mardi 20 février 2018

Le Christ ne lâche la main de personne, à moins que...


"Je ne lâche pas la main de celui ou celle qui garde sa main dans la mienne"
(Parole inspirée de Jésus, à un chrétien charismatique ?)

Dieu ne déserte pas, s'il n'est lui-même déserté 
(affirmait le Concile Vatican I)


"C'est Dieu mon Berger, de quoi manquerais-je ?"
(Psaume 23)

"Avec l'Eglise toute entière, je te fais confiance, pour le temps et l'éternité"
(Libre traduction d'un verset du Psaume 131)

Le Christ ne lâche la main de personne

Une méditation sur la fidélité de Dieu

Dans la vie chrétienne, il arrive que l'on traverse des périodes où Dieu semble silencieux.

La prière paraît difficile. Les épreuves se multiplient. On peut avoir l'impression d'avancer seul, sans comprendre pourquoi certaines choses arrivent ni combien de temps elles vont durer.

Pourtant, la foi chrétienne repose sur une conviction profondément différente : le silence de Dieu n'est pas nécessairement son absence.

Le Christ demeure présent, même lorsque l'homme ne ressent plus sa présence.

Dieu ne nous abandonne pas

L'une des images les plus fortes de la Bible est celle du berger.

Le Psaume 23 présente Dieu comme celui qui conduit son peuple, le protège et l'accompagne sur son chemin. Le croyant n'est donc pas présenté comme quelqu'un qui doit tout affronter seul.

Il avance avec un guide.

Cette image du berger est particulièrement importante dans le christianisme, car Jésus lui-même reprend cette symbolique lorsqu'il parle du Bon Pasteur.

Le Christ connaît ceux qui lui appartiennent. Il les accompagne et les cherche lorsqu'ils s'égarent.

Cela ne signifie pas que le chrétien sera épargné par les difficultés.

La foi ne promet pas une existence sans souffrance.

Elle affirme plutôt que la souffrance n'a pas le dernier mot et que l'homme n'est jamais totalement seul au milieu de l'épreuve.

Garder la main du Christ

L'image d'une main tenue par une autre est simple, mais elle exprime quelque chose de profond.

Tenir la main du Christ peut symboliser la confiance.

C'est accepter de ne pas tout comprendre et pourtant continuer à avancer.

C'est pouvoir dire :

« Seigneur, je ne comprends pas toujours ce qui m'arrive, mais je choisis de continuer à te faire confiance. »

Dans cette perspective, la foi n'est pas seulement une connaissance intellectuelle de Dieu.

Elle devient une relation.

Une relation dans laquelle l'homme apprend progressivement à s'abandonner à Dieu, même lorsque les circonstances lui échappent.

Lorsque nous avons l'impression que Dieu est loin

Il existe une différence entre ne pas sentir Dieu et être abandonné par Dieu.

Nos émotions changent. Notre confiance peut diminuer. Notre prière peut devenir pauvre et difficile.

Mais la tradition chrétienne enseigne que Dieu ne dépend pas de nos émotions pour être présent.

Il peut y avoir des moments de consolation spirituelle, mais aussi des périodes de sécheresse et de silence.

Ces moments peuvent être difficiles. Ils peuvent même devenir une véritable épreuve de foi.

Pourtant, ils peuvent également apprendre au croyant à ne pas fonder toute sa relation avec Dieu uniquement sur ce qu'il ressent.

La foi consiste parfois simplement à continuer.

Continuer à prier.

Continuer à espérer.

Continuer à aimer.

Continuer à avancer.

Dieu comme refuge

La Bible utilise de nombreuses images pour parler de Dieu : berger, rocher, refuge, lumière, père.

Toutes expriment une même réalité : l'homme peut trouver en Dieu un point d'appui lorsque ses propres forces deviennent insuffisantes.

Cela ne signifie pas que toutes les difficultés disparaîtront miraculeusement.

Cela signifie que l'homme peut traverser ces difficultés avec une espérance différente.

Le chrétien peut tomber sans croire que tout est définitivement perdu. Il peut pleurer sans penser que Dieu l'a oublié. Il peut avoir peur sans considérer que Dieu l'a abandonné. Il peut même douter et continuer malgré tout à chercher Dieu.

La liberté de l'homme

Il existe cependant un autre aspect important.

La relation avec Dieu n'est pas présentée dans la tradition chrétienne comme une contrainte. Dieu appelle, mais l'homme est libre de répondre.

C'est pourquoi l'image de la main est particulièrement intéressante : elle évoque une relation dans laquelle l'homme doit également accepter de se laisser conduire.

Dieu peut tendre la main. Mais l'homme peut choisir de la saisir ou de s'en détourner.

La foi chrétienne parle ainsi à la fois de la fidélité de Dieu et de la liberté humaine.

Dieu ne cesse pas d'aimer l'homme lorsqu'il s'éloigne. Mais l'homme peut lui-même s'éloigner de Dieu. Le chemin du retour reste cependant toujours possible.

Revenir lorsque l'on s'est éloigné

L'un des grands thèmes du christianisme est précisément celui du retour.

Le fils prodigue quitte la maison de son père, mais son départ ne signifie pas que son père cesse de l'aimer. Lorsqu'il revient, il est accueilli.

Cette parabole de l'Évangile selon saint Luc constitue l'une des plus belles expressions de la miséricorde chrétienne.

Elle rappelle que l'éloignement n'est pas nécessairement définitif.

Même après une longue période d'absence, de doute ou de faute, l'homme peut revenir vers Dieu.

Le repentir n'est donc pas seulement une condamnation de soi.

Il est aussi un mouvement de retour. Revenir vers Celui dont on s'était éloigné.

Dans les moments difficiles

Cette réflexion peut prendre un sens particulier lorsque la vie devient douloureuse.

Certaines personnes traversent la maladie, le deuil, la solitude, les difficultés familiales, les problèmes professionnels ou simplement une période de grande incertitude.

Dans ces moments-là, les grandes explications ne suffisent pas toujours.

Parfois, une seule chose demeure :

ne pas abandonner l'espérance.

La prière peut alors devenir très simple.

Il n'est pas nécessaire de trouver de longues paroles.

Quelques mots peuvent suffire :

« Seigneur Jésus-Christ, reste avec moi. »

Ou simplement :

« Seigneur, je me confie à toi. »

La prière n'est pas toujours une longue conversation.

Elle peut parfois être un simple geste intérieur : se tourner vers Dieu et lui remettre ce que nous ne sommes plus capables de porter seuls.

Une espérance qui demeure

Le message central de cette méditation pourrait finalement être résumé ainsi :

Dieu ne cesse pas d'aimer l'homme parce que celui-ci traverse une période difficile.

Le chrétien peut connaître des moments de doute. Il peut avoir l'impression de perdre pied. Il peut même s'éloigner.

Mais la porte du retour demeure ouverte. La fidélité de Dieu constitue alors une source d'espérance.

L'homme n'a pas besoin d'être parfait pour commencer à se tourner vers Dieu. Il lui suffit parfois de faire un premier pas. Puis un autre. Et encore un autre.

Comme un enfant qui avance en tenant la main de son père, le croyant apprend peu à peu à marcher dans la confiance.

Le Christ accompagne encore aujourd'hui

Cette image de la main peut finalement devenir une belle manière de comprendre la vie chrétienne.

Nous ne savons pas toujours ce que demain nous réserve. Nous ne comprenons pas toujours pourquoi certaines épreuves nous sont données.

Nous ne possédons pas toutes les réponses. Mais la foi chrétienne affirme que Dieu accompagne l'homme sur son chemin.

Lorsque nous sommes forts, il est possible de lui rendre grâce. Lorsque nous sommes faibles, nous pouvons lui demander de nous soutenir. Lorsque nous tombons, nous pouvons nous relever. Et lorsque nous nous sommes éloignés, nous pouvons revenir.

Car l'espérance chrétienne ne repose pas uniquement sur la force de l'homme.

Elle repose avant tout sur la fidélité de Dieu.

Le Christ tend la main.
À nous de choisir de la saisir et de continuer à marcher avec Lui.


Source et inspiration

Texte original : Mystique Orthodoxe, « Le Christ ne lâche la main de personne, à moins que... », publié le 20 février 2018. L'article original renvoie notamment au forum La Nouvelle Jérusalem.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire