommes victimes, mais la véritable question est peut-être de savoir quelle attitude nous adoptons lorsque l'injustice concerne quelqu'un d'autre. Sommes-nous capables de prendre la défense d'une personne qui ne peut pas se défendre elle-même, même lorsque cela ne nous apporte aucun avantage personnel ?
Au cours de ma vie professionnelle, j'ai été amené à connaître des situations dans lesquelles des salariés estimaient être victimes d'une injustice. Dans ces circonstances, la première démarche consiste toujours, lorsque cela est possible, à rechercher le dialogue et une solution équitable. La justice ne devrait pas être une recherche de conflit, mais au contraire une recherche de vérité et d'équilibre. Lorsque le dialogue ne suffit plus, il existe heureusement des institutions et des personnes chargées de faire respecter le droit.
Mais le sens de la justice ne concerne pas seulement le monde professionnel. Il se manifeste également dans les relations ordinaires, dans notre famille, dans notre travail, dans nos amitiés et même dans les rencontres les plus simples de notre quotidien.
Ne pas rester indifférent
Il est parfois plus facile de fermer les yeux sur une injustice. Lorsque nous ne sommes pas directement concernés, nous pouvons être tentés de penser que ce n'est pas notre problème. Pourtant, l'indifférence devant l'injustice peut progressivement nous rendre insensibles à la souffrance de l'autre.
Défendre quelqu'un ne signifie pas nécessairement prendre parti aveuglément. La justice demande au contraire de rechercher la vérité, d'écouter les différentes personnes concernées et de ne pas condamner sans connaître les faits. Il faut également savoir reconnaître lorsque nous avons nous-mêmes tort.
La justice véritable demande donc du courage, mais également de l'humilité.
Dans la tradition chrétienne, la justice ne peut d'ailleurs pas être séparée de l'amour. Le Christ nous demande de regarder notre prochain avec attention et de ne pas vivre uniquement pour nous-mêmes. La justice chrétienne ne consiste pas simplement à appliquer une règle : elle cherche aussi à restaurer, à relever et à réconcilier lorsque cela est possible.
Justice et miséricorde
Il existe parfois une confusion entre justice et dureté. Être juste ne signifie pas être impitoyable.
La justice nous pousse à reconnaître le bien et le mal, à protéger celui qui est victime et à dénoncer ce qui doit l'être. Mais la miséricorde nous rappelle que toute personne demeure un être humain capable de se tromper, de changer et de se relever.
C'est peut-être là l'un des équilibres les plus difficiles de la vie chrétienne : ne pas appeler le mal « bien », tout en refusant de réduire une personne à ses fautes.
Nous pouvons donc condamner une injustice sans haïr celui qui l'a commise. Nous pouvons défendre une personne sans chercher à humilier son adversaire. Nous pouvons rechercher la vérité sans transformer notre désir de justice en désir de vengeance.
Le Christ nous enseigne précisément cette voie exigeante où la vérité et l'amour ne sont pas séparés.
Ce que le karaté m'a appris
Ma pratique du karaté a également profondément influencé ma manière de comprendre la défense et le respect de l'autre.
Dans un art martial véritablement compris, la force ne devrait pas être utilisée pour dominer ou humilier. Elle doit d'abord être maîtrisée. Le pratiquant apprend à contrôler son corps, ses gestes, mais aussi progressivement ses réactions et ses émotions.
C'est pourquoi la pratique martiale peut être comprise comme une école de responsabilité. Savoir se défendre ne signifie pas rechercher le combat. Au contraire, la maîtrise de soi doit permettre d'éviter le conflit lorsque cela est possible et d'utiliser sa force seulement lorsque cela est nécessaire.
Cette idée peut également s'appliquer à notre comportement quotidien. Défendre quelqu'un ne signifie pas forcément combattre physiquement. Parfois, il suffit de parler lorsqu'une personne est injustement accusée, d'aider quelqu'un qui se trouve en difficulté ou simplement de refuser de participer à une injustice.
La véritable force n'est donc pas toujours celle qui frappe. Elle peut être celle qui ose se lever pour protéger sans haine.
La justice commence dans les petites choses
Nous imaginons parfois que défendre la justice nécessite de réaliser de grandes actions. Pourtant, notre comportement quotidien est déjà rempli de petites occasions de faire le bien.
Aider une personne âgée, rendre un service sans attendre de récompense, écouter quelqu'un qui souffre, prendre la défense d'une personne injustement traitée, reconnaître une erreur que nous avons commise ou simplement respecter celui qui se trouve devant nous sont autant de manières très concrètes de faire vivre la justice et l'amour du prochain.
Ces gestes peuvent paraître insignifiants, mais ils témoignent de l'état de notre cœur.
La foi chrétienne ne se limite pas aux paroles que nous prononçons dans l'église. Elle se vérifie aussi dans notre manière de nous comporter lorsque personne ne nous regarde.
Chercher la vérité sans devenir juge
Il faut cependant rester prudent. Nous pouvons être convaincus d'avoir raison et pourtant nous tromper. Notre connaissance des situations est souvent partielle et nous ne connaissons pas toujours les intentions profondes des personnes.
C'est pourquoi le sens chrétien de la justice doit être accompagné du discernement.
Avant de condamner, il faut écouter. Avant d'accuser, il faut vérifier. Avant de juger une personne, il faut se souvenir que nous-mêmes avons besoin de la miséricorde de Dieu.
Cela ne signifie pas qu'il faille rester silencieux devant le mal. Le silence peut parfois devenir une forme de complicité. Mais parler pour la vérité ne donne pas le droit de mépriser celui qui pense autrement ou qui a commis une faute.
La justice chrétienne cherche à remettre les choses à leur juste place, et non à satisfaire notre propre colère.
« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice »
Dans les Béatitudes, le Christ déclare :
« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »
(Matthieu 5,6)
Cette parole donne une profondeur particulière à notre réflexion.
Avoir faim et soif de justice ne signifie pas être constamment à la recherche des fautes des autres. C'est plutôt désirer profondément que le bien, la vérité et la paix puissent prendre leur place dans notre existence.
Cette justice commence par nous-mêmes.
Avant de demander aux autres d'être justes, nous pouvons nous demander si nous le sommes. Avant de dénoncer les fautes d'autrui, nous pouvons examiner notre propre cœur. Avant d'exiger le respect, nous pouvons apprendre à respecter.
C'est peut-être ainsi que commence une véritable transformation : non pas en voulant changer immédiatement le monde entier, mais en permettant à Dieu de changer quelque chose en nous.
Défendre le bien avec un cœur paisible
Le sens de la justice reste donc pour moi lié à plusieurs valeurs : la vérité, le courage, le respect, la maîtrise de soi et surtout la miséricorde.
Il ne s'agit pas de rechercher les conflits ni de vouloir toujours avoir raison. Il s'agit de ne pas accepter que l'indifférence devienne notre manière habituelle de vivre.
Lorsque nous sommes témoins d'une injustice, nous pouvons parfois agir. Lorsque nous pouvons aider, aidons. Lorsque nous devons parler, parlons avec vérité. Lorsque nous devons nous taire, faisons-le sans lâcheté mais avec discernement. Et lorsque nous avons nous-mêmes commis une faute, ayons l'humilité de la reconnaître.
La justice véritable ne nous éloigne pas de Dieu lorsqu'elle est vécue dans l'amour. Elle peut au contraire devenir un chemin vers Lui, à condition de ne jamais oublier que nous avons nous-mêmes besoin de la justice et de la miséricorde de Dieu.
Le chrétien est appelé à défendre la vérité, mais il est également appelé à aimer. Et entre ces deux exigences se trouve peut-être l'un des plus beaux combats de notre vie spirituelle : apprendre à être ferme face au mal tout en gardant un cœur capable de miséricorde.
« Que la justice coule comme de l'eau, et la droiture comme un torrent qui ne tarit jamais ! »
(Amos 5,24)












