Saint Païssios et les enfants atteints de trisomie
Saint Païssios l’Athonite parlait avec beaucoup de gravité de la manière dont la société considère les enfants porteurs d’un handicap ou d’une maladie.
Dans un témoignage rapporté par Athanásios Rakovalis dans Le Père Païssios m’a dit, le saint ancien dénonce notamment l’idée selon laquelle un enfant diagnostiqué comme trisomique devrait être supprimé avant sa naissance. Pour lui, la valeur d’une personne ne dépend ni de sa santé, ni de ses capacités physiques ou intellectuelles.
Un enfant reste une personne
Saint Païssios aurait ainsi déploré que l’on puisse conseiller à certains parents d'avoir recours à l'avortement après avoir appris que leur enfant serait atteint de trisomie.
Dans la perspective chrétienne rapportée par Rakovalis, l’enfant à naître demeure une personne humaine, avec une âme, même lorsqu’il est marqué par une maladie ou un handicap.
Cette parole rejoint une conviction fondamentale de la foi orthodoxe : chaque être humain possède une dignité qui ne dépend pas de ses performances, de son apparence ou de son état de santé.
Un enfant fragile n’est pas une vie de moindre valeur.
Une épreuve qui peut devenir un chemin spirituel
Saint Païssios ne présente pas pour autant la vie avec un enfant handicapé comme une réalité facile.
Elle peut demander aux parents beaucoup de patience, de courage, de renoncement et d’amour.
Mais, dans son enseignement spirituel, l’épreuve peut également devenir un chemin de sanctification.
Accueillir un enfant qui demande davantage d’attention signifie apprendre à aimer sans attendre de récompense, à donner sans calculer et à découvrir une forme d’amour plus désintéressé.
Le chrétien est ainsi appelé à regarder l'être humain avec les yeux de Dieu plutôt qu'à mesurer sa valeur selon les critères du monde.
La prière ne doit jamais devenir une recherche de mérite
Le témoignage rapporte également une comparaison utilisée par saint Païssios.
Il évoque celui qui accomplit de nombreuses prières et de nombreuses prosternations, mais qui finit par en tirer de l’orgueil.
Pour l’ancien, la vie spirituelle ne consiste pas à multiplier les pratiques religieuses tout en oubliant l’amour et la compassion.
On peut beaucoup prier et pourtant manquer l’essentiel si notre cœur devient dur envers ceux qui souffrent.
La véritable prière doit conduire à l'humilité et à la charité.
« Ceux qui sauvent leur enfant de la mort »
Le témoignage attribué à saint Païssios affirme que les parents qui choisissent de protéger leur enfant malgré les difficultés recevront une récompense auprès de Dieu.
Il faut comprendre cette parole dans le cadre spirituel du récit : elle ne signifie pas que les parents d'un enfant handicapé seraient abandonnés à leurs seules forces.
Au contraire, elle met en avant la patience et le sacrifice comme des chemins possibles vers Dieu.
Dans cette perspective, prendre soin d’un enfant fragile peut devenir une œuvre d’amour accomplie dans le secret, connue de Dieu même lorsque personne d’autre ne la voit.
Accueillir la vie avec amour
Le message transmis par ce témoignage demeure particulièrement actuel.
Une société peut facilement être tentée de considérer la maladie, le handicap ou la trisomie uniquement sous l'angle du diagnostic, des difficultés ou des contraintes.
La foi chrétienne invite à regarder d'abord la personne.
Avant d'être un diagnostic médical, un enfant est un être humain.
Avant d'être une difficulté pour une famille, il est une personne capable d'être aimée et de donner de l'amour.
C'est pourquoi la défense de la vie doit toujours être accompagnée d'une véritable solidarité envers les parents : soutien matériel, accompagnement médical, aide psychologique, présence familiale et fraternité chrétienne.
Dire qu'une vie est précieuse implique également d'aider ceux qui doivent la porter et l'accompagner.
Une parole de saint Païssios pour aujourd'hui
À travers ce témoignage d'Athanásios Rakovalis, saint Païssios nous invite à ne jamais mesurer la valeur d'une personne à ses capacités.
L'enfant malade ou handicapé n'est pas une erreur de la création.
Il demeure une personne confiée à notre amour.
Pour le chrétien, accueillir les plus fragiles signifie aussi apprendre à reconnaître dans leur vulnérabilité un appel à la compassion, au sacrifice et à l'humilité.
Que le Seigneur donne aux parents confrontés à une telle épreuve la force, la patience et l'espérance nécessaires, et qu'Il nous apprenne à regarder chaque vie humaine avec respect et amour.
« Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de nous et apprends-nous à aimer les plus petits et les plus fragiles. »
Source
Extrait de : gero-paisios.blogspot.fr — « Γέρων Παΐσιος: Ο βίος του γ. Παϊσίου » (La vie de l'Ancien Païssios).
Le témoignage repris dans l'article de Mystique Orthodoxe est attribué à Athanásios Rakovalis, dans son ouvrage Le Père Païssios m'a dit (Ο πατήρ Παΐσιος μου είπε… / Father Paisios Told Me). Les éditions de cet ouvrage sont publiées par Orthodoxos Kypseli. Des sources bibliographiques contemporaines identifient bien Rakovalis comme l'auteur de recueils de souvenirs de ses conversations avec saint Païssios.
Article original : Mystique Orthodoxe, « Les enfants atteint de trisomie », 30 novembre 2016. Texte retravaillé en 2026.
Note : les propos concernant saint Païssios sont présentés ici comme un témoignage transmis par Athanásios Rakovalis. Ils ne doivent pas être confondus avec un texte écrit directement par saint Païssios.








