Dans la tradition orthodoxe, le 2 juillet est consacré à la fête de la Déposition de la Sainte Robe de la Très Sainte Théotokos aux Blachernes. Cette célébration commémore la présence à Constantinople d'un vêtement considéré comme ayant appartenu à la Mère de Dieu.
Cette relique doit être distinguée de la Sainte Ceinture de la Théotokos, dont la fête est célébrée le 31 août. La tradition orthodoxe conserve ainsi le souvenir de plusieurs vêtements associés à la vie de la Vierge Marie.
La Robe de la Théotokos aux Blachernes
La tradition rapporte qu'une précieuse relique de la Mère de Dieu fut transférée à Constantinople et déposée dans le sanctuaire des Blachernes, l'un des principaux lieux de dévotion mariale de la capitale byzantine.
Les sources relatives à l'origine de la relique présentent cependant plusieurs traditions. Une tradition populaire évoque notamment les apôtres Pierre et Marc. Les sources constantinopolitaines rapportent pour leur part le transfert de reliques depuis la Palestine au Ve siècle, associé notamment à Galbios et Candidos, puis leur installation dans le sanctuaire des Blachernes sous l'empereur Léon Ier.
L'église des Blachernes devint progressivement l'un des sanctuaires les plus importants de Constantinople. La Sainte Robe y était conservée dans un reliquaire placé dans le sanctuaire, et sa présence contribua au développement de la dévotion envers la Mère de Dieu dans la capitale impériale.
Le 2 juillet fut ainsi consacré à la mémoire de la Déposition de la Robe de la Théotokos aux Blachernes.
Une relique vénérée en Géorgie
Une autre tradition rattache aujourd'hui une relique de la Sainte Robe à la Géorgie occidentale.
Elle est conservée à Zugdidi, en Samegrelo, dans un musée où elle est gardée comme un précieux témoignage de la foi chrétienne géorgienne. Son histoire est liée depuis plusieurs siècles à l'église de Khobi.
Deux traditions principales sont rapportées concernant son arrivée en Géorgie. Selon l'une d'elles, la relique aurait été apportée depuis Jérusalem au début du XIIe siècle. Une autre tradition la fait parvenir en Géorgie dès le VIIIe siècle, durant la période de l'iconoclasme dans l'Empire byzantin.
La Chronique de la vie de Kartli mentionne quant à elle la présence de la précieuse Robe de la Très Sainte Théotokos dans l'église de Khobi pendant une longue période.
Le témoignage des voyageurs
La présence de cette relique en Géorgie occidentale est également associée à plusieurs témoignages historiques.
En 1640, les envoyés russes Fedot Elchin et Pavel Zakharev se rendirent en Géorgie occidentale et rapportèrent avoir vu la précieuse relique. D'autres voyageurs et religieux ayant parcouru la région témoignèrent également de son existence, parmi lesquels Giuseppe Maria Zampi, missionnaire italien devenu patriarche d'Alexandrie, ainsi que des moines venus du Mont Athos.
La Robe aurait alors été conservée dans une caisse d'argent placée sur l'autel de l'église de Khobi, sous la protection et les sceaux du prince Levan II Dadiani.
Ces témoignages sont particulièrement importants pour l'histoire de la dévotion à la relique : ils montrent que la tradition concernant sa présence en Géorgie était déjà bien établie à l'époque moderne.
La vénération à Zugdidi
Aujourd'hui, la relique est conservée à Zugdidi. Elle demeure un objet de grande vénération pour les chrétiens orthodoxes géorgiens.
La tradition rapporte également de nombreuses guérisons et interventions miraculeuses attribuées à la prière devant la Sainte Robe. Ces récits appartiennent à la mémoire spirituelle et à la dévotion populaire qui entourent la relique.
Lors de la fête du 2 juillet, la relique est traditionnellement présentée aux fidèles dans le cadre des célébrations liturgiques. Des pèlerins viennent alors se recueillir devant ce qui est considéré comme un témoignage particulièrement précieux de la présence et de la protection maternelle de la Théotokos.
La vénération d'une relique ne signifie pas que les fidèles adorent un objet matériel. Dans la compréhension chrétienne orthodoxe, l'honneur rendu à une relique est orienté vers la personne qu'elle rappelle. La Sainte Robe devient ainsi un signe visible de la mémoire de la Mère de Dieu et de la place singulière qu'elle occupe dans la foi de l'Église.
La tradition géorgienne voit dans cette relique un trésor spirituel confié à une terre profondément attachée à la foi chrétienne. La prière liturgique exprime cette confiance en présentant le vêtement de la Théotokos comme une protection contre les ennemis visibles et invisibles.
Ainsi, de Constantinople à la Géorgie, la mémoire de la Sainte Robe demeure liée à la dévotion envers la Mère de Dieu. Au-delà de l'histoire mouvementée de la relique et des différentes traditions concernant son origine, sa vénération témoigne surtout de la place profondément enracinée de la Théotokos dans la spiritualité orthodoxe.
Sources
Source de départ :
Mystique Orthodoxe, « La Robe Sainte de la Théotokos (Vierge Marie) », 11 février 2018 :
https://mystiqueorthodoxe.blogspot.com/2018/02/la-robe-sainte-de-la-theotokos-vierge.html
Sources complémentaires :
Église Orthodoxe de Géorgie, « Deposition of the Precious Robe of the Theotokos in Vlachernae », 15 juillet 2014 :
https://www.patriarch.ge/eng/news/id/2375
Georgia Travel, « Khobi Monastery » :
https://georgia.travel/khobi-monastery
Martin Jugie, « L'Église de Chalcopratia et le culte de la Sainte Vierge à Constantinople », Revue des études byzantines, 1913, p. 308-312 :
https://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1913_num_16_101_4066
« Le récit de l'Histoire euthymiaque sur la mort et l'Assomption de la Sainte Vierge », Revue des études byzantines, 1926 :
https://www.persee.fr/doc/rebyz_1146-9447_1926_num_25_144_4585
Bissera V. Pentcheva, Icons and Power. The Mother of God in Byzantium, compte rendu dans la Revue des études byzantines :
https://www.persee.fr/doc/rebyz_0766-5598_2008_num_66_1_3044_t14_0335_0000_1
Travail de réécriture
Réécriture complète à partir de la publication originale de 2018, avec restructuration du contenu, reformulation et enrichissement historique. Les différentes traditions concernant l'origine de la Sainte Robe et son arrivée en Géorgie ont été distinguées des éléments historiquement documentés. Le contexte des sanctuaires des Blachernes, de Khobi et de Zugdidi a également été développé à partir de sources complémentaires. Les récits de miracles et de guérisons sont présentés comme relevant de la tradition et de la dévotion orthodoxes, sans les présenter comme des faits historiquement ou scientifiquement établis.














