lundi 6 novembre 2017

L'eau bénite, le poisson, et Saint Mickaël Archange à Sebastea, Turquie





L’eau bénite, les poissons et l’Archange Michel à Sébastée

Dans l’ancienne région de Sébastée, en Asie Mineure, existait autrefois un lieu de pèlerinage consacré à l’Archange Michael. Une source sacrée, réputée pour ses eaux bénites, attirait de nombreux chrétiens venus prier et demander la guérison.

Selon une ancienne tradition rapportée dans le Synaxaire des saints Archanges Michael et Gabriel, l’empereur Studios était gravement malade. On lui parla alors d’une source consacrée à l’Archange Michael, où des personnes souffrantes venaient chercher la guérison.

La particularité de cette source était la présence de petits poissons. Selon le récit, ils s’approchaient des personnes immergées dans l’eau et touchaient doucement leur peau. Studios se rendit sur place avec foi et espérance et, selon la tradition, retrouva la santé avec les autres malades présents.

Reconnaissant envers Dieu, il consacra une grande partie de ses biens à la construction d’une église dédiée à l’Archange Michael. Le sanctuaire devint progressivement un important lieu de pèlerinage en Asie Mineure.

Une source redécouverte

Au fil des siècles, le sanctuaire disparut et l’emplacement de la source fut oublié.

La tradition rapporte qu’en 1917, un paysan blessé alors qu’il chassait découvrit à nouveau la source. Il lava sa blessure dans l’eau et vit de petits poissons venir autour de celle-ci. Selon son témoignage, la plaie aurait rapidement commencé à se refermer.

Cette découverte aurait attiré d’autres habitants de la région, puis progressivement davantage de visiteurs. Dans les décennies suivantes, la source devint connue pour ses petits poissons, parfois surnommés les « poissons médecins ».

L’endroit est ensuite devenu un site thermal fréquenté, tandis que la mémoire de son ancienne origine chrétienne demeure attachée à l’Archange Michael et à la source sacrée.

Une mémoire chrétienne en Asie Mineure

Au-delà des récits extraordinaires, cette histoire rappelle surtout la profonde présence du christianisme dans cette partie de l’Asie Mineure.

Des sanctuaires dédiés aux saints et aux Archanges y ont longtemps été des lieux de prière et de pèlerinage. La source de Sébastée appartient à cette mémoire ancienne où l’eau, la prière et la confiance en Dieu étaient intimement liées.

Dans la tradition chrétienne, ce n’est évidemment pas l’eau elle-même qui agit comme une puissance magique. L’eau bénite est reçue avec foi comme un signe de la grâce de Dieu, tandis que les saints et les Archanges sont vénérés comme serviteurs et intercesseurs auprès du Seigneur.

Que cette ancienne source soit aujourd’hui devenue un lieu thermal ne fait pas disparaître la mémoire spirituelle qui lui est associée.

Elle demeure ainsi, dans la tradition rapportée par les chrétiens d’Asie Mineure, un témoignage parmi d’autres de la place de l’Archange Michael dans la piété orthodoxe et de la confiance des fidèles envers la miséricorde de Dieu.

« Saint Archange Michael, prie Dieu pour nous ! »

Sources et travail de réécriture

Source principale : Mystique Orthodoxe — « L’eau bénite, le poisson, et Saint Mickaël Archange à Sebastea, Turquie », publié le 6 novembre 2017. La publication est signée Nikos Chiladakis et indique comme source un extrait de Nefthalim.

Travail de réécriture : contenu entièrement reformulé, condensé et réorganisé pour ton blog, avec une présentation plus fluide et une distinction entre les récits traditionnels de guérison et les faits historiquement établis.

dimanche 5 novembre 2017

L'entrée de la Mère de Dieu dans le Temple




L’entrée de la Mère de Dieu dans le Temple

Le 21 novembre, l’Église orthodoxe célèbre la fête de l’Entrée de la Très Sainte Mère de Dieu dans le Temple. Cette fête rappelle, selon la tradition de l’Église, le moment où la jeune Marie fut conduite par ses parents, les saints Joachim et Anne, au Temple de Jérusalem afin d’y être consacrée à Dieu.

Cet événement appartient à la tradition liturgique et spirituelle de l’Église. Il annonce déjà, dans la lecture chrétienne de cet événement, le mystère de l’Incarnation du Christ.

Joachim et Anne consacrent leur enfant à Dieu

Selon la tradition, Joachim et Anne avaient longtemps souffert de leur stérilité. Ils avaient prié Dieu avec confiance et avaient fait le vœu, si un enfant leur était accordé, de le consacrer au Seigneur.

Lorsque Marie naquit, ils accomplirent leur promesse.

Lorsqu’elle atteignit l’âge de trois ans, Joachim et Anne la conduisirent donc au Temple de Jérusalem.

La tradition rapporte qu’ils rassemblèrent leurs proches et que Marie fut accompagnée jusqu’au Temple dans une atmosphère de prière et de célébration.

Elle était encore une enfant, mais ses parents accomplissaient ainsi le vœu qu’ils avaient fait devant Dieu.

Les marches du Temple

La tradition rapporte un détail particulièrement connu de cette fête.

Marie, âgée de trois ans, aurait gravi seule les marches du Temple avec une étonnante assurance, allant à la rencontre du grand prêtre.

Le grand prêtre Zacharie l'aurait alors accueillie et, sous l'inspiration divine, conduite dans le Saint des Saints, le lieu le plus sacré du Temple de Jérusalem.

Selon la Loi ancienne, le grand prêtre lui-même n'entrait dans le Saint des Saints qu'une fois par an.

L'entrée de la jeune Marie dans ce lieu constitue donc, dans la tradition chrétienne, un événement profondément mystérieux.

Une enfant consacrée à Dieu

Après avoir été confiée au Seigneur, Marie demeura auprès du Temple.

La tradition rapporte qu'elle grandit parmi des femmes consacrées à Dieu, dans la prière, la lecture des Saintes Écritures et le travail.

Sa vie d'enfant reste cependant entourée de mystère.

Les Évangiles ne donnent pas de récit détaillé de cette période de son existence. Les traditions concernant son enfance et son séjour au Temple proviennent principalement de la tradition ecclésiale et de textes anciens qui ont nourri la piété chrétienne.

Cette précision est importante : la fête appartient pleinement à la tradition liturgique de l'Église, mais les détails de l'enfance de Marie ne sont pas racontés dans les Évangiles canoniques.

Le Temple comme préparation à l'Incarnation

Pour l'Église orthodoxe, l'importance de cette fête dépasse largement le récit d'une enfance consacrée à Dieu.

Marie est celle qui deviendra la Mère de Dieu, la Theotokos, celle par laquelle le Verbe de Dieu prendra chair.

Son entrée dans le Temple est donc comprise comme une préparation au grand mystère qui s'accomplira avec l'Annonciation et la naissance du Christ.

La fête annonce déjà la venue du Sauveur.

Marie entre dans le Temple, et l'Église voit dans cet événement comme le commencement d'une préparation au Temple vivant que deviendra son propre corps, appelé à porter le Fils de Dieu.

Une vie cachée dans la prière

La tradition rapporte que Marie grandit dans la prière et dans l'amour de Dieu.

Cette dimension est particulièrement importante pour la spiritualité orthodoxe.

Avant même les événements extraordinaires qui entoureront la naissance du Christ, la vie de Marie est présentée comme une vie humble, silencieuse et entièrement tournée vers Dieu.

Elle ne recherche pas la gloire. Elle ne cherche pas à être remarquée. Elle grandit dans le secret du Temple, dans la prière et la fidélité.

Cette image peut également nous parler aujourd'hui. La vie spirituelle ne commence pas nécessairement par de grandes choses visibles.

Elle peut commencer dans le silence, dans une prière quotidienne, dans la fidélité aux petites choses et dans le désir sincère de donner sa vie à Dieu.

La Mère de Dieu, « le Temple vivant »

Les hymnes orthodoxes de cette fête donnent à l'événement une dimension profondément théologique.

Marie est présentée comme celle qui devient le Temple vivant de Dieu, puisqu'elle portera en elle le Christ.

L'Église chante ainsi le mystère de celle qui devient la demeure du Verbe incarné.

La fête nous conduit donc progressivement du Temple de Jérusalem vers le mystère du Christ. Marie entre dans le Temple.

Puis vient le jour où, lors de l'Annonciation, elle reçoit en elle le Fils de Dieu. C'est pourquoi cette fête est également tournée vers Noël : elle annonce déjà la venue du Sauveur.

Une fête ancienne dans la tradition chrétienne

La fête de l'Entrée de la Mère de Dieu dans le Temple est ancienne dans la tradition chrétienne.

Des témoignages anciens et la tradition liturgique montrent l'importance progressivement accordée à cette célébration. Des homélies consacrées à cette fête sont notamment attribuées aux patriarches de Constantinople saint Germain et saint Taraise.

Elle s'est ainsi profondément enracinée dans la vie liturgique de l'Église orthodoxe.

Aujourd'hui encore, elle constitue l'une des grandes fêtes consacrées à la Mère de Dieu.

« Réjouis-toi, toi qui es l’accomplissement du Créateur »

L'un des textes liturgiques associés à cette fête résume admirablement son sens :

« Aujourd'hui est le prélude du bon plaisir de Dieu, et ce qui a été prédit pour le salut des hommes. La Vierge apparaît ouvertement dans le Temple de Dieu, et prédit le Christ à tous. »

La liturgie voit donc dans l'entrée de Marie au Temple le prélude du salut.

Le Christ n'est pas encore né selon la chair, mais tout se prépare déjà dans le dessein de Dieu.

Le message spirituel de cette fête

L'Entrée de la Mère de Dieu dans le Temple nous invite également à réfléchir à notre propre relation avec Dieu.

Marie est consacrée à Dieu dès son enfance. Elle grandit dans la prière.

Elle se prépare, dans le silence, à la mission unique que Dieu lui confiera. Nous pouvons nous aussi demander au Seigneur de faire de notre cœur un lieu où Il puisse demeurer.

Nous ne sommes peut-être pas capables de grandes choses, mais nous pouvons offrir à Dieu notre temps, nos prières, nos difficultés, notre travail et notre vie quotidienne.

Comme Marie, nous pouvons apprendre à avancer avec confiance, même lorsque nous ne connaissons pas encore le chemin qui s'ouvre devant nous.

Une fête tournée vers le Christ

La fête de l'Entrée de la Mère de Dieu dans le Temple n'est finalement pas seulement une fête consacrée à un événement de la vie de Marie.

Elle est profondément christocentrique. Tout conduit vers le Christ. Marie entre dans le Temple et elle grandit dans la prière. Elle reçoit l'annonce de l'ange, devient la Mère du Sauveur. Et par elle, le Verbe de Dieu vient habiter parmi les hommes.

C'est pourquoi l'Église célèbre Marie en contemplant à travers elle le mystère du salut accompli par son Fils.

Une prière à la Mère de Dieu

Très Sainte Mère de Dieu,

toi qui fus consacrée au Seigneur dès ton enfance,

apprends-nous à donner nous aussi notre vie à Dieu avec confiance.

Aide-nous à faire de notre cœur un lieu de prière, de paix et d'amour.

Lorsque nous sommes découragés, conduis-nous vers ton Fils.

Lorsque nous avons peur, apprends-nous à avoir confiance.

Et lorsque nous ne comprenons pas encore le chemin que Dieu ouvre devant nous, aide-nous à avancer avec foi et humilité.

Très Sainte Mère de Dieu, prie pour nous.

Source et travail de réécriture

Article original : « L'entrée de la Mère de Dieu dans le Temple », publié sur Mystique Orthodoxe le 5 novembre 2017.

Travail de réécriture : article entièrement retravaillé en 2026 à partir du texte publié en 2017. Le contenu original a été reformulé, développé et réorganisé avec des sous-titres afin de mieux présenter le sens spirituel et liturgique de cette grande fête orthodoxe.

Précision historique : les récits détaillés concernant l'enfance de la Vierge Marie et son entrée dans le Temple relèvent de la tradition de l'Église et de textes anciens, et ne constituent pas un récit évangélique canonique. L'article original présentait ces éléments comme appartenant à la tradition sacrée.

Références : tradition liturgique orthodoxe de la fête de l'Entrée de la Mère de Dieu dans le Temple ; textes liturgiques de la fête ; références bibliques évoquées dans l'article original.

samedi 4 novembre 2017

Un plan de Saint Paisios l'Athonite pour abroger la loi sur l'avortement en Grèce


Saint Paisios l'Athonite

Saint Païssios et la défense de la vie : un appel à l’action chrétienne

Un témoignage transmis par le hiéromoine Christodoulos l’Athonite

Saint Païssios l’Athonite était profondément préoccupé par la défense de la vie humaine et par la manière dont les chrétiens pouvaient témoigner de leur foi dans la société.

Un témoignage rapporté par le hiéromoine Christodoulos l’Athonite raconte qu’un membre du Parlement grec vint lui demander conseil au sujet de la législation sur l’avortement. Le parlementaire souhaitait savoir s’il devait présenter seul une proposition visant à faire supprimer cette législation.

La réponse attribuée à saint Païssios est particulièrement intéressante : selon lui, une démarche isolée risquait de rester sans effet. Il fallait plutôt rechercher l’unité entre les chrétiens désireux de défendre la vie, au-delà des appartenances politiques.

« Les couleurs politiques ne doivent pas nous séparer »

Pour saint Païssios, toujours selon ce témoignage, les chrétiens appartenant à des sensibilités politiques différentes pouvaient travailler ensemble lorsqu’ils partageaient une même conviction chrétienne.

Il invitait donc le parlementaire à rechercher d’autres élus chrétiens prêts à agir avec lui. Puis, chacun devait prendre contact avec son évêque afin que les responsables de l’Église puissent eux aussi faire entendre leur voix dans le débat public.

L'idée essentielle n'était donc pas seulement de faire une proposition politique, mais de susciter une mobilisation plus large : responsables religieux, médecins, élus et fidèles devaient, chacun selon sa responsabilité, réfléchir à la manière de témoigner de la valeur de la vie humaine.

Une responsabilité qui concerne toute la société

Le témoignage attribué à saint Païssios évoque également le rôle des médecins chrétiens. Ceux-ci devaient informer la population sur les questions médicales liées à l'avortement et participer au débat avec leur compétence professionnelle.

Il faut cependant distinguer ici la pensée spirituelle rapportée de certaines affirmations médicales présentes dans le texte original. Les chiffres et les liens de causalité avancés dans ce témoignage ne doivent pas être présentés aujourd'hui comme des données médicales établies sans vérification indépendante.

Ce qui demeure central dans le récit est la conviction que la défense de la vie ne devait pas être fondée uniquement sur des arguments politiques, mais également sur une réflexion morale, spirituelle et humaine.

Une parole adressée aussi aux chrétiens

Saint Païssios insiste surtout, dans ce récit, sur la nécessité pour les chrétiens de ne pas rester passifs.

Il ne s'agit pas de répondre au mal par la violence ou par la haine, mais de témoigner avec courage de ce que l'on croit être conforme à l'Évangile. La prière, la parole publique, l'engagement des responsables de l'Église, le témoignage des médecins et la responsabilité des citoyens sont présentés comme autant de moyens de faire entendre cette conviction.

Cette idée peut également être comprise dans un sens plus large : lorsqu'un chrétien rencontre dans la société une situation qu'il considère comme contraire à sa foi, il ne doit pas nécessairement se réfugier dans l'indifférence. Il peut prier, s'informer, dialoguer, témoigner et agir avec discernement.

La conscience chrétienne et la loi civile

Le témoignage aborde enfin une question importante : celle de la conscience.

Saint Païssios y exprime la préoccupation que peuvent ressentir des chrétiens lorsqu'une loi civile entre en contradiction avec leurs convictions religieuses. Le texte prend notamment l'exemple des médecins chrétiens qui pourraient être confrontés à un conflit entre leurs obligations professionnelles, la législation et leur conscience.

Cette question montre que le débat autour de l'avortement n'est pas présenté uniquement comme une question politique. Pour saint Païssios, il touche également à la conscience personnelle, à la foi et à la responsabilité devant Dieu.

Ne pas rester les bras croisés

La conclusion du témoignage résume bien le message attribué à l'Ancien : les chrétiens ne doivent pas rester passifs devant ce qu'ils considèrent comme une atteinte grave à la dignité humaine.

Cette parole de saint Païssios peut être reçue avant tout comme un appel à la responsabilité chrétienne. Défendre la vie ne signifie pas seulement dénoncer ce qui est mauvais. Cela signifie également accompagner les personnes en difficulté, soutenir les femmes confrontées à une grossesse difficile, aider les familles et rappeler que chaque être humain possède une dignité qui ne dépend ni de sa force, ni de sa santé, ni de sa situation sociale.

La défense de la vie chrétienne ne peut donc être séparée de la charité.

Prier, témoigner, soutenir et agir avec discernement : voilà une manière de comprendre aujourd'hui l'appel attribué à saint Païssios.

« Les couleurs politiques ne peuvent séparer les chrétiens, car s'ils sont vraiment chrétiens, ils seront unis dans le Christ. »

Cette phrase, rapportée dans ce témoignage, résume peut-être le cœur de son enseignement : avant toute appartenance humaine, le chrétien est appelé à rechercher l'unité dans le Christ et à témoigner de l'Évangile avec courage, mais aussi avec paix et charité.

Une précision sur la source

Le récit n'est pas présenté ici comme un document officiel ou comme une transcription directe des paroles de saint Païssios. Il s'agit d'un témoignage attribué au hiéromoine Christodoulos l'Athonite, repris et traduit par John Sanidopoulos dans Mystagogy, à partir de l'ouvrage grec Σκεύος Εκλογής (Chosen Vessel), pages 126-128. L'article de Mystique Orthodoxe a été publié le 4 novembre 2017.

Source et travail de réécriture

Article original : Mystique Orthodoxe, « Un plan de Saint Paisios l'Athonite pour abroger la loi sur l'avortement en Grèce », 4 novembre 2017.

Source indiquée dans l'article : John Sanidopoulos, A Plan of St. Paisios the Athonite to Repeal the Abortion Law in Greece, 25 septembre 2015, d'après le témoignage du hiéromoine Christodoulos l'Athonite.

Julien L'Apostat, où l'histoire se répétant aujourd'hui



St Nicholas Vélimirovitch
St Nicholas Vélimirovitch

Les adversaires du Christ, par leur lutte contre ce dernier, réalisaient toujours les résultats opposés à ceux escomptés.

Au lieu d'arriver à stopper le Christianisme et l'annihiler, bien au contraire, ils l'ont élargie et l'ont rendu plus fort. Au lieu d'assécher le Christianisme, ils ont pour ainsi dire, inondé le monde entier de celui-ci.

Où un martyr est tombé, une entreprise de chrétiens a été créée ; où la honte a été commise, la gloire a germé ; où il a été dit la fin du Christianisme, il y eut le début de récoltes luxuriantes.

Malgré tous les considérations internationales et les coutumes, Julien l'Apostat (331-363), à cause de son fanatisme idolâtre, a tué les émissaires de la paix qu'étaient Manuel, Ismael et Sabel. Julian a ainsi multiplié le nombre de Chrétiens, et augmenté le nombre de martyrs, et a ainsi accéléré sa propre fin et celle du paganisme. 

Directement et à contre-coeur, Julien l'Apostat a aidé à la diffusion du Christianisme, non seulement par ses persécutions anti-chrétiennes, mais aussi par ses déclarations négligentes. Ainsi, dans des discussions avec des Chrétiens, Julien a dit : "Christ n'a fait rien dans Sa vie qui mériterait la gloire, sauf si c'est compté comme un grand acte, qu'Il a guéri le boiteux, écrasé les démons, rendu la vue aux aveugles." Ô misérable Julien ! Comme si rendre la vue à un aveugle n'était pas un grand acte, plus que parvenir à conquérir dix royaumes ! 

Comment alors avec de telles paroles, Julien l'Apostat, le plus grand traître du Christ après Judas, aurait-il pu reconnaître les miracles du Christ  

Prologue d'Ochrid,

de Saint Nicolas Vélirimovitch

Nota : ce texte de Nicolas Vélirimovitch, peut très bien s'appliquer encore aujourd'hui, avec les persécutions des chrétiens dans le monde, par Daesh et certaines autres communautés ultra-orthodoxes. Homine homino lupus, "l'homme est un loup pour l'homme".

vendredi 3 novembre 2017

Saint Seraphim de Virytsa, et la femme qui a eue 18 avortements


Saint Séraphim de Vyritsa et la femme qui avait subi dix-huit avortements

Un témoignage sur la clairvoyance spirituelle et la miséricorde d’un starets russe

Saint Séraphim de Vyritsa (1866-1949) est l’une des grandes figures spirituelles de la Russie orthodoxe du XXe siècle. De nombreux témoignages rapportent sa clairvoyance spirituelle et les grâces particulières dont il aurait été gratifié.

L’un de ces récits concerne une femme médecin qui, après avoir vécu des années difficiles, vint finalement rencontrer le starets de Vyritsa.

Une femme plongée dans le désespoir

Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette femme et son mari étaient médecins. Son mari désirait profondément avoir des enfants, mais elle-même ne souhaitait pas devenir mère. Selon le témoignage rapporté, elle avait subi dix-huit avortements.

Après la guerre, son mariage se brisa. Elle perdit également son travail et son logement et se retrouva dans une situation de grande pauvreté et de solitude.

Elle chercha de l’aide auprès de différentes organisations, mais sans succès. Le désespoir devint si profond qu’elle en vint à penser au suicide.

C’est alors qu’une ancienne connaissance lui parla d’un vieil homme vivant à Vyritsa, un religieux connu pour aider ceux qui venaient le voir.

La femme, qui ne croyait pas vraiment à la vie spirituelle, pensa qu’elle n’avait plus rien à perdre et décida de se rendre auprès de lui.

La rencontre avec saint Séraphim

Arrivée à Vyritsa, elle demanda à voir le mystérieux vieillard dont son amie lui avait parlé.

Lorsqu’on lui proposa de rencontrer un prêtre, elle se mit en colère. Elle ne voulait pas avoir affaire à un religieux et repartit brusquement.

Mais, sur le chemin, quelque chose d’étrange se produisit : elle fut soudain incapable de marcher. Elle s’assit au bord de la route et se mit à pleurer.

Une femme sortit alors de la maison du starets et lui dit :

« L’Ancien vous demande. »

Elle refusa encore.

Mais la femme lui révéla alors son nom et sa profession, lui précisant qu’elle venait de rentrer d’Allemagne. La visiteuse comprit que le vieillard connaissait des choses qu’elle n’avait racontées à personne.

Elle accepta finalement de revenir dans la cellule de saint Séraphim.

Une parole qui révèle une vie cachée

Le starets était alors âgé et alité.

Selon le témoignage, il lui parla directement de son passé et lui fit comprendre qu’il connaissait les décisions qu’elle avait prises concernant ses enfants à naître.

La femme fut profondément bouleversée. Elle comprit que sa vie entière semblait connue de cet homme et, saisie par le repentir, elle tomba à genoux devant lui en pleurant.

Mais saint Séraphim ne la rejeta pas.

Au contraire, après lui avoir parlé avec fermeté, il lui annonça également que sa situation allait changer. Il lui indiqua où se rendre, lui annonça qu’elle recevrait une responsabilité professionnelle ainsi qu’un logement et qu’elle pourrait reprendre une vie normale.

Elle eut du mal à croire à ces paroles.

Pourtant, selon le récit, les événements se déroulèrent ensuite comme le starets les avait annoncés.

Du désespoir à une nouvelle vie

La femme obtint effectivement une nouvelle fonction dans une clinique et un logement. Elle put ensuite retourner à Leningrad et reconstruire son existence.

Le témoignage rapporte qu’elle devint profondément croyante et qu’elle resta fidèle à saint Séraphim jusqu’à un âge avancé. Elle aurait continué à se rendre régulièrement sur sa tombe à Vyritsa.

Ainsi, cette histoire ne se termine pas par une condamnation, mais par une transformation.

C’est peut-être là l’un des aspects les plus importants du récit.

Le regard du saint : vérité et miséricorde

Dans la tradition orthodoxe, le repentir chrétien n’est jamais simplement la constatation d’une faute. Il est un retournement du cœur et le commencement d’une vie nouvelle.

Dans ce témoignage, saint Séraphim ne cherche pas à flatter cette femme ni à minimiser ce qu’elle avait vécu. Mais il ne l’abandonne pas non plus au désespoir.

Il lui révèle la vérité, puis lui montre un chemin pour continuer à vivre.

Cette attitude rappelle une réalité essentielle de la vie spirituelle : la vérité et la miséricorde ne s’opposent pas.

Reconnaître une faute ne signifie pas que tout est perdu. Même lorsqu’une personne porte un lourd passé, le Christ lui offre toujours la possibilité du repentir, du pardon et d’une vie renouvelée.

Une histoire qui parle aussi à notre époque

Ce récit de saint Séraphim de Vyritsa est particulièrement fort parce qu’il ne présente pas seulement la question de l’avortement sous l’angle de la faute.

Il montre également la solitude, les blessures, les choix difficiles et les conséquences intérieures que peut porter une personne durant toute sa vie.

Pour un chrétien, la réponse à de telles situations ne peut donc pas être uniquement la condamnation.

Elle doit aussi être la prière, l’écoute, l’accompagnement et la miséricorde.

L’Église rappelle la valeur sacrée de la vie humaine, mais elle rappelle également que la miséricorde de Dieu est plus grande que nos fautes.

Celui qui se tourne sincèrement vers Dieu avec un cœur repentant n’est jamais abandonné.

Une leçon spirituelle

L’histoire de cette femme nous rappelle enfin que le désespoir n’est jamais la dernière parole.

Elle pensait avoir tout perdu : son mariage, son travail, son logement et finalement l’espérance elle-même.

Pourtant, sa rencontre avec saint Séraphim devint pour elle le commencement d’une nouvelle existence.

Le message spirituel que l’on peut retenir de ce témoignage est donc simple :

ne jamais désespérer de la miséricorde de Dieu.

Même lorsqu’un passé est douloureux, même lorsque certaines décisions ne peuvent être effacées, le repentir permet de remettre toute notre vie entre les mains du Seigneur.

Saint Séraphim de Vyritsa apparaît ici non seulement comme un ancien capable de discerner les profondeurs du cœur humain, mais aussi comme un père spirituel qui conduit une personne brisée de la culpabilité vers le repentir et de la désespérance vers l’espérance.

« Ne désespérez jamais. Le Seigneur est proche de celui qui se repent sincèrement. »

Cette histoire nous invite ainsi à regarder la question de la vie avec gravité, mais également avec compassion : derrière chaque faute, il y a une personne qui peut encore revenir vers Dieu.

Source et précision

Cet article est une réécriture du texte publié sur Mystique Orthodoxe le 3 novembre 2017 sous le titre « Saint Seraphim de Virytsa, et la femme qui a eue 18 avortements ».

Le récit a été publié en anglais par John Sanidopoulos, le 25 septembre 2015, sous le titre St. Seraphim of Vyritsa and the Woman who had 18 Abortions. John Sanidopoulos indique comme source un ouvrage consacré à saint Séraphim de Vyritsa : Βίος – θαύματα – προφητείες του Αγίου Σεραφείμ της Βίριτσα – Νέου Αγίου της Ορθοδ. Ρωσικής Εκκλησίας (1866-1949), éditions Orthodoxos Kypseli, première édition, 2003. Il précise également avoir traduit le récit.

Il convient de présenter cette histoire comme un témoignage transmis dans la tradition autour de saint Séraphim de Vyritsa, et non comme un récit dont tous les détails historiques pourraient être établis indépendamment.

Saint Seraphim et l'ours




Saint Seraphim, comme Saint François d'Assise, a parlé aux animaux. Un jour, deux nonnes l'ont vu en conversation avec un ours. Les ours des forêts russes sont très féroces, et les deux femmes ont été terrifiées. Mais Seraphim de Sarov les a rassurés et leur a montré que celui qui est sanctifié, vit en paix avec toute la Création".
Olivier Clement.
Extrait de Orthodoxy and Animals

jeudi 2 novembre 2017

Un témoignage au Congrès comme il n'y en a jamais eu


                                       Rachel Scott (5 août 1981 - 20 avril 1999)

Par Darrell Scott, père de Rachel Scott, l'une des victimes de tir de Columbine en 1999 aux USA.

  

Le jeudi 27 mai 1999, Darrell Scott, le père de Rachel Scott, victime des fusillades de Columbine High School à Littleton, au Colorado, a été invité à s'adresser au sous-comité du Comité judiciaire de la Chambre. Ce qu'il a dit à nos dirigeants nationaux au cours de cette session extraordinaire du Congrès a été douloureusement véridique. Ils n'étaient pas préparés à ce qu'il allait dire, ni bien reçus. Il doit être entendu par tous les parents, chaque enseignant, chaque politicien, chaque sociologue, chaque psychologue et chaque soi-disant expert! Ses mots sont puissants, pénétrants et profondément personnels. Ce qui suit est une partie de la transcription, telle que diffusée par les médias électroniques.

Depuis l'aube de la création, il y a eu du bien et du mal dans le cœur des hommes et des femmes. Nous avons tous les graines de la bonté ou les germes de la violence. La mort de ma merveilleuse fille, Rachel Joy Scott, et la mort de ce professeur héroïque et des onze autres enfants décédés ne doivent pas être vains. Leur sang crie pour des réponses.

Le premier acte de violence enregistré était lorsque Caïn a tué son frère Abel sur le terrain. Le tueur était Caïn, et la raison de l'assassinat ne pouvait être trouvé que dans le cœur de Caïn.

Dans les jours qui ont suivi la tragédie de Columbine, j'ai été étonné de la rapidité avec laquelle les doigts ont commencé à être pointés vers des groupes comme la NRA. Je ne suis pas membre de la NRA. Je ne suis pas un chasseur. Je ne possède même pas d'arme à feu. Je ne suis pas ici pour représenter ou défendre la NRA, parce que je ne crois pas qu'ils soient responsables de la mort de ma fille. Par conséquent, je ne crois pas qu'ils doivent être défendus. Si je croyais qu'ils avaient quelque chose à voir avec le meurtre de Rachel, je serais leur meilleur adversaire. Je suis ici aujourd'hui pour déclarer que Columbine n'était pas seulement une tragédie : c'était un événement spirituel qui devrait nous forcer à regarder là où le vrai blâme ment ! Une grande partie de la faute réside ici dans cette pièce. Une grande partie du blâme se trouve derrière les doigts pointés des accusateurs eux-mêmes.

J'ai écrit un poème il y a seulement quatre nuits qui exprime mieux mes sentiments. C'était écrit bien avant que je sache que je parlerais aujourd'hui.
Vos lois ignorent nos besoins les plus profonds, 
Vos mots sont de l'air vide. 
Vous avez dépouillé notre héritage, 
Vous avez interdit la prière simple. 
Maintenant, les coups de feu remplissent nos salles de classe, 
Et des enfants précieux meurent. 
Vous cherchez des réponses partout, 
et posez la question "Pourquoi?" 
Vous réglez les lois restrictives, 
Par le biais du credo législatif. 
Et pourtant, vous ne comprenez pas 
que Dieu est ce dont nous avons besoin!
Les hommes et les femmes sont des êtres en trois parties. Nous sommes fait de corps, d'âme et d'esprit . Lorsque nous refusons de reconnaître une troisième partie de notre composition, nous créons un vide qui permet au mal, aux préjugés et à la haine de se précipiter et de ravager. Les influences spirituelles étaient présentes dans nos systèmes éducatifs pour la plus grande partie de l'histoire de notre nation. Beaucoup de nos principaux collèges ont commencé comme des séminaires théologiques. C'est un fait historique. Qu'est-ce qui nous est arrivé en tant que nation ? Nous avons refusé d'honorer Dieu et, ce faisant, nous ouvrons les portes à la haine et à la violence. Et quand quelque chose d'aussi terrible que la tragédie de Columbine se produit, les politiciens cherchent immédiatement un bouc émissaire comme la NRA. Ils cherchent immédiatement à adopter des lois plus restrictives qui contribuent à éroder nos libertés personnelles et privées. Nous n'avons pas besoin de lois plus restrictives.

Eric et Dylan n'auraient pas été arrêtés par des détecteurs de métaux. Aucune quantité de lois sur les armes à feu ne peut arrêter quelqu'un qui passe des mois à planifier ce type de massacre. Le vrai méchant réside dans nos propres coeurs. La posture politique et la législation restrictive ne sont pas les réponses. Les jeunes de notre nation détiennent la clé. Il se produit un réveil spirituel qui ne sera pas effacé ! Nous n'avons pas besoin de plus de religion. Nous n'avons pas besoin de plus d'évangélistes à la télé vomissant des ordures religieuses verbales. Nous n'avons pas besoin de plus d'un million d'édifices religieux construits alors que les personnes ayant des besoins essentiels sont ignorées. Nous avons besoin d'un changement de cœur et d'une humble reconnaissance que cette nation a été fondée sur le principe de la simple confiance en Dieu  !

Comme mon fils Craig se trouvait sous la table de la bibliothèque de l'école et qu'il avait vu ses deux amis assassinés sous ses yeux, il n'a pas hésité à prier à l'école. Je défie toute loi ou politicien de lui nier ce droit ! Je mets au défi chaque jeune en Amérique et dans le monde de réaliser que le 20 avril 1999, à Columbine High School, la prière a été ramenée dans nos écoles. Ne laissez pas les nombreuses prières offertes par ces étudiants être vaines. Osez entrer dans le nouveau millénaire avec un mépris sacré pour une législation qui viole le droit de Dieu de communiquer avec Lui. Pour ceux d'entre vous qui pointeraient du doigt la NRA, je vous donne un défi sincère. Osez examiner votre propre coeur avant de lancer la première pierre ! La mort de ma fille ne sera pas en vain ! Les jeunes de ce pays ne permettront pas que cela se produise! "
- Lorsque saint Paul l'apôtre fait référence à «corps, âme et esprit», le mot «esprit» est utilisé pour désigner le nous. Nous n'avons pas deux âmes comme l'expression pourrait le suggérer. Mais ici, l'auteur ne se réfère pas au nous, mais au souffle de Dieu inculqué à chaque homme.

Extrait de Patrimoine Orthodoxe,

L'acte horrible d'Abba Apollo de Scetis

L'acte horrible d'Abba Apollo de Scetis et la puissance du repentir

Parmi les récits transmis par les Pères du Désert, certains sont particulièrement difficiles à entendre. Pourtant, leur objectif n'est pas de nous enfermer dans l'horreur du péché, mais de nous montrer jusqu'où peut aller la miséricorde de Dieu lorsque l'homme se repent sincèrement.

Un acte terrible

Abba Apollo de Scetis avait autrefois été berger. Selon le récit transmis par les Pères du Désert, il menait une vie grossière et éloignée de Dieu.

Un jour, voyant une femme enceinte dans un champ, il fut poussé par une pensée mauvaise à vouloir savoir comment se trouvait l'enfant dans son sein. Dans un acte terrible, il tua la femme ainsi que son enfant.

Mais aussitôt après son geste, son cœur fut profondément bouleversé.

Il prit alors la décision de quitter le monde et de se rendre à Scetis, afin de confesser son péché aux Pères du Désert et de chercher auprès de Dieu le pardon et le salut.

« Je n'ai jamais fait une prière »

À son arrivée, Apollo entendit les moines chanter le psaume 90 :

« Les jours de nos années s'élèvent à soixante-dix ans, et pour les plus robustes, à quatre-vingts ans ; et l'orgueil qu'ils en tirent n'est que peine et misère, car le temps passe vite, et nous nous envolons. »

Ces paroles le frappèrent profondément.

Il dit alors aux Pères :

« J'ai quarante ans et je n'ai jamais fait une prière. Mais si je vis encore une année, je ne cesserai de prier Dieu pour qu'il me pardonne mes péchés. »

À partir de ce moment, il consacra toute sa vie à la pénitence et à la prière.

Jour et nuit, il répétait :

« Moi qui, en tant qu'homme, ai péché, fais-moi, mon Dieu, miséricorde et pardonne-moi mes péchés. »

La prière devint ainsi le centre de toute son existence.

Une douleur qui demeurait dans son cœur

Un frère qui vivait auprès de lui l'entendit un jour prier :

« J'ai péché contre toi, Seigneur ; pardonne-moi afin que je puisse jouir d'un peu de paix. »

Apollo avait la conviction que Dieu lui avait pardonné ses péchés. Pourtant, une douleur particulière demeurait en lui lorsqu'il pensait à l'enfant qu'il avait tué.

Il ne parvenait pas à trouver la paix à ce sujet.

Alors un vieil homme lui dit que Dieu lui avait également pardonné ce péché, mais qu'Il permettait que cette douleur demeure encore en lui parce qu'elle était devenue, pour son âme, une occasion de pénitence et d'humilité.

Le récit montre ainsi quelque chose de très profond : le pardon de Dieu ne signifie pas que l'homme doit oublier la gravité de ses actes. La véritable repentance transforme le cœur et conduit l'homme à vivre désormais dans la vigilance, l'humilité et la prière.

« Je vais travailler avec le Christ aujourd'hui »

Avec le temps, la vie d'Abba Apollo fut entièrement transformée.

L'homme qui avait commis un acte épouvantable devint un homme de prière, de pénitence et de recherche du salut.

Dans sa cellule d'ermite, il pouvait désormais dire avec joie :

« Je vais travailler avec le Christ aujourd'hui, pour le salut de mon âme, car c'est la récompense qu'Il donne. »

Cette parole résume toute la transformation opérée par le repentir.

Aucun péché ne doit conduire au désespoir

Ce récit des Pères du Désert ne cherche évidemment pas à minimiser l'horreur du crime commis par Apollo. La gravité de son acte demeure entière.

Mais l'Église nous rappelle aussi que le péché, aussi terrible soit-il, ne doit jamais conduire l'homme au désespoir lorsqu'il se tourne sincèrement vers Dieu.

Le repentir véritable ne consiste pas simplement à regretter ce que l'on a fait. Il signifie se tourner vers Dieu, reconnaître son péché, demander pardon et commencer une vie nouvelle.

L'histoire d'Abba Apollo nous rappelle ainsi que la miséricorde divine est plus grande que notre misère. Elle ne change pas le passé et n'efface pas les conséquences de nos actes, mais elle peut transformer profondément celui qui revient vers Dieu avec un cœur brisé et sincère.

La tradition des Pères du Désert nous invite donc à ne jamais désespérer du salut, ni pour nous-mêmes, ni pour ceux qui ont gravement péché.

Tant que l'homme vit, le chemin du repentir reste ouvert.

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous, pécheurs.

Source et travail de réécriture

Source ancienne :
Le récit d'Abba Apollo de Scetis appartient aux Apophtegmes des Pères du Désert, dans la collection alphabétique des Apophthegmata Patrum, sous le nom d'Apollo. Le texte grec ancien rapporte le récit de sa conversion et de sa longue pénitence après le meurtre de la femme enceinte et de son enfant.

Traduction anglaise de référence :
Benedicta Ward, The Sayings of the Desert Fathers: The Alphabetical Collection, Cistercian Publications, 1984, p. 36. Le récit d'Abba Apollo y figure sous la rubrique « Apollo ».

Source reprise pour l'article :
John Sanidopoulos, « The Horrific Act of Abba Apollo of Scetis », publié le 26 janvier 2017 sur Orthodox Christianity Then and Now. Sanidopoulos donne le récit en anglais et indique explicitement comme source The Sayings of the Desert Fathers.

Source française utilisée pour cette publication :
L'article « L'acte horrible d'Abba Apollo de Scetis », publié sur Mystique Orthodoxe le 2 novembre 2017, reprend ce récit à partir de la publication de John Sanidopoulos.

Remarque :
Il s'agit donc d'un récit issu de la tradition des Pères du Désert, transmis sous la forme d'un apophtegme monastique. Le texte doit être lu comme un enseignement spirituel sur le repentir, la pénitence et la miséricorde de Dieu, plutôt que comme un récit historique moderne documenté selon les critères contemporains.

mercredi 1 novembre 2017

Saint David, Patron du Pays de Galles



Par Dmitry Lapa

St. David (en gallois: "Dewi Sant"), l'un des plus grands et les plus aimés saints du pays de Galles, est probablement né en 500 (plusieurs traditions donnent plusieurs dates différentes de à la fin du 5ème siècle jusqu'à environ 520). La version complète de sa vie, écrite vers 1090, est considérée comme l'un des meilleurs monuments littéraires médiévaux décrivant la vie et l'organisation des monastères celtes au début de l'Église. De temps en temps, saint David, un grand travailleur merveilleux qui était célèbre pour ses nombreux exploits et ses bonnes œuvres pour la gloire de Dieu, a été vénéré en tant que saint patron du Pays de Galles.

Sa mère était Sainte Nonna (commémorée le 3 mars), qui est descendue de la maison royale de Dyfed au Pays de Galles. Elle est devenue plus tard une religieuse et s'est reposée en Bretagne. Un certain nombre d'églises sont consacrées à Ste Nonna à ce jourb; notamment, une chapelle très ancienne et un sanctuaire de Sainte Nonna non loin de la cathédrale de son fils dans la ville de St. David, et de l'église Ste Nonna dans le village d'Altarnun à Cornwall, en Angleterre, qui conserve probablement ses reliques.

On a dit que saint David avait déjà fait des miracles dans le ventre de sa mère. Une fois enceinte, Ste Nonna est entrée à l'église pour écouter un sermon. Mais le prêtre a perdu son discours pendant un moment. Cela a été compris comme un signe du Seigneur que le nourrisson dans le ventre de Nonna devait surpasser tous les enseignants de foi au Pays de Galles et devenir le père spirituel de la nation galloise.

Depuis l'enfance, le futur Saint-David a excellé dans la piété et l'amour pour l'église. Il est devenu un moine et un prêtre très jeune. Il a été formé à la vie monastique dans divers monastères du pays de Galles. Le fait était que l'Église et la vie monastique relativement développées, existaient déjà au pays de Galles à l'époque de saint David, mais c'était saint David que le Seigneur choisissait comme le plus grand saint de cette nation, créateur de plus de 10 monastères et fondateur d'un principal centre spirituel - un archidiocèse. Ainsi, la sainte hiérarchie a rempli la terre galloise avec l'esprit de sainteté et d'ascétisme, fournissant au pays un grand potentiel et force spirituelle pendant de nombreux siècles.

En l'année 447, l'évêque Germanus d'Auxerre est retourné en Grande-Bretagne de la Gaule pour lutter contre l'hérésie du Pelagianisme, qui se répandait à cette époque dans certaines parties de l'Europe. Non seulement St. Germanus réussit dans sa tâche, mais il a également laissé ses disciples en Grande-Bretagne, à savoir au Pays de Galles, dont le plus grand était St. Iltut, fondateur de l'important centre monastique de Llantwit Major. St. Iltut est connu comme le premier organisateur de la vie monastique au Pays de Galles. Ce saint, à son tour, avait beaucoup de disciples, qui a continué et a terminé sa tâche.Parmi eux, il y avait de si grands pères de l'Église "de la deuxième génération" comme Cadoc, Dyfrig, Paternus, Gildas le Sage et, bien sûr, David. Saint David a reçu une instruction spirituelle et une expérience dans la vie monastique de nombreux pères monastiques. Ainsi, il a visité St. Paulinus (qu'il a guéri de la cécité soudaine) à Whitland et à l'école monastique de Llantwit Major. Maintenant, bien préparé dans la vie monastique et à la connaissance divine, saint David s'est mis à voyager à travers le pays (en suivant l'exemple de l'ascète celtique), en établissant des monastères et des églises. Dans le sud du pays de Galles, il a guéri une habitante locale contre la cécité.



                                    Cathédrale Saint-David, Pembrokeshire

Dans le sud-ouest du pays, à Pembrokeshire, St. David avec ses compagnons (St. Teilio et St. Aidan de Ferns étaient parmi eux) a fondé son monastère le plus connu à Mynyw (la forme latinisée est Menevia), maintenant appelé St David. Saint David est devenu son abbé. Les frères de Menevia suivaient une règle très stricte. L'auteur de la vie de saint David souligne que les moines et les disciples de saint David ont lu la vie des pères du désert d'Egypte et ont essayé de les suivre dans leurs pratiques ascétiques et la vie monastique quotidienne autant qu'ils le pourraient. Le monastère de Menevia, où le travail manuel et l'éducation étaient toujours encouragés et prospéraient, devenait un véritable semeur de saints. Une discipline stricte sous la direction de l'abbé a été conservée dans ce monastère pendant de nombreuses années. La nourriture des frères était très simple et se composait de pain, d'herbes et d'eau. L'alcool a été absolument exclu, et le poisson n'a été administré que dans des cas extrêmes et des occasions spéciales.

L'abbé a mené la même vie simple que ses moines et a travaillé aussi fort que n'importe lequel d'entre eux. Tous les membres de la communauté portaient des vêtements simples et tous leurs biens étaient en commun. La pauvreté volontaire et le refus de toutes les possessions étaient parmi les règles principales du monastère. Les frères ont fréquenté tous les jours de très nombreux services religieux. Saint David lui-même, comme beaucoup d'autres saints celtiques, se retirait à la rivière pour lire tout le Psautier, debout dans l'eau froide du fleuve, même en hiver. Toutes les conversations, à l'exception des très nécessaires, étaient interdites. La préparation ascétique de l'esprit et du cœur dans la prière intérieure était commune parmi les fondations celtiques du pays de Galles de cette période. La communauté avait la coutume de distribuer de la nourriture aux personnes dans le besoin, aux veuves, aux malades, aux handicapés, aux invités et aux pèlerins.



                                           L'église Saint-David à Llandewi-Brefi, Ceredigion

On sait que saint David a participé à l'important Conseil de l'Eglise de Brefi au Pays de Galles, qui a eu lieu en 545 ou 560. Le Conseil a été appelé à condamner l'hérésie du pélagianisme et à discuter des questions de discipline de l'Église. Selon la tradition, saint David a parlé si éloquemment et a été tellement inspiré, qu'une colline se montrait miraculeusement sous lui et une colombe blanche descendit sur son épaule. Lors de cette réunion, saint David a été élu à l'unanimité l'archevêque de Menevia et toute l'Église galloise, et son monastère a été déclaré la capitale spirituelle du pays. La version ultérieure de sa vie affirme que saint David a été élevé au rang d'archevêque par le patriarche de Jérusalem en Terre Sainte, où le saint a voyagé avec les Sts. Teilio et Paternus.

Saint David a également défendu la pureté de l'Église contre les hérésies, et il est devenu «l'ennemi des monothelites». Beaucoup de saints, contemporains de saint David, étaient ses amis; parmi eux était saint finnois de Clonard , «le père des saints d'Irlande». La tradition dit que saint David a probablement créé ou, probablement, restauré la vie monastique à Glastonbury à Somerset.

La gloire de saint David en tant que travailleur ouvrier, un prédicateur de Dieu et un grand aideur du peuple, s'est répandu dans toute la Grande-Bretagne et l'Irlande. Le saint a fait beaucoup de miracles pendant sa vie et après son repos. Une fois, il a donné à un voyageur un cheval qui l'a emmené à travers la mer. Saint David et ses disciples ont prêché l'Évangile avec beaucoup de zèle, surtout dans le sud du Pays de Galles, et leur renommée s'étend de là à beaucoup d'autres royaumes et terres. De nombreux dirigeants et princes, entendant les sermons de saint David, ont donné leurs richesses aux pauvres et, dans certains cas, ont même laissé leurs trônes et ont pris la vie monastique. Saint David avait l'habitude de dire: «Soyez joyeux, frères et sœurs, gardez la foi sainte et faites vos petites bonnes œuvres», et aussi: «Réjouissez-vous et soyez dans la foi. Faites-vous les mêmes petites actions que vous avez faites: vous-mêmes les vit et les entendit. Je suivis le chemin que nos pères marchaient devant nous."



                                                    Église Saint-David, Caldey Island

Le saint hiérarque David reposa dans le Seigneur le 1er mars 589 (selon une autre version: 601). Après le repos de Saint-David, la vénération grandissait de plus en plus, s'étendant du sud du Pays de Galles dans tout le pays et de là en Irlande, Cornwall (qui avait des liens spirituels très étroits avec le Pays de Galles et, en fait, la vie monastique en Grande-Bretagne est apparue pour la première fois à Tintagel dans le nord de la Cornouailles), parties de l'ouest de l'Angleterre et de la Bretagne. Certains savants pensent que St. David a fait de fréquents voyages à Cornwall, en Bretagne et dans d'autres régions où il a construit des monastères. Pour chaque Gallois, St. David est un mode de réalisation et une personnification du Pays de Galles.



                                                    Sanctuaire de St. David de Galles à St David

Les reliques de Saint-David ont survécu et sont dans la magnifique cathédrale Saint-David (XIIe-XIVe siècles) au pays de Galles à ce jour. Cette cathédrale se situe précisément sur le site du monastère d'origine établi par David. Les pèlerins viennent ici chaque année. Le monastère de Saint-David existait pendant de nombreux siècles, bien qu'au 10ème et au 11ème siècle il a été pillé par les Vikings. Ses reliques furent grandement vénérées par les fidèles jusqu'à la Réforme, lorsque son sanctuaire splendide et richement décoré fut ravagé et profané ; cependant, les reliques du saint évêque ont survécu.

Au cours de la seconde moitié du 20ème siècle, au moins 50 églises ont été consacrées à St. David. Ainsi, une église normande du XIIe siècle dans le village de Llandewi-Brefi dans le comté de Gelsé de Ceredigion lui est dédiée. L'église se trouve sur le même site où a eu lieu le Conseil de Brefi et sur la petite colline qui a poussé sous les pieds du saint ; Parmi ses trésors se trouve une statue de saint David, avec des croix celtiques. Saint David est généralement représenté sur des icônes comme un évêque avec une colombe sur son épaule, debout sur une hauteur (élévation). Le 1er mars, fête de Saint-David, est la fête nationale du Pays de Galles. En ce jour, les Gallois portent une jonquille - un vieux emblème du saint - dans leurs boutonnières. Probablement cela est dû à la similitude entre le nom de la fleur et le nom du saint (dans Welsh, une jonquille est "dorsale").



                                         Eglise  St. Mary et St. David à Kilpeck, Herefordshire

Parmi les nombreuses églises paroissiales consacrées à St. David en Angleterre, on peut citer l'église normande St. Mary's et St. David's dans le Kilpeck à Herefordshire (elle contient de nombreuses figures en pierre sculptée de personnes, d'anges et même animaux) ; L'Église Saint-David dans le village de Little Dewchurch à Herefordshire, l'église Saint-David dans la petite ville de Moreton-in-Marsh à Gloucestershire, les églises de Saint-David dans le village d'Ashprington et dans la ville d'Exeter en Devon ; St. David's Church dans la ville de Birmingham dans les Midlands de l'Ouest et d'autres. Il y a aussi une paroisse orthodoxe russe de St. David dans la ville de Derby, dans le centre de l'Angleterre.


                                          Église Saint-David à Little Dewchurch, Herefordshire

Parmi les églises les plus importantes consacrées au Pays de Galles à son patron, il y a l'église Saint-David dans la ville de Denbigh dans le comté de Denbighshire (à la fin du 16ème siècle, le comte de Leicester a commencé à construire cette église comme une future cathédrale, mais ne fut jamais terminée) ; l'ancienne église de l'abbaye de St. David dans le village de Henfynyw à Ceredigion (le saint lui-même fut probablement instruit pendant quelque temps dans le monastère local, il y a un saint puits de Saint-David à proximité) ; L'église Saint-David sur l'île de Caldey (une partie est du 6ème siècle, elle a été employée comme une foret depuis quelque temps, mais a été restaurée au 19ème siècle) et bien d'autres. Les églises dédiées à St. David peuvent également être trouvées dans des pays comme l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis.

Saint Hiérarque David, priez Dieu pour nous!

Extrait de Pravoslavie,
Holy Hierarch David, Patron Saint of Wales