Reconnaître la gravité de l’avortement et de l’infanticide
Pour l’archimandrite Tryphon, la question de l’avortement ne peut être séparée d’une réflexion plus large sur la dignité et le respect de la vie humaine.
Son propos est particulièrement ferme : lorsqu’une société en vient à considérer que certaines vies peuvent être supprimées parce qu’elles sont fragiles, indésirables ou difficiles à accueillir, elle risque de perdre de vue la valeur fondamentale de toute personne humaine.
Le massacre des Innocents
L’Évangile nous rappelle, avec le récit du massacre des Saints Innocents, que les enfants peuvent eux aussi devenir les victimes de la violence des hommes.
Pour la tradition chrétienne, ces enfants sont devenus les premiers martyrs du Christ : ils n’avaient rien fait, ne pouvaient pas se défendre et pourtant leur vie possédait déjà une valeur infinie aux yeux de Dieu.
Cette mémoire évangélique nous invite à porter un regard particulier sur les plus vulnérables.
Avortement et infanticide : ne pas banaliser la vie
L’archimandrite Tryphon établit un rapprochement très fort entre l’avortement et l’infanticide afin de souligner ce qu’il considère comme leur point commun : la négation de la dignité de l’enfant.
Il faut toutefois distinguer les deux réalités. L’avortement concerne une grossesse avant la naissance, tandis que l’infanticide désigne la mise à mort d’un enfant déjà né.
Cette distinction juridique ne doit cependant pas faire oublier, dans la perspective chrétienne défendue par Tryphon, la question fondamentale de la valeur de la vie humaine dès ses commencements.
Le silence face au mal
L’auteur évoque également son enfance dans une communauté luthérienne allemande et le souvenir de la Seconde Guerre mondiale.
Il explique avoir souvent pensé à la question suivante : qu’aurait-il fait s’il avait vécu à l’époque du nazisme ?
Aurait-il trouvé le courage de parler au nom des innocents persécutés ?
Cette interrogation devient pour lui une invitation à ne pas rester silencieux devant ce qu’il considère comme une atteinte grave à la vie humaine.
Son appel est donc avant tout un appel à la conscience : le chrétien ne doit pas fermer les yeux devant la souffrance des plus faibles simplement parce qu’elle est devenue socialement ou culturellement acceptable.
La vie humaine ne dépend pas de sa force
Au cœur de cette réflexion se trouve une conviction chrétienne essentielle : la valeur d’une personne ne dépend pas de sa force, de son âge, de son état de santé ou de son autonomie.
L’enfant à naître est particulièrement vulnérable parce qu’il ne peut ni parler ni se défendre.
C’est précisément pourquoi il doit être entouré d’une attention particulière.
Une société qui affirme défendre les droits humains doit également se demander comment elle protège ceux qui n’ont encore aucune possibilité de faire entendre leur propre voix.
Défendre la vie avec vérité et charité
Le message de l’archimandrite Tryphon est volontairement provocateur, mais il peut être reçu de manière plus profonde que dans une simple opposition politique.
Défendre la vie chrétiennement ne signifie pas seulement dénoncer.
Cela signifie aussi accompagner.
Une femme confrontée à une grossesse difficile peut être abandonnée, isolée, pauvre ou terrorisée par l’avenir. Lui demander de garder son enfant doit donc aller de pair avec une véritable solidarité : soutien matériel, accompagnement familial, présence spirituelle et aide concrète.
La défense de la vie ne peut être séparée de la charité.
Ne pas oublier les plus petits
Le Christ nous demande de regarder autrement ceux que le monde considère comme faibles ou sans importance.
L’enfant à naître appartient précisément à cette catégorie des êtres humains qui dépendent entièrement des autres.
Le chrétien est donc appelé à devenir leur défenseur, non par la haine ou la violence, mais par la vérité, la prière et l’amour.
Le véritable réveil des consciences ne consiste pas à condamner les personnes, mais à retrouver le sens du caractère sacré de la vie.
Source et travail de réécriture
Sources :
Abbé Tryphon, The New Holocaust, publié le 7 février 2019 dans The Morning Offering, sur Ancient Faith Ministries. Lire l’article original « The New Holocaust »
Full of Grace and Truth, dossier consacré à l’avortement, qui reprend notamment le texte de l’abbé Tryphon ainsi que plusieurs témoignages et enseignements orthodoxes sur la protection de la vie humaine. Voir le dossier « Abortion »
Le texte original de l’abbé Tryphon, publié en février 2019, établit une comparaison particulièrement forte entre l’avortement et les persécutions de masse du XXᵉ siècle. Il appelle les chrétiens à ne pas rester silencieux devant ce qu’il considère comme une atteinte grave à la vie des enfants à naître.
Travail de réécriture : l’article a été entièrement réorganisé et reformulé pour Mystique Orthodoxe. Les comparaisons directes avec le nazisme ont été atténuées afin de distinguer des réalités historiques différentes, tout en conservant l’idée centrale de l’auteur : la nécessité, pour le chrétien, de reconnaître la dignité de la vie humaine dès ses commencements et de défendre les plus vulnérables.
La nouvelle version développe également davantage la référence aux Saints Innocents, ainsi que la dimension chrétienne de la charité et de l’accompagnement des femmes confrontées à une grossesse difficile. Elle cherche ainsi à présenter la défense de la vie non seulement comme une dénonciation du mal, mais aussi comme un appel à la prière, à la compassion et à la responsabilité chrétienne.

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